Je cherche des conseils de lecture proches du livre Sol absolu de Lorand Gaspar
Question d'origine :
Cher Guichet du savoir,
Je vous écris pour vous demander un conseil de lecture sur la base de critères assez précis. Je cherche un livre dans le champ de la littérature francophone (ou un livre traduit vers le français) prioritairement contemporaine.
J'ai découvert il y a peu Lorand Gaspar, et son livre Sol absolu, dont j'ai dégoté l'édition originale pour pas grand-chose chez un bouquiniste. Cette lecture m'a beaucoup plu pour un certain nombre de raisons : le sujet des pierres, et son approche presque scientifique (liste de dénomination de certaines roches) ; le fait qu'il parle du territoire du Moyen-Orient, de son histoire, avec une approche historique, en analysant notamment des textes anciens ; la question divine, mais traitée avec une approche savante et littéraire (il ne s'agit pas d'exhalter une croyance) ; la composition typographique de l'ouvrage est très belle et dynamique, elle rythme le texte qui est pensé dans l'espace de la page.
Cette écriture, par son sujet, mais aussi telle qu'elle se donne à lire et à voir, m'a aussi rappelé le cycle du Livre des questions d'Edmond Jabès, que j'ai trouvé fantastique.
Sur la base de ces critères, auriez-vous un ou plusieurs autres livres, de Lorand Gaspar, ou autre, à me suggérer ?
Merci pour votre travail,
P.L.-D.
Réponse du Guichet
Réunir tous ces critères propres au livre de Lorand Gaspar est une gageure que nous n'avons pas réussi à relever. Mais nous vous proposons d'autres titres de cet auteur qui semblent assez similaires à Sol absolu ainsi que des livres de Roger Caillois qui a beaucoup écrit sur les minéraux et quelques pistes d'auteurs ayant utilisé la composition éclatée.
Bonjour,
Si vous avez aimé Sol absolu de Lorand Gaspar, vous pourriez apprécier de l'entendre lire un extrait de ce texte mis en ligne par les Archives sonores de la poésie. Peut-être aimerez-vous aussi, du même auteur :
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Ce recueil réunit des textes inspirés des paysages grecs, tunisiens, du désert du Sahara... rappelant la beauté du monde. © Electre
[...]Dans Judée, l'auteur parle avec une voix simple et nue du désert de Judée pour lequel il montre une véritable passion. Il nous communique de façon tangible l'expérience de ce paysage. Avec un accent d'amour désespéré, il y trouve une patrie de l'âme. © Decitre
La découverte de la Ville Sainte dans les années 1950 par un chirurgien, devenu essayiste et traducteur, qui y est constamment retourné : une méditation traversée de références à l'histoire, de réflexions politiques et d'interrogations sur cette terre de contradictions et son peuple. © Electre
Les courts textes et les splendides photos du chirurgien, poète, traducteur émérite de Rilke, Seferis, Cavafy... ,né en Transylvanie en 1925, valent pour une longue promenade dans le temps, et le creux des rochers, là où ne l'atteindront pas les méduses apocalyptiques du bruit et de la bousculade de la modernité. Son oeuvre est régulièrement exposée dans le monde entier. © Electre
Depuis la publication du Coup de dés de Mallarmé en 1897, les expérimentations sur le livre de poésie au cours du xxe siècle ont surtout concerné l’organisation de la page comme support d’une partition verbale ou idéographique, des Calligrammes de Guillaume Apollinaire au spatialisme de Pierre Garnier et Isidore Isou, jusqu’à la récente « typoésie » de Jérôme Peignot. Des poètes contemporains comme André du Bouchet et Lorand Gaspar ont multiplié les blancs dans leur poésie pour briser la linéarité du discours poétique et ainsi mieux saisir la relation entre l’homme et l’espace. Leurs livres de poésie réunissent donc des fragments de parole : le poème est présenté comme une suite dont les séquences sont isolées et mises en valeur par une grande variété de blancs sur des pages séparées.[...]Mallarmé ébauche dans la préface du Coup de dés une véritable définition du rythme typographique, qui vaut pour le livre de poésie dans son intégralité. Le rythme de l’espace graphique correspond avant tout à une distribution temporelle de l’espace avec ses accélérations, et ses ralentissements, si bien que les blancs intérieurs au poème en viennent à matérialiser une tension psychique avec le monde, une « distance copiée qui mentalement sépare » selon l’expression de Mallarmé.
Essayiste, académicien, Roger Caillois se passionne très tôt pour les formes du monde minéral qui lui évoquent des figures de l'imaginaire, "pierres curieuses, qui attirent l'attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur". Il aborde le monde minéral dans une vision toute personnelle où art et sciences naturelles font éclore une image nouvelle de l'univers. Reprise de plusieurs textes de cet auteur emblématique, compagnon des surréalistes (1913-1978), illustrés de 150 minéraux de sa collection léguée au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.
En présence de cette humanité sentie plus que jamais comme éphémère, en présence même de ce monde animal et végétal dont nous accélérerons la perte, il semble que l'émotion et la dévotion de Caillois se refusent; il cherche une substance plus durable, un objet plus pur. Il le trouve dans le peuple des pierres: «le miroir obscur de l'obsidienne», vitrifiée voici des milliers de siècles, à des températures que nous ne connaissons plus; le diamant qui, encore enfoui dans la terre, porte en soi toute la virtualité de ses feux à venir; la fugacité du mercure, le cristal, donnant d'avance des leçons à l'homme en accueillant en soi les impuretés qui mettent en péril sa transparence et la rectitude de ses axes — les épines de fer, les mousses de chlorite, les cheveux de rutile — et en poursuivant malgré elles sa limpide croissance : le cristal dont les prismes, Caillois nous le rappelle en une formule admirable, pas plus que les âmes, ne projettent des ombres.MARGUERITE YOURCENAR
Les pierres, le règne minéral inspirent encore une fois une méditation mi-philosophique, mi-poétique à Roger Caillois qu'il définit ainsi : «Les pierres, ici, sont parfois objets de contemplation, presque supports d'exercices spirituels... Comme les anciens Chinois je suis porté à considérer chaque pierre comme un monde. Comme Pascal, je présume que de l'atome à la nébuleuse, les modèles des deux infinis coïncident et, comme Paracelse, j'imagine volontiers qu'il existe des sortes de signatures des choses.» © Gallimard
... rassemble plusieurs groupes de poèmes en prose consacrés aux minéraux.Pierres est précédé d'une dédicace datée de janvier 1966 qui fait l'éloge du sujet du recueil : des pierres brutes, ni précieuses, ni sculptées par une main humaine.
Le recueil proprement dit est divisé en cinq parties. « Mythologie » rassemble deux séries de poèmes en prose brefs inspirés des croyances et des mythes antiques concernant les pierres : « Des pierres de la Chine » et « Des pierres de l'Antiquité classique ». La deuxième partie, « Physique », regroupe plusieurs poèmes ou morceaux en prose consacrés aux descriptions physiques de pierres de différents types. La troisième partie, "Métaphysique", contient un seul poème : « Une idée de l'immortalité ». La quatrième partie, « Morale », contient elle aussi un seul poème : « Pierres contre nature ». La cinquième partie, "Testament", contient elle aussi un seul poème ; « Soleils inscrits ». Le recueil se termine par des « Notes » qui fournissent des informations sur les inspirations de l'auteur. © Wikipédia
Images de l'univers / Roger Caillois ; [ill. de] Jean Bazaine
Texte inédit, achevé en 1978, voici l'écriture des pierres, en particulier des agates. Illustré par des aquarelles de Bazaine et complété par une correspondance entre R. Caillois et J. Bazaine. © Electre
Bonne journée
Le Rêve d’un langage commun