Chalands nonchalants
DIVERS
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Le 31/08/2006 à 21h16
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Question d'origine :
Bonjour,
Est-ce que l'homophonie entre un CHALAND et la NONCHALANCE cache un possible rapprochement sémantique ou éthymologique entre ces deux termes?
Merci d'avance pour votre réponse.
Cordialement.
JN BERGER
Réponse du Guichet
Le 02/09/2006 à 09h47
Il y a bien une racine commune à ces deux mots.
Dictionnaire historique de la langue française :
1/ CHALAND n. m., d'abord caland (1080) puis chaland (v. 1160), est emprunté au grec byzantin khelandion (IXe-Xe siècle) à une époque où la marine byzantine était toute puissante en Méditerranée.
• Le mot désigne un grand bateau plat pour le transport des marchandises.
• Signifiant strictement «celui qui s'inquiète pour, qui trouve intérêt à», le mot a eu en ancien français le sens d'«ami protecteur», d'où «compagnon, ami» (1250-1300), voire «amoureux» (1771). Il désignait également le compagnon exerçant le même métier qu'un autre (fin XIIIe s.) et la personne charitable faisant des dons en espèces ou en nature (XIVe s.), o Cette polysémie s'est résolue à un seul sens : «personne qui achète habituellement chez le même marchand» (1548, Rabelais avec le double sens de «coquin» et «client»). Le mot tend à vieillir, d'autant que le composé achalandé n'est plus compris.
Nonchaloir, relevé à la fin du XIe s. dans les Gloses de Raschi (nonchalayr, nonchaloyr), était surtout employé au participe passé adjectivé nonchalu «méprisé» (1240-1280) et au participe présent adjectivé (ci-dessous, nonchalant); la forme personnelle (v. 1428, vous nonchalez «vous négligez») était exceptionnelle.
•Nonchaloir, d'abord dans l'ancienne expression mettre en nonchaloir
«laisser à l'abandon», exprime le manque d'intérêt ou de zèle, l'indifférence (1160-1174); abandonné au début du XVIIe s. sous la concurrence de nonchalance
il a recouvré une certaine vitalité au début du XVIIIe s. en style poétique et littéraire.
•Le participe présent NONCHALANT, ANTE est attesté en emploi adjectif au XIIIe s. (v. 1278), mais l'existence de nonchalance dès le milieu du XIIe s. indiquerait qu'il était déjà répandu à cette époque.
o Le mot se dit d'une personne qui manque de conviction, de zèle, par insouciance. La construction nonchalant de «indifférent à» (v. 1370) a disparu. L'accent est parfois mis, par métonymie, sur la caractéristique de «lent, sans entrain» (1668)
o Le mot qualifie aussi une chose qui dispose à la nonchalance (v.1770) ou qui est empreinte de nonchalance (1838) avec la même insistance stylistique sur la lenteur d'un mouvement (1837).
•NONCHALANCE n.f. (v. 1150) a connu la même extension, de l'idée de manque d'énergie, d'ardeur à celle de mollesse, lenteur naturelle ou affectée (av.1784), quelquefois avec une notion d'indolence gracieuse (av. 1784); l'idée de manque d'intérêt, d'indifférence (1541, Calvin), surtout dans un contexte religieux (nonchalance du salut, Pascal), a été oblitérée.
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