J'aimerais obtenir des informations sur le peintre Adolphe Zilly
Question d'origine :
J'aimerais obtenir des informations sur Adolphe Zilly, peintre, ayant collaboré à Strasbourg et Schiltigheim à plusieurs reprises avec l'architecte François/Franz Scheyder : formation, autres réalisations. L'article de l'excellent site archiwiki donne déjà des informations mais il reste bien des zones d'ombre. Auriez-vous des éléments de recherche ? Merci
Réponse du Guichet
Adolphe Zilly est une figure locale importante de la peinture décorative strasbourgeoise, attachée aux grands décors d’immeubles de la période Art nouveau. Toutefois les informations sur sa formation et ses réalisations restent sommaires.
Bonjour,
Adolphe Zilly (1873-1931) était un peintre-décorateur d'origine allemande (né à Karlsruhe) installé à Strasbourg, dont le travail est indissociable de l'effervescence architecturale de la période 1900 en Alsace. Sa collaboration avec l'architecte François (Franz) Scheyder est particulièrement emblématique du courant Art nouveau et de l'éclectisme strasbourgeois. Ensemble, ils ont créé des façades qui figurent aujourd'hui parmi les plus originales de la région. Malheureusement les informations sur cet artiste sont assez sommaires. Sur Archiwiki :
Peintre et décorateur.
"Adolphe" Auguste (Adolf August) Zilly est né le 29.7.1873 à Karlsruhe, fils de Christoph Zilly, commerçant (Kaufmann) et de Pauline Doll.
Lorsqu'il se marie le 20.10.1903 à Strasbourg avec Marie Virginie Maurer, domiciliée à Saverne et originaire de Sarrebourg, il est décrit comme "Dekorationsmaler", et domicilié au n° 17, quai des Bateliers . (n.b. : Sauf erreur, il semble bien que ce mariage ait été annulé par une décision du tribunal de Colmar datée du 22 décembre 1905)1.
On connait de lui plusieurs façades ornées réalisées sur des immeubles construits par l'architecte François Scheyder : la siège de l'entreprise Scheyder construit en 1901 à Schiltigheim, puis en 1904, l'ancienne droguerie de Schiltigheim (30, rue Principale), qui est plus proche de l'Art Nouveau, mêlant des éléments néo-gothiques et néo-Renaissance et enfin la "Maison égyptienne", rue du Général Rapp, à Strasbourg (1906).
D'après le dossier de la Police du bâtiment du n° 22, rue Oberlin, Adolphe Zilly s'est rendu propriétaire en 1906 de ce bel immeuble néo-Renaissance dû à la collaboration des architectes Falk et Wolf et Andreas Walzer. A première vue, il s'y est fait construire un atelier et y a vécu sans doute jusqu'à sa mort. Ces derniers éléments sont à confirmer2. La peinture de la cage d'escalier de cet immeuble est d'après une source son oeuvre3.
Selon le bel ouvrage publié par les galeristes spécialistes de l’art alsacien, J. et W.Kiwior4, Zilly aurait partagé épisodiquement cet atelier avec le célèbre peintre alsacien Léo Schnug.
A la fin de sa carrière, il s'est manifesté encore à plusieurs reprises dans le Haut-Rhin5.
Il est décédé le 2.11.1931 à Strasbourg, à l'âge de 58 ans.
Metacult. Cahier I Heft 4, octobre 2015, pp. 25-26 fait mention de l'atelier :
C’est dans une rue moins emblématique que s’élèvent les immeubles conçus par les architectes Falk et Wolf. À vocation résidentielle, la rue Oberlin s’ouvre sur l’avenue des Vosges, l’axe principal de circulation qui permet de traverser la Neustadt d’est en ouest. Il est fort probable que l’ensemble des terrains sur lesquels s’élèvent les immeubles ait appartenu à l’entrepreneur Andreas Walzer de Schiltigheim, qui a régulièrement collaboré avec les architectes Falk et Wolf. Walzer revendit les terrains au fur et à mesure en proposant à ses clients des projets architecturaux élaborés au préalable et dont il entendait assurer lui-même la construction. Si sur les documents conservés dans les archives Walzer apparaît comme son propre commanditaire pour la construction de l’immeuble sis 22 rue Oberlin6, c’est le peintre Adolf Zilly qui en est le propriétaire en 1913. Finalement refusé par la Police du bâtiment, le projet de construction d’un atelier en fond de cour, figurant sur les dessins datés de 1906, laisse pourtant penser que l’immeuble a été dès l’origine conçu pour Zilly.
[...]
(c’est notamment le cas du 22 rue Oberlin pour lequel Falk et Wolf ont dessiné un projet d’atelier pour Adolf Zilly qui n’a finalement pas été construit)
Voici les quelques informations données par Le nouveau dictionnaire de biographie alsacienne :
Peintre et décorateur (★ Karlsruhe 29.7.1873 † Strasbourg 2.11.1931). Fils de Christophe Zilly et de Pauline Doll. ∞ 20.10.1903 à Strasbourg Amélie Ackermann. Participa à la décoration extérieure de la « Maison égyptienne », rue du Général-Rapp, à Strasbourg (1906), une œuvre de l’architecte Franz Scheyder (Dachstein 1876 † 1949). Plus proche de l’Art Nouveau, le décor de l’ancienne droguerie de Schiltigheim (30, rue Principale) reste un témoignage précieux de l’époque (1904). Également construite par Franz Scheyder, la façade de cet immeuble mélange avec désinvolture des éléments néo-gothiques et néo-Renaissance. À la fin de sa carrière, Zilly se manifesta encore à plusieurs reprises dans le Haut-Rhin.
S. Hornstein-Rabinovitch, Tendances d’architecture Art nouveau à Strasbourg, Strasbourg, 1981 ; Th. Rieger, D. Durand de Bousingen, Kl. Nohlen, Strasbourg Architecture, 1871-1918, Strasbourg, 1991.
Dans Peinture monumentale, le site Inventaire Grand-Est décrit la peinture murale de l'édifice à Schiltigheim comme suit :
Historique
Cette peinture monumentale fut réalisée par le peintre Adolf Zilly peu après 1903 date à laquelle cet immeuble fut bâti par l'architecte et entrepreneur Franz Scheyder pour le droguiste Gustave Schunck. Le décor symboliste mélange différentes sources médiévales avec les écus dont celui de la mort, Renaissance avec des motifs de cuirs, néo-grecs avec le trépied et son brûle-parfum, et Art nouveau avec les pots à plantes.
Description
Catégories peinture murale
Matériaux enduit, support peint
Précision représentations Décor complexe. Au 1er étage un grand serpent au premier plan se détache sur un fond montagneux (les Vosges, ?) et un château. A droite un trophée composé d'une roue dentée, d'un ballot de marchandises, d'une ancre, d'un registre relié et d'une plume. Un brûle-parfum à l'antique repose sur une sellette, entre les pieds de laquelle pend un blason orné d'un crâne. Dans les pendentifs de la corniche sont peints des écus : ceux des quatre saisons et ceux du Commerce et de la Science.
Inscriptions & marques signature, peinte, allemand, sur l'œuvre. Inscription concernant l'iconographie, peinte, allemand, sur l'œuvre
Précision inscriptions Transcription de la signature portée à l'extrême bord du 1er étage : F. Scheÿder / Arch. u Bauunteh. / A. Zillÿ / Pinx. Transcription des insciptions concernant l'iconographie portées au-dessus des écus : Frühling // Sommer // Herbst // Winter // Handel // Wissenschaft.
État de conservation œuvre restaurée
Son œuvre la plus célèbre est la grande fresque de la maison égyptienne, au 10 rue du Général-Rapp à Strasbourg, réalisée avec l’architecte Franz Scheyder vers 1905-1907. Cette façade monumentale représente une scène inspirée de l’Égypte ancienne, avec une forte dimension décorative :
La maison égyptienne de Franz Scheyder, datée de 1905, témoigne de l’éclectisme architectural de cette époque, marquée par le développement de l’Art nouveau tout autant que par l’intérêt pour les formes et les couleurs de l’Orient.
Le plus frappant sur la façade de cette maison est la grande fresque polychrome qui s’élance du rez-de-chaussée au dernier étage, œuvre du peintre Adolf Zilly. Librement inspirée de documents archéologiques, elle représente une scène de chasse dans les marais, dans un décor de papyrus et de lotus. Au premier plan, l’homme debout sur une barque tient dans une main un oiseau vivant servant d’appeau et dans l’autre un bâton. Il est accompagné d’une femme au costume et à l’apparence des dames égyptiennes antiques. Dans le contexte du développement de l’égyptologie, l’Egypte antique incarne alors exotisme et sagesse mystérieuse.
Source : Le parcours Art nouveau, Judrand
L'article d'Hervé Doucet, « Existe-t-il une architecture art nouveau à Strasbourg ? », La Revue de la BNU [En ligne], 19 | 2019, ne semble pas le mentionner.
Bonne journée
Riz amer