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Accueil > Vocabulaire / adulte moyen

Vocabulaire / adulte moyen

par catulle, le 15/07/2005 à 23:09 - 26364 visites

Bonjour,

Quel est le nombre de mots compris et utilisés (vocabulaire passif et actif) par un adulte moyen ?

Cordialement,

RM

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 18/07/2005 à 14:20

Réponse du service Guichet du Savoir

Les locuteurs d'une langue possèdent chacun deux façons d'utiliser leur vocabulaire. Il existe des unités lexicales qu'ils utilisent (qu'ils prononcent ou qu'ils écrivent). Certaines de ces unités sont employées tous les jours (ex. le, je, être), tandis que d'autres sont utilisées plus rarement. Par exemple, pensez à la dernière fois que vous avez utilisé le mot fourchette. Le vocabulaire qu'on utilise dans la parole et dans l'écriture s'appelle le vocabulaire actif. Il est clair que le vocabulaire actif d'un individu change avec le temps. On apprend des mots nouveaux (ou on en fabrique au moyen des mécanismes de créativité lexicale) et on les utilise. En même temps, il existe des mots qu'on laisse de côté, soit parce qu'ils sont passés de mode, soit parce qu'ils appartiennent au parler d'une autre couche d'âge.
À côté de son vocabulaire actif, chaque locuteur possède aussi un vocabulaire qu'il ou elle comprend, sans l'utiliser pour la production. On parle alors de vocabulaire passif. Les limites du vocabulaire passif sont aussi difficiles à mesurer, pour plusieurs raisons. D'abord, le fait de posséder des mécanismes de créativité lexicale donne à chaque locuteur la possibilité de comprendre des mots nouveaux.
Ni le vocabulaire d'un individu, ni le lexique d'une langue n'est directement accessible dans toute son étendue.

source : Introduction à la linguistique française de Greg Lessard

L'ouvrage de Michel Malherbe, intitulé "Les langages de l'humanité : une encyclopédie des 3000 langues parlées dans le monde" indique :
Le français usuel comprend environ 32 000 mots, parmi lesquels 20 000 d'origine savante ou étrangère et 12 000 d'origine populaire française.

Nous vous conseillons de consulter le document intitulé From linguistics to communication’s didactics : The case of lexicology de Bertrand Labasse qui indique :
Ainsi, dans le cas du corpus Baudot, les six mots les plus fréquents (articles, prépositions et auxiliaires) constituent à eux seuls plus de 20% de l’ensemble des occurrences, et les 50 premiers mots de la liste représentent la moitié de cet ensemble. En élargissant la sélection aux 1 500 mots les plus fréquents, on constate qu’ils représentent 83,7% des occurrences, tandis que les 3 000 premiers mots forment 90,5% de celles-ci. Le même calcul appliqué à la liste de Content-Imbs permet de vérifier que les 1 500 premiers mots représentent 86,3% de l’ensemble considéré et les 3 000 premiers 92,2% de celui-ci. Ces observations sont, grosso-modo, compatibles avec [HER79J] : “il est démontré qu’avec 3 000 mots on “couvre” 97% du vocabulaire usuel ...” (à ceci près qu’il semble délicat de parler en l’espèce de vocabulaire usuel), ou avec [ROS94J] : “trois mille mots seulement constituent 97 % du vocabulaire des francophones, et ces mots les plus usuels sont en grande majorité des mots simples”. Mais on ne peut certainement pas en conclure que “The routine conversation of average people rarely goes beyond the 3,000 most familiar words”, que “l’usager peut se contenter de 3 000 mots pour les communications courantes” ou encore qu'avec 3 000 mots maîtrisés [...] on se débrouille déjà très bien” comme l’affirment respectivement [GUN68], [SAI93G] et [BER91G] (loc. cit.), et le suggèrent une grande partie des autres auteurs : l’usage statistique n’a rien à voir avec la nécessité sémantique. On peut le comprendre en songeant que la maîtrise ( ?) de 3 000 mots – soit 90 ou 95% du vocabulaire courant – impliquerait en moyenne de buter sur 10 ou 5% des mots, donc tous les 10 ou 20 mots, c’est-à-dire quasiment dans toutes les phrases, et en tout cas beaucoup trop pour soutenir aisément une conversation banale. Cela équivaudrait aussi, comme on l’a vu plus haut, à vivre une vie d’adulte avec le vocabulaire dont l’étendue serait celle d’un enfant de maternelle.

HER79J : la langue française est riche d’au moins 70 000 mots [...] Les moins optimistes ont chiffré à 800 mots environ le vocabulaire actif (dont on use spontanément) du jeune Français issu de l’enseignement primaire. Dans la foulée, on estimait à 1 500 le vocabulaire du lecteur de France-Soir et à 3 500 celui du Monde. Il ne faut sans doute pas mettre la barre trop bas. S’il est démontré qu’avec 3 000 mots on “couvre” 97% du vocabulaire usuel, il l’est également qu’un homme cultivé peut comprendre jusqu’à 10 ou 12 000 termes
[...] La langue française comprend à peu près cent mille mots [...] l'ensemble des mots qu'on utilise soi-même, le vocabulaire actif, varie selon les milieux et les personnes, de sept ou huit cent mots (moyenne des élèves du primaire) à cinq ou six mille mots, parfois plus. Quand au vocabulaire passif - l'ensemble des mots qu'on comprend sans les employer -, il peut dans le meilleur des cas couvrir de dix à douze mille termes.
Hervouet, L. (1979). Ecrire pour son lecteur. Lille : Trimédia / ESJ.

GUN68 : “There is a surprising difference among experts in estimating the vocabulary of the average man. Some have said he gets along with 2,000 words. Others say he uses as many as 20,000. The confusion centers on two questions : One : What is a word ? [...] Two : When does a man know a word ?”.
Gunning, R. (1968). The technique of clear writing. New york : MacGraw Hill.

SAI93G : si l’usager peut se contenter de 3 000 mots pour les communications courantes, en réalité, on évalue à près de 24 000 mots, en moyenne, le lexique de chacun. Bien sûr, ce nombre varie [...]
Saïdah, J.-P. (1993). Savoir bien écrire. Paris : L.G.F. – Le livre de poche.

BER91G : avec 3 000 mots maîtrisés sur les 85 000 disponibles, on se débrouille déjà très bien.
Berrou, J.-P. (1991). Bien écrire en affaires. Paris : Dunod.
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