Que sont devenues les archives du Cercle Saint-Just liées à la loge maçonnique Saint-Just ?
Question d'origine :
Bonjour,
J'aimerais savoir ce que sont devenues les archives du Cercle Saint-Just.
Ce cercle fut créé par Guy Pitchal, médecin et psychanalyste. Le Cercle était lié à la loge maçonnique Saint-Just (Grand Orient) dirigée par Guy Pitchal.
Les membres les plus connus de ce cercle était Edgar Morin, Claude Lefort et Cornélius Castoriadis.
Merci.
Bien cordialement
Réponse du Guichet
Nos recherches sont restez muettes quant au devenir et à la conservation des archives du Cercle Saint-Just, devenu 'Centre de recherche et d’élaboration sociale et politique". Nous vous proposons toutefois plusieurs pistes pour en retrouver la trace.
Bonjour,
De premières recherches n'ont pas permis d'identifier sur internet une notice de dépôt qui localiserait d'éventuelles archives du "Cercle Saint-Just", devenu par la suite le Cresp (Centre de recherche et d’élaboration sociale et politique) afin de se consacrer "plus spécifiquement à approfondir les bases théoriques de la démocratie" (dans le chapitre de Françoise Dosse, Les deux voies de l'anti-totalitarisme sur Cairn).
Toutes les informations que vous nous avez indiqué sont pourtant bien confirmées à la lecture de cet article consacré à Max Théret, Max Théret (1913-2009), socialiste, millionnaire et franc-maçon par Philippe Rochefort (dans Chroniques d'Histoires maçonniques en 2017, sur Cairn) :
Son père et sa mère étaient francs-maçons. Le premier était Vénérable de la Loge Marat de la Grande Loge De France et la seconde appartenait à la Grande Loge Féminine de France. Il évoque fréquemment la franc-maçonnerie, dont il se réclame. Ami du psychanalyste Guy Pitchal et du sociologue Edgard Morin, il a été avec eux l’un des fondateurs du Cercle Saint-Just (1962-1972), cercle de réflexion anti-colonialiste à l’origine et qui réunissait autour de personnages prestigieux comme Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis, des hommes qui voulaient rien moins que « refonder le socialisme » dans la continuité des réflexions du mouvement Socialisme ou Barbarie. La Loge Saint-Just fut créée pour associer une démarche maçonnique à cette démarche politique profane. Il a existé d’autres cas d’association d’un cercle profane et d’une Loge maçonnique, le plus illustre étant le cas du salon de Mme Helvétius (le Cercle d’Auteuil) et de la Loge franco-américaine des Neuf-Soeurs dont Benjamin Franklin fut Vénérable. Le Cercle Saint Just fut très actif pendant dix ans et, en 1972, la Loge Saint Just du GODF, où Max Théret occupait le plateau de Maitre des Cérémonies fusionna avec une autre Loge pour former la Loge Saint Just 1793 dont M. Théret fut membre jusqu’en 1993. Il n’y fut d’ailleurs pas très actif et pendant plus de vingt ans, le sujet de son exclusion pour inassiduité revint régulièrement à l’ordre du jour…
Source : Max Théret (1913-2009), socialiste, millionnaire et franc-maçon par Philippe Rochefort (dans Chroniques d'Histoires maçonniques en 2017)
Ou dans le dictionnaire en ligne Le Maitron, à la notice consacrée à Claude Lefort :
Au début des années 1960, Claude Lefort – qui avait pris du recul sur le « champ politique » à travers son travail sur Machiavel – intervint dans le Cercle Saint-Just, club franc-maçon fraîchement fondé en pleine guerre d’Algérie qui prit plus tard le nom de CRESP (Centre de recherches et d’élaborations sociales et politiques). Il y fut rejoint par Cornelius Castoriadis, Pierre Vidal-Naquet* et Edgar Morin*. Celui-ci l’amena en 1957 à collaborer à la revue Arguments, animée notamment par lui-même, Kostas Axelos et Jean Duvignaud*.
Source : LEFORT Claude, André, Georges dit Claude MONTAL, né COHEN Claude dans Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier ou du mouvement social.
Pour parvenir à votre objectif et retrouver les archives du Cercle Saint-Just, vous pourriez essayer ces différentes pistes :
Le fonds du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron est le dépositaire des archives du philosophe Claude Lefort. Il se trouve à l'Humathèque Condorcet à Aubervilliers.
Vous pourriez aussi chercher du côté du fonds Cornelius Castoriadus constitué de manuscrits, de correspondances, de notes et de documents de travail qui appartenaient au chercheur. Il se trouve dans les collections de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine à Caen. Pour information, les numéros de la revue Socialisme ou Barbarie sont numérisés en ligne.
La bibliothèque du Grand Orient de France, pourrait être en possession de documents liés à la loge maçonnique Saint-Just, qui pourraient vous donner des informations au sujet des archives du cercle, tant ces institutions étaient liées l'une à l'autre. Essayez aussi de contacter le fonds maçonnique de la BNF.
De notre côté, nous plaçons votre question dans notre rubrique "SOS".
Bon courage dans vos recherches.
Tokyo 68