Y avait-il un souterrain entre la place Colbert et l'église St Bernard ?
Question d'origine :
bonjour esque il ya ou avais un souterrain entre la place Colbert et l'église St Bernard, et si oui esque sait "les arête de poissons".
Réponse du Guichet
Le souterrain situé sous la nef de l'église Saint-Bernard ferait bien partie du réseau des arêtes de poisson et il se pourrait bien qu'il reliait la place Colbert à l'église Saint-Bernard mais nous n'en sommes pas certain·es. Aucune de nos sources ne précise si cette portion existe encore. En outre, notons que le tunnel du funiculaire de Croix-Paquet passait sous l’église Saint-Bernard, sous la montée Saint-Sébastien et la place Colbert.
Bonjour,
Votre question nous rappelle avoir lu dans le livre de Wendy Delorme, Le Parlement de l'eau, publié en 2025, pages 398 et suivantes, qu'il est question d'un souterrain reliant Lyon à Miribel en passant par le faubourg Saint-Clair :
- Ce n'est pas cartographié en entier, mais il y a bien des galeries souterraines, surtout sous la colline de la Croix-Rousse, les plus célèbres, qu'on appelle Arêtes de poisson. Certaines datent sans doute de l'Empire romain, quand on amenait l'Eau par des Aqueducs, ou bien au Moyen Age.
Source : Le Parlement de l'eau / Wendy Delorme, Editions Cambourakis, collections Sorcières, 2025
Le sujet principal de cet ouvrage est l'eau sous multiples entités aquatiques, Fleuve, Mer, Océan, Crue, Ruisseau, Lagune, Miribel, Petit Lac, Canal de Jonage... qui occupent le cerveau d'Esprit/l'autrice et discutent sur la nécessité vitale de sauver le cycle de l'eau, faire barrage à la montée du fascisme (4e de couverture). Mêlant la réalité à la fiction, l'histoire se situe à Lyon et se développe en polyphonie dont une des voix, celle d'Esprit/l'autrice, mène une véritable enquête documentée sur le bassin versant du Rhône. Ainsi trouve-t-on les références d'un texte d'Alexandre Flachéron que W. Delorme consulte. Il s'agit de Mémoire sur trois anciens aqueducs : qui amenaient autrefois à Lyon les eaux du Mont-d’Or, de la Brévenne et du Gier ; suivi d’une notice sur un ancien cloaque de construction romaine, situé dans la rue du Commerce, et sur deux souterrains qui longent les bords du Rhône entre Saint-Clair et Miribel, Lyon, imprimerie de L. Boitel, 1840, conservé à la BmL et consultable en ligne sur Google livres.
Au chapitre Cloaque antique dans la rue du commerce, p.75-80, on trouve des informations indiquant qu'il y a eu un souterrain démarrant vers l'intersection de l'actuelle rue Burdeau (autrefois rue du Commerce) et de la montée Saint-Sébastien qui longe la place Colbert.

Le fichier des voies de Lyon mis en ligne par les Archives municipales de Lyon confirme bien que la rue du Commerce fut nommée ainsi en 1829 et renommée rue Burdeau en 1895.
Voici ce que rapporte le chapitre Cloaque antique dans la rue du commerce du mémoire d'Alexandre Flachéron :
L'on voyait encore en 1840, dans la rue du Commerce, sur la côte de Saint-Sébastien, un souterrain (planche VI, fig. 1) de un mètre cinquante-sept centimètres de largeur dans œuvre, et de deux mètres trente et un centimètres de hauteur, de l'aire au cerveau de la voûte qui est à plein cintre, avec une épaisseur de cinquante centimètres à la clef. Le piédroit, du côté de la montagne, a un mètre soixante centimètres d'épaisseur, tandis que du côté de la rue du Commerce l'autre piédroit a deux mètres sept centimètres : ce dernier a, par conséquent, quarante-sept centimètres d'épaisseur excédante sur le premier. Trois assises de briques, séparées chacune par une couche de deux centimètres d'un mortier de chaux et de sable forment le radier ou le pavement de ce souterrain. Un massif de toute la largeur du canal et des murs latéraux, sur une hauteur de plus de trois mètres, servent de fondation. La maçonnerie de la substruction, des piédroits et dela voûte, est composée en totalité de pierres de roches irrégulières ayant les unes dans les autres de huit a dix centimètres de face, mélangées de briques et agrégées entr'elles par un mortier de chaux et de sable. Les briques n'ont pas été employées horizontalement pour asseoir la maçonnerie.
Cette œuvre dont les proportions sont si bien combinées, aurait pu braver encore des miliers d'années si la main destructive de l'homme, aidée par l'action irrésistible de la poudre, et par une persévérance infatigable, n'étaient parvenues à la miner presque partout pour y construire les maisons qui sont à droite de la rue du commerce, en montant. La dureté de ces murailles est si grande que le propriétaire de la maison portant le n° 19, qui voulait, cette année, établir des caves à la place des fondations de ce souterrain, a été obligé de renoncer à ce projet. Après avoir fait assidument jouer la mine pendant un mois et demi, dans les fondations, il n'avait pu réussir à en arracher que quelques mètres cubes qui n'étaient pas le dixième de la masse à enlever: il dût se résigner à placer ses caves plus avant dans la montagne, plutôt que de continuer un travail aussi long que dispendieux.
La partie supérieure de ce conduit était sans doute autrefois peu au dessous du niveau de la surface du sol, mais à présent qu'il a été mis à découvert par les fouilles entreprises pour construire la maison dont nous venons de parler, l'on voit que le dessus de la voûte est recouvert presqu'en entier d'une épaisseur considérable de terre que les pluies ont entraînées de la montagne. Comme il a fallu faire une tranchée profonde et de grands déblais pour former l'emplacement de cette maison, on a trouvé, à 5 mètres environ au-dessous du sol de la rue des Tables-Claudiennes, un ancien four, des briques, d'autres objets et un pavement qui étaient sans doute au rez-de-chaussée d'une maison romaine. Ces découvertes donnent la hauteur du remblais considérable que les eaux ont amené vers cet endroit. Dans les mêmes fouilles, et il y a quelques années, dans la rue Imbert-Colomès ainsi que dans les autres rues environnantes, l'on a découvert de nombreuses traces de murailles romaines, un grand nombre de médailles, de morceaux de poterie et divers autres fragments antiques. Tout le monde sait que les tables claudiennes furent trouvées dans ce même quartier. Il est probable qu'elles étaient renfermées dans un temple, ou dans un autre monument public qui devait contribuer à l'embellissement de cette portion de la cité romaine, avec l'amphithéâtre existant près de là, dans l'enceinte du jardin des plantes actuel. Ces différentes ruines démontrent suffisamment que, sous les Romains, la côte Saint-Sébastien formait un quartier très peuplé dans Lugdunum.
Ménestrier connaissait ce souterrain, et M. Artaud pensait qu'il servait d'aqueduc ou de réservoir à la naumachie. M. Cochard, dans sa notice sur les chemins couverts, que l'on voit sur les bords du Rhône, au-dessus de Lyon, parle aussi des souterrains de la rue du Commerce, et dit qu'un architecte lui avait certifié que leur pente était vers le Rhône. J'ai voulu vérifier par un nivellement l'assertion que mon père avait émise à M. Cochard, ne doutant pas que ce travail m'indiquerait en outre le rapport que ce monument pouvait avoir avec l'ancien amphithéâtre. Mon opération m'a donné 32 mètres, 31 centimètres pour la hauteur du pavement du souterrain au-dessus du Rhône, au commencement de la maison no 19, et 32 m, 70 c. jusqu'à l'endroit où l'on pouvait pénétrer dans le souterrain; c'est-à-dire que sur une distance de dix-huit mètres, j'ai trouvé une pente de 39 cent. se dirigeant du côté du fleuve. Continuant à niveler jusqu'au réservoir du Jardin-des-Plantes, je trouvai que le socle circulaire qui supporte la barrière en fer était à 32 mètres 13 cent. au-dessus du Rhône. De ces mesures, j'inférai les conséquences suivantes : premièrement que ce canal n'avait pas servi de réservoir à l'amphithéâtre, dans le cas où ce dernier monument aurait été transformé en naumachie, puisque la pente est diamétralement opposée à celle dont il aurait dû jouir pour verser les eaux nécessaires aux jeux nautiques; deuxièmement, que dans la rue du Commerce, à quelques centaines de mètres de l'amphithéâtre, l'aire du souterrain, étant déjà plus élevée que le sol autour du bassin du Jardindes-Plantes, lequel bassin est lui-même au-dessus de l'amphithéâtre, ce canal n'avait pu prendre naissance dans cet édifice, pour se rendre de là au Rhône. D'après des notes de mon père, qui avait obtenu un léger crédit de la Mairie, en 1822 ou 1823, pour l'employer à découvrir l'arène (1) dont il dirigeait les fouilles comme architecte de la ville, il y avait un remblai de cinq mètres au-dessus de cette arène de forme elliptique. Son grand axe était d'environ quarante mètres, et le petit axe de vingt mètres. Les cinq mètres de remblai et trois mètres environ que l'on peut supposer pour la rampe du souterrain jusqu'à l'amphithéâtre, font une différence de huit mètres entre l'arène et le radier du canal; ce qui démontre clairement que le souterrain de la ruedu commerce n'a pu servir de dégorgeoir aux eaux de la naumachie, et encore moins de bassin; et que ces deux monuments n'ont entr'eux aucune connexion.
Les parois intérieures des murailles n'ont jamais été enduites de ciment de tuileau comme l'étaient toujours les aqueducs, les piscines et les ouvrages destinés à contenir de l'eau limpide. Il est vrai que les murailles étaient assez épaisses, et faites avec de si bon mortier que toute transsudation aurait été impossible, si ce canal eut été employé à cet usage. Mais je ne puis voir dans ce souterrain un aqueducdestiné à conduire ou à contenir des eaux pures. Je crois plutôt reconnaître un de ces anciens cloaques, pour l'établissement desquels Rome apportait autant de soin que pour les plus beaux monuments extérieurs, comme le prouve le grand cloaque de Tarquin qui est encore très bien conservé et sert aujourd'hui, comme il y a plus de deux mille ans, d'égoût aux aqueducs et aux immondices de Rome. Le cloaque de la rue du Commerce devait être extrêmement utile alors, de même qu'un semblable le serait encore aujourd'hui; non seulement il entraînait dans le Rhône les eaux ménagères et celles des fontaines publiques qui se trouvaient au-dessus de son niveau, mais il avait dû être particulièrement élevé et disposé pour recevoir les eaux et les terres que les pluies charrient toujours avec elles à chaque averse ; ainsi, ces eaux, surchargées de débris et de terres formant par leur volume et leur rapidité un véritable torrent, se précipitaient dans l'égoût, au tiers de la hauteur de la montagne. Ce cloaque empêchait aux localités inférieures de la cité d'être envahies par le sable et le limon provenant de ces avalaisons, et aux rues d'être transformées en rivières, comme de nos jours, après chaque grande pluie.
Le piédroit tourné vers la rue du Commerce avait une plus grande épaisseur que celui adossé à la montagne, afin que si le canal venait à être rempli d'eau, l'effort horizontal produit par cette masse d'eau ne put rien contre cette muraille qui n'était pas, comme l'autre, contrebuttée par la montagne.
Quoique l'on ne voit plus ce souterrain que sur vingt mètres de longueur, et que bientôt il aura presqu'entièrement disparu (1); il est certain qu'au-dessus de ce point il doit encore exister, et, qu'au-dessous, toutes les maisons de la rue du Commerce ont été fondées sur son emplacement; mais il est bien difficile de savoir où il avait commencé.
En faisant partir la mine pour enlever les fondations du cloaque, on aperçut une noix noyée dans le mortier, et dont les coquilles étaient aussi fraîches que si elle avait été cueillie depuis peu de temps; et, en outre, une branche d'osier avec son écorce, d'une conservation telle, qu'au dire du propriétaire de cet établissement qui a eu l'obligeance de me communiquer ces détails, on eût pu croire que cette branche venait d'être coupée. On voit, par cet exemple et par beaucoup d'autres, que la chaux préserverait éternellement le bois de la pourriture, et l'on pourrait peut-être utiliser cette propriété pour les bois que l'on emploie dans les caves et dans d'autres endroits humides, où quelques couches de lait de chaux, appliquées à propos sur cette substance végétale, vaudraient peut-être beaucoup mieux dans ce cas que la peinture à l'huile.
Plus près de nous, le 4 mars 2023, Le Progrès publie l'article Croix-Rousse : quel secret cache l’église Saint-Bernard ?. Celui-ci rapporte que sous la nef de l'église Saint-Bernard il y aurait un passage secret communiquant avec un puit très profond reliant l’édifice aux fameux souterrains des Fantasques et des Arêtes de poisson, découverts en 1959 et que ce réseau enfoui sous la colline et le Rhône sur 15 km (13 km d'après Wendy Delorme) irait jusque Miribel :
La datation au carbone 14 de cet immense vestige archéologique a permis de le situer entre 400 ans avant Jésus-Christ et l’an zéro de notre ère. L’origine et la fonction de cette structure, enfouie entre 30 et 80 mètres sous terre, restent une énigme pour les archéologues [lire par ailleurs].
Le puits de l’église Saint-Bernard permet de rejoindre, en toute discrétion, la dorsale supérieure de l’extension nord des galeries. Des siècles séparent le puits des souterrains, puisque sa construction (XIXe siècle) est bien ultérieure à celle des galeries.
Trésor des Templiers ?
Ce gigantesque réseau souterrrain, qui s’enfonce sous la colline, serait relié à la ville de Miribel, via Neyron (Ain), par des souterrains enfouis le long du fleuve Rhône sur 15 km. Au XIXe siècle, l’architecte Alexandre Flachéron a exploré les Sarrazinières, par l’une des entrées située à Saint-Clair. Selon lui, ce sont des galeries romaines. Construction, matériaux, pierres, coffrages et radier : les deux voies souterraines parallèles des Sarrazinières sont identiques à celles de la Croix-Rousse.
C’est un des éléments sur lequel s’appuie Walid Nazim, auteur de l’ouvrage L’Énigme des arêtes de poisson , pour défendre une thèse audacieuse, à savoir que les galeries auraient servi à cacher le fameux trésor des Templiers. Il étaie son hypothèse par la similarité des Sarrazinières avec les souterrains construits par les Templiers à Saint-Jean-d’Acre, en Israël. Le trésor aurait été ramené d’Orient par Sire Guillaume Beaujeu, maître de l’Ordre du Temple et le dernier en Terre Sainte. Or “l’entrée” des Sarrazinières, à Miribel, se trouve sur les terres de la famille Beaujeu, ainsi que celles de la Croix-Rousse, point de “sortie” des souterrains. Selon l’auteur, les galeries en cul-de-sac des arêtes de poissons auraient servi de cachette au fabuleux trésor des Templiers.
Mais rien n’a jamais été trouvé, rien n’a été prouvé, et le mystère reste entier aujourd’hui encore.
Sources : article inspiré de la vidéo Souterrains de la Croix-Rousse par Georges Combe, Ver de Terre production (à visionner sur YouTube). Autres sites à consulter : patrimoine-lyon.org souterrain-lyon.com justeunedose.f
En fait, le film cité dans les sources s'intitule Les souterrains du temps [Multi-supports] : Arca Mundi / un film et un livre de Georges Combe, 2015. 2 DVD + 1 Livre Notes sur images. Il est également en ligne :
Les souterrains du temps (ARCA MUNDI) / Georges Combe, 2015
Des souterrains nimbés de mystère
Les arêtes de poissons est un réseau souterrain gigantesque et atypique découvert en 1959. Lors d’un affaissement de terrain, un puits a été mis au jour rue des Fantasques, l’une des plus vieilles rues de Lyon. Il s’agit d’une structure archéologique immense (*) qui s’étend d’est en ouest, depuis les quais du Rhône en remontant jusqu’au sommet de la colline de la Croix-Rousse.
Composé de galeries sur plus de 40 kilomètres et d’une contenance de 2000 m³ enfouis entre 30 et 80 mètres sous terre : le réseau s’articule autour d’une galerie principale de 156 mètres de longueur à partir de laquelle se déploient 32 galeries d’environ 30 mètres organisées en paire (d’où son nom d’arêtes de poisson).
Malgré les diagnostics archéologiques conduits par la ville de Lyon, les spécialistes n’ont pas réussi à déterminer qui a construit ce réseau et pourquoi. D’une architecture originale et unique, les arêtes de poisson sont reliées aux souterrains des Fantasques par un système de puits. Environ 30 puits permettent de rejoindre les différentes galeries creusées à divers niveaux de profondeurs. Une datation au carbone 14 a permis de situer la structure archéologique entre 400 ans avant Jésus-Christ et l’an zéro de notre ère. Mais l’origine et la fonction de ce dédale de galeries reste une énigme.
(*) Sources : Actes du colloque Virtual Restrospect 2009. Application de la 3D en archéologie : la restitution des galeries souterraines de la Croix-Rousse présentée par les archéologues de la ville de Lyon.
Source : Croix-Rousse : quel secret cache l’église Saint-Bernard ?, Le Progrès, 4 mars 2023
Le souterrain situé aux environs de l'église St Bernard ferait bien partie du réseau des arêtes de poisson comme l'indique On a eu la chance de mettre les pieds dans les mystérieuses arêtes de poisson à Lyon : immersion, Le Progrès, 17 septembre 2024 :
Quelle chance ! Ce mardi, une poignée de journalistes a eu la chance de mettre les pieds dans un endroit qui captive les Lyonnais et nourrit les fantasmes des amateurs d’urbex. Rendez-vous était donné aux pieds des Pentes de la Croix-Rousse pour descendre, à une vingtaine de mètres sous nos pieds, dans les mystérieuses arêtes de poisson. Interdit au grand public pour des raisons de sécurité, Le Progrès a pu pénétrer dans ce réseau souterrain, vieux de 2000 ans, dont on ne sait presque rien, si ce n’est qu’il a été creusé à l’époque romaine, qu’il se déploie sur près de 2 km à partir des berges du Rhône jusqu’aux environs de l’église Saint-Bernard et que le nom qui lui a été donné provient des 32 galeries qui s’articulent par paire, de manière perpendiculaire, autour d’une galerie centrale de 156 mètres de long. Elles avaient été découvertes en 1959 par les services municipaux de la voirie.
Emmanuel Bernot et Cyrille Ducourthial dans leur article, Guillaume Beraud du Progrès et les sites Patrimoine Lyon et Souterrain Lyon confirment qu'il fait partie intégrante du réseau des arêtes de poisson :
Au nord, plusieurs autres galeries (les antennes) s’inscrivent dans la continuité de cet ouvrage. Elles sont connectées aux arêtes de poisson par l’intermédiaire d’une galerie de 123 m de long et se raccordant à l’un des puits de l’antenne sud. L’extension septentrionale du réseau est formée de deux galeries linéaires, dont l’extrémité est localisée à proximité de la rue des Fantasques. L’antenne nord, qui peut être restituée sur une longueur d’au moins 215 m, s’étend actuellement au-delà de l’église Saint-Bernard. L’antenne méridionale est pour sa part conservée sur 296 m, ce qui situe son extrémité occidentale sous la rue Vaucanson. On trouve, plus au sud, une troisième galerie longue de 12,8 m et parallèle aux deux antennes.
Source : Emmanuel Bernot, Cyrille Ducourthial, « Lyon (Rhône). Galeries en « arêtes de poisson » de la Croix-Rousse » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 39 | 2009, mis en ligne le 08 mars 2019
UN OUVRAGE UNIQUE EN SON GENRE
Cheminant de la rue des Fantasques au Rhône, le réseau souterrain révélé progressivement à partir de 1959 est articulé autour d’une galerie centrale de 156 mètres de long de laquelle démarrent 32 galeries perpendiculaires, construites par paires (celles qui font penser aux « arêtes de poisson »), mesurant une trentaine de mètres et se terminant toutes par un cul-de-sac. Elles sont reliées à l’artère centrale par des puits carrés de 1,9 mètre de côté. Une deuxième « colonne vertébrale », construite à l’identique sous la première mais dépourvue d’arêtes, était reliée à l’origine au réseau principal par seize puits qui remontaient à la surface. Ce réseau est connecté à d’autres galeries, vraisemblablement contemporaines, ramifiées jusqu’en haut de la colline, sous l’actuelle église Saint-Bernard.
Source : Lyon : l'énigme sous la colline. Immersion historique au cœur du sous-sol croix-roussien / Guillaume BERAUD
Des études géologiques réalisées ont permis de se rendre compte que l’église a été édifiée sur différents réseaux souterrains qui la fragilisent (réseau des fantasques, arrêtes de poisson …).
Source : Église Saint-Bernard, Patrimoine Lyon
sous l’Église Saint Bernard sillonnent le réseau des Fantasques donnant accès aux arêtes de Poisson.
Source : L’Église Saint Bernard à Lyon, Souterrains Lyon
A propos de ces souterrains, vous pourriez être intéressé·e par
ces articles :
- Cyrille Ducourthial, « Les galeries antiques de la rive droite du Rhône à Lyon et en amont de Lyon : arêtes de poisson et Sarrasinières » [notice archéologique], ADLFI, 2021. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 15 novembre 2022
- Cyrille Ducourthial, « Rillieux-la-Pape – Les galeries antiques de la rive droite du Rhône à Lyon et en amont de Lyon » [notice archéologique], ADLFI, 2023. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 03 février 2025
- Emmanuel Bernot, « Lyon 1er et 4e – Réseau souterain des "arrêtes de poisson" » [notice archéologique], ADLFI, 2008. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Auvergne-Rhône-Alpes, mis en ligne le 01 mars 2008
- À Lyon, le mystère des "arêtes de poisson", un réseau souterrain énigmatique vieux de 2000 ans, Géo, 4 août 2025
- Que sont les mystérieuses "arêtes de poisson" à Lyon ?, Guichet du savoir, 13/11/2022
- Souterrains Lyonnais, Guichet du savoir, 24/12/2013
- Arêtes de poisson, Wikipédia
- Sarrasinières, Wikipédia
ces sites :
- Arêtes de poisson à Lyon, un patrimoine unique au monde, Métropole Grand Lyon. Propose une visite virtuelle guidée ou libre
- Découvrez les arêtes de poisson à Lyon, Souterrain Lyon
- Comment a été construit le souterrain des Arêtes de Poisson ?, Souterrain Lyon
- Le réseau des fantasques, Souterrain Lyon
- La véritable énigme des arêtes de poisson, Souterrain Lyon (jeu)
- Les Sarrazinières, Souterrain Lyon
- Les Arêtes de Poisson, Arêtes de poisson. Visite virtuelle alternative
ce livre dans lequel il serait révélé ce que sont les Arêtes de Lyon :
- Lyon et la fin des temps : de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste / Daniel Robin, 2021
Notons également que le tunnel du funiculaire de Croix-Paquet percé en 1888, passa sous l’église Saint-Bernard selon Église Saint-Bernard, Patrimoine de Lyon et d'après Wikipédia, Funiculaire de Croix-Paquet : Tracé, sous la montée Saint-Sébastien et la place Colbert :
La ligne naissait dans le jardin de la place de Croix-Paquet et se finissait à l'angle du boulevard de la Croix-Rousse et de la rue Vaucanson et à l'est de la place de la Croix-Rousse et de la gare du funiculaire de la rue Terme via un tunnel de 338 mètres de long construit en diagonale passant quasiment sous l'église Saint-Bernard et sous la montée Saint-Sébastien et la place Colbert.
Bonne journée
Outlaw builder cookbook