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Pollution

par Guichet du Savoir, le 30/07/2008 à 18:03 - 13134 visites

Question

Le salage pollue-t-il les routes et les écosystèmes environnants ?
Existe-t-il, en France ou ailleurs, d'autres méthodes de déneigement plus écologiques. Quelles sont-elles ?



Réponse du département Sciences et Techniques


[i]Pourquoi et comment saler les routes ?

Il existe deux grands principes pour traiter les routes en période hivernale. Le traitement préventif consiste à anticiper les phénomènes hivernaux pour en limiter les éventuelles conséquences, alors que le traitement curatif est une action a posteriori. Ces principes sont mis en œuvre en fonction du niveau de service défini pour chaque route.

Traitement préventif

Pour empêcher ou retarder la formation de phénomènes hivernaux sur la chaussée, un épandage de sel (en saumure ou en grain) est effectué avant l'apparition du verglas ou de la neige.

Cette méthode permet de réduire les quantités de sel épandues et donc de mieux préserver l'environnement. Elle ne permet cependant pas de faire fondre de grandes quantités de neige et n’est donc pas la solution « miracle ».

Traitement curatif

Pour le verglas :
Les équipes procèdent à des opérations de salage en quantité plus ou moins importante.

Pour la neige :
Le raclage permet de retirer le maximum de neige au moyen d'une lame.
Ensuite, la neige résiduelle est généralement traitée avec du sel (le "fondant") pour favoriser son brassage et son élimination par la circulation. Toutefois, dans certains cas, notamment en fonction de la température, le salage peut s'avérer totalement inefficace, voire dangereux et cette solution est donc abandonnée. Les usagers en sont alors informés. Le salage des routes ne doit par ailleurs pas être confondu avec le sablage qui consiste à répandre des abrasifs qui ne font pas fondre le verglas ou la neige, mais qui permettent uniquement de « clouter » sa surface pour en relever l’adhérence.
Le raclage reste la base du traitement curatif contre la neige, avant tout épandage de sel.

L’utilisation des « fondants routiers »

Le fondant routier le plus utilisé est le chlorure de sodium.
Les fondants routiers agissent soit en évitant la congélation de l'eau sur la chaussée, soit en faisant fondre suffisamment de glace ou de neige après raclage pour que le trafic puisse brasser la neige et l’évacuer.

Le produit utilisé pour le traitement des routes est, pour l’essentiel, du chlorure de sodium, (même composition chimique principale que le sel de cuisine, mais sans le raffinage exigé pour l’alimentaire), tiré des mines de sel et des marais salants.

Le grand public l’appelle souvent « sel de déneigement », ce qui est impropre, car il est utilisé aussi bien en préventif qu’en curatif contre le verglas et contre la neige en complément du déneigement lui-même opéré par des matériels de type « chasse-neige ».
Sur la neige, il ne sert qu’à faire fondre la pellicule résiduelle que la lame du chasse-neige n’aura pas pu évacuer latéralement.[/i]
Source : DDE du Gard

Le Ministère des transports de l'Ontario explique le déneigement et le déglaçage des routes sur le site mto.gov.

Comment fait-on à Lyon ?

[i]Le Grand Lyon traite les voies et les zones enneigées ou gelées avec un mélange de saumure et de sel. Cette technique du saumurage se révèle plus efficace, plus économique et moins polluante que le salage simple. La réactivité du saumure est plus rapide sur la chaussée, ce qui rend possible un traitement préventif sur une chaussée sèche et froide. En effet, le simple salage est inutile dans ce cas car les grains de sel sont dispersés et rejetés dans les caniveaux par le passage des véhicules.[/i]

Source : grandlyon.com

Comment déneigeait-on autrefois ?
Après quelques jours de tempêtes , tout le monde déblayait à la pelle la route à l'entrée du village .
Il fallait déneiger aussi la ligne du tram ( le train de l'époque ! )
Parfois des chevaux traînaient une étrave en bois ( en forme de triangle ) pour ouvrir les routes .
Source : cyberechos.creteil.iufm


Quels sont les risques de pollution ?

[i]Il est clair que l’épandage intensif de sel sur les infrastructures routières s’avère être un élément de stress pour l’écosystème environnant, on ne peut le nier. Pour imager, lorsque nous avons la main lourde sur la salière, nous nous en rendons vite compte en avalant le contenu de notre assiette … pourquoi la Nature réagirait-elle autrement lors de l’épandage hivernal du sel ? Si le sel est autant utilisé c’est qu’il est le fondant le plus efficace pour combattre la neige et le verglas. Le sel facilite la fonte de la neige en abaissant de quelques degrés le point de congélation du mélange sel / eau. Il a un effet rapide pendant plusieurs heures et agit jusqu’à - 8°C. Le sel utilisé pour le déneigement (non raffiné comme le sel de table) contient de nombreuses impuretés et en particuliers plusieurs métaux lourds en quantités infimes mais tout de même répertoriées (brome, additifs…) On ne peut donc pas exclure l’impact du salage sur l’environnement - impact jugé pourtant négligeable par les DDE et les grandes firmes fournissant le sel. Les effets du sel par infiltrations dans les sols sont certainement néfastes pour les nappes phréatiques aussi insignifiantes soit-elles. De plus, la pénétration du sel dans les sols peut réduire leur perméabilité. A n’en pas douter pour la flore le sel est un facteur aggravant de dépérissement des arbres et des plantes confondus… par extension la faune est aussi touchée si elle s’abreuve dans les ruissellements d’eau ou si elle se nourrit des végétaux à proximité des épandages de sel.

Il existe des solutions alternatives au salage comme le sablage par exemple, qui consiste à répandre des abrasifs sur les routes. La neige et le verglas ne fondent pas, la couche de gravillons et de sable forme un revêtement de surface permettant l’adhérence des véhicules sur la route. Une étude a cependant été faite sur cette technique et démontre que [propos repris] « l'énergie primaire totale consommée pendant la fabrication des gravillons et leur dispersion sur le réseau routier est comparativement trois fois plus importante que celle consommée lors de l'élaboration et la dispersion du sel. À cela, il convient d'ajouter le coût énergétique lié à la récupération des gravillons en fin l'hiver par les services de l'équipement et au nettoyage des collecteurs d'eau des routes et des bassins de décantation des stations d'épuration, bouchés par les gravillons non récupérés. L'avantage en termes d'impact chimique que possèdent les gravillons sur le sel est donc fortement limité par une dépense énergétique élevée. ». La meilleure alternative il va s’en dire est de laisser passer les caprices météorologiques et d’attendre la fonte naturelle de la neige … malheureusement comme bien souvent les activités et les besoins humains passent avant le soucis de la préservation de l’environnement. [/i]

Source : Forum planète.nature

Ce débat a fait l'objet d'articles récemment, par exemple celui de france.mountainwilderness.

En ce qui concerne le risque de pollution, vous pouvez consulter cet autre article :

[i]Une autre solution proposée est le contrôle des sels de déneigement.

Les sels de déneigement utilisés pour assurer la viabilité du réseau en période hivernale constitue un risque de pollution pour l’environnement. A côté de l’épuration des eaux de ruissellement, l’amélioration de l’efficacité des épandages doit permettre de réduire les quantités déversées.

En période hivernale, la concentration dans le sol des produits utilisés pour l'épandage (chlorure de sodium et chlorure de calcium) représente un danger de pollution.

Pour y remédier, une première solution consiste à diluer les sels par l'intermédiaire de bassins d'orage construits le long des autoroutes. Ils permettent de réguler le débit des eaux de ruissellement des chaussées tout en les épurant par la décantation des matières en suspension, la dilution des sels et la rétention des produits toxiques et des hydrocarbures. Cette épuration écologique requiert une architecture des bassins d’orage adaptée afin d’y assurer la présence d’une quantité d’eau minimale.
D’autre part, l’amélioration de l’efficacité des épandages doit également permettre une réduction des quantités de sels déversées. « Saler moins mais saler mieux », tel est l’objectif. Pour y arriver, il faut d’abord cibler au mieux les actions d'épandage, qui doivent être effectuées aux moments et aux endroits les plus adéquats. Ce contrôle s'inscrit dans le projet Météoroutes qui ambitionne d’optimiser les interventions hivernales par une meilleure connaissance des paramètres météorologiques. Par ailleurs, l’utilisation de nouvelles techniques contribuent également à cet effort. Ainsi, l’épandage mixte, qui consiste en l’épandage d’un mélange de sel et de saumure (eau fortement salée), permet aux fondants de mieux adhérer à la surface de la chaussée et de moins se disperser.[/i]

Source : routes.wallonie

Sur l'entretien des routes en général, vous pourrez également lire :

- Cours de routes
- Le savoir-faire français en matière d'entretien routier
- Du cantonnier à l'ingénieur
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