Y a-t-il une utilité au petit creux dans l'oreille des chats ?
Question d'origine :
Bonjour !
J'aurais voulu savoir si le petit creux dans l'oreille des chats avait une quelconque utilité ?
En vous remerciant d'avance
Réponse du Guichet
Le doux et petit creux à la base des oreilles du chat est appelé poche de Henry ou poche marginale cutanée. Son nom scientifique est saccus cutaneus marginalis. Cette mignonne et fine poche existe aussi chez d'autres animaux mais elle ne semble pas avoir éveiller plus que ça la curiosité des scientifiques et sa fonction n'est pas certaine. Chez nos amis greffiers, elle pourrait améliorer l'excellence de son ouïe ou permettre une meilleure mobilité de l'oreille. Elle pourrait aussi n'avoir aucune fonction outre celle, peu appréciable, d'accueillir puces et acariens.
Bonjour,
Nos amis les chats possèdent comme les chiens, les chauves-souris, les mustélidés (belettes, hermines, visons, putois, furet) un tendre et fin repli à la base de l'oreille. Si celui-ci nous paraît familier, il n'en reste pas moins que peu de personnes se sont posées la question de sa dénomination et de son utilité. Nous vous remercions donc de nous questionner à ce sujet.
Le Manuel MSD vétérinaire décrit les Structures et fonctions de l'oreille chez le chat mais il ne mentionne pas ce petit repli.
En revanche, dans son article Henry's Pocket: Why Do Cat Ears Have An Extra Fold? = La poche d'Henry : Pourquoi les oreilles de chat ont-elles un pli supplémentaire ?, IFLScience donne quelques réponses :
The triangular shape of a cat’s outer ears is called the pinna, and the small fold (or pocket) on the outside of the pinna is called Henry’s Pocket. The technical term for this fold is a cutaneous marginal pouch, and cats are just one of many species – including dogs and bats – to have these odd folds.
[...]
the supposed use of the cutaneous marginal pouch, which, again, is still entirely speculative. No one really knows why these pouches are there, but some of the leading theories suggest they may be used to improve animals’ hearing, although there has yet to be any evidence to prove this.
One theory suggests that this extra skin allows for better movement of the ear. With 32 muscles in their ears, cats can rotate both ears independently to help locate the source of sounds and use ear movements to communicate with other cats (and humans), so having the extra dexterity is beneficial. It’s also thought they work to amplify sounds and aid in the detection of both higher and lower-pitch sounds.
Cats have one of the broadest hearing ranges among mammals with the ability to hear sound waves in the range of 48Hz up to 85kHz. It’s believed that the cutaneous marginal pouch aids in the detection of higher-pitched sounds by bouncing lower-pitched sounds around the walls of the pocket, delaying the time it takes for them to enter the ear.
It’s also possible that the cutaneous marginal pouch is vestigial and no longer serves a purpose in modern species, however, as they occur on many species that boast impressive hearing abilities, many believe this is unlikely.
What we do know about these crevices, however, is that fleas and ear mites love to hide away in there. Be sure to give Henry’s pockets a good rummage when getting rid of your pet’s pests.
Traduction
La forme triangulaire de l'oreille externe du chat est appelée pavillon, et le petit repli (ou poche) situé à l'extérieur du pavillon est appelé poche de Henry. Le terme technique pour ce repli est poche marginale cutanée, et les chats ne sont qu'une des nombreuses espèces – y compris les chiens et les chauves-souris – à posséder ces replis particuliers.
[...]
l'utilisation supposée de la poche marginale cutanée, [qui] reste toutefois purement spéculative. On ignore la véritable fonction de ces poches, mais certaines théories avancées suggèrent qu'elles pourraient servir à améliorer l'ouïe des animaux, bien qu'aucune preuve ne vienne étayer cette hypothèse.
Une théorie suggère que cette peau supplémentaire permet une meilleure mobilité de l'oreille . Grâce à leurs 32 muscles auriculaires, les chats peuvent faire pivoter leurs deux oreilles indépendamment pour localiser la source des sons et communiquer avec leurs congénères (et les humains) par le mouvement de leurs oreilles. Cette dextérité accrue leur est donc bénéfique. On pense également que ces muscles contribuent à amplifier les sons et facilitent la détection des sons aigus et graves.
Les chats possèdent l'une des gammes auditives les plus étendues parmi les mammifères, capables de percevoir les ondes sonores de 48 Hz à 85 kHz . On pense que la poche marginale cutanée contribue à la détection des sons aigus en faisant rebondir les sons graves contre les parois de cette poche, ce qui retarde leur entrée dans l'oreille.
Il est également possible que la poche marginale cutanée soit vestigiale et ne serve plus à rien chez les espèces modernes ; cependant, comme elle est présente chez de nombreuses espèces dotées d'une ouïe impressionnante, beaucoup estiment que cette hypothèse est peu probable.
Ce que l'on sait de ces recoins, c'est que les puces et les acariens des oreilles adorent s'y cacher. Pensez à bien fouiller les poches d'Henry lorsque vous le débarrassez de ses parasites.
Cette poche de Henry ou saccus cutaneus marginalis de son nom scientifique, a aussi intrigué le magazine Petbook rejoignant les mêmes conclusions à la question À quoi sert cette petite « poche » sur l'oreille du chat ? :
L'oreille d'un chat perçoit principalement les sons des hautes fréquences.
Chez les chats, l'ouïe est l'un de leurs sens les plus importants. Leurs oreilles sont parfaitement adaptées pour localiser les sons avec précision et ainsi repérer leurs proies avec fiabilité, même lorsqu'ils ne les voient pas. Les chats possèdent 32 muscles dans leurs oreilles à cet effet, soit presque deux fois plus que la plupart des chiens. Ces muscles leur permettent de bouger leurs oreilles indépendamment l'une de l'autre, ce qui leur confère une excellente audition spatiale.
Les chats sont également des champions du monde en matière d'ouïe. Ils peuvent entendre une octave plus haut que les chiens. Cela signifie qu'ils sont particulièrement doués pour percevoir les sons dans les hautes fréquences – une caractéristique due en partie à leur spécialisation dans la chasse à certaines proies. Et c'est là que le sac d'Henry entre en jeu .
La véritable fonction du sac d'Henry reste obscure à ce jour.
Bien que sa fonction exacte demeure incertaine, une des théories les plus répandues suggère que ce pli cutané contribue à la perception des sons aigus en atténuant les sons graves, notamment lorsque l'oreille est inclinée, une position de chasse fréquente chez les prédateurs. Cependant, aucune preuve scientifique ne vient étayer cette hypothèse.
Une autre théorie concernant la poche auriculaire d'Henry suggère que le repli cutané confère à l'oreille une plus grande liberté de mouvement. Lorsque les chats cherchent une proie, ils orientent leurs oreilles. Celles-ci sont si flexibles qu'elles leur permettent de courir dans une direction tout en écoutant dans une autre. La poche pourrait permettre aux oreilles d'être encore plus flexibles à cet endroit, leur permettant ainsi de pivoter ou de s'aplatir davantage. Cependant, aucune étude ne vient étayer cette hypothèse.
Il est également possible que la poche auriculaire d'Henry ne serve plus à rien. Peut-être s'agit-il d'un vestige de ses ancêtres félins, désormais totalement inutile. Cependant, cette hypothèse est peu probable, car d'autres espèces animales dotées d'une excellente ouïe possèdent également une poche sur l'oreille. C'est le cas notamment des belettes, des chauves-souris et de certaines races de chiens.
Même si c'est un livre médical, le chapitre Normal Structure and Function of Ears, de l'ouvrage Common Ear Diseases in Dogs: Diagnosis and Management / Jasvinder Singh Sasan, Shalini Suri, Kamal Sarma, Bentham Science Publishers, 2025, pp.14-30, aurait pu peut-être confirmer l'une, l'autre ou toutes ces hypothèses mais il ne nous est pas possible de le consulter. D'autres recherches réalisées sur le terme scientifique saccus cutaneus marginalis n'ont débouché que sur des descriptions ou des données médicales :
- The Posterior Auricular Artery of the Cat / Masaki MATSUMOTO
- DİK KULAKLI ALMAN ÇOBAN KÖPEĞİN KAFATASI ÖLÇÜ LERİ VE AURİS EXTERNASI'NIN (Mm. auriculares hariç) MAKRO ANATOMİSİ / M. TAŞBAŞ - N. ÇİFTÇİ
Le grand Larousse du chat : plus de 1000 photos / sous la direction d'Isabelle Jeuge-Maynart et Ghislaine Stora, issu de nos collections ne cite ni poche de Henry ni poche marginale cutanée ni saccus cutaneus marginalis.
Bonne journée
Pastorales