Comment sont décédés Philippe Emmanuel Aimé et Marc Henri Bredin ?
Question d'origine :
Bonjour cher Guichet, Julien Claude Bredin directeur de l'Ecole Veterinaire de Lyon quand elle était quai Chauveau, est décédé en 1854. Il était ami avec Ampère et Ballanche entre autres et avait eu neuf enfants. Deux de ses fils sont décédés en 1819, Philippe Emmanuel Aimé à l'age de 8 mois et Marc Henri né en 1815 et décédé le 6 septembre 1819. Il me semble avoir lu que Marc Henri était mort d'un accident dû à des brulures mais je n'arrive pas à trouver les circonstances exacts de ces deux décès. En saurais tu davantage ?
Bien à toi cher Guichet.
Praline
Réponse du Guichet
Les actes de naissance et de décès des deux enfants de Claude Julien Bredin (1776-1854) qui sont Marc Henry Bredin (8 avril 1815 - 25 juillet 1819) et Philippe Emmanuel Aimé Bredin (19 novembre 1818 - 6 septembre 1819), sont disponibles dans les registres en ligne des AML, dont vous trouverez les liens ci-dessous. Cependant, aucune information sur les circonstances des décès n'apparait dans les marges des actes en question. Mais vous pouvez consulter en salle de lecture des AML les registres des décès des Hospices civils de Lyon (1793-1979).
Les collections de la BmL ainsi que des bibliothèques des AML et des AD du Rhône, conservent des documents qui seront très utiles à parcourir, notamment les correspondances de Claude Julien Bredin avec André-Marie Ampère et Pierre Simon Ballanche ou encore le livre de Joseph Buche sur l'école mystique de Lyon, à laquelle appartenait Claude Julien Bredin.
D'après des extraits de la correspondance entre Claude Julien Bredin et Ampère retrouvés sur Gallica, l'aîné Marc-Henri Bredin serait mort suite à des brûlures ; cette tragédie étant suivie de près par la mort de son petit frère, Philippe Emmanuel Bredin âgé de huit mois, peut-être (c'est une hypothèse) emporté par les maladies infectieuses infantiles et mortelles de l'époque.
Bonjour,
Vous souhaitez connaitre les circonstances de la mort en 1819 de Philippe Emmanuel Aimé et Marc Henri Bredin, tous deux fils de Claude Julien Bredin qui fut directeur de l'École Vétérinaire de Lyon, en 1813.
La fiche Généanet de Julien Claude Bredin (1776-1854) le présente ainsi :
Claude Julien Bredin est né dans l'école vétérinaire d'Alfort quand son père y officiait en tant que professeur avant de devenir directeur de l'école vétérinaire de Lyon Vaise. Après de brillante études vétérinaires à Lyon, puis une période dans l'armée. Emprisonné sous la révolution pour avoir pris part à la défense de la ville. Nommé professeur d'anatomie, il succéda ensuite à son père comme directeur de l'école vétérinaire de LYON en 1813; Il fut membre de l'académie des sciences, belles lettres et art de Lyon entre 1824 et 1854. Il était l'ami d'Ampère, autre scientifique avec qui il échangeait une correspondance. Ses travaux portèrent sur l'anatomie et la physiologie. Il était doué de grandes qualités intellectuelles et humaines. Il aurait eu une vie conjugale houleuse. Il fut admis à la retraite suite à la révolte des canuts en 1834 car il couvrait ses étudiants de leurs actions dans ce soulèvement. Il prononça l'éloge funèbre d'Ampère en 1836. Il était Chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur. Domicile: Maison Alfort 94 puis Vaise (Lyon).
Figure en bas de page, un contact " Lucien DALHEM" qui a participé à la mise en ligne de l'arbre généalogique de la famille Bredin. Un formulaire vous permet de lui poser votre question : "Si vous rendez visite à cet arbre sur Généanet et que des informations vous intéressent ou que vous puissiez m'aider à le compléter. N'hésitez pas à me contacter par mail, je vous répondrai avec plaisir."
La fiche sus-citée précise que les parents de Claude Julien Bredin (1776-1854) sont :
- Louis BREDIN 1738-1813
- Marie Francoise Scolastique BALLU †
Et qu'il s'est marié avec Claudine Larue (1784-1862) le 22 mars 1804. S'en suit la liste des noms de leurs enfants :
- PAULINE BREDIN 1804-1859
- Auguste Louis Raphael BREDIN 1806-1865
- Marie Agathe BREDIN 1807-1867
- Jean Abraham BREDIN 1809-1877
- Simon Marie BREDIN 1812-1888
- Marc Henry BREDIN 1815-
- Gabrielle Marie BREDIN 1817-1856
- Philippe Emmanuel Aime BREDIN 1818-1819
- Henri Louis BREDIN 1822-1856
La recherche dans les tables décennales des décès de Lyon mairie unique (1813-1822), cote 2E211 des Archives municipales de Lyon, permet de retrouver à la lettre B, les noms des deux frères morts en 1819, Philippe Emmanuel Bredin (né le 19 novembre 1818 et mort le 25 juillet 1819 à l'âge de huit mois) et Marc Henry Bredin (né le 8 avril 1815 et mort le 6 septembre 1819 à l'âge de quatre ans).

Ces indications nous amènent à consulter les registres des décès de l'année 1819, pour retrouver les actes de décès des deux frères.
Ainsi, nous trouvons bien l'acte de décès de Philippe Emmanuel Aimé (n° 2420), décédé à l'âge de huit mois, le 25 juillet 1819 mais sans indication sur le motif du décès :

Il en de même pour l'acte de décès, de Marc Henri Bredin (n° 2920), décédé à l'âge de quatre ans, le 6 septembre 1819 mais sans indication non plus sur le motif du décès :

L'acte de naissance de Philippe Emmanuel né le 19 novembre 1818, et l'acte de naissance de Marc Henry Bredin né le 8 avril 1815, ne comportent pas non plus d'information sur les circonstances des décès dans les marges.
Cette absence d'information dans les marges peut s'expliquer par le fait que :
Dans les registres paroissiaux sous l’ancien régime, la cause de la mort peut être précisée, les prêtres ayant plus de liberté pour rédiger les actes. Cependant, ils n’indiquent pas cette cause de manière systématique.
La neutralité de l’acte d’état civil
Avec la mise en place de l’état civil, la règlementation évolue. L’officier d’état civil doit respecter un certain nombre de consignes pour la rédaction d’un acte de décès. La cause du décès ne doit pas figurer dans l’acte sauf exception …
Source : De quoi est mort votre ancêtre ? (Genealanille.fr)
Le site La gazette des ancêtres propose une fiche : Découvrez comment est mort votre ancêtre. Voici quelques extraits :
Si vous ne trouvez pas l’information dans le registre, reportez vous à l’indispensable Contexte de Thierry Sabot. Vous pouvez également faire une recherche en ligne dans les bibliothèques numériques, telle que Gallica. Des épisodes marquants d’épidémie ont souvent été étudiés, soit dans des revues médicales, soit dans des revues des sociétés savantes.
Comme nous l’avons vu, la loi interdit de mentionner la cause de la mort sur l’acte de décès. Vous porterez votre attention sur l’adresse du lieu du décès. Il s’agit peut-être d’un hôpital. Dans ce cas, vous vous plongerez dans les archives hospitalières et notamment le registre des entrées. Vous y trouverez la date d’entrée, la date de sortie (date de la mort) et la cause de l’hospitalisation. [...]
La presse en ligne sera votre alliée. Fouillez Gallica, [...]
La presse vous mènera peut-être à découvrir une mort violente. [...]
Dans les deux cas qui nous intéressent, l'acte de décès ne comporte aucun indice de lieu de décès et les recherches dans la presse ancienne locale et nationale sont vaines.
Il nous reste deux autres pistes, comme l'explique la fiche Généalogie des AML :
- Décès des Hospices civils de Lyon (1793-1979) : registres numérisés de plus de 100 ans et répertoires de plus de 50 ans consultables en ligne, page d'aide à la recherche et inventaires des HCL à télécharger.
- Convois funéraires (1876-1984) : registres numérisés de plus de 100 ans et tables de plus de 50 ans consultables en ligne, et page d'aide à la recherche. Voir aussi l'aide à la recherche sur les archives funéraires et une liste des sépultures célèbres.
Comment puis-je aller plus loin ?
Aux Archives municipales de Lyon
Parmi les fonds non numérisés, vous avez également accès :
- à une recherche ciblée sur les dossiers de carrière, qui recensent 41 884 agents ayant travaillé à la Ville de Lyon.
- au fonds Tricou (15II, 1622-1878) : documents originaux et fichiers de maître Jean Tricou (1890-1977) concernant l' histoire de Lyon, l'histoire des familles lyonnaises et de la liturgie lyonnaise.
- à de nombreux fonds privés qui contiennent des papiers de famille.
Aux Archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon (ADRML)
- Registres paroissiaux et d'état civil des communes du Rhône, sauf Lyon, qui sont consultables en ligne.
- Fonds Frécon : Ferdinand Frécon, avocat du début du XXe siècle passionné de généalogie, a établi des généalogies sur des familles notables lyonnaises. Cette collection se compose notamment de 14 dossiers sur les familles consulaires de Lyon (dossiers rouges) et de 17 dossiers sur d’autres familles de notables de Lyon non consulaires (dossiers bleus). Le fonds est consultable sur Geneawiki.
Source : la fiche Généalogie des AML
Vous pourrez consulter en salle de lecture des AML es registres des décès des Hospices civils de Lyon (1793-1979). Les dates de conservation des registres des Convois conservés (1876-1984) sont trop tardives pour votre recherche. Les AML conservent les certificats médicaux de décès de la période 1939-1945 (soit 22 boîtes cotées 1005WP/17-38) ainsi que ceux de l’année 1989 (1446WP/182), également trop tardifs pour votre recherche.
Nous avons trouvé dans le catalogue de la bibliothèque des Archives municipales de Lyon, des documents susceptibles de documenter votre recherche et consultable en salle de lecture des Archives municipales de Lyon :
1/ un ouvrage coté 1C/501860 : les "Lettres inédites de Claude Julien Bredin à André-Marie Ampère, au pasteur Auguste Touchon et à Madame Touchon" publiées en 1936 à Lyon, chez Alexandre Rey ;
2/ un ouvrage coté HA/1416 : "Un conflit de conscience entre trois amis : Ampère, Ballanche et Bredin" de Buche Joseph, édité en 1913.
Les Archives départementales du Rhône conservent également des documents relatifs à Claude Julien Bredin.
Nous avons également dans nos collections des documents susceptibles de vous intéresser :
1/ Un ami de Ballanche [Livre] : Claude-Julien Bredin (1776-1854) : correspondance philosophique et littéraire avec Ballanche / publiée et commentée par Auguste Viatte, 1928. Consultable sur place, silo moderne Part-Dieu :
Contient des extraits de la correspondance de Bredin avec Pierre-Simon Ballanche, Jacques Roux-Bordier, Édouard Diodati, Aimé Martin
Thèse : Lettres : Paris : 1928
2/ Correspondance philosophique et littéraire avec Ballanche [Livre] / Claude-Julien Bredin ; pub. et Com. par Auguste Viatte, 1928. Consultable sur place, silo ancien Part-Dieu.
3/ Citoyen Bredin [Livre] / Nicole Lemoine, 2011. Consultable sur place, dépôt légal Part-Dieu.
4/ Eloge de C. J. Bredin,... [Livre] / par M. F. Lecoq,..., 1856. Consultable sur place, silo ancien Part-Dieu, à Consulter en ligne sur Numelyo. Nous avons parcouru le texte numérisé, sans trouver mention des enfants de Claude Julien Bredin dans cette éloge.
5/ Lettres à André-Marie Ampère, au pasteur Auguste Touchon et à Madame Touchon [Livre] / Claude-Julien Bredin ; éditeur sci. et annot. par Louis de Launay, 1936. Concultable sur place, silo ancien Part-Dieu :
Ouvrage faisant partie d'un recueil (454247-454258) comportant un document antérieur à 1920. [Et indexé entre autres, à : "Bredin, (Famille), Correspondance, Ampère".
6/ Un conflit de conscience entre trois amis. Ampère, Ballanche et Bredin. Discours de réception à l'Académie de Lyon [...] 15 avril 1913. [Livre] / Joseph Buche. Consultable sur place au silo régional Part-Dieu.
Lien : Mémoires de l'Académie de Lyon ; 1914, 3e série, t. XIV.
7/ Procès-verbal de la célébration à Lyon de la fête nationale de la Jeunesse et de la séance d'émulation et de distribution des prix dans l'école d'économie rurale et vétérinaire de Lyon, 30 mars 1798 [Livre] / discours de Carret, Cl. J. Bredin, Grognier ; signé Teillard, secrétaire en chef, 1797. Consulter en ligne sur Numelyo. La consultation en ligne ne contient aucune évocation des enfants de Julien Claude Bredin.
8/ Correspondance du Grand Ampère. Volume I. [- Volume III]. [Livre] / Publiée par L. de Launay de l'Académie des Sciences ; Société des Amis d'André-Marie Ampère ; Avec le concours de l'Académie des sciences (Fondation Loutreuil) et du Ministère de l'éducation nationale, 1936. [Contenant : Bredin, Claude-Julien, (1776-1854) -- Correspondance]. Livre empruntable au Silo moderne de la Part-Dieu.
9/ L'école mystique de Lyon. 1776-1847. Le grand Ampère, Ballanche, Cl.-Julien Bredin, Victor de Laprade, Blanc Saint-Bonnet, Paul Chenavard. [Livre] / Joseph Buche ; Préface de M. Edouard Herriot, 1935. Consultable sur place dans le département de la Part-Dieu "documentation régionale".
Pour en savoir plus sur l'école mystique de Lyon, à laquelle participa Claude Julien Bredin, nous vous invitons à lire cette réponse du Guichet du savoir de 2016 : C'est quoi "l'école mystique de Lyon" ?
Une recherche dans la base de presse ancienne de la Bnf, Retronews, permet de retrouver des articles évoquant Claude Julien Bredin dans les journaux suivants, qui ne mentionnent toutefois pas la mort précoce de ses deux enfants :
- Le Jour, 5 janv. 1935, p. 2/8 : le nom de Claude Julien Bredin est mentionné en lien avec l'école mystique de Lyon ;
- Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 30 déc. 1854, p. 3/4 ;
- Journal des débats politiques et littéraires, 28 mars 1893, p. 1/4 ;
Etc.
La recherche dans Gallica avec les termes "Bredin" et "brûlures" est plus concluante :
Dans la revue Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon de 1936, le numéro du 1er janvier 1936, restitue une correspondance de Claude Julien Bredin à Ampère :
Cher ami, je n'ai pas le temps de te dire mes chagrins. Dieu a daigné m'envoyer des épreuves que je te dirai dans quelques jours. Je te raconterai des choses prodigieuses. Je compte sur toi. Dieu connaît ma faiblesse. Il sait si j'ai besoin des secours de mon ami. Il sait si son appui m'a jamais été si nécessaire.
Et je suis menacé d'un nouveau chagrin. Mon petit Emmanuel, cet enfant si bon, si doux, si gracieux, est aux portes du tombeau 1. Avant-hier encore j'ai admiré son sourire plein de charmes, son regard animé par l'amour et, figure-toi ma douleur, son oeil à demi-fermé ne laisse plus voir que le blanc terne de sa cornée. O mon ami, prie pour moi !
A Ampère. »
1 Emmanuel, né le 19 novembre 1818, mourut le 14 juillet 1819. Quelques mois après, le 6 septembre 1819, Bredin perdait un autre fils, Henri, de brûlures.
En effectuant des recherches via "Google scholar", nous trouvons une biographie en ligne : Hervé Joly. Paul Bredin (1834-1898), de l’industriel lyonnais de la teinture au hobereau rural. 2023, qui mentionne la mort prématurée des deux enfants cités plus haut, dont "l'un [mort] tragiquement de brûlures" :
Le mariage des plus modestes de Claude Julien, célébré en 1804 en l’absence de sa mère qui en serait très mécontente, avec une couturière, fille d’un marchand de bois lyonnais, donne naissance à neuf enfants. Deux sont morts en bas âge en 1819, dont l’un tragiquement de brûlures. Mais la vie conjugale serait un enfer2. La mère et l’épouse, qui sont obligées de vivre ensemble à l’École, se détestent. Le décalage d’instruction susciterait des brouilles continuelles avec sa femme.
La Correspondance d'André-Marie Ampère comprend également une lettre d'Ampère à Bredin datée du 30 septembre 1819 (p. 905 du tome 3), dans laquelle Ampère évoque le "terrible accident qu'il a toujours devant les yeux".
"Donne-moi de tes nouvelles, je t'en prie, de celles de ta femme qui a dû tant souffrir du terrible accident que j'ai toujours devant les yeux, de tes pauvres enfants et, en particulier, de mon Agathe".
Pour en savoir plus, nous vous invitons à parcourir les documents référencés ci-dessus, issus de nos collections, de celles des AML et de celles des AD du Rhône.
Concernant le décès du petit Philippe Emmnanuel, on peut faire l'hypothèse d'une maladie infectieuse infantile (comme la variole ou la rougeole), malheureusement fréquemment mortelle à l'époque. Vous pouvez lire à ce sujet :
- Les enfants au XIXe siècle [Livre] / Catherine Rollet, 2001 ;
- Rollet Catherine. Allaitement, mise en nourrice et mortalité infantile en France à la fin du XIXe siècle. In: Population, 33ᵉ année, n°6, 1978. pp. 1189-1203 :
Catherine Rollet y démontre qu'avant la révolution vaccinale et l'hygiénisme (fin XIXe), la mortalité est dominée par des facteurs exogènes (extérieurs à l'enfant : microbes, virus, hygiène alimentaire).
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