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Masques en population generale

par len222, le 19/02/2021 à 13:40 - 183 visites

Bonjour,

Y a t il des etudes menés a large ehcelle sur l'utilité des masques en population générale? La HAS ou d'autres organismes ont il émis des avis sur ce sujet?

Merci d'avance

Réponse du Guichet du savoir

par bml_san, le 20/02/2021 à 15:11

Réponse de la Médiathèque du Bachut Santé :

Bonjour,

D’après nos recherches, il n’y a pas d’études à large échelle sur la population car c’est impossible de contaminer les personnes pour faire des tests. Après, il y a des études sur des animaux qui sont en cours et des études observationnelles, dont vous trouverez le détail ci-dessous. L’HAS recommande le port du masque mais s’interroge sur l’efficacité des masques en tissus faits maison.

Un article d'août 2020 de l’Inserm (L’Institut national de la santé et de la recherche médicale) : Le masque inefficace et dangereux, vraiment ? Fait le point sur les recherches en cours. Il y est précisé :

Citer:
Les études scientifiques sur l’utilité du masque pour lutter contre les épidémies, en protégeant une population des virus respiratoires, restent encore peu nombreuses et s’appuient principalement sur des données observationnelles. Il est en effet difficile de réaliser des études randomisées de qualité sur cette question, puisqu’on ne peut pas demander à des gens de s’exposer au virus avec ou sans masque pour mesurer l’efficacité de ce dernier.

Toutefois, un nombre croissant de données suggèrent l’intérêt du masque dans les lieux clos pour freiner les épidémies, en complément des mesures de distanciation physique. Dès 2010, des études concluaient que recommander le port du masque était une mesure de santé publique utile pour lutter contre les épidémies de grippe. Ces travaux se poursuivent dans le contexte de la pandémie actuelle : une revue de littérature publiée dans The Lancet, portant sur 172 études, montre que si la distanciation physique et les mesures d’hygiène recommandées constituent aujourd’hui les meilleures interventions contre l’épidémie, le port du masque réduit lui aussi le risque infectieux.

Un autre message important se dégage de ces différentes publications : plus qu’un outil pour se protéger soi-même, le masque est avant tout utile pour protéger les autres car il permet d’éviter la projection de gouttelettes dans leur direction.

Dès lors que la transmission du virus peut venir de personnes qui présentent peu de symptômes ou sont même asymptomatiques, le port du masque n’a d’intérêt que s’il est porté par tous au niveau d’une communauté (et pas seulement par une poignée d’individus ou par les malades), dans les lieux où la distanciation physique n’est pas assurée, dans un souci de protéger les autres et de ralentir l’épidémie.


L’OMS (Organisation mondiale de la santé) vient bien appuyer ces affirmations :


Citer:
Le port du masque fait partie des mesures essentielles qui visent à enrayer la transmission et à sauver des vies.

L’utilisation du masque doit s’inscrire dans une stratégie globale qui consiste à respecter la distanciation physique, à éviter les lieux très fréquentés, confinés et où les contacts sont étroits, à améliorer la ventilation, à se laver les mains, à se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on éternue et que l’on tousse, etc.

Selon le type, les masques peuvent être utilisés pour protéger des personnes en bonne santé ou pour éviter que la transmission se poursuive.


et non, elle ne le conseille pas uniquement pour les personnes symptomatiques, comme le confirme cet article de LCI :Non, l'OMS ne recommande pas le port du masque uniquement si l'on a des symptômes.


Autant l’OMS et d’autres organismes recommandent le port du masque quel qu’il soit, autant la HAS (Haute autorité de santé) jette le doute sur l’efficacité des masques en tissu fait maison face aux variants :Covid-19 : face aux variants, faut-il arrêter d’utiliser des masques en tissu faits maison ?


Pour aller plus loin,vous pouvez parcourir une liste de questions bien documentées autour des masques sur le site de la Cité de la Santé.

En ce qui concerne les études, comme l’indique l’Inserm dans l’extrait ci-dessus, il est difficile d’avoir du recul sur les données car on ne peut pas contaminer sciemment un groupe de personne pour faire des tests. C’est pour cette raison qu’on trouve surtout l’étude sur le hamster doré dans beaucoup d’articles. Le site du Vidal propose un article de septembre 2020 qui recense la plupart des études et des cas observés jusque là : Le port du masque diminue-t-il le risque de forme sévère de COVID-19 ? De nouveaux éléments en faveur de cette hypothèse.

A contrario, certaines études peuvent être utilisées par des personnes convaincues de l’inutilité du port du masque comme le précise ce récent article du Monde de novembre 2020 : Une étude danoise utilisée de travers pour prouver l’inefficacité des masques.


Donc, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a pour l’instant très peu d’études, que le port du masque est plutôt une bonne chose quand on ne peut avoir de distanciation sociale, qu’il peut être nocif si les produits utilisés pour le fabriquer sont eux-mêmes nocifs et qu’il vaut mieux en porter même faits maison quand nous sommes dans des zones à forte densité de population et des lieux clos.

Et qu’il faudrait, in fine, permettre à tout le monde d’avoir des masques bien conçus et adaptés pour se protéger correctement du virus, comme l’indique un article du Québec sciences : Efficacité du masque: ce que disent les récentes études

Citer:
Des masques, mais lesquels ?

De plus, les études qui analysent des effets à l’échelle de populations, régions ou pays, présentent un autre défaut auquel Charles-Antoine Guay est confronté dans sa revue systématique de la littérature pour l’INSPQ. « Elles parlent de masque en général », souligne-t-il, en ajoutant qu’il n’est parfois pas en mesure d’avoir de précisions lorsqu’il communique directement avec les auteurs.

Or entre le couvre-visage en tissu et le masque chirurgical, la différence est de taille. Les matériaux utilisés confèrent à ce dernier une capacité à retenir les particules et à résister à la projection de postillons ou de liquide bien supérieure, mentionne Loïc Wingert, professionnel scientifique à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). Et parmi les couvre-visages en tissu « en magasin, on trouve tout et n’importe quoi », signale ce dernier.

Au printemps dernier, il a réalisé des tests avec divers matériaux utilisés pour la conception de couvre-visages non médicaux. Mauvaise nouvelle : peu de matériaux accessibles dans la vie courante permettent de fabriquer un masque lavable ou réutilisable répondant à l’ensemble des critères de respirabilité, de filtration et de résistance à la pulvérisation attendues. « Du côté des masques jetables, il y a plus de solutions. »

D’autres études en laboratoire ont commencé à mettre à l’épreuve différents couvre-visages en tissu.

À l’aide d’une simulation réalisée avec une machine à fumée, de l’eau distillée et de la glycérine, une étude diffusée dans Physics of Fluids constate que malgré leur grande variabilité, les masques non médicaux semblent efficaces pour freiner l’émission des larges gouttelettes.

Une preuve de concept dans Science Advances a fait état d’une méthode pour évaluer les gouttelettes expulsées à travers 14 types de couvre-visages, allant du N95 au cache-cou, en passant par ceux en coton. Lorsque des personnes ont parlé ou soufflé de l’air à travers, beaucoup moins de gouttelettes étaient émises avec chacun des modèles que sans masque, à l’exception du bandana et du cache-cou.

Une étude parue dans Scientific Reports  a comparé les particules traversant les différents couvre-visages, lorsque des personnes respiraient, parlaient et toussaient, démontrant l’efficacité du N95, du masque chirurgical, mais demeurant mitigée sur celle des masques en coton faits maison.

Parisa Ariya, professeure au Département des sciences atmosphériques et océaniques et de chimie de l’Université McGill, signale par courriel que les marges d’erreur étaient grandes dans ces deux dernières études. « Le N95 élimine la plupart des gouttelettes et des aérosols, tandis que d’autres y arrivent beaucoup moins. Mais moins, c’est mieux que rien », insiste-t-elle.

Et si la performance des différents couvre-visages en tissu reste à préciser, cela ne signifie pas qu’il faut les abandonner. « Le principe de précaution nous dit de mettre en place des mesures de prévention, même si les certitudes scientifiques ne sont pas établies », rappelle Maximilien Debia, professeur agrégé École de santé publique de l’Université de Montréal.

Les modélisations de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington, à Seattle, ont de quoi nous inciter à le respecter. Dans un article paru le 23 octobre dernier dans Nature Medicine, ses projections estiment que le port du couvre-visage par 95% de la population sauverait aux États-Unis près de 130 000 vies d’ici le mois de février.


En vous souhaitant une bonne lecture !

Cordialement,

L’équipe de la Médiathèque du Bachut Santé .
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