Je cherche des informations sur Antoine Rémond, bienfaiteur des Hospices Civils de Lyon.
Question d'origine :
Madame, Monsieur,
Je voudrais avoir des renseignements sur Antoine Rémond, dédicataire d'une rue dans le 6ème arrondissement.. Le site "Rues de Lyon" ne donne que la date, mais pas le lieu, de sa mort (27/03/1901) et signale qu'il a fait don de terres à la ville pour ouvrir une nourricerie. Je n'ai pas non plus trouvé d'informations sur sa nièce Antoinette Blanche Rémond, qui s'est occupé de sa succession.
Pourriez-vous élargir un peu mes connaissances, svp ?
Je vous remercie d'avance de votre réponse. Cordialement. M.Pailhès
Réponse du Guichet
Le lyonnais Antoine Marie Rémond, décédé en 1901, a légué à sa mort, par testament olographe du 15 janvier 1899, 43 hectares de terrains aux Hospices Civils de Lyon, en échange de la promesse que serait ouverte une nourricerie portant le nom d’Antoinette-Blanche Rémond, sa nièce et filleule. La Ville de Lyon a honoré Antoine Rémond en donnant son nom à une rue, attestée de 1903 à 2006, et à une école du quartier du 6ème arrondissement de Lyon : les actuelles écoles maternelle et primaire Antoine Rémond.
Vous trouverez plusieurs sources d'informations sur ce bienfaiteur aux Archives municipales de Lyon, notamment via un dossier biographique à son nom et via le fonds HCL conservé aux AML. Des ouvrages et périodiques de nos collections mentionnent le legs d'Antoine Rémond, ainsi que la nourricerie Antoinette-Blanche Rémond qui s'est ouverte à l'asile Saint Eugénie de Lyon en 1905, conformément au vœu testamentaire de son oncle souhaitant perpétuer la mémoire de sa nièce morte prématurément.
Nous pourrons consulter certains documents de notre Silo demain et revenir vers vous si nous trouvons d'autres éléments biographiques intéressants.
Bonjour,
Vous recherchez des informations sur Antoine Rémond, bienfaiteur des Hospices Civils de Lyon, et sa nièce Antoinette Blanche Rémond.
Nous avons trouvé un document en ligne sur le Cercle Laïque Antoine Rémond (C.L.A.R.) et le legs d'Antoine Rémond aux Hospices Civils de Lyon :
Il nous reste à découvrir qui est M. ANTOINE REMOND…
Ce monsieur légua aux Hospices Civils de Lyon un terrain de 1 250 ares. La ville de Lyon l’a honoré en donnant son nom à une petite rue de notre quartier, perdue autrefois au milieu de petits ateliers et de maisonnettes modestes peuplées de familles dont les enfants fréquentaient l’école que la ville aménagea en partie dans une ancienne école. Cet établissement scolaire pris de l’ampleur et l’entrée étant située rue Antoine Rémond, elle pris le même nom.
En 1946, la fusion de l’AMICALE LAIQUE ANTOINE REMOND (qui existait déjà avant la guerre) et de la SOCIETE DES AMIS DE L’ENSEIGNEMENT LAIQUE DE BELLECOMBE (fondée en 1900) donna naissance au CERCLE LAIQUE ANTOINE REMOND.
Le site ruesdelyon.net contient effectivement une notice sur la rue Antoine Rémond à Lyon 6, donnant quelques éléments d'information sur Antoine Rémond et sa nièce. Bienfaiteur des Hospices Civils de Lyon (HCL), il aurait légué à sa mort en 1901, 43 hectares de terrain, contre la promesse d'ouvrir une crèche au nom de sa nièce Antoinette Blanche Rémond :
Antoine Rémond est un bienfaiteur des hospices civils, à sa mort le 27 mars 1901, il a légué 43 hectares de terrains aux hospices contre la promesse d'ouvrir une crèche au nom de sa nièce Antoinette Blanche Rémond.
Cécile Rémond est architecte depuis 2005, 5 place Edgard Quinet. Elle a rénové le garage Citroën rue de Marseille, le garage Ford avenue Berthelot, l'hôtel de l'Europe rue Chambonnet. En 2026, les travaux ont commencé sur la salle Rameau rue de la Martinière.
On apprend, grâce au fichier des voies de Lyon des Archives municipales de Lyon (AML), que la rue Antoine-Rémond de Lyon 6, attestée, de 1903 à 2006, a été supprimée en 2006 (Sources : Rues de Lyon à travers les siècles de Maurice Vanario (2002). Liste des voies privées de 1903).
La carte intéractive de la ville de Lyon montre bien la disparition de cette voie, l'école élémentaire Antoine Rémond et l'école maternelle Antoine Rémond se trouvant respectivement 58 rue Bellecombe 69006 LYON et 60 rue Bellecombe 69006 LYON.
Dans le document en ligne des AML L'école primaire publique à Lyon : de la IIIe république aux années 1950, on apprend que l'école primaire publique Antoine Rémond ouvre en 1904, que ce dernier a bien légué "43 hectares de terrains agricoles avec obligation de créer une nourricerie portant le nom d’Antoinette-Blanche Rémond, sa nièce et filleule". Les sources archivistiques sont citées :
Décision de la construction : 28 avril 1896
Architecte(s) : Nicolas Vernon
Chantier : 1897-1904
Nombre de classes à l’ouverture : 2 classes pour les garçons, 2 classes pour les filles, 1 école maternelle
Dénomination :
Anciennement : groupe scolaire de la Buanderie
Antoine Rémond
Bienfaiteur des Hospices civils de Lyon. Il légue 43 hectares de terrains agricoles avec obligation de créer une nourricerie portant le nom d’Antoinette-Blanche Rémond, sa nièce et filleul.[...]
Sources aux Archives municipales de Lyon :
Dossier de construction, données techniques et administratives (1895-1909) : 476 Wp 129 et 130, 922 Wp 62
Plan général (26 février 1898) : 2 S 806
Travaux d’agrandissements, réparations, et entretiens (1898-1936) : 486 Wp 65
Variante A au projet d’agrandissement, plans, coupes et élévations par Vernon (3 mars 1900) : 2 S 807-1, 807-2, 808
Ecole de garçon, loge du concierge (1918) : 454 Wp 58
Chauffages des écoles (1921-1942) : 449 Wp 5
Travaux d’élargissements et d’aménagements (1930-1935) : 450 Wp 13
Projet d’agrandissement (1947-1969) : 1613 Wp 60
Créations et fermetures de classes primaires (1948-1962) : 93 Wp 210, 211, 23, 25, 28, 29, 31, 32, 34 à 35
Entretiens, aménagements et réparations (1963-1985) : 425 Wp 40, 426 Wp 188, 428 Wp 56, 429 Wp 35, 65
Agrandissement de l’école maternelle (1968-1972) : 425 Wp 98 à 102Travaux d’agrandissements (1968-1970) : 847 Wp 1 à 4.
Source : L'école primaire publique à Lyon : de la IIIe république aux années 1950 (page 7).
Les Archives municipales de Lyon, conservant également les archives historiques des Hospices civils de Lyon, sont une source de documentation précieuse. Vous y trouverez :
- L'inventaire ADMINISTRATION CENTRALE [du Fonds des Hospices civiles de Lyon Service central des HCL]. Série N - Capital et immobilisations, établi par C. Saby-Laboureur et M.A. Villeret, Archives municipales de Lyon, 2008.
Ce répertoire numérique détaillé présente l’ensemble des documents d’archives versés après 1970 par le Service Central des Affaires Domaniales des Hospices Civils de Lyon au Service Central des Archives des H.C.L. Ils concernent la gestion du Domaine des H.C.L après 1802 et couvrent une période allant de 1711 à 1970.
La cote 2 NP 1443-1444 contient le dossier de la Maison Remond :
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La cote 1 NP 35 contient : "Tables des bienfaiteurs des HCL, mise à jour, entretien : extraits des registres des délibérations du Conseil général d’administration des HCL, nomenclatures et listes nominatives, notices individuelles, notes, rapports, articles de presse, correspondance (1827-1961)".
La cote 2 NP 497 (1895-1906) contient le dossier du Domaine Rémond :
"Domaines Rémond à Mionnay et Montanay (Ain).
Location : rapport estimatif des contenances des domaines, partage de la récolte entre les locataires et les H.C.L, état des locations, notes sur les contenances et les prix de fermes, état des fermages, situation des fermages
échus, baux à ferme (1895-1906).
Aliénation : rapport descriptif et estimatif des domaines, rapport descriptif des
bois, affiches imprimées, procès-verbal d’adjudication de vente (1901). Correspondance générale des domaines et plans des domaines (1901)".
Notes sur le contenu : Sur l'officialisation du nom de l'école Antoine-Rémond. Sur son œuvre pour les Hospices civils de Lyon.
Pour consulter les documents des AML - dont les cotes sont référencées ci-dessous - en salle de lecture des Archives municipales de Lyon, contactez préalablement l'établissement pour connaître les modalités de communicabilité. Nous vous invitons à vous rapprocher également des AML, pour retrouver l'acte de décès d'Antoine Marie Rémond en 1901, que nous n'avons pas trouver dans les registres d'actes civils numérisés.
On retrouve mention d'Antoine Rémond, sous le nom complet d'Antoine Marie Rémond, dans un instrument de recherche en ligne des Archives du Département du Rhône et de la Métropole de Lyon (ADRML) : 5K – Conseil de préfecture. Annexe 1. 5 K 165 à 253. Analyse des dossiers : dossiers de procédures, 1878-1913 (classement chronologique), rédigé par les ADRML.
Dans cet inventaire, la cote 5 K 233 contient dans la section legs et donation, le dossier suivant : Lyon. – Hospices civils de Lyon, legs Remond (Antoine, Marie) mainlevée d’inscription (1904).
Une recherche dans Google Books nous permet de retrouver plus d'occurrences du nom d'Antoine Rémond et d'Antoinette Blanche Rémond, dans des ouvrages conservés à la BmL. Les trois documents suivants ne sont pas numérisés mais consultables sur place au département du Silo moderne de la Bibliothèque Lyon Part-Dieu. Google Books donne parfois un court extrait :
Les enfants malades dans les hôpitaux [Livre] : l'exemple de Lyon / Professeur Robert Gilly,... ; [avec la collab. du ] Dr Paul Henry,...Dr Denis Graveriau, 2000. Page 80 :
Les richesses d'art et souvenirs historiques des hospices civils de Lyon [Livre] / Auguste Croze ; préfacé par Maurice Bussillet, 1929. Page 11 :

Les Hospices civils de Lyon. 542-1952. [Livre] / Mathieu Varille, Marcel Colly, Jean Rodery, Jean Rousset, Raymond Rizard ; Préface de M. Edouard Herriot. Page 91.
Étant en télétravail aujourd'hui, nous pourrons consulter les trois documents sus-cités demain et vous tenir au courant si nous trouvons des éléments intéressants.
Les deux documents suivants, accessibles intégralement dans notre bibliothèque numérique Numelyo, offrent un peu plus d'éléments sur le contexte du legs, sans pour autant nous donner de plus amples éléments biographiques sur la vie d'Antoine Rémond :
Conseil général d'administration des hospices civils de Lyon [Livre] : discours prononcé à l'occasion des croisures des soeurs hospitalières / par M. le Président Caillemer, 1913. Pages 54-55 disponible sur Numélyo :
[...]
Recueil des actes administratifs - Rhône, Préfecture [Périodique numérisé]. Année 1901. Page 202-203 :


Enfin, notre recherche sur Google Books pointe également sur ce document disponible au Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) :
Colloque sur l'histoire de la sécurité sociale : actes du 112e Congrès national des sociétés savantes, Lyon, 1987 / Congrès national des sociétés savantes. Page 479.
Antoine Rémond semble ainsi appartenir à la lignée de ces grands bienfaiteurs et donateurs du XIXe siècle qui léguaient des terres, des fermes ou des immeubles pour financer les hôpitaux lyonnais.
Pour en savoir plus :
Genèse de l'hôpital moderne [Livre] : les Hospices civils de Lyon de 1802 à 1845 / Olivier Faure, Presses Universitaires de Lyon, 1981
Ce livre montre comment l'administration hospitalière gérait la transition après la Révolution et s'appuyait massivement sur la charité privée pour reconstruire sa fortune foncière.
Bien à vous
Complément(s) de réponse
Bonjour,
Nous avons pu glaner quelques précisions complémentaires grâce à la consultation de ces deux documents conservés dans les Silos de la Bibliothèque municipale de Lyon :
- Les enfants malades dans les hôpitaux [Livre] : l'exemple de Lyon / Professeur Robert Gilly,... ; [avec la collab. du ] Dr Paul Henry,...Dr Denis Graveriau, 2000. Page 80-81 :
Une libéralité de Monsieur Antoine Remond permet la création de la Fondation Antoinette Blanche-Remond, dite "nourricerie Remond" en 1899. Le legs est destiné à "recevoir, pour y être allaités au sein, des enfants nés dans les maternités de Lyon et jugés trop chétifs pour être envoyés immédiatement en nourrice". Le but est donc d'élever les enfants chétifs prématurés ou non, de moins de 3 kg, n'étant ni gavés ni en couveuse, n'étant pas présumés syphilitiques et non atteints de maladie contagieuse.
La nourricerie conçue par l'administrateur Alphonse Fochier après de nombreux avis, dont celui du Professeur Budin de Paris est considérée à son ouverture en janvier 1906, comme une oeuvre unique à Lyon et peut-être en France et l'une des plus belles fondations de l'Hôpital Sainte-Eugénie. [...]En 1920, 20 nourrices et 48 bébés sont présents. La nourricerie sera transférée à l'Hôpital Debrousse en 1938.
- Les Hospices civils de Lyon. 542-1952. [Livre] / Mathieu Varille, Marcel Colly, Jean Rodery, Jean Rousset, Raymond Rizard ; Préface de M. Edouard Herriot. Page 91 :
L'Hopital Sainte-Eugénie
Grâce à un legs de deux millions fait en 1901 aux Hospices par M. Antoine-Marie Rémond, en faveur des enfants prématurés des deux sexes, nés dans les maternités hospitalières, put être construite, de 1903 à 1905, la nourricerie Rémond. Il s'agissait de sauver le plus possible de ces fragiles existences. Après avoir consulté les sommités de l'époque en matière de puériculture, l'administration fit bâtir des pavillons parallèles, sans étage, où les nourrices engagées élevaient au sein les bébés débiles qui leur étaient confiés. [...]
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