Auriez-vous des informations sur les ballons lancés depuis la basilique de Fourvière ?
Question d'origine :
Bonjour,
La tour de l'observatoire de la basilique de Fourvière, construite vers 1882, expose un panneau non daté (photo ci-jointe) indiquant le prix pour assister au départ des ballons, mais aucune explication n'est donnée quant à ces ballons : ballons-sondes ? montgolfières ?
J'ai arpenté la Toile en vain. Pourriez-vous m'éclairer ?
Merci !
Réponse du Guichet
Il existait deux tours de l'observatoire à Fourvière dont une seule était un élément de la basilique, celle située en son nord-est. Même si ces départs de ballons semblent bien avoir eu lieu à partir de celle-ci (le panneau en témoigne), nous avons ouvert nos recherches à la tour plus ancienne située à proximité de la chapelle de Fourvière car l'histoire de l'aéronautique à Lyon est ancienne et assez riche. Mais en vain. Nous n'avons trouvé aucun départ de ballons depuis cette tour de l'observatoire ni même de la basilique ni même de Fourvière. Le musée de Fourvière saura peut-être nous expliquer cette étrangeté.
Bonjour,
Au XIXe siècle à Lyon, la colline de Fourvière accueille plusieurs tours successivement construites en 1831, 1872 et 1893.
En 1831 est bâtie une tour observatoire à proximité de la chapelle de Fourvière ou chapelle Saint-Thomas de Lyon sur laquelle se dresse la statue de la Vierge dorée, construite au XIIe siècle, qui n'est aucunement la célèbre basilique dont les travaux démarrent en 1872 (voir De la construction de la basilique à nos jours, Notre-Dame de Fourvière) :
La construction en 1831 d’une haute tour carrée à côté de la chapelle de Fourvière a considérablement modifié la silhouette de la colline, vue depuis la ville. Elle attire l’attention sur de multiples peintures, dessins, gravures et photos du XIXe siècle. Elle est toujours là, mais réduite à mi-hauteur, et on ne l’aperçoit guère aujourd’hui.
Source : PATRIMOINE/La tour-observatoire de Fourvière, 1831-1858, Histoires lyonnaises, Hypothèses
Vous pouvez la voir sur la photo publiée dans Connaissiez-vous cette étrange tour disparue du paysage de Lyon ?, actuLyon, 22 octobre 2022.
Lire aussi La tour-observatoire (1830-1833) dans Pécontal, Emmanuel, et Paula Selzer. « Un temple pour les arts et les sciences ». Adolphe Gouhenant, Presses universitaires de Franche-Comté, 2022.
En 1882, alors que la basilique est érigée, selon l'article Tour de l'Observatoire de Fourvière, Guide de Lyon, ce sont deux observatoires qui auraient été installés dans deux de ses quatre tours :
En 1882, lorsque les travaux de la Basilique de Fourvière s'achèvent, un observatoire scientifique est installé dans sa tour nord-ouest dans le but d'allier foi et science. Parallèlement est aménagé dans la tour nord-est un observatoire public.
Mais c'est le clocher nord-est, dit tour de la Prudence, ou de l'Observatoire qui abrite une table d'orientation à destination du public (sources : Basilique Notre-Dame de Fourvière, Wikipédia et La Tour de l'Observatoire de la Basilique de Fourvière, Visiter Lyon).
En 1893, la tour observatoire métallique dite « Tour Paufique » est construite d'après l'Inventaire général en Auvergne-Rhône-Alpes, Tour observatoire métallique dite « Tour Paufique » actuellement tour-relais radio et TV :
En 1892 à Lyon, suite au succès de la tour Eiffel de 1887 à Paris construite pour l'exposition universelle de 1889, un projet de construction d’une tour métallique avec ascenseur hydraulique est lancé à l’initiative d’une entreprise privée, la Société Anonyme de la Tour de Fourvière. La conception est dûe à E. Colonge. Le lieu choisi appartient à la famille Gay, localisé sur la colline de Fourvière en haut de la montée Nicolas de Lange. Le nom de « Tour Paufique » est choisi en référence au nom du président du Conseil d’Administration en poste. Inspirée du troisième étage de la Tour Eiffel, la tour métallique de Fourvière mesure 89 m de hauteur et culmine à 372 m. Elle est à l'origine un lieu de visite panoramique de la ville avant de devenir un relais de radio et télévision dans les années 50. En effet, en 1953, la famille Gay vend le monument à la RTF. A partir de cette date, la tour prend la fonction de relais radio et TV et fermée au public.
A propos de ce départ de ballons, nous supposions qu'il pouvait s'agir d'ascensions aérostatiques car Lyon a un passé aéronautique comme en témoignent les documents à télécharger si vous le pouvez, Retour sur le passe de l’aerostation lyonnaise les precurseurs et Retour sur le passe de l’aerostation lyonnaise les contemporains ou à retrouver sur le site du Cercle aéronautique Louis Mouillard. Mais aucun d'eux ne mentionne un départ de ballons depuis la tour de l'observatoire de la basilique de Fourvière.
Nous avons cherché dans la presse locale via le site Lectura. La requête comportant les mots départ ballons basilique fourvière donne 26 résultats répartis dans des numéros du journal Le Salut public allant de 1893 à 1941 mais aucun de ces numéros n'a donné satisfaction. 3 résultats ont émergé de la requête avec les mots départ montgolfière fourvière mais rien sur un départ de ballons depuis la basilique de Fourvière.
Avec la requête "départ de ballons", RetroNews, site de presse de la BNF, nous a fournit 8 résultats pour la période 1827-1876 et 91 pour la période 1927-1936 mais 0 avec la requête "départ de ballons" fourvière. La consultation des 8 résultats de la première période puis de celle des 8 premiers titres lyonnais de la deuxième période n'a rien donné. Etant donné que la recherche en ajoutant fourvière a été nulle, nous n'avons pas approfondi celle-ci dans les 83 autres titres de la 2ème période. La recherche avec les mots départ montgolfière fourvière est restée muette.
Google livres n'est pas plus parlant.
Nous avons consulté l'article La tour-observatoire de Fourvière : 1831-1858 publié dans le Bulletin municipal officiel de la ville de Lyon ; N°6144, 25 janv 2016 mais en vain.
Le musée de Fourvière que nous avons contacté détient peut-ête la clé de ce mystère. Nous attendons sa réponse et vous informerons de celle-ci.
Bonne journée
Lug, pionnier lyonnais des super-héros