Qui était le pharmacien Crolas qui s'adonnait à la daguerréotypie ?
Question d'origine :
Dispose-t-on de renseignements sur un pharmacien du nom de Crolas, qui s'adonnait à la daguerréotypie dans le quartier Saint-Just vers 1845 ? Et si oui, a-t-on conservé certaines de ses vues ?
Réponse du Guichet
C'est dans son officine du quartier Saint-Just, en 1835, que Noël Crolas (1808 - 1864) met au point la teinture de Cocheux indiquée contre les rhumatismes et la goutte. La vente de ce médicament n'a pris fin que vers la fin des années 1980. Il a posé les bases d'une grande dynastie pharmaceutique et industrielle de la région, les laboratoires Aguettant. Nous n'avons malheureusement pas retrouvé la trace de ses daguerréotypes.
Bonjour,
Voici le contenu de la notice Généanet de Noël Crolas (1808 - 1864) :
Né le 15 février 1808 (lundi) - Montluel, 01262, Ain, Rhône-Alpes, France
Décédé le 29 février 1864 (lundi) - Lyon-Vème, 69385, Rhône, Rhône-Alpes, France, à l'âge de 56 ans
PharmacienMarié le 11 mai 1839 (samedi), Lyon, 69123, Rhône, Rhône-Alpes, France, avec Marie "Anne" GRENIER 1816-1880 dont
Ferdinand CROLAS 1838-1903
Catherine CROLAS 1843-1920En 1835, Noël CROLAS, dans son officine située rue des Farges à Lyon, extrait l'alcaloïde du bulbe de colchique d'automne et met au point une préparation indiquée contre les rhumatismes et la goutte : la teinture de Cocheux. Sa vente se poursuit pendant plus de 150 ans, jusque dans les années 1990. Elle est alors le plus ancien médicament figurant dans le Vidal.
Noël Crolas a réussi à extraire l'alcaloïde du bulbe de colchique d'automne et a mis au point une formule anti-rhumatismale constituant un médicament centenaire : la teinture de Cocheux.
1835
Noël Crolas, dans son laboratoire située dans le quartier de Saint Just à Lyon, extrait l’alcaloïde du bulbe de colchique d’automne pour produire une préparation indiquée contre les rhumatismes et la goutte : la Teinture de Cocheux. Sa vente se poursuit pendant plus de 150 ans, jusque dans les années 1980. Elle est alors le plus ancien médicament figurant dans le Vidal.
1880
Afin de pérenniser la petite affaire familiale, le Professeur Ferdinand Crolas, éminent pharmacologue et fils de Noël, la revend à son beau-frère Louis-Joseph Aguettant, chimiste et homme d'affaires, qui s’associe à Bruno Tavernier. Aguettant & Tavernier s’installent bientôt quai Fulchiron.
1903
Noël Aguettant, fils de Louis-Joseph et pharmacien, ancien élève du Pr Crolas, reprend l’activité de ses aïeux. Il s’intéresse aux injections sous-cutanées, lance la fabrication d’adrénaline. Ce sont les débuts de ce qui deviendra le cœur de métier de Aguettant : les médicaments injectables
source : Laboratoire Aguettant
Le mortier dans lequel Noël Crolas fabriquait sa fameuse teinture de Cocheux, point de départ de toute l’aventure, siège encore dans l’entrée du siège des laboratoires Aguettant.
Son nom apparaît bien comme pharmacien, établi au 50 rue des Farges à Lyon, dans l'Indicateur commercial, industriel, administratif et judiciaire de la ville et des faubourgs de Lyon de 1842 ainsi que dans L'almanach du commerce des villes de Lyon, de la Guillotière, de la Croix-Rousse et de Vaise de 1843.
A partir de 1854, une partie de la rue des Farges va être absorbée et se dénommer "rue de Trion", d'après Rues de Lyon à travers les siècles de Maurice Vanario (1990 / 2002).
Sa nouvelle adresse est le 10 rue de Trion d'après l'Annuaire administratif et commercial de Lyon et du département du Rhône de 1859 et le Guide de l'amateur et de l'étranger à Lyon et dans les environs par Adrien Péladan et Joséphine Soulary de 1864.
Il a fait partie d'un jury d'expropriation : Rapports du président et procès-verbaux des délibérations - Conseil général du Rhône 1857 pour l'année 1858.
Le nom de Noël Crolas n'apparait pas dans la liste de daguerréotypistes mentionnée dans l'ouvrage intitulé "Les premiers photographes lyonnais au XIXe siècle [Livre] : exposition" / organisée avec le concours de Guy et Marjorie Borgé ; [réd. par Monique Ray]. N'ayant pas trouvé d'informations relatives à son activité de photographe, nous vous recommandons de contacter les archives municipales de Lyon et les archives départementales du Rhône. Le musée Gadagne pourrait aussi vous apporter quelques réponses.
Son fils Ferdinand apparaît comme une figure importante de la médecine lyonnaise du XIXe siècle. Il a renoncé à l'officine de son père pour se tourner vers l'enseignement et la recherche.
Interne des Hôpitaux de Lyon en 1862, puis docteur en médecine de la faculté de Montpellier en 1865, avec une thèse soutenue le 4 décembre : De la coxalgie hystérique. Docteur en pharmacie en 1868, avec une thèse : De la pepsine. « C’est à cette science qu’il se consacre par la suite, d’abord comme professeur-adjoint de pharmacie à l’École préparatoire (1873-1877), professeur titulaire de pharmacie et assesseur du doyen à la Faculté mixte, de 1879 jusqu’à sa mort en1903. En 1869, il fut fondateur du Lyon Médical et devint membre du comité de rédaction jusqu’en 1884. À l’Académie de Lyon, il publia une étude sur les vignes atteintes de phylloxera. Notons qu’il fut appelé également au conseil d’administration des Hospices civils où il se signala par ses avis d’une grande clairvoyance. (Bouchet) ». Il contribue à la matière médicale par « ses procédés de dosage ingénieux de la morphine dans l’opium et de la quinine dans les quinquinas ; son procédé d’utilisation des poussières de thé pour l’extraction de la caféine, la préparation d’extraits non résineux et complètement solubles dans l’eau, de quinquina et de kola (Moreau) ». Président du Comité d’inspection de la pharmacie ; membre de la Commission de surveillance des prisons ; administrateur des Hospices de Lyon. Parti volontairement au commencement d’octobre 1870 comme pharmacien en chef de la 1re ambulance lyonnaise envoyée à l’armée des Vosges, général Cambrielle. Fait prisonnier le 18 octobre à Conflans-sur-Lanterne près de Vesoul par l’armée de Von Werder, après 15 jours de séjour au milieu de l’armée prussienne, renvoyé en Suisse par Strasbourg et le duché de Bade. Ensuite pharmacien au 20e corps de l’armée de l’Est sous le commandement du général Clinchant, a fait toute la campagne de l’Est, et est passé en Suisse avec le 20e corps en février 1871.
Chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire le 16 mars 1872, officier au titre du ministère de l’Agriculture, le 30 décembre 1898 (LH/633/22). Membre de la commission supérieure du phylloxera au ministère de l’agriculture et vice-président du comité de vigilance contre le phylloxéra du département du Rhône depuis sa fondation. Organisateur en 1879 du champ d’expérience de grande culture dans le département du Rhône. Membre de l’association lyonnaise des amis des sciences naturelles depuis 1875. Membre de la société botanique de Lyon, depuis 1877. Membre de la société d’anthropologie de Lyon depuis 1882. Membre de la société de géographie de Lyon depuis1892. Membre de la Société linnéenne depuis 1862.
source : Dictionnaire historique des académiciens de Lyon : 1700-2016 / sous la direction de Dominique Saint-Pierre, Consultable en ligne.
A lire aussi, cette série d'hommages posthumes lus lors de son enterrement : Ferdinand Crolas (1841-1903) recueil d'hommages consultable sur Numelyo et cet article : Nos Lyonnais d'hier : 1831-1910 / l'abbé Ad. Vachet.
Voir l'ensemble de ses publications dans le catalogue de la BNF.
Pour pérenniser l'entreprise familiale, Ferdinand Crolas a fait le choix de transmettre l'affaire familiale à son beau-frère, le chimiste Louis-Joseph Aguettant (marié à Catherine Crolas, la fille de Noël Crolas).
C'est le fils de ces derniers, Noël Aguettant (petit-fils de Noël Crolas et lui aussi pharmacien), qui s'installera plus tard sur les quais de Saône (quai Fulchiron) puis propulsera l'activité vers l'industrialisation en se spécialisant dans les médicaments injectables.
Bonne journée
Lug, pionnier lyonnais des super-héros