Comment étaient nourris les nombreux chevaux de Lyon au XIXème siècle ?
Question d'origine :
Cher guichet,
Comment étaient nourris les nombreux chevaux de Lyon au XIX e siècle ?
Cordialement
Réponse du Guichet
L’histoire du cheval au XIXe siècle est intimement liée aux progrès industriels. Elle est la preuve de la nécessité d’utiliser la force animale pour les activités humaines. Le cheval est utilisé comme animal de transport urbain et routier, dans les industries minières et également dans les cavaleries militaires. Bien que l’on trouve pléthore de photographies représentant des chevaux dans l’espace urbain ainsi que dans les premiers documents cinématographiques, peu d’historiens se sont emparé de ce sujet d’histoire.
Bonjour,
S’il y a en effet peu d’ouvrages qui nous renseignent sur les usages et les soins apportés aux chevaux en ville avant l’ère industrielle, à Lyon comme ailleurs ces derniers y étaient nourris avec du foin, de l’avoine ou de la paille. Comme les humains, les chevaux ne mangeaient pas toujours à leur faim. Cela dépendant de la ressource disponible.
Pour vous répondre, je me suis appuyée sur l'ouvrage de Jean-Pierre Aguerre, récemment paru : Les hommes et les chevaux à Lyon : 1880-1939 dont vous pouvez consulter la préface de Daniel Roche en ligne.
Cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat d’État en histoire, soutenue en 2018 à l’université Lumière, Lyon 2. Récemment acquis par la Documentation régionale, il sera très prochainement empruntable.
L'auteur y retrace le dénouement de la cohabitation des hommes et des chevaux dans les grandes agglomérations des XIXe et XXe siècles. Lyon, seconde métropole industrielle de France, sert de toile de fond à cette éviction entre les années 1880 et la Seconde Guerre mondiale. Faire revivre le cheval urbain, véritable passager clandestin de la révolution industrielle, est sa gageure en s'inspirant des animais studies anglo-saxons.
Dans le chapitre « Les chevaux dans les rythmes de la ville », p. 89, on peut y lire le témoignage du directeur de la Cie des Omnibus et Tramways de Lyon. Il y détaille la qualité du foin : « Le foin qui convenait le mieux, sans comparaison avec celui de toute autre provenance, était le foin dit de Bourgogne (…)».
Vous y trouverez également le détail de la nourriture apportée aux animaux. : « L’alimentation des chevaux devrait être l’exacte contrepartie de la dépense énergétique qui fournissent dans leur labeur quotidien. La restauration de leur force de travail dépend de leur régime alimentaire. » On distingue d’ailleurs ration de travail et ration d’entretien. « Une alimentation trop riche est aussi nuisible au cheptel que des rations trop chichement mesurées. La nature des aliments servis aux chevaux rentre là encore en compte.(…) De fait, ils est impératif que la paille, le foin ou l’avoine se trouvent en proportion adéquate dans le régime alimentaire de ces travailleurs de force. »
Il existe des tables d’équivalence qui permettent en théorie le passage de l’avoine au foin et à la paille en respectant les apports en éléments hydrocarbonés nécessaires à la dépense énergétique des chevaux. Ainsi 1 kg d’avoine représente 1,1 unité fourragère alors qu’il faut 2,5 kg de foin de qualité moyenne pour obtenir la même unité et 4 kg pour la paille des céréales de printemps. Le coefficient d’encombrement détermine le rapport qui existe entre la quantité journalière de matière sèche ingérée par le cheval et ses capacités digestives.
Sur le même sujet, vous pouvez également consulter l'ouvrage de Marc-Antoine Puvis, Du remplacement de l'avoine par le seigle cuit dans l'alimentation des chevaux.
En vous souhaitant une bonne lecture ainsi qu'un excellent week-end.
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