Auriez-vous des informations sur la création du conseil de prud’hommes à Lyon en 1806 ?
Question d'origine :
Bonjour à tous, je travaille sur 3 sujets en même temps et je recherches des informations complémentaires :
- Creation du conseil de prud’hommes à Lyon en 1806, après la loi Le Chapelier et l'interdiction des corporations. Lyon est alors le berceau du mutuellisme : la première société, dite du Devoir mutuel est créée en 1828.
- L'ancienne église Saint Marie de la Guillotière, aujourd'hui un collège et lycée Chevreul-Lestonnac.
- Le journal L'Echo de la fabrique, d'octobre 1831 au 4 mai 1834 : journal de la commaunuté des canuts, qui leur permet de s'informer sur la réglementation, les décisions des prud'hommes, les avancées technologiques. Les rédacteurs étaient: Antoine Vidal, Joachim Falconnet et Marius Chastaing.
En espérant avoir des informations complémentaires de votre part.
Cordialement
Réponse du Guichet
Les documents ci-dessous rassemblent des pistes de lecture issues de nos collections ou lisibles en ligne pour chacun de vos trois sujets. Cette sélection vous permettra d’en comprendre les principaux enjeux et d’approfondir vos recherches. Mais nous n'avons pas pu nous montrer plus précis au vue de l'ampleur du travail demandé et des consignes.
Bonjour,
Les trois sujets sur lesquels vous travaillez pourraient chacun faire l’objet d’une question au Guichet du Savoir. À votre demande nous avons rassemblé, pour chacun d’eux, une sélection de documents issus de ressources en ligne et de nos collections, afin de vous permettre d’approfondir vos recherches de manière autonome. En l'absence de précisions, ne sachant pas ce que vous entendiez par "informations complémentaires", nous avons réuni les ressources jugées les plus pertinentes sur chacun de vos centres d'intérêt.
Au sujet de la Creation des conseils de Prud’hommes et du mutuellisme lyonnais :
Saint-simonisme, Mutuellisme, Solidarisme et mouvements issus du Catholicisme social : les doctrines fondatrices d'une tradition d'antiindividualisme pour Lyon - Millénaire 3, Le centre ressources prospectives Grand Lyon.
L’histoire des Canuts lyonnais et du Conseil des Prud’hommes par Jean-Louis Roux-Fouillet pour Village de la Justice.
Mutuellisme et solidarité ouvrière dans la première moitié du XIXe siècle par Jean-Marie Villela pour MetaVulnera.
« Le mutuellisme » de George Joseph Sheridan et Ludovic Frobert dans Le Solitaire du ravin (ENS Éditions, 2014)
« Historique de la Fabrique lyonnaise » de George Joseph Sheridan et Ludovic Frobert dans Le Solitaire du ravin (ENS Éditions, 2014)
Comportements des autorités répressives à l'égard des corps professionnels de 1791 à 1830 de Francinne Soubiran-Paillet dans Déviance et Société (1993)
Aux origines des conseils et des élections des Prud’hommes : un aspect des relations entre l’Empire et les intérêts économiques par Dominique Andolfatto sur Napoléon.org
Ouvrages à la BmL :
- Bicentenaire du Conseil des prud'hommes de Lyon : 1806-2006 (2006)
- Le solitaire du ravin : Pierre Charnier (1795-1857), canut lyonnais et prud'homme tisseur de Ludovic Frobert, George Sheridan (ENS Editions, 2014)
L'ancienne église Saint Marie de la Guillotière, aujourd'hui un collège et lycée Chevreul-Lestonnac :
Ensemble religieux : cité paroissiale Notre-Dame de Lourdes dite Sainte-Marie de la Guillotière, actuellement groupe scolaire Chevreul - Jeanne de Lestonnac, Dossier d’œuvre architecture IA69005288 | Réalisé par Chalabi Maryannick sur L'inventaire du Patrimoine en Auvergne Rhône-Alpes. Faire défiler la présentation pour découvrir son histoire. Vous trouverez également de nombreux plans et photos du site.
L’église Sainte Marie a été construite en 1958, d'abord paroissiale elle a été mise en vente en 2006 et intégrée dans le groupe scolaire Chevreul Lestonnac, la paroisse a été regroupée, l'inventaire du patrimoine a étudié ses vitraux signés Paulin Besson. (RuesdeLyon).
Même si le diocèse avait d'abord projeté de détruire cette église en 2006, et ce malgré une forte mobilisation des habitants du quartier : L'église Sainte-Marie de la Guillotière reste sur pied (20 Minutes, 2006).
L'article Les églises paroissiales construites dans la seconde moitié du XXe siècle et leur devenir : l’exemple de Lyon (Rhône) de Maryannick Chalabi (In Situ [Online], 11 | 2009) est riche en informations sur l'église Sainte-Marie de la Guillotière.
D'autres éléments sont conservés aux archives municipales de Lyon (côtes : 65FI/144). N'hésitez pas à vous rendre sur place pour les consulter. Voici la description du fonds :
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, la paroisse Notre-Dame Saint-Louis de la Guillotière regroupait plus de 40 000 habitants, et dès les années Trente l'idée de créer une nouvelle paroisse avait percé. Cependant ce n'est que le 30 mai 1952 que le cardinal Gerlier prit une ordonnance érigeant la nouvelle paroisse de Sainte-Marie de la Guillotière [...]. La paroisse est alors confiée à l'abbé Robert de Pazanam. Durant les premières années, le culte fut célébré dans divers locaux provisoires [...]. Grâce à un don d'un million de francs du Vatican, l'association diocésaine put faire l'acquisition, en mars 1955, d'un terrain, situé sensiblement au centre de la paroisse, au nord de la voie de chemin de fer, en bordure du boulevard des Tchécoslovaques. L'architecte Joseph Bacconnier, ami d'enfance de l'abbé de Pazanam, se charge gracieusement, en 1956, de dresser les plans de la cité paroissiale. la première pierre de l'édifice est posée le 4 mai 1958 par Mgr Marella, nonce apostolique à Paris. Le permis de construire déposé le 29 septembre 1958 reçoit un avis favorable le 18 novembre. [...] L'église est inaugurée le 20 décembre 1959 et le presbytère et les locaux annexes deux ans plus tard. Pourtant l'église ne sera consacrée que le 10 février 1966. Les travaux de maçonnerie sont réalisés par l'entreprise Pitance, l'électricité par Roiret, le carrelage du sol par l'entreprise Gerplex, les boiseries et les meubles sont l'oeuvre de l'école Lamâche ; la croix de clocer, en bronze, mise en place le 24 octobre 1959, est due à E. Piguet. Enfin les vitraux ont été réalisés par M. et Mme Paulin-Besson.
(texte de Maryannick Chalabi, chercheure à l'Inventaire général du patrimoine, région Auvergne-Rhône-Alpes).
Source : Eglise Sainte-Marie de la Guillotière, Lyon. AML.
Au sujet des rénovations et des réaménagements des espaces lors de la création du nouvel établissement Chevreul Lestonnac, leur site internet détaille l'ampleur de ces travaux :
Histoire des bâtiments
Renaud Chassagne, architecte chez CRB Architectes (Quai Rambaud dans le 2ème arrondissement), s’est vu confier la mission de créer le nouvel établissement Chevreul Lestonnac, avec une contrainte : le respect de l’extérieur des bâtiments existants et la préservation de l’église.
- A l’intérieur, un plancher a été construit, mais tous les vitraux ont été conservés et sont visibles à l’intérieur comme à l’extérieur.
- D’autres éléments ont été conservés : le chemin de croix, la chapelle baptismale, les plaques commémoratives, et même un tronc dans le hall d’entrée.
- Dans l’ancienne église se trouvent les parties communes de l’établissement : l’accueil, l’administration, le restaurant scolaire, un oratoire dans l’ancienne chapelle baptismale ; à l’étage, une salle de permanence, des salles de catéchèse, le Centre de Documentation et d’Informations (CDI), et une grande salle d’événements qui, dorénavant, s’appelle « Salle Robert de Pazanan » en souvenir du fondateur de l’église Ste Marie. Cet ensemble constituant, comme l’explique Renaud Chassagne, la tête de l’établissement, les autres parties étant les bras…
- Les anciens locaux paroissiaux, au total 10 salles d’environ 43 m² chacune, ont été réhabilités et accueillent dorénavant les élèves du collège. L’ancien presbytère également rénové abrite une école maternelle et primaire. À noter : grâce à deux ascenseurs, l’ensemble de l’établissement est complètement accessible aux handicapés.
- Sur l’ancien parking de l’église, à l’angle de la rue Jules Brunard et du boulevard des Tchécoslovaques, un bâtiment de 4 étages accueille une partie de la voie technologique du lycée Chevreul Lestonnac et le lycée professionnel Chevreul Lestonnac : une grande salle de permanence, des bureaux, des salles informatiques, une quinzaine de salles de classe…
Au final, l’établissement comporte environ 5600 m² de surfaces bâties
Source : Infrastructures - Collège Lestonnac.
A la BmL, vous pourriez approfondir la question en parcourant l'ouvrage :
- Histoire de l'Église de Lyon de Bernard Berthod et Jean Comby ; préface du cardinal Philippe Barbarin ; postface de Jean-Dominique Durand (La Taillanderie, 2007).
Le journal L'Echo de la fabrique (1831-1834) :
Tous les numéros de L'Echo de la fabrique (et d'autres titres) ont été numérisés et diffusés en ligne lors d'un projet mené par une communauté de chercheurs sur la presse ouvrière lyonnaise des années 1830. Ce projet a abouti a la parution du livre L'Echo de la fabrique : naissance de la presse ouvrière à Lyon, 1831-1834 sous la direction de Ludovic Frobert (ENS éditions, 2010). Ce livre semble entièrement numérisé sur le site OpenEditions. Un des articles de Jérémy Popkin est consacré à Marius Chastaing et à la presse ouvrière à Lyon.
Une édition fac-similé de la revue "L'Echo de la fabrique" est aussi consultable physiquement à la bibliothèque. En deux tomes, ceux-ci ne peuvent que se consulter sur place. Il faut en faire la demande auprès de la banque du silo moderne au 2ème étage de la bibliothèque de la Part-Dieu.
Plusieurs articles de Jacques Guilhaumou abordent la personne et le rôle joué par Antoine Vidal dans cette aventure. D'abord Une co-construction discursive: Antoine Vidal, porte-parole des ouvriers dans L’Echo de la Fabrique en 1831-1832 (2011) puis De peuple à prolétaire(s) : Antoine Vidal, porte-parole des ouvriers dans L’Echo de la Fabrique en 1831-1832 (2008), en intégralité sur OpenEdition.
Née d'une commande de l'Opéra de Lyon, une pièce de théâtre mise en scène par François Hien revient sur cet événement considérable des débuts de la liberté de la presse. Le texte est empruntable à la bibliothèque : Echos de la Fabrique : la révolte des canuts (suivi de Faire son travail de François Hien. et de Mille manières de braconner de Marie Evreux). Enfin, la mise en scène, les répétitions et les représentations ont fait l'objet d'une mini série documentaire en 5 courts épisodes, visibles sur la page YouTube de l'Opéra de Lyon.
A la bibliothèque :
- Les canuts, ou la démocratie turbulente : Lyon, 1831-1834 de Ludovic Frobert (Lidel, 2017).
Bonnes lectures.
Algérie, sections armes spéciales