Quelles sont les dates de la construction de l'église de Brullioles dans le Rhône ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je découvre que l'église de Brullioles dans le Rhône aurait été dessinée par Pierre BOSSAN (Source les archives du Rhône et de la Métropole).
Auriez vous quelques dates concernant la construction de cette église qui a des traits de famille avec celle de BULLY.. Ou quelques noms d'ouvrages qui me permettrait de retouver les dates clés du projet.
Merci d'avance
Réponse du Guichet
L’église actuelle de Brullioles, conçue par l’architecte lyonnais Pierre Bossan (1814-1888) sur l’emplacement de l’ancien cimetière, n'a pas été bâtie en une seule campagne, la construction du bâtiment principal s'étalant sur 16 ans (1867-1883), suivie d'une reconstruction du clocher puis de la refonte de la cloche, qui dure encore plus longtemps jusqu'à 1925. Les archives retraçant ces ouvrages se trouvent aux ADRML et référencées ci-dessous.
Architecte par ailleurs avec Louis Sainte-Marie Perrin de la Basilique de Fourvière, Pierre Bossan a conçu les plans de l'église paroissiale de Bully construite entre 1857 et 1861 par l'architecte Journoud. Ce qui inscrit l'église de Brullioles et celle de Bully dans un réseau d'édifices religieux lyonnais du Second Empire, comme l'étudie Pierre-Yves Saunier dans L’église et l’espace de la grande ville au XIXe siècle : Lyon et ses paroisses.
Nous vous proposons une bibliographie sélective issue de nos collections mais également de celles des Archives du Rhône, des Archives municipales de Lyon, et de l'Araire, association d'étude du patrimoine de l'Ouest lyonnais.
Bonjour,
Vous souhaitez connaître les dates clés du projet de l'actuelle Église de Brullioles, située Rue du Vieux Bourg, 69690 Brullioles. Dans le Rhône, Brullioles se situe à l'ouest de Lyon dans les Monts du Lyonnais et fait partie du canton de Saint Laurent de Chamousset. C'est une commune rurale à vocation encore agricole avec 12 exploitations à dominante laitière. Son nom viendrait de brogiolis qui en patois signifie petit bois. La tradition veut que cette commune ait existé dès l'époque romaine mais rien ne permet de l'affirmer si ce n'est la proximité de la voie romaine qui traverse la commune voisine de Brussieu.
Le nom de Brullioles apparaît dans les manuscrits au XIIème siècle, vers l'an 1100. L'église est donnée à l'abbaye de Savigny par Hugues, Archevêque de Lyon. Au XIIIème siècle, la seigneurie de Brullioles faisait partie des possessions de la famille d'Oingt, puis au XIVème siècle, de la famille de Builleux. La Paroisse fait ensuite partie de la seigneurie de Chamousset jusqu'à la Révolution française. Le dernier seigneur connu est M. de Savaron (1789) (Source : Archives Départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon - ADRML).
L’église actuelle de Brullioles date de la fin du XIXème siècle. Elle a remplacé l'ancienne église qui datait des XIème et XIIème siècles. De ce monument, il ne subsiste que les ruines du portail qui, très curieusement ont été déplacées et remontées en pleine campagne au lieu-dit "La Mazalière" sur une butte à proximité du Château de Chamousset (Source : Mairie de Brullioles).
L'église actuelle a été construite sur le site de l'ancien cimetière au XIXe siècle (Source : Wikipédia).
Le site Geneawiki affirme, d'après une source des ADRML (Dossier : EDEPOT30/69 Église) en bas de page, que l'église actuelle, datée de la fin du XIXe siècle, a été conçue par l'architecte lyonnais Pierre Bossan (1814-1888) :
L’église actuelle est datée de la fin du XIXe siècle et fut construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière. L’église a été conçue par l’architecte Bossan [5]. Elle a remplacé l’ancienne église qui datait de la fin du XVe siècle et dont il ne subsiste que l’encadrement du portail en pierres jaunes surmonté d’une Pietà. Il a été conservé et a été remonté sur une petite butte à proximité du château de Chamousset, au lieu-dit la Mazalière.
Voici quelques éléments sur l'œuvre de Pierre Bossan :
Souvent qualifié de néo-gothique, de néo-roman, de romano-byzantin ou même de gréco-romano-gothique, le style de Pierre Bossan échappe aux catégories strictes. Bien qu’aisément reconnaissable, son style demeure inclassable, fruit d’un mélange original d’influences orientales et occidentales, antiques et médiévales.
Bossan commence sa carrière par ce qu’il appelle lui-même de «l’architecture archéologique », selon une approche historiciste rigoureuse très en vogue au XIXe siècle. Plus expérimenté, il parlait de ses premiers projets qu’il qualifiait de « péché de jeunesse ». Le véritable tournant stylistique s’opère à la suite de son séjour à Rome et en Sicile, où il découvre les grandes basiliques paléochrétiennes, l’art byzantin et arabo-normand. Délaissant progressivement le néo-gothique, il s’oriente vers une synthèse plus personnelle des styles romans et orientaux. L'autre grand tournant est son retour au catholicisme après sa rencontre avec le curé d'Ars. [...]
L’église Saint-Maurice de Couzon-au-Mont-d’Or (1857-1863) marque une étape décisive. Si l’extérieur reste encore relativement sobre, le traitement de la pierre y révèle déjà une recherche de polychromie inspirée de l’architecture byzantine, par le jeu d'alternances bichromes. Les volumes intérieurs annoncent ceux de ses œuvres plus tardives, et la façade peut être mise en parallèle avec celle de l’église Saint-Jean-Apôtre de Régnié-Durette, pourtant édifiée plus de dix ans plus tard. [...]
Si la basilique de Fourvière est souvent perçue comme l’aboutissement de son œuvre, elle n’en représente pas nécessairement l’essence. Bossan a, tout au long de sa carrière, réduit l’ampleur de ses projets pour des raisons budgétaires, ce qui l’a conduit à développer un style condensé, mais expressif. La chapelle Saint-Thomas-d’Aquin d’Oullins constitue en cela un manifeste plus fidèle à sa pensée architecturale, les pères dominicains lui laissant une liberté totale de création. Elle rassemble plusieurs éléments caractéristiques : des matériaux choisis avec un soin particulier par Bossan lui-même, fin connaisseur de la pierre — un savoir transmis par son père, tailleur de pierre —, un riche programme iconographique peint par Paul Borel, des décors de Jacobé Razuret, une statuaire de Charles Dufraine et un mobilier liturgique alliant métaux et pierres d’une grande cohérence, incluant notamment un ciborium central en harmonie avec les dais sculptés des statues.
(Source : Wikipédia)
Nous retrouvons, dans l'inventaire en ligne des ADRML, le dossier d'archives EDEPOT30/69, comprenant des pièces administratives (devis, cahier des charges, plans) et des correspondances de 1867 à 1925, relatives aux étapes clés de la construction de l'église (1867-1883), de la reconstruction du clocher (1889-1923), de la refonte de la cloche et de la réparation de l'horloge (1923-1925), entres autres. L'église actuelle n'a donc pas été bâtie en une seule campagne, la construction du bâtiment principal s'étalant sur 16 ans (1867-1883), suivie d'une reconstruction du clocher puis de la refonte de la cloche, qui dure encore plus longtemps jusqu'à 1925.
Cote/Cotes extrêmes : EDEPOT30/69
Date : 1867-1925
Présentation du contenu :
Construction d'une nouvelle église : mémoire, devis, cahier des charges, plans, correspondance (1867-1883). Reconstruction du clocher : devis, mémoires, correspondance (1889-1923). Refonte de la cloche et réparation de l'horloge : devis, correspondance (1923-1925). L'église a été conçue par l'architecte Bossan. Ce dossier comprend également des notes historiques sur l'ancienne église de Brullioles, un plan du bourg (1878) et des dessins en élévation de la croix monumentale (non daté).
Sachez que la totalité des documents contenus dans ce dossier est librement consultable aux ADRML. Vous pouvez effectuer la réservation des documents en ligne pour une consultation en salle de lecture, ou bien consulter les modalités de demande de reproduction à distance, si vous êtes loin de Lyon.
Une estampe datée de 1888 représentant l'architecte Pierre Brossan (cote : 5Fi42) est également consultable en ligne sur le site des ADRML.
La base Photographes en Rhône-Alpes de la BmL compte par ses collections, une vue photographique de l'église prise de Rampau par Pierre Delorme (1888-1970), en impression photomécanique (carte postale).
Concernant l'Église Saint-Polycarpe de Bully (commune du département du Rhône, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon, aux confins sud du Beaujolais), sa construction commença en 1857 et s’acheva en 1861. Elle a été conçue par l’architecte Journoud sur les plans de Pierre BOSSAN. Ce sont les matériaux présents sur place qui ont servi : pierres ocres de GLAY à St Germain pour les murs extérieurs, pierres bleues d’Apinost pour le dallage intérieur (Source : Mairie de Bully).
La première mention de l'église de Bully remonte à 984, date à laquelle l'archevêque de Lyon reconnaît posséder cette église. C'est sans doute la famille de Bullieu qui a fait édifier la première église. [...] De cet édifice primitif, il ne reste rien aujourd'hui. [...]
En 1742, le curé Claude Bayard, pour une raison inconnue, entreprend la construction d'une nouvelle église, cette fois-ci hors du vingtain, à l'emplacement de l'église actuelle. Cette nouvelle église est consacrée le 28 octobre 1743. [...]
Au début de la seconde moitié du XIXe siècle, l'église étant devenue trop exigüe, le curé d'alors, l'abbé Giraud suggère l'édification d'une église plus spacieuse. Les plans seront dressés par Pierre Bossan, l'architecte de Fourvière et la construction commencera en 1857 pour s'achever en 1861. L'église est livrée au culte sans attendre, le reste des travaux s'échelonnant jusqu'à la fin du siècle.
Mais de fait, cette église restera inachevée. Il faudra attendre près d'un siècle et demi pour qu'en 1990, sous l'impulsion conjointe du conseil municipal et du conseil paroissial, soit décidée une restauration de l'édifice. Cette restauration sera réalisée entre janvier et juin 1995 et l'inauguration sera célébrée le 25 juin de cette même année.
Source : Wikipédia
Afin d'en savoir plus sur la vie et l'œuvre de l'architecte lyonnais Pierre Brossan, nous vous invitons à consulter le dossier documentaire biographique idoine, disponible aux Archives municipales de Lyon :
Cote/Cotes extrêmes : 3C/323
Coupures de presse : biographie
Date début : 1888Notes sur le contenu : Architecte de Notre Dame de Fourvière, et de diverses églises, chapelles
Note de résumé : (1814 - 1888), architecte, membre de la société académique d'architecture de Lyon
Nous vous proposons une bibliographie issue de nos collections sur Pierre Brossan :
- Pierre-Marie Bossan et l'école de Valence -1 [Revue] / Sous la direction de Philippe Dufieux et Julien Mathieu, 2025 ;
- Pierre-Marie Bossan et l'école de Valence -2 [Revue] / sous la direction de Philippe Dufieux et Julien Mathieu, 2025 ;
- Le mythe de la primatie des Gaules [Livre] : Pierre Bossan (1814-1888) et l'architecture religieuse en Lyonnais au XIXe siècle / Philippe Dufieux ; préface de Jean-Michel Leniaud, 2004 ;
- Société académique d'architecture de Lyon. Pierre Bossan Architecte. Sa Vie - Son Caractère - Son Oeuvre - Sa Doctrine [Livre] / Par Sainte-Marie Perrin Architecte, 1889.
L'article de cette revue, consacré à Pierre Bossan, est consultable en ligne sur Numelyo. Voici quelques extraits :
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Découvrez d'autres documents concernant Pierre Bossan, conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon.
Pour en savoir plus sur l'histoire patrimoniale de Brullioles, nous vous invitons à consulter les articles de l'Araire, association d'étude du patrimoine de l'Ouest lyonnais, qui publie régulièrement des bulletins historiques extrêmement documentés sur les communes des Monts du Lyonnais. Leurs articles sur Brullioles sont une excellente source secondaire pour obtenir une synthèse rédigée par des historiens locaux :
Source : Répertoire par commune des articles parus dans L’ARAIRE, du N°11 au N°223.
Pour élargir vos recherches, il serait également judicieux de contacter les Archives historiques du diocèse de Lyon, pour le volet religieux/paroissial (création de paroisse, financement, correspondance avec l'archevêché), car le diocèse accordait d'importantes subventions pour la construction de nouvelles églises au XIXe siècle, comme l'étudie Pierre-Yves Saunier dans :
L’église et l’espace de la grande ville au XIXe siècle : Lyon et ses paroisses. Revue historique, 1991, CCLXXXVIII/2, p.322-348.
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