Que faisait Charles Germain, ancien maire de Villefranche, pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Question d'origine :
Bonjour,
J'aurais aimé savoir ce que faisait Charles Germain, ancien maire de Villefranche, pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Je sais qu'il s'engage auprès du groupe de chasse GC III/9 en étant sous-lieutenant, qu'il se marie avec son épouse en 1942 mais c'est à peu près tout.
Je ne sais pas quand est-ce qu'il part du groupe de chasse, s'il retourne à Villefranche, s'il entre en résistance, s'il revient à son activité d'électricien. Si vous pouviez éclairer ma lanterne je vous en serais grandement reconnaissant.
Merci beaucoup !
Réponse du Guichet
Charles Francisque Germain, né à Villefranche-sur-Saône en 1909, lie intimement durant sa vie, son destin politique à sa ville natale par un ancrage fort et une intense activité associative locale. Les sources disponibles indiquent bien qu'un nommé Charles Germain a servi dans l’aviation de chasse française au début de la Seconde Guerre mondiale, en tant que sous-lieutenant au sein du Groupe de chasse III/9. En revanche, les biographies locales et notices parlementaires ne mentionnent pas d’actions résistantes ou de participation à un réseau de résistance.
Après la défaite française de 1940, il reprend ses activités civiles à Villefranche, notamment la direction d’une petite entreprise d’électricité qu'il a héritée de son père puis débute son activité politique caladoise à partir des années 50 : en 1951, il est élu conseiller général du canton de Villefranche-Ouest ; en 1953, il est élu conseiller municipal de Villefranche-sur-Saône ; de 1959 à 1977, il sera maire de Villefranche-sur-Saône. Enfin, il sera député du Rhône à l’Assemblée nationale en 1962 avec un positionnement centriste mais battu en 1967. Au cours de ses 18 années de mandat municipal, Charles Germain a mené nombre de projets : le quartier Troussier, l'extension de Belleroche et Beligny, la caserne des pompiers, le Palais des sports, la Cité technique, l'aire de loisirs de Haute-Claire, l'aménagement de zones industrielles, le projet de centre hospitalier et enfin le district intercommunal de Villefranche-sur-Saône en 1962, dont il fut président.
Sur un plan plus privé, on sait que Charles Germain a grandi à Villefranche-sur-Saône, dans un milieu industriel et technique, et qu'il se marie effectivement le 16 avril 1942 à Villefranche-sur-Saône, avec Marie Antoinette Bordet. Après avoir exercé ses mandats locaux jusqu’aux dernières années de sa vie, Charles Germain décède le 14 novembre 1979. Père de quatre filles, il était chevalier de la Légion d’honneur, selon le site de l'assemblée nationale.
Bonjour,
Vous souhaitez en savoir plus sur Charles Germain, ancien maire de Villefranche, notamment durant la Seconde guerre mondiale.
On trouve une notice de l'homme politique caladois Charles Germain (1909-1979) sur Wikipédia et sur le site de l'Assemblée nationale qui publie sa biographie (que vous retrouverez de même sur MairesGenWeb et un Blog d'histoire locale de Villefranche et du Beaujolais). En voici le contenu :
Charles, Francisque Germain
Né le 4 novembre 1909 à Villefranche-sur-saône (Rhône - France)
Décédé le 14 avril 1979 à Villefranche-sur-saône (Rhône - France)Député du Rhône de 1962 à 1967.
Né le 4 novembre 1909 à Villefranche-sur-Saône, Charles Germain lie intimement son destin professionnel comme son destin politique à sa ville natale. Diplômé du brevet d’État d’électro-mécanique de l’école d’électricité de Voiron, il y hérite de son père la direction d’une petite entreprise d’électricité, qu’il assume pendant 37 ans. Titulaire d’un brevet de mécanicien avion, il fait son service militaire au 37e régiment d’aviation au Maroc et, de retour en France, passe son brevet de pilote. Son ancrage local lui permet de déployer, tout au long de sa carrière, une intense activité associative : en 1962, il préside le syndicat des eaux de l’Ouest de Villefranche, l’Union des artisans des petits patrons, commerçants et artisans et l’Aéro-club de Villefranche, tout en occupant les fonctions d’administrateur du marché-gare de Lyon.Servant pendant la campagne militaire de 1939-40 dans la chasse, Charles Germain n’entre en politique que dans les années de l’après-guerre. En 1951, il est élu conseiller général de Villefranche-Ouest : il conserve ce poste jusqu’en 1976, occupant lors de son dernier mandat la vice-présidence du conseil général du Rhône. Deux ans plus tard, à l’occasion des élections de 1953, il entre au conseil municipal de Villefranche-sur-Saône, dont il devient maire en 1959, pour le rester jusqu’en 1977.
Charles Germain est donc de ces élus qui lient leur destin à celui d’une ville, et c’est armé de très fortes positions locales qu’il s’attache à conquérir un mandat de député à l’occasion des élections de 1962. Il est à noter qu’il n’appartient à aucun parti national : il revendique ainsi son refus de se prononcer à l’occasion du référendum sur la réforme constitutionnelle du 28 octobre 1962, « en dépit des invitations et des pressions reçues de la droite comme de la gauche ». Cet « apolitisme » est placé au cœur de sa campagne législative de 1962 : Charles Germain se présente comme un homme « au service de tous », qui prodigue conseils et appuis « sans se soucier de l’appartenance politique », et qui a pour seul objectif « l’intérêt permanent de sa région beaujolaise » et l’édification du « grand Villefranche ». Sa campagne reste centrée sur les questions locales : en dehors de ses plaidoyers en faveur d’une « Europe unie », d’une ouverture accrue des responsabilités aux « jeunes », et de son refus de toute « opposition » entre villes et campagnes, ses prises de positions sur les questions nationales (« lutte contre le chômage par une politique de plein emploi, assurant à chacun un revenu suffisant ») ne permettent guère de le classer politiquement.
L’élection montre la suprématie, dans cette circonscription, des représentants des « petits partis ». Le député sortant, Louis Bréchard, membre du Centre national des indépendants (CNI), arrivé en troisième position au premier tour, est éliminé, tout comme les représentants du Parti communiste et de l’Union pour la nouvelle République (UNR). Le second tour oppose donc Charles Germain au radical Joseph Rosselli, ancien proche d’Edouard Herriot, qui compte 3000 voix de retard au soir du premier tour. Les reports s’effectuent moins bien des voix CNI et UNR vers Charles Germain que des voix communistes vers Joseph Rosselli, mais les réserves des deux candidats sont inégales : devenu de fait le candidat d’union de la droite, Charles Germain est élu au second tour avec près de 4000 voix d’avance sur son concurrent. Une fois élu, Charles Germain s’apparente au groupe du Centre Démocrate, et rejoint la commission de la production et des échanges. Il s’investit peu dans la part la plus visible du travail parlementaire : aucune intervention en séance publique, aucun rapport, aucune proposition de loi en cinq années de mandat. En revanche, il met sans doute à profit sa position pour défendre activement les intérêts de ses administrés, comme il le revendique lors de sa campagne de 1967. Symboliquement, durant ses années de député, il n’a pas de résidence permanente à Paris.
Néanmoins, ce positionnement centriste de Charles Germain souffre de la « politisation » plus importante des élections législatives de 1967, dans un champ politique bipolarisé. Candidat « Ve République », il est battu par le radical Joseph Rosselli, qui, prenant sa revanche de 1962, bénéficie notamment d’un fort report des voix communistes dans la dynamique de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS).
L’exercice du mandat national n’a finalement constitué qu’une parenthèse dans la vie politique de Charles Germain, avant tout mise au service de sa ville de Villefranche-sur-Saône. Cette parenthèse lui est permise par la spécificité politique de cette région du Beaujolais qui, à l’écart de Lyon, se refusera longtemps aux « partis nationaux » pour constituer un bastion de candidats centristes, indépendants ou radicaux.
Après avoir exercé ses mandats locaux jusqu’aux dernières années de sa vie, Charles Germain décède le 14 novembre 1979. Père de quatre filles, il était chevalier de la Légion d’honneur.
Source : Assemblée nationale
Vous trouverez une photographie de cette remise de légion d'honneur à la page 109 du livre Regard sur Villefranche-sur-Saône [Livre] ; édité par l'Association pour la promotion de Villefranche, 1986.
L'ouvrage Vie quotidienne et rapports sociaux dans une petite ville de province [Livre] : la mise en scène des différences / Michel Bozon, 1984, évoque la politique locale de Charles Germain, à la page 10.
Il faut dès lors préciser un point important : Charles Germain n’était pas maire de Villefranche-sur-Saône pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient maire beaucoup plus tard, en 1959, et le reste jusqu’en 1977.
Voici un résumé des principales informations biographiques le concernant :
Électromécanicien de formation, diplômé de l’école d’électricité de Voiron, il reprend ensuite l’entreprise d’électricité familiale, qu’il dirige pendant environ 37 ans. Il s’intéresse vivement déjà au tissu local associatif et aussi à l’aviation : il est titulaire d'un brevet de mécanicien avion et de retour de son service militaire, passe son brevet de pilote.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il semble servir dans l’aviation de chasse français pendant la campagne de 1939-1940. Après la défaite française, il reprend ses activités civiles à Villefranche. Contrairement à certains responsables locaux, il ne semble pas exercer encore de fonction politique importante pendant la guerre.
Les sources disponibles indiquent bien qu'un nommé Charles Germain a servi dans l’aviation de chasse française au début de la Seconde Guerre mondiale et qu’il a été sous-lieutenant au sein du Groupe de chasse III/9. La source souvent utilisée par les historiens de l’aviation est la base de données du site PassionAir 1940, basée sur les archives de l’Armée de l’air et les travaux d’historiens de l’aviation (listes d’unités, journaux de marche, dossiers individuels). La mention « GERMAIN – Sous-lieutenant – GC III/9 » confirme l’existence d’un pilote portant ce nom dans cette unité, mais ces listes ne donnent généralement pas la biographie complète. Pour une confirmation définitive qu’il s’agit bien du futur maire de Villefranche, il faudrait consulter le dossier militaire en sollicitant le Service Historique de la Défense, les fiches matricules militaires en contactant les Archives départementales du Rhône, ou encore l'État des fonds privés des journaux des marches et opérations et de bords conservés par le Service d'Archives du Ministère des Armées, service historique de la Défense.
La fiche Faire une recherche dans les archives du service militaire vous sera sans doute utile.
Sa carrière politique commence donc surtout à la libération, dans les années 1950 :
- 1951 : élu conseiller général du canton de Villefranche-Ouest (mandat jusqu’en 1976) ;
- 1953 : élu conseiller municipal de Villefranche-sur-Saône :
- 1959-1977 : maire de Villefranche-sur-Saône ;
- 1962-1967 : député du Rhône à l’Assemblée nationale.
Pour conquérir le mandat de député à l’occasion des élections de 1962, il n’appartient à aucun parti national : sa campagne reste principalement centrée sur les questions locales. Une fois élu, Charles Germain s’apparente au groupe du Centre Démocrate, et rejoint la commission de la production et des échanges. Néanmoins, ce positionnement centriste de Charles Germain souffre de la « politisation » plus importante des élections législatives de 1967 où il est battu par le radical Joseph Rosselli.
Concernant sa vie privée, la fiche publiée sur le site de l'Assemblée Nationale mentionne l'existence de 3 filles. Le site de généalogie Généanet nous donne plus d'informations sur ses parents et son épouse :
- Parents : Michel GERMAIN (1885-?) et Claudia GILBERT (1887-?)
- Conjoint : Marié le 16 avril 1942 (jeudi), Villefranche-sur-Saône, 69264, Rhône, Rhône-Alpes, France, avec Marie Antoinette BORDET
Sources :
Naissance : AD Rhône N p 62/83 + INSEE ;
Mort : INSEE.
Grâce au blog69lais, on sait que Charles Germain a grandi à Villefranche, dans un milieu industriel et technique. Vous trouverez ici la tombe de la famille Germain, où est enterré Charles Germain, dans le cimetière de Villefranche-sur-Saône (Rhône, France).
Pour en savoir plus, nous vous conseillons de consulter le dossier documentaire biographique de Charles Germain (1909-1979) conservé à la bibliothèque des Archives municipales de Lyon et consultable en salle de lecture. Bien sûr, contacter les Archives de Villefranche-sur-Saône est vivement conseillé !
L'interrogation de notre base de presse en ligne, Europresse, nous a donné accès à un article du Progrès de Lyon du samedi 29 février 2000, intitulé "Charles Germain (1959-1977) a créé le district de Villefranche", et que vous pouvez lire en intégralité avec un abonnement BML. Voici quelques extraits :
Qui est-il ? Ce sont les amis de Charles Germain qui l'ont poussé à se lancer en politique au début des années 50. Il cochait, selon eux, toutes les cases pour rallier les suffrages : il était un dynamique chef d'entreprise (au sein d'une affaire familiale d'électricité) et il était populaire en tant que président de l'Union des commerçants. Les proches avaient raison de croire en ce Caladois né en 1909. Charles Germain a été élu conseiller départemental en 1951. Puis, porté par la vague gaulliste, il a renversé la gauche d'André Dubois lors des municipales de 1959. Une fois installé sur le fauteuil de maire, il fut indéboulonnable. Charles Germain a été réélu en 1965 et 1971. En parallèle, il a siégé à l'Assemblée nationale entre 1963 et 1967. Officier de la Légion d'honneur, il s'est éteint en 1979, deux ans après avoir quitté la mairie caladoise.
Ses réalisations ? Au cours de ses 18 années de mandat municipal, Charles Germain a mené nombre de projets. Villefranche-sur-Saône lui doit notamment le quartier Troussier, l'extension de Belleroche et Beligny, la caserne des pompiers, le Palais des sports, la Cité technique, l'aire de loisirs de Haute-Claire, l'aménagement de zones industrielles, le projet de centre hospitalier. Il a également créé le district intercommunal de Villefranche-sur-Saône en 1962, dont il fut président.
Source : "Charles Germain (1959-1977) a créé le district de Villefranche" (Progrès de Lyon du 29 février 2000).
Pour finir, nous vous proposons une sélection de livres issus de nos collections susceptibles d'approfondir votre recherche :
Villefranche-sur-Saône [Livre] : une histoire en Beaujolais / Jean-Philippe Rey, 2019
Histoire de Villefranche-sur-Saône [Livre] / par Jean-Hippolyte Laplatte, 1992
Histoire de Villefranche capitale du Beaujolais [Livre] / Joseph Balloffet, 1980
Belle journée à vous
Le pétrole dans la Seconde Guerre mondiale