Je souhaite trouver la suite des paroles de cette ancienne chanson
Question d'origine :
Bonjour, je souhaite trouver la suite des paroles d'une ancienne chanson (savoyarde peut-être), dont les premiers couplets sont les suivants :
Chanson Suzon
Ecoutez-bien jeunes filles l’histoire
De l’orgueilleuse et charmante Suzon.
Un beau marquis, en passant par Brémoire,
La vit un jour au seuil de sa maison.
Ah les beaux yeux, ah la gentille mine,
Que n’ai-je l’âge de me marier !
Si tu voulais m’attendre,
Lui dit-il d’un air tendre,
Suzon je reviendrai
Et je t’épouserai.
Suzon rougit et fit la révérence,
Le beau marquis s’en allait à la Cour,
S’il y allait c’était sous la Régence.
Quant à ??? Suzon à partir de ce jour,
N’écouta plus son amoureux gros ??? Pierre,
Ni petit Jean qui mourut de langueur.
Quant à gros Jean, le fils de la meunière,
Il lui chantait toujours avec ardeur :
Si tu voulais l’attendre,
Lui dit-il d’un air tendre,
Suzon il reviendra
Et il t’épousera ......
Merci pour votre réponse
cordialement marie-françoise Chambéry
Réponse du Guichet
Nous avons retrouvé le texte -ou tout du moins une version très proche- sur Gallica.
Bonjour
nous avons retrouvé le.. ou plutôt "un" texte de cette chanson, car comme très souvent dans le cas des chansons anciennes, pour lesquelles il n'existe pas de source première, de nombreuses versions circulent au gré des régions, des siècles ou des ans, et il se peut que celle-ci ne corresponde pas mot pour mot à votre souvenir.
Celle que nous vous livrons ici, trouvée sur Gallica, dans un numéro de 1864 du Courrier de Bourges :
Ecoutez bien, jeunes filles, l’histoire
De l’orgueilleuse et gentille Suzon :
Un beau marquis, qui passait, après boire,
La vit un jour au seuil de sa maison.
Suzette avait vingt ans et taille fine« Ah ! s'écria le jeune cavalier,
Ah ! les beaux yeux et la gentille mine.
Et que ne puis-je enfin me marier !
Si vous voulez m'attendre,
Lui dil-il d'un air tendre,
Suzon, je reviendrai
Et vous épouserai."
Suzon rougit et fit la révérence.
Le beau marquis s’en allait à la cour,
Il y resta ; c’était sous la Régence.
Quant à Suzette, à partir de ce jour,
Plus n'écouta son amoureux Gros-Pierre,
Ni le berger, qui mourut en langueur,
Ni petit-Jean, le fils de la meunière ;
Elle attendait toujours avec candeur,
Et chantait d'un air tendre :
« Si vous voulez m'attendre,
Suzon, je reviendrai
Et vous épouserai. »
Le temps passa. L’orgueilleuse Suzette
Bien vite aussi vit passer ses appas.
Les amoureux quittèrent la pauvrette,
Qui vécut seule et qu'on ne plaignit pas.
Dans le pays on sut enfin l'histoire ;
On se moqua «de la vieille Suzon ;
On l’appelait "la marquise après boire",
Et les enfants, sans craindre son bâton.
Lui chantaient d’un air tendre :
« Si vous voulez m’attendre,
Suzon, je reviendrai
Et vous épouserai."
Le roman de terroir, ou la mauvaise réputation