Je souhaite connaître l'origine du nom Cour et Passage du Soleil à Lyon
Question d'origine :
Bonjour, Je souhaiterais connaître l'origine du nom donné à une ancienne et petite voie reliant - sur les pentes de la Croix-Rousse - la Montée de la Grande-Côte aux Jardins des Plantes dite Cour et Passage du Soleil,. Cette voie est mentionnée sur plusieurs plans anciens de Lyon et notamment sur des plans de 1830 et 1852, puis a été supprimée lors des travaux d"aménagement du quartier entre 1854 et 1861. Cordialement.
Réponse du Guichet
"La cour du Soleil", située entre le Jardin des Plantes et la montée de la Grande-Côte, a disparu en 1855 lors du percement de l’actuelle rue Burdeau. Elle tirait son nom de la famille Grolier, seigneurs du Soleil à Beynost à partir du XVIème siècle et qui aurait possédé des propriétés dans ce quartier dès le XVIIème siècle.
Bonjour,
La cour du Soleil, se situait au coeur des pentes de la Croix-Rousse entre le Jardin des Plantes et la montée de la Grande-Côte (Lyon 1er). Cette petite voie que l'on aperçoit sur vos plans aurait été absorbée en 1855 par la percée de la rue du Commerce, devenue rue Burdeau le 8 janvier 1895 en l'honneur de l'ancien ministre et député du Rhône Auguste Burdeau (1851-1894), né dans cette rue.
Nos recherches indiquent que la cour du Soleil tenait son nom des seigneurs du Soleil, une famille aristocrate dont le fief était situé en la paroisse de Beynost en Bresse dans l'Ain, à 16 kilomètres de l'actuel centre-ville de Lyon. Robert Brun de la Valette, dans Lyon et ses rues (1969) écrivait à propos de l'histoire de la rue, que des propriétés appartenant à la famille s'y trouvaient dès le XVIIème siècle :
La rue du Commerce a reçu, en 1895, le nom de l'ancien ministre et député du Rhône Auguste Burdeau (1851-1894) né dans cette rue. Percée de 1810 à 1838, entre la montée Saint-Sébastien et la Grande-Côte, cette artère fut prolongée par l'adjonction, en 1855, de la "Cour du Soleil", puis en 1860, du bas du Jardin des Plantes, où l'on voit le monument élevé à Burdeau, la plaque à l'endroit où fut tué Lucien Sportisse, le buste de Lang. La cour du Soleil tenait son nom des Grolier, seigneurs du Soleil, qui étaient propriétaires dans ces parages de 1630 à 1688.
Source : Lyon et ses rues de Robert Brun de la Valette (Éditions du Fleuve, 1969)
L'abbé Ad. Vachet mentionne lui aussi les anciens seigneurs du Soleil (A travers les rues de Lyon, p. 95). Si Alain Dreyfus n'en dit pas davantage, il évoque à la façade ouest de l'immeuble au numéro 1 (un des rares à posséder une entrée avec un perron à Lyon) la présence d'un "joli soleil rayonnant qui donne sur l'amphithéâtre" (Les secrets des rues de Lyon, p. 98). Celui-ci est visible sur Google Street View.
La généalogie de la famille Grolier permettrait d'attester de leur présence à Lyon, dès le XIIIème siècle, et de leur rattachement au domaine du Soleil à compter de François Grolier vers 1530. De premiers éléments sur l'histoire de la famille sont lisibles dans Généalogie Des Grolier, D’après Un Manuscrit Du Collége Héraldique par Antoine J. V. le Roux de Lincy (sur Brill) et sur le site de l’association de patrimoine et d'histoire locale du beynolan Mémoire d'hier pour demain. Voici, dans les grandes lignes, l'histoire du domaine :
Le plus ancien document mentionnant le domaine du Soleil date de 1530. C'est François Grolier, écuyer qui en est seigneur. (La famille Grolier, d'origine italienne est venue s'établir en France au 13ème siècle.)
Nicolas, son petit-fils, capitaine de la ville et des forces de Lyon obtient de Louis XIII, pour services rendus, la haute, moyenne et basse justice pour les terres du Soleil.
La famille Grolier restera propriétaire du domaine jusqu'en 1747 où Roch Fourrat, écuyer, le rachète.En 1767, c'est Pierre Antoine Barou, procureur général du roi , qui acquiert le Soleil.
Le domaine, confisqué à la Révolution, fut vendu aux enchères en 1794. La veuve Barou réussit à redevenir propriétaire du château.Les propriétaires suivants furent : M et Mme de Chaponnay, Pierre Vignat, Pierre Pelletot qui fit édifier le motif en fonte qui ornait le grand bassin où s'élevait un jet d'eau (actuelle pelouse), huit autres propriétaires... puis en 1935, le docteur Gabrielle, maire de Beynost.
En 1982, la mairie rachète la propriété qui sera revendue à un entrepreneur pour l'entrepôt, à un lotisseur (actuel lotissement) et à un groupe d'architectes pour la partie château du 18ème. La partie la plus ancienne (ferme) appartient à une famille d'exploitants agricoles.
Source : Le château du soleil - Mémoire d'hier pour demain.
D'anciennes photos du château, avant sa transformation en lotissement, et d'anciens plans de Beynost permettent de prendre la mesure de la demeure. Un vestige d'une ancienne tour du château est visible sur Wikipedia.
Ces informations se recoupent très bien avec les pages consacrées à l'histoire du château du Soleil que nous avons pu parcourir dans Richesses touristiques et archéologiques du canton de Miribel : Beynost, Neyron, Saint-Maurice-de-Beynost, Thil / Département de l'Ain, Pré-inventaire sous la dir. de Noëlle Nugier (Patrimoine des pays de l'Ain, 1995, à partir de la p.111).
François Grolier, seigneur du Soleil, est signalé comme "Notaire et secrétaire du Roi, conseiller de ville de 1545 à 1569 à Lyon, échevin de 1556 à 1561" sur Geneanet. Un arbre généalogique est aussi visible sur ce site d'héraldique dont nous ne saurions apprécier la valeur. A noter que deux orthographes cohabitent "Grollier" et "Grolier".
Une précédente réponse du Guichet du Savoir faisait déjà mention de la maison du Soleil (2016), propriété de Pierre Antoine Barou située "à l’angle de la montée du Gourguillon, au 1, place de la Trinité et du 2, rue St Georges" et sur laquelle est représenté un soleil, emblème de la famille. Celui-ci est visible sur VisiterLyon.
Enfin, le dictionnaire historique des Académiciens de Lyon vous donnera toute l'information nécessaire sur la vie et l’œuvre de Pierre Antoine Barou (1742-1793).
Bonne journée.
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