En France et dans le monde combien de portables sont connectés sur une période de 24 heures ?
Question d'origine :
Bonjour
Etant donné l'acroissement de nos usages numériques sait on combien de portables sont connectés sur une période de 24 heures(même si cela change entre les week- end et la semaine) en France et dans le monde et combien d'énergie est alors dépensée?
Réponse du Guichet
En 2024, 95 % des français·es possédaient un téléphone mobile et 48,6 millions d’internautes passaient plus de 3h par jour en ligne. Sur le globe, 6,12 milliards de personnes utilisent Internet en 2026, soit 73,8 % de la population mondiale totale.
En France, la consommation et le coût de l'électricité utilisés pour recharger un smartphone sont assez faibles annuellement : 7 kWh et 1,5 € mais au niveau national, pour 70 millions de smartphones, la consommation électrique associée serait de 255,5 GWh par an. Il faut aussi ajouter à cela l’énergie grise, c'est à dire l’empreinte environnementale, qui constitue l’essentiel du bilan complet énergétique des équipements utilisateurs. La consommation énergétique d'un smartphone typique sur 24 heures est de 9,28 Wh. Sur une année cela représente une empreinte carbone de 80,2 kg CO2e. La fabrication d’un smartphone (de l’extraction des minerais à l’assemblage final) est responsable d’environ trois quarts des impacts environnementaux, sociaux et sanitaires. La distribution et l’utilisation du smartphone ont des impacts moindres. Dans le monde, les émissions annuelles des smartphones seraient d'environ 33, 6 mégatonnes de CO2e.
Bonjour,
Selon l'Insee, en 2021, 95 % de la population française possédait un téléphone mobile contre 91% en 2024 d'après le rapport du Baromètre numérique 2025 :
La proportion d’individus équipés d’un smartphone franchit un seuil historique en 2024, avec 91 % déclarant posséder un smartphone (+ 4 points en un an). Les personnes qui ne sont équipées ni d’un smartphone ni d’un téléphone mobile ne représentent plus que 2 % de la population, soit – 3 points en un an (Graphique 4 et Graphique 5).
Les données mises en ligne par Médiamétrie sur sa page L’Année Internet 2025, indiquent le nombre d'internautes quotidiens et communiquent des chiffres sur le temps passé sur Internet en France par personne et par jour :
Avec 48,6 millions d’internautes quotidiens, la France atteint un plateau en termes de couverture, mais la consommation s’accroît : les Français passent désormais plus de 3h par jour en ligne, un record, et près de 5h pour les 15-24 ans.
Le mobile s’impose massivement ; il représente 80 % du temps passé sur Internet (et plus de 90 % chez les 15-24 ans). Cette dynamique s’observe à tous les âges, faisant du smartphone le premier écran du quotidien.
Dans L’Essentiel sur… les usages problématiques d’écrans publié le 16 octobre 2024, du site gouvernemental MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) il est rapporté que
Deux Français sur trois se connectent chaque jour sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées. Les usages se concentrent majoritairement sur le smartphone, facilitant la connexion en tout lieu et à tout moment.
Sur la surface du globe, le nombre d'utilisateurs de l'Internet est estimé à 6 milliards d'individus, soit environ les trois quarts de la population mondiale, pour 2025, mentionne l'Union internationale des télécommunications (UIT), institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies numériques dans Le nombre d'internautes augmente dans le monde mais les principales fractures numériques s'aggravent sous l'effet des disparités et Data reportal consigne 6,12 milliards de personnes utilisant Internet début avril 2026, soit 73,8 % de la population mondiale totale (Digital Around the World).
A propos de l'énergie dépensée en France, la consommation et le coût de l'électricité utilisés pour recharger un smartphone sont assez faibles annuellement : 7 kWh et 1,5 €, d'après Électricité : Quels appareils consomment le plus dans votre maison ?, Ademe, Agir pour la transition écologique, 11 novembre 2025. En avril 2026, selon Combien coûte la recharge de votre smartphone ? de Connaissance des énergies, la facture annuelle est inférieure, 0,71€, mais ce chiffre est moins anecdotique au niveau national :
En prenant pour hypothèse un ensemble de 70 millions de smartphones nécessitant une recharge quotidienne en France, la consommation électrique associée atteindrait 255 500 000 kWh par an (ou 255,5 GWh, soit approximativement l'équivalent de la production annuelle de plusieurs dizaines d'éoliennes).
Cependant il ne suffit pas d'évoquer la consommation et le coût de l'électricité nécessaires au fonctionnement de cet appareil pour évaluer sa dépense en énergie :
L’énergie grise constitue l’essentiel du bilan complet énergétique des équipements utilisateurs. L’extraction des minerais rares et leur transformation représentent une part bien supérieure à l’énergie consommée au cours de la durée de vie des appareils. Pour un smartphone, cela représente cinq fois la consommation de l’appareil, dont la durée de vie est estimée en moyenne à 18 mois.
Source : Numérique et consommation énergétique, Notre environnement, République française, septembre 2019
Dans le même temps, l'Insee précise que
D’après le groupe d’experts The Shift Project, en 2017, la consommation mondiale énergétique du numérique représente 2,7 % de la consommation mondiale totale d’énergie (de 1,9 % en 2013, elle passerait à 3,3 % en 2020). L’empreinte énergétique directe du numérique augmente de 9 % par an. La part du numérique dans la consommation finale d’énergie (elle-même en croissance de 1,5 % par an) augmenterait ainsi de presque 70 % entre 2013 et 2020. L’évolution des émissions de gaz à effet de serre (GES) suit cette tendance : 2,5 % du total des émissions mondiales en 2013, 3,7 % en 2017. Ces évolutions s’expliquent principalement par l’essor du smartphone et l’explosion du trafic de données, estimée à + 25 % par an dans les réseaux et à + 35 % par an dans les datacenters, données qu’il faut de plus stocker. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 25 % des émissions de GES générées par le numérique sont dues aux datacenters, 28 % aux infrastructures réseau et 47 % aux équipements des consommateurs. La phase de fabrication des équipements reste par ailleurs la plus consommatrice d’énergie et la plus émettrice de GES. 90 % des GES associés à un smartphone proviennent de la phase de fabrication.
La consommation de matières par l’essor du numérique va de pair avec son empreinte énergétique. Le ratio « matières mobilisées /équipement produit » est en moyenne de 34 kg pour 100 g d’appareil : hydrocarbures, minéraux, matières déplacées lors de la phase d’extraction, métaux et terres rares comme le gallium, l’indium, le tantale, le ruthénium ou le germanium dont les équipements numériques sont les principaux utilisateurs (figure 2). La fabrication d’un smartphone – environ 20 millions sont vendus chaque année en France – nécessite 70 matériaux différents dont des métaux qui représentent 40 % à 60 % du poids de l’appareil.
Source : Impacts environnementaux du numérique, Insee, 04/11/2019
Le flyer de l'Ademe et France Nature Environnement, décembre 2019, fait le point sur Les impacts du smartphone :
Quels impacts ?
Tout au long de son cycle de vie (de l’extraction des matières premières, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et sa fin de vie), un smartphone a des impacts sur l’environnement, auxquels s’ajoutent des impacts sociaux et sanitaires. Les principaux impacts environnementaux des smartphones sont l’épuisement des ressources, les atteintes à la biodiversité dues aux rejets toxiques dans l’environnement et l’émission de gaz à effet de serre. La fabrication d’un smartphone (de l’extraction des minerais à l’assemblage final) est responsable d’environ trois quarts de ces impacts, qui sont en grande partie imputables à l’écran et aux composants électroniques complexes (microprocesseurs, etc.). La distribution et l’utilisation du smartphone ont moins d’impacts. Ils sont essentiellement liés à l’énergie consommée pour le transport et la production d’électricité. L’étape de la fin de vie a des impacts variables selon que le smartphone est recyclé ou non. En utilisant votre smartphone le plus longtemps possible, vous évitez la production de nouveaux appareils et vous préservez l’environnement et les populations !
Zoom sur l’extraction minière
L’empreinte environnementale des smartphones est principalement due à l’extraction des minerais que l’on retrouve sous la forme de métaux dans les téléphones. L’exploitation des mines conduit notamment à la destruction d’écosystèmes et à de multiples pollutions de l’eau, de l’air et des sols. Les activités métallurgiques et électroniques sont aussi très impactantes et énergivores. La fabrication des smartphones pose également problème d’un point de vue social et éthique. Les conditions de travail sont bien souvent déplorables et violent les droits humains fondamentaux. L’extraction des « minerais de sang » (étain, tantale, tungstène et or) conduit à alimenter des conflits armés aux dépens des populations locales.
Le saviez-vous ?
En Chine, l’exploitation du néodyme, utilisé dans les aimants des smartphones, génère des rejets d’eau acide et des déchets chargés en radioactivité ainsi qu’en métaux lourds.
Au Chili, en Argentine et en Bolivie, l’utilisation massive d’eau pour la production de lithium (métal présent dans les batteries des smartphones) provoque des conflits d’usages avec les populations locales, au point de compromettre leur survie.
Selon l’UNICEF, plus de 40 000 enfants travailleraient dans les mines du sud de la République Démocratique du Congo, dont beaucoup dans des mines de cobalt et de coltan, minerais stratégiques que l’on retrouve dans les batteries et les condensateurs des smartphones.
DES IMPACTS CROISSANTS
Plus la taille de l’écran d’un smartphone est importante, plus les impacts environnementaux sont élevés… Et la tendance est actuellement à des écrans de grande dimension. De plus, certaines fonctions augmentent encore l’impact environnemental: la multiplicité des modes de connexion, la haute définition de l’appareil photo et de la caméra qui sont systématiquement proposés dans un smartphone.
70 matériaux pour fabriquer un smartphone
Les technologies de fabrication ont beaucoup évolué ces dernières années. On sait fabriquer des téléphones extra plats et très sophistiqués, avec de plus en plus de fonctionnalités. Aujourd’hui, on trouve plus de 70 matériaux différents dans un smartphone. Ces matériaux sont présents en petite quantité et leur alliage parfois complexe rend nombre d’entre eux difficiles à recycler. Une cinquantaine de métaux sont nécessaires pour fabriquer un smartphone, soit deux fois plus que pour un téléphone portable ancienne génération. Or, ces métaux deviennent de plus en plus complexes à exploiter dans le monde.
Le 27 septembre 2019, l'Ademe et Impact CO2 ont diffusé ce tableau donnant l'impact en CO2 d'un smarphone. Vous pouvez agrandir l'image en cliquant droit dessus et après avoir sélectionné Ouvrir l'image dans un nouvel onglet :

Smartphone : Détail de l'impact carbone
Un téléphone basique a une empreinte carbone de 23,4 kg CO2e et une télévision 370 kg CO2e (Découvrez l’empreinte carbone de vos appareils numériques, Ademe et Agir pour la transition écologique, 7 novembre 2025).
Plus récemment, Communications of the ACM précise la consommation d'énergie et les émissions de CO2e des smartphones en janvier 2024 dans Energy and Emissions of Machine Learning on Smartphones vs. the Cloud :
La consommation énergétique d'un smartphone typique sur 24 heures est de 9,28 wattheures. 10 Selon une estimation récente, il existe 6,648 millions de smartphones. 5 La consommation énergétique annuelle totale des smartphones est donc de : 6,648,000,000×365×9.28wh=22,5TWh.
En 2021, la consommation d'électricité de Google s'élevait à 18,3 TWh, soit environ 80 % de la consommation énergétique mondiale des smartphones.
En utilisant le facteur de conversion de 4,75×10 -4 tonnes métriques d' émissions équivalentes en CO2 (CO 2e) par kilowatt-heure, 20 les émissions annuelles totales des smartphones sont alors d'environ 10,7 mégatonnes de CO2e. En ajoutant notre estimation CPUE de 3,1, le total est d'environ 33,6 mt CO 2e.
Pour mettre ce chiffre en perspective, cela équivaut aux émissions de CO₂ d'environ 7,5 millions de véhicules particuliers à essence utilisés pendant un an. On compte aujourd'hui environ 1,5 milliard de voitures dans le monde ; les voitures produisent donc environ 200 fois plus d'émissions de CO2e que les smartphones.
En avril 2026, Connaissance des énergies estimait que l'empreinte carbone du numérique pourrait tripler et la consommation électrique du numérique doubler d’ici à 2050 dans Combien coûte la recharge de votre smartphone ? :
En dehors des recharges, notons surtout que de nombreuses consommations liées à l’usage d’un smartphone sont cachées : sa construction et les data centers qu’il sollicite lors de téléchargements engendrent notamment une consommation d’électricité importante.
En intégrant ces critères, le cabinet Digital Power Group estimait fin 2013 que la consommation réelle d’un smartphone dépasse souvent celle d’un réfrigérateur en tenant compte de l’ensemble de leur cycle de vie.
En prenant en considération son impact global, le numérique représentait, en 2022, « 4,4 % de l’empreinte carbone française et 11 % de la consommation électrique nationale », selon le Crédoc. Et une étude conjointe réalisée par l’Ademe et l’Arcep estime que, sans action, cette empreinte carbone du numérique pourrait tripler et la consommation électrique du numérique doubler d’ici à 2050.
Bonne journée
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