Quelle est l'histoire de cette plaque exposée rue Adelaïde Perrin à Lyon ?
Question d'origine :
Bonjour,
Malgré plusieurs recherches, je n'arrive pas à trouver d’information sur la plaque exposée rue Adelaide Perrin 69002, et qui parle d’une "academie" et d’un "manege" sous la présidence de Cholier en 1717.
Pouvez-vous m’éclairer ? Merci !
Réponse du Guichet
Cette plaque que nous ne parvenons pas à dater, a été posée en souvenir de l'Académie royale d'équitation, école militaire destinée à l'éducation des gentilshommes, et de son très beau manège. Sous la direction de Claude Bourgelat, cette Académie abrita une infirmerie qui fut à l'origine de la première école vétérinaire.
Bonjour,
La photo de cette plaque publiée sur Wikipédia nous permet de mieux lire l'inscription :
l'Académie a été rétablie et le manège construit et élevé en l'année 1717. M. le Président Cholier étant prévôt des marchands et Mrs Albanel, Renaud, Goiffon, et Peysson échevins, d'Éperuille escuyer.
La page Prévôts des marchands (1595-1790) sur le site des Archives municipales de Lyon confirme que Cholier était prévôt des marchands en 1717 :
- 1716-1724 : Pierre CHOLIER
Il était Chevalier, comte de Cibeins, baron d'Albigny, seigneur de Bully, Montromant, Layel, Le Breuil, Misérieux et Sainte Euphémie, président en la cour des monnaies, sénéchaussée et siège présidial de Lyon, lieutenant particulier et assesseur criminel d'après Les prévôts des marchands de Lyon, Généawiki.
A propos des fonctions d'un prévôt des marchands, vous pouvez lire Organisation politique, Musée Gadagne et Prevost des marchands de Lyon..., Guichet du savoir, 2015.
L'ouvrage Le Lyon de nos père d'Emmanuel Vingtrinier paru en 1901, numérisé par Numelyo, également présent sur Wikisource, nous éclaire sur cette Académie et ce manège :
C’est derrière le chevet de l’église d’Ainay, et dans la maison Sardes de Saint-Vérand, tout proche du rempart (côté occidental de la place Ampère), que l’Académie royale d’équitation, précédemment établie à l’angle de la rue Sala et de la rue de l’Arsenal viendra, en 1717, s’installer aux frais de la ville, sous la direction de l’écuyer du roi, Pavan de Floratis. Deux corps de logis séparés par une grande cour, une chapelle, des écuries pour cinquante chevaux avec remise, un très beau manège, des bâtiments pour le logement de l’écuyer du roi et des élèves : c’est un établissement complet qui se créera pour cette école militaire destinée à l'éducation des gentilshommes. On y enseignera à monter à cheval, à voltiger, à faire des armes, à danser « et tous autres vertueux exercices » ; il y aura, des professeurs de géographie, de mathématiques et de langues étrangères, des maitres à dessiner et à écrire, un pour la musique vocale et un autre pour le « goût du chant », des maitres de violon, de flûte et instruments divers, enfin un maitre de blason, de sphère, d’histoire et de fable. Sous la direction de Pavan de Floratis, des deux Budin d’Espreville, et surtout du célèbre Claude Bourgelat, nommé chef de l’Académie en 1710, l’école deviendra très florissante et attirera un grand nombre d’étrangers ; sa renommée s’étendra dans toute l’Europe. Les bâtiments ne suffisant plus à contenir les élèves, la ville fera dresser des plans pour en construire de nouveaux ; mais le projet m’aboutira pas, et la Révolution, en supprimant la noblesse, tuera cette école exclusivement consacrée à l’usage des gentilshommes.
[...]
C’est dans les dépendances de la maison du Plat, qu’après diverses tentatives infructueuses, la première Académie rovale d’équitation doit se fonder, en 1645, sous la direction de Duclepier, écuyer de la grande écurie du roi. Elle occupera, à l’angle de la rue Sala, un grand carré dans lequel seront installés un manège, des écuries, des hangars, des remises et des fenils (no 11 à 21 de la rue Sala, 27 et 29 de la rue du Plat ; la rue Pomme-de-Pin était un passage intérieur de l’Académie). Cette école fera l’admiration de l’enthousiaste Chappuzeau : « Il se trouve au quartier de Bellecour — écrira-t-il — une Académie que la beauté de son manège et les écoliers qui la remplissent rendent un des ornements de la cité.
Cette Académie royale d'équitation mérite qu'on s'y attarde un peu car elle accueillit une infirmerie près de son manège alors que Bourgelat en était le directeur. Cette infirmerie est à l'origine de la toute première école vétérinaire :
Les Académiciens dont il est question sont les élèves de l’École Vétérinaire, fondée par Bourgelat. Bourgelat fut l’initiateur de la science vétérinaire. Il établit d’abord une infirmerie près de son manège à Perrache, alors qu’il était directeur de l’Académie royale d’équitation de Lyon, que Louis XIII avait fondée en 1620. Plus tard, l’intendant de Lyon, Burtin, y accueillit favorablement le projet de Bourgelat, et un arrêt du Conseil, du 5 août 1761, institua une École Vétérinaire à la Guillotière ; c’est là que, le 1er janvier 1762, s’ouvrit une école qui n’avait point de modèle. On la prit pour une succursale de l’Académie d’équitation. Aussi l’École Vétérinaire a-t-elle conservé, parmi le peuple lyonnais, le nom d’Académie. Le lieu où elle fut établie, à la Guillotière, a porté longtemps le nom de Pré de l’Académie. Cet établissement fut entièrement détruit par le siège de Lyon, et, en 1795, l’École fut transférée dans la maison des Deux-Amants, à Vaise.
Source : Les anciens couvents de Lyon / par l'Abbé Adolphe Vachet, 1895
En 1761, en réponse au décès massifs de bovins dus à l’épidémie de peste bovine qui sévit, Claude Bourgelat, écuyer du roi dirigeant l’académie royale d’équitation de Lyon, fonde la première école vétérinaire du monde, à Lyon. Cette école est destinée à apprendre aux étudiants à traiter les maladies des chevaux, des bovins et des mulets.
Source : Perception de l’adéquation de la formation vétérinaire à l’exercice de la profession en libéral / MAIRE Anaëlle, thèse , Université Claude Bernard Lyon 1, 2023
L’Histoire de l’art vétérinaire est marquée au sceau par la fondation de la toute première Ecole Royale Vétérinaire en France le 5 août 1761. Elle voit le jour à Lyon grâce à Claude Bourgelat, écuyer du roi Louis XV et avocat de formation. A la tête de l’Académie royale d’équitation de Lyon, il plaide la cause animale, surtout celle du cheval.
Source : A l'origine de l'art vétérinaire, envt, École nationale de vétérinaire de Toulouse
Si vous souhaitez en savoir plus sur cette Académie royale d'équitation, vous pouvez vous rendre aux Archives municipale de Lyon qui conservent des documents à son sujet sous la côte DD/380. A savoir, le registre intitulé Académie de musique contenant ce dossier est entièrement numérisé.
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