En quelle année le bâtiment situé au 8 rue Sainte Catherine a-t-il été construit ?
Question d'origine :
Bonjour,
En quelle année le bâtiment situé au 8 rue Sainte-Catherine, Lyon 69001 a-t-il été construit ? Quelle est son histoire ?
Merci,
Justin
Question d'origine :
Bonjour,
En quelle année le bâtiment situé au 18 rue Sainte-Catherine, 69001 Lyon a-t-il été construit ? Quelle est son histoire ?
Merci,
Justin
Réponse du Guichet
Les bâtiments de cette rue semblent dater du XVIIe et XVIIIe siècle, construits suite aux travaux de comblement des Terreaux et de la construction de l'hôtel de ville ; mais nous n'avons malheureusement pas trouvé de date de construction précise.
Bonjour,
Vous pouvez consulter le plan de datation du centre de Lyon élaboré par Bernard Gauthiez pour connaître la date de construction des immeubles lyonnais.
Il semblerait que le bâtiment n°8 ait été construit en 1716 et le n°18 en 1661 (sous toutes réserves car les dates ne sont pas très nettes).
Le n°8 de la rue Sainte Catherine semble faire partie du corps de bâtiment donnant sur la place des Terreaux. L'Inventaire général du Patrimoine en Auvergne-Rhône-Alpes a recensé et décrit ce bâtiment :
Hôtel de voyageurs, dit Hôtel de Milan, actuellement immeuble
Immeuble, propriété de Lacroix, surélevé de 2 étages en 1717 (Maynard, Louis, Dictionnaire de lyonnaiseries, vol. 4, p.158 et 167).
Devenu hôtel de voyageurs à une date inconnue, il accueille en 1784, Grimod de la Reynière, l'actrice Marie Marguerite Anne Sophie Gourgaud, dite Mademoiselle Dugazon, le danseur Vestris et le musicien Reichardt (Ibid.). En 1793 et 94, plusieurs députés de la Convention, envoyés pour appuyer Chalier (Rovère, Legendre et Basire) puis pour réprimer le soulèvement de la ville (Collot d'Herbois et Fouché), y séjournent. L'attrait pour cet hôtel résulte sans doute de sa double proximité avec l'hôtel de Ville et l'opéra. Il est régulièrement mentionné dans les almanachs et guides du 19e siècle, dans lesquels il est vanté pour la qualité de son accueil et de sa table autant que pour sa proximité du grand Théâtre et du commerce de la soierie (1820 : Almanach du commerce de Paris, des départements et des principales villes du monde (propriété de M. Peyssonneaux) ; 1847 : Guide de l´étranger à Lyon, 1860 : Guide des étrangers (propriété de M. Pascalon). Flora Tristan y aurait logé en 1844. En 1891, des travaux modifient la disposition intérieure : la cour est vraisemblablement couverte à cette date d'une verrière zénithale, et les murs ornés de lambris stuqués par le décorateur Jules Mazzini. Encore mentionné dans l´Indicateur Lyonnais Henry en 1900 (Hôtel de Milan / Veuve Millet, propr.) et 1904 (M. Huart propr.), l'hôtel ferme en 1905. Le rez-de-chaussée est transformé vers 1913-14 en salle de cinéma (voir dossier IA69004616). Actuellement immeuble de logements avec boutique et restaurant en rez-de-chaussée.
Description
Immeuble situé dans la partie nord-ouest de la place des Terreaux, comprenant 6 niveaux d'élévation et 6 travées, avec entrée décentrée. Au rez-de-chaussée, deux commerces ont largement modifié le dispositif originel et rendent difficile la lecture de ce niveau. La porte d'entrée s'inscrit dans un arc surbaissé dont la clef pendante sert également de console supportant le balcon du 1er étage, avec claveaux ; piédroits à bossage en table continu, en pierre de Villebois, tympan de menuiserie. Premier étage : balcon sur quatre travées centrales, avec garde-corps en fer forgé. Les deux premiers étages sont de même hauteur, les deux suivants d'une hauteur moindre, le dernier d'une hauteur encore moindre, sans que l'on puisse pour autant y voir un demi-étage. Corniche à modillons en bois, toit à longs pans brisés couvert en tuile et brisis en ardoise. Fenêtres avec lambrequins en bois et stores à lamelle également en bois. Appuis de fenêtres reposant sur des consoles cannelées. La cage d'escalier est couverte d'une verrière zénithale à deux pans et croupes, tandis que la cour est couverte d'une verrière zénithale en pavillon portée par une charpente métallique et surmontée d'un lanterneau (datant vraisemblablement du dernier quart du 19e siècle). La cour est occupée au niveau du rez-de-chaussée par une extension du restaurant, couverte en terrasse. On peut accéder àcette terrasse par une fenêtre située sur le premier palier de l'escalier, permettant d'observer les élévations de la cour. Au 1er niveau de cette dernière, galeries de bois à balustres sur trois côtés (est, sud et ouest), décor de panneaux de bois sur le 4e (nord) portant entablement qui prolonge les garde-corps des galeries courant sur les trois autres élévations. Au 2e niveau de la cour, la galerie est portée par des consoles à volutes constituées d'une structure métallique remplie de bois et recouverte de stuc ; traitement des angles en encorbellement ménageant une sorte de loge. Le rythme de l'entrecolonnement est irrégulier. Escalier en pierre tournant à retours avec jour à trois volées et rampe en fer forgé. Le premier palier est porté par un arc surbaissé reposant sur deux consoles ; le sol est couvert d'un carrelage en carreaux de ciment à motifs géométriques d'octogones avec croix tréflée rouge au centre, le pourtour étant constitué d'une frise géométrique. Les marches et contremarches sont habillées de dalles de marbre. A partir du 2e étage, l'escalier est à 2 volées, la 2e volée étant dans un plan parallèle mais opposé à celui de la 2e volée du 1er étage. L'ascenseur est ajouté.
Le Dictionnaire de Lyonnaiseries de Louis Maynard indique aux pages 158 et 167, qu'en 1717, ce bâtiment appartenait à la famille Lacroix et que c'est à cette date que le n°8 de la place des Terreaux a été surélevé de deux étages.
Une consultation des plans parcellaires nous permet de retrouver le nom des différents propriétaires de ces immeubles sur les XIXe et XXe siècles.
En 1868, le bâtiment du 8 rue Sainte Catherine appartient à Madame de Lacroix Laval tandis que le 18 appartient à M. Gauthier.
En 1911, le 8 rue Sainte Catherine appartient à un certain Villeneuve et le 18 toujours à M. Gauthier.
En 1930, le 8 appartient à M. Ferier et le 18 aux frères Gallois.
En 1957, le 8 appartient toujours à M. Ferier tandis que le 18 est devenu une copropriété.
En 1974, les deux bâtiments sont devenus des copropriétés.
Vous pouvez connaître la composition des logements en consultant les annuaire Fournier et Indicateur lyonnais Henry ainsi que les registres de recensement conservés aux archives départementales du Rhône.
Les travaux de Joseph Pointet nous permettent de retrouver la trace des précédents propriétaires des immeubles de la rue Sainte Catherine. Voir la feuille 9 du Fonds Joseph Pointet.
Pendant plusieurs années, Pointet dépouille les archives anciennes conservées aux Archives municipales et départementales afin de reconstituer, parcelle par parcelle, l’historique des propriétés lyonnaises de 1350 à 1790. Son travail fait l’objet d’une
première publication en 1926 consacrée aux propriétés du plateau de la Croix-Rousse, suivie en 1929-1930 de deux nouveaux volumes concernant les pentes de la Croix-Rousse.
Nous ne pouvons malheureusement pas aller plus loin dans nos recherches et vous conseillons de vous rendre aux archives municipales de Lyon pour approfondir ce sujet avec l'aide des archivistes en salle.
Bonnes recherches !
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