Que sait-on sur Jeanine Sontag, résistante pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
Question d'origine :
Que sait-on sur Jeanine Sonatg, résistante pendant la Seconde Guerre Mondiale ?
Réponse du Guichet
Jeanine Sontag est née le 14 juin 1925 à Zurich, de parents juifs polonais, qui s'installent à Strasbourg. En 1940, ils rejoignent la zone libre et s'installent à Lyon. Dès 1941, elle rejoint le groupe Combat, avant d'intégrer les rangs du Bataillon FTP-MOI Lyonnais, Carmagnole. Capturée au cours d'une opération de sabotage, elle sera torturée par la Gestapo avant d'être incarcérée à la prison Montluc et d'être exécutée le 20 août 1944 au Fort de Côte Lorette, à Saint-Genis-Laval, aux côtés d'environ 120 autres détenus.
Bonjour,
Plusieurs sources facilement accessibles vous permettront d'en savoir plus sur le parcours de Jeannine Sontag:
- La page de l'encyclopédie Wikipédia qui lui est consacrée est plutôt complète.
- Une entrée du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, retrace également son parcours et vous fournira des pistes bibliographiques pour approfondir vos recherches
- Elle est également référencée sur le site internet Déporté·e·s de Lyon et sa région, qui met à disposition quelques documents d'archives la concernant.
Nous vous souhaitons bonne lecture,
Cordialement,
Le département civilisation
Réponse du Guichet
Jeanine Sontag, de son vrai prénom d'état civil Jetty, connue sous le pseudonyme de Jeannette, est une figure héroïque et tragique de la Résistance lyonnaise.
A la déclaration de guerre, Jeanine Sontag est élève du lycée des Pontonniers à Strasbourg et a comme professeur Lucie Aubrac. Membre du groupe Carmagnole, elle participe à la destruction de véhicules de la Wehrmacht dans un garage lyonnais, le 3 juillet 1944. Obligée de monter sur le toit, elle est victime d’une chute puis arrêtée, internée et torturée à Montluc. Le 20 août 1944, elle fait partie des 120 détenus fusillés au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval.
Vous trouverez-ci dessous une proposition d'articles de presse et de références bibliographiques permettant de mieux comprendre son parcours.
Bonjour,
Vous avez sans doute déjà connaissance des éléments suivants, qu'on trouve facilement sur internet :
Fille de Juifs polonais, son père Usher Sontag, industriel, était né à Grabow et sa mère Lola Léonie Spiegel, à Varsovie. Son père, naturalisé français, dirigeait à Strasbourg une fabrique de vêtements. Élève au lycée de jeunes filles de Strasbourg
de 1929 à 1939 (aujourd’hui lycée des Pontonniers), son professeur d’histoire fut la débutante Lucie Aubrac arrivée en 1938. Réfugiée à Lyon avec ses parents en 1940 ou 1941, la famille s’installa 24 rue Cuvier 69006. Malgré sa passion pour la littérature, Jetty Sontag appelée Jeannine, abandonna ses études secondaires et suivit une formation de secrétaire. Entrée contre le gré de ses parents au mouvement de résistance "Combat" en 1943, elle y devint pendant quelques mois agent de liaison à plein temps. En mars ou avril 1944, elle voulut passer à l’action armée et entra dans une organisation contrôlée par les communistes, le détachement FTP-MOI (Francs Tireurs et Partisans. Main d’œuvre immigrée) “Carmagnole” sous le pseudonyme de « Jeannette ». Blessée au pied alors qu’elle participait à la destruction de véhicules de la Wehrmacht dans un garage lyonnais, elle fut la seule membre du groupe à tomber aux mains des GMR (“Groupes mobiles de réserve” de la police de Vichy) et des Allemands le 3 juillet 1944. La jeune fille, sous sa fausse identité de Marie-Louise Beroujon, fut interrogée par la Gestapo, mais ne dévoila ni son identité réelle, ni aucune des nombreuses informations qu’elle détenait sur la Résistance. Extraite de la prison du Fort Montluc à Lyon, elle fut massacrée au lieu-dit Fort de Côte-Lorette dans un fort désaffecté situé sur la commune de Saint-Genis-Laval, le 20 août, en même temps que 120 autres personnes. Son corps, brûlé, fut identifié grâce à quelques parcelles de vêtements (Source: Le Maitron; Permezel B., Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours : 2824 engagements, BGA Permezel, 2003).
Son nom est inscrit sur le Caveau des martyrs à Saint-Genis-Laval. Une plaque mémorielle sera apposée sur la façade de son domicile lyonnais à l'initiative de l'Union des jeunes filles de France (liée à la Fédération des jeunesses communistes de France) et inaugurée le 18 mai 1947. Une salle d’études du lycée international des Pontonniers à Strasbourg lui a été dédiée. Son cousin, Guy Sontag établira une fiche de témoignage à Yad Vashem en 1990.
Source : Déportés de Lyon et sa région.
Voilà des extraits de deux articles du Progrès attestant que sa mémoire reste vive, malgré le peu de livres qui lui sont consacrés - il existe également une place à Strasbourg, où elle est née, et une plaque commémorant son souvenir à Lyon sur la façade de son dernier domicile, au 24, de la rue Cuvier :
La résistante Jeanine Sontag habitait au 24, rue Cuvier, dans le 6e arrondissement de Lyon. Cette jeune femme de 19 ans, d’ascendance polonaise et juive, avait été élève au lycée des Pontonniers à Strasbourg, où elle avait eu Lucie Aubrac comme professeure. En mai 1944, elle rejoint le mouvement Main-d’œuvre immigrée (MOI), comme membre du bataillon Carmagnole. Le 3 juillet 1944, elle participe avec son détachement à l’attaque du garage Gambetta, avenue Félix-Faure, qui travaille pour la Wehrmacht. L’opération permet la destruction de nombreux véhicules mais tourne mal. Obligée de monter sur le toit, elle est victime d’une chute puis arrêtée, internée et torturée à Montluc. Le 20 août 1944, elle fait partie des 120 détenus fusillés au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval.
Source : Jeanine Sontag, résistante du 6e , honorée 72 ans après sa mort, Le Progrès - 20 août 2016.
Libération de Lyon : hommage à Louise et Oscar Meppiel
Entre le 17 août et le 20 août 1944, Louise et Oscar Meppiel ainsi que Jeanine Sontag résistants, habitant le 6e arrondissement seront victimes des derniers massacres collectifs perpétués par l'occupant.
Le 14 août 1944, les B24 Liberator bombardent l'aéroport de Bron. Pour réparer les dégâts, les Allemands ont recours du 16 au 22 août à des détenus de la prison Montluc notamment pour désamorcer les engins non éclatés.
Louise et Oscar Meppiel emprisonnés à Montluc vont être envoyés à Bron pour participer au déblaiement. Ils seront ensuite fusillés entre le 17 et 21 août 1944.
A la déclaration de guerre, Jeanine Sontag est élève du lycée des Pontonniers à Strasbourg et a comme professeur Lucie Aubrac. Membre du groupe Carmagnole, elle participe à l'attaque du garage Gambetta avenue Félix-Faure le 3 juillet 1944. L'opération permet la destruction de nombreux véhicules mais tourne mal.
Avec ses camarades elle se trouve obligée de monter sur le toit. Victime d'une chute, elle est arrêtée et internée à Montluc. Le 20 août 1944, elle fera partie des 120 détenus exécutés au fort de Côte-Lorette à Saint-Genis-Laval.
Source : Le Progrès, 14 août 2014.
Le site de l'institut Yad Vashem est particulièrement intéressant car il nomme les sources qui ont permis de constituer sa notice, en particulier les témoignages recueillis par l'institut pour construire sa base de données.
On ne trouve pas d'ouvrage entièrement consacré à cette résistante dans notre fonds, tout juste un fascicule de 32 pages : Carmagnole Liberté. Francs-Tireurs et Partisans de la Main d'œuvre immigrée (F.T.P. - M.O.I.) au fonds ancien. Au centre de documentation du CHRD, vous trouverez également une compilation de documents intitulés "Jeanine Sontag, héroïne du Bataillon FTP- MOI Carmagnole Liberté ; Amicale "Carmagnole-Liberté", par ailleurs seul ouvrage référencé dans le Worldcat concernant cette jeune femme. Sur le Catalogue collectif de France (recherche "Jeanine Sontag" et "Marie-Louise Beroujon") on ne trouve rien - à partir de quoi nous pouvons en conclure sans prendre trop de risque que pas grand chose n'a été publié spécifiquement à son sujet.
En revanche, elle est évoquée au cours des ouvrages suivants (entre autres, nous ne pouvons garantir l'exhaustivité des références dans notre fonds) :
- Les Résistances juives pendant l'occupation, p.53 ;
- Les Rendez-vous de la place Bellecour, p.72 ;
- Résistants à Lyon , T.1, p. 461 ;
- Un aller et retour en enfer.
Je vous invite pour identifier les livres où on parle d'elle à effectuer un recherche sur Google Books.
Comme elle a fait partie des "sans bagages" exécutés de Montluc en 1944, on la trouve également citée dans les ouvrages sur le sujet : per exemple Montluc, antichambre de l'inconnu: 1942-1944 (p.294, sous son nom véritable Marie-Louise Beroujon).
Bonne journée
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