Je cherche une chanson Aoussa d'une tribu du Togo qui parle d'une calbasse magique
Question d'origine :
Bonjour, je cherche une chanson Aoussa, d une tribu du Togo. La chanson raconte de façon très imagée l histoire d'une calbasse magique qui vient en aide à un garçon qui cherche sa sœur. Celle ci a été avalée par une bête féroce. Il y a des ritournelles comme "l eau ne garde pas mais se partage." Merci pour votre aide et vos ressources.
Réponse du Guichet
Nous n'avons pas trouvé la chanson évoquée. La description que vous proposez rappelle certains thèmes de récits folkloriques relevant de la tradition orale, celle-ci malheureusement trop pauvrement documentée.
Bonjour,
Nous n'avons pas trouvé de chanson haoussa racontant l'histoire que vous mentionnez, mais avons quelques éléments à vous fournir :
La musique haoussa est une tradition très riche, associée aux populations haoussa d’Afrique de l’Ouest (et en particulier le Nigéria). La description que vous donnez ressemble davantage à un conte ou récit folklorique oral chanté, ce qui signifie que ce type de pièce est souvent transmis oralement et non publié avec paroles. Les Haoussas sont présents au Togo mais en petite minorité, notamment dans le nord du pays. La langue haoussa est cependant largement diffusée en Afrique de l’Ouest, avec un rôle important tant dans les communautés haoussa que comme langue commune entre plusieurs groupes linguistiques.
Les thématiques qui se dégagent des quelques paroles dont vous vous souvenez sont récurrents dans les contes africains, y compris au Togo : le thème d’une calebasse magique qui aide un héros dans une quête. Dans ces récits la calebasse peut être un objet vivant ou magique doté de pouvoirs comme dans certaines variantes de contes mandingues et africains de l’Ouest. On trouve parfois des héroïnes ou héros qui partent à la recherche d’un proche avalé par une créature ou perdu dans la brousse (élément de conte classique).
Dans nos collections, y compris musicales, le répertoire des artistes représentés ne nous fournira pas la réponse.
Voici les sources internet consultées pour tenter de vous répondre :
Wikipedia (hausa music)
FabulaHub (Anansi et la calebasse magique)
Dandali.com (Hausa folk-lore)
Takamtikou.bnf.fr/ (Pour la vie du conte au Togo)
Sorosoro.org (le haoussa)
Réponse du Guichet
Nous n'avons pas non plus réussi à identifier la chanson en question, mais nous vous livrons néanmoins quelques éléments plus généraux.
Bonjour,
Voici quelques éléments concernant la culture des Haoussas.
Tout d'abord, vous trouverez ici des informations concernant L’oralité et l’écriture entre écart et interférence dans « contes haoussa du Niger ».
Pour une approche plus large, vous pouvez reprendre la page Wikipédia traitant des royaumes haoussa et de leur histoire.
Il en va de même sur cette page internet.
En outre, ici se trouve une vidéo retraçant l'origine de cette tribu :
Vous trouverez également ici détaillée l'histoire de Bayajidda, la fondation des royaumes haoussas:
" L'histoire commence là où la poussière du fleuve rencontre le soleil, dans les marchés chauffés par la chaleur et les murs couleur amande de villes qui allaient devenir le cœur de la mémoire hausa. Bayajidda arrive comme les étrangers l'ont toujours fait dans les plus vieux récits : avec un baluchon, un secret et une habileté. On ne le décrit pas d'abord comme un conquérant, mais comme un voyageur, un homme dont la façon de parler et les sandales sont étrangères et dont le regard porte encore la route. Et pourtant, les habitants de la ville de Daura sentent que son arrivée va rompre le rythme de leurs journées. Avant son arrivée, la ville obéit à un autre rythme — celui imposé par une chose terrible qui vivait dans le puits au centre de la cité, une chose que les anciens nomment à voix basse et du coin de l’œil.
Le serpent, dit la légende, réclamait l'eau qui nourrissait le marché et les greniers, et les femmes de Daura en payaient le prix : chaque jour l'une d'elles portait le seau jusqu'à l'ouverture enchaînée et s'offrait au serpent pour épargner les autres. Cette pratique fit des rois du silence et des reines du chagrin ; elle apprit le courage à certains et le désespoir à d'autres. Dans les années auxquelles remonte le mythe, la reine de Daura porte une lourde couronne d'or et un visage qui connaît la géométrie d'un long chagrin. C'est elle qui accueille Bayajidda, non seulement en tant que souveraine mais en tant que gardienne de la dignité blessée d'un peuple. Et Bayajidda, au passé à la fois suggéré et caché, entre dans la ville comme une question dans une langue à laquelle tous veulent une réponse.
Dans cette réécriture, je fais revivre des scènes : le grain rugueux du rebord du puits, l'éclat d'une épée forgée loin du Sahel, les petites conspirations audacieuses des femmes qui se concertent, et le silence qui précède un combat dont on se souviendra pendant des générations. Ce n'est ni une chronique sèche ni un mythe rogné ; c'est une tentative de laisser les voix de Daura et des États hausa environnants être entendues comme des êtres vivants et respirants — des récits tressés des odeurs du mil en cuisson, du grincement des portes en bois, de l'écho des voix des griots et de la rigidité des dirigeants qui tentent de maintenir l'ordre quand un étranger arrive avec des intentions aussi généreuses que dangereuses."
La BBC a également consacré un article à l'origine des Haoussas, que vous pourrez consulter ici.
De même, ici se trouve un article concernant la littérature haoussa :
" La langue haoussa, parlée en Afrique de l’Ouest par plus de 50 millions de locuteurs, possède une littérature multiforme, témoin de la complexité d’une société héritière d’une tradition féodale séculaire, qui n’échappe pas à la réalité économique, sociale et politique moderne. Littérature tant orale qu’écrite. En effet, les Haoussa, par le biais de l’Islam, ont eu accès à l’écrit dès le 14ème siècle. Les premiers textes conservés de versification arabe écrite par des haoussa datent du 17ème siècle. Les premiers poèmes composés en haoussa, écrits en alphabet arabe adapté à la notation des langues africaines (ajami) datent du début du 19ème siècle.
On peut dater de cette époque une tradition de chroniques versifiées composées en haoussa et notées également en ajami. A cette tradition s’est ajoutée dans les années 30, à la suite de la colonisation britannique, une production en alphabet roman (pièces de théâtre, contes, nouvelles, romans, poésie). Cette double production écrite subit l’influence et influence à son tour, une tradition orale renouvelée. Ainsi, les chroniques, contes, proverbes, louanges de la tradition orale, ont-ils pu influencer les productions écrites, mais celles-ci fournissent aujourd’hui des sujets aux productions orales des media modernes (radio, télé et vidéo)."
Enfin dans l'article La calebasse et le fouet : le thème des « Objets magiques » en Afrique occidentale, figurent des éléments expliquant que " parmi les thèmes de contes les plus populaires et les plus universellement répandus, on trouve celui des Objets magiques dans lequel le héros reçoit successivement un ou plusieurs objets bénéfiques distributeurs de nourriture et de richesses."
Nous vous conseillons également de regarder ce livre où sont référencés des contes d'Afrique de l'ouest et de l'est.
Pour aller plus loin :
Contes et légendes haoussa du Niger / collectés et traduits par Rahila Hassane
Sur les rives du fleuve Niger : contes sahéliens / recueillis en pays haoussa, zarma, mandé, peul, manding, banmanan, dogon, touareg, bornouan, mossi, par le docteur Kélétigui A. Mariko
Contes haoussa du Niger ; éd. et trad. par Jacques Pucheu
Contes des sages d'Afrique / Amadou Hampâté Bâ
L'oiseau d'abondance : contes sénoufos sur les chemins de la vie / Marie Lorillard
Notre histoire mérite une fin heureuse