Question d'origine :
Qu'est ce qui définit la "haute horlogerie"?
Réponse du Guichet
Le terme "haute horlogerie" apparu vers la fin des années 1970, avec l'avènement de la montre à quartz et la crise qui s'ensuivit, est le reflet de l’excellence horlogère, la subtile combinaison de l’art horloger et des arts appliqués [et] désigne une activité bien précise, régie par des codes et des valeurs qui représentent une approche spécifique de la mesure du temps, d'après la définition de la FHH dans son libre blanc éponyme.
Cinq valeurs en constituent le socle tandis que les critères d'évaluation relevant de sept domaines d'expertise spécifiques, se veulent évolutifs pouvant au fil du temps inclure ou exclure des marques. Parmi les grands noms sélectionnés, citons Lange & Söhne, Patek Philippe, Audemars Piguet mais aussi Omega, Ulysse Nardin, Moser, Vacheron Constantin… et Pequignet pour la France.
Si ce livre blanc est questionné, entre recadrage bienvenu pour certains et outil marketing pour d'autres sur fond de rivalité entre les expositions de Bâle et de Genève, il n'en reste pas moins que la Haute Horlogerie se caractérise par la conjuguaison de métiers artisanaux (émaillage, peinture miniature, plumasserie, marqueterie) et d'innovation (nouvelles technologies et les nouveaux matériaux).
Bonjour,
Vous souhaitez connaître ce qui définit la "haute horlogerie".
Selon Franco Coligni, président de la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH), la haute horlogerie est à l'horlogerie ce que la haute couture est à la couture. Une montre de cette qualité se doit de réunir performance technique, qualité esthétique, authenticité - c'est-à-dire respect de la culture et de la tradition de la marque - mais aussi innovation. Tous ces critères en font une oeuvre d'art, appartenant, par son coût mais surtout par la richesse de sa facture, au domaine du luxe (Source : La naissance de la haute horlogerie, revue Historia, 1 janv. 2011).
Le terme "haute horlogerie" apparaît vers la fin des années 1970, avec l'avènement de la montre à quartz et la crise qui s'ensuivit. Grâce à ce terme, les horlogers qui produisaient encore des montres à mouvement mécanique voulurent se différencier de la masse qui produisaient des montres à Quartz à bas prix. L’objectif était aussi de démontrer l’étendue du savoir-faire horloger avec des techniques artisanales souvent ancestrales qui sont alors mises en avant (Source : site web Chronotempus).
L’apparition des montres à quartz et la concurrence japonaise (y compris sur les montres mécaniques[42]) déclenche ce qu’il est convenu d’appeler la crise du quartz dans les années 1970 : l'industrie horlogère suisse (aussi handicapée par un taux de change défavorable[42]) et européenne traversent une crise importante provoquant une baisse des exportations et de nombreuses fermetures d'entreprises horlogères (le nombre d'employés dans l'horlogerie en Suisse passe de 90 000 en 1970 à 28 000 en 1988[43]).
Source : Wikipédia
Depuis la création de la Fondation de la haute horlogerie (FHH) à Genève en 2005, une question revenait régulièrement : qu'est-ce qu'une montre de haute horlogerie ? Quelles sont les entreprises qui peuvent se prévaloir d'en fabriquer ?
Pour définir la Haute Horlogerie, on utilise maintenant la définition officielle de la FHH présente dans son Manifeste : Bien que la notion même de haute horlogerie est très complexe, si on la ramène à sa plus simple expression, sa définition pourrait être : « La Haute Horlogerie est le reflet de l’excellence horlogère, la subtile combinaison de l’art horloger et des arts appliqués. »
La Fondation de la haute horlogerie a publié un Livre blanc qui tente de définir l'indéfinissable. Elle recense les marques qui répondent à cette appellation, non sans susciter quelques grincements de dents, selon l'article H comme haute horlogerie (Le Figaro, par Michel Jeannot, le 4 novembre 2016). Pourtant le processus d'évaluation se veut évolutif pouvant au fil du temps inclure ou exclure des marques. Voici un extrait :
Concrètement, cet ouvrage est le fruit des réflexions du Conseil culturel de la FHH, qui compte 46 experts internationaux indépendants issus de divers domaines (distribution, création, formation, médias, musées, collections, enchères). Sur les 86 marques passées au crible de 28 critères couvrant 7 domaines (R & D, fabrication et savoir-faire technique ; style, design et savoir-faire artistique ; histoire et ADN ; distribution et service après-vente ; connaisseurs et collectionneurs ; image de marque et communication ; formations), seules 64 ont été retenues. Les maisons analysées ont été réparties en quatre catégories (maisons historiques, marques contemporaines, entreprises de luxe, artisans-créateurs).
Parmi les grands noms sélectionnés, citons Lange & Söhne, Patek Philippe, Audemars Piguet mais aussi Omega, Ulysse Nardin, Moser, Vacheron Constantin… Dans les marques contemporaines, Hublot, Richard Mille et F. P. Journe apparaissent, tandis que les griffes de luxe sont représentées par Chanel, Hermès, Louis Vuitton et Montblanc. Dans les créateurs, on retient notamment Philippe Dufour. Côté critères, le fait de proposer des mouvements exclusifs «maison», de disposer de sa propre manufacture, de décorer manuellement ses calibres, de faire certifier ou contrôler sa production ou de présenter des produits innovants ont été pris en compte, autant d'atouts pour intégrer le cercle restreint des marques de haute horlogerie. Au-delà de la technique, le design original des produits et le recours aux métiers d'art constituent également des avantages. La qualité des points de vente, du service après-vente et de la formation des vendeurs a également été évaluée. De même que, versant collectionneurs, l'attrait des montres lors des ventes aux enchères et la valeur de revente des produits après dix ans ont été pris en compte.
La liste des marques retenues a été fort commentée. Bien perçue, elle a cependant fait l'objet de quelques interrogations. Ainsi, les absences de Corum, Carl F. Bucherer ou encore Franck Muller ont parfois surpris, de même que la présence de certains horlogers avant-gardistes. Autre sujet de discussion: l'exclusion de Baume & Mercier (groupe Richemont). Preuve de l'indépendance de cette opération. «Nous sommes partis de rien et nous présentons aujourd'hui une méthode, une définition, une liste de marques entrant dans le périmètre de la haute horlogerie, argue Fabienne Lupo, présidente-directrice générale de la FHH. L'avancée est évidente mais, comme ce n'est sans doute pas parfait, le processus se doit d'être évolutif.» En principe, le processus d'évaluation sera repris régulièrement, tous les deux à trois ans. De nouvelles marques pourraient alors entrer dans le périmètre, tandis que d'autres pourraient en être exclues.
Source : H comme haute horlogerie (Le Figaro, par Michel Jeannot, le 4 novembre 2016).
Dans le livre blanc de la FHH, la Haute Horlogerie désigne une activité bien précise, régie par des codes et des valeurs qui représentent une approche spécifique de la mesure du temps. Cinq valeurs constituent le socle de la Haute Horlogerie : identité (empreinte génétique d’une marque, son véritable ADN) ; authenticité (conformité de la parole aux actes) ; différence/originalité (créativité et innovation) ; légitimité (maîtrise technique) et éthique.
Le processus évaluatif selon les 7 domaines d’expertise cités plus haut consiste à soumettre la marque à des critères différenciants, objectifs, quantifiables ou mesurables par des experts désignés pour chaque domaine. Ainsi, ces experts sont habilités à évaluer exclusivement les critères spécifiques à leur domaine d’expertise. Ils attribuent une note entre 1 et 10, selon qu’ils jugent le critère inexistant (1) ou existant (10) et d’après une grille d’évaluation propre à chaque critère.
Les sept domaines évalués par leurs experts sont les suivants :
1 - R&D, FABRICATION ET SAVOIR-FAIRE TECHNIQUE
2 - STYLE/DESIGN ET SAVOIR-FAIRE ARTISTIQUE
3 - HISTOIRE ET ADN
4 - DISTRIBUTION ET SERVICE APRÈS-VENTE
5 - CONNAISSEURS ET COLLECTIONNEURS
6 - IMAGE DE MARQUE ET COMMUNICATION
7 - FORMATIONS
La liste de tous les critères d’évaluation retenus pour l’ensemble des sept domaines est détaillée de la page 20 à la page 31 du présent document.
Source : livre blanc de la FHH
Sur la base Europresse disponible avec un abonnement BmL, vous pouvez consulter des articles de presse récents questionnant la Haute Horlogerie contemporaine. Nous vous en citons quelques-uns :
- "Voici 10 marques de haute horlogerie à connaître quand on aime les (très) belles montres" (Masculin (site web), 24 décembre 2025). Voici un extrait :
Au final, dès 2016, 64 marques ont été répertoriées comme faisant partie du périmètre de la Haute Horlogerie. Des maisons largement connues du grand public (Rolex, Jaeger-LeCoultre, Breitling, Cartier...) et d'autres dont le savoir-faire a donc été reconnu mais que les profanes ont davantage de mal à identifier. Ce sont celles appartenant à cette seconde catégorie que nus avons choisi de mettre en avant dans cet article. [...]
- "Les acteurs de l'horlogerie misent sur la montée en gamme" (La Tribune (France), no. 8351, mardi 23 juin 2026). Voici un extrait :
Pequignet revendique sa place dans la haute horlogerie
À Morteau, Pequignet a fait le choix d’un repositionnement radical. Depuis sa reprise en 2021 par Hugues Souparis, la manufacture a progressivement abandonné ses modèles d’entrée et de milieu de gamme pour se concentrer sur des montres comprises entre 3 000 et 10 000 euros. « Quand j’ai repris l’entreprise, le haut de gamme représentait environ 35 % du chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 75 %, et nous visons 100 % dès 2027 », explique le dirigeant.
Cette stratégie porte déjà ses fruits. Entre 2024 et 2025, Pequignet a enregistré une croissance de 25 %, sans augmentation des volumes de production. « Nous avons vendu environ 2 500 montres, soit quasiment autant qu’avant. La croissance provient exclusivement de la montée en gamme », souligne Hugues Souparis. L’entreprise revendique également une singularité rare en France : la conception et la fabrication de ses propres mouvements mécaniques. « Nous sommes aujourd’hui la seule manufacture française de haute horlogerie capable de concevoir et produire ses mouvements. C’est notre véritable proposition de valeur », affirme le PDG.La stratégie se traduit également à l’international. L’export représentait 35 % du chiffre d’affaires en 2025 et pourrait dépasser les 50 % cette année. Une performance obtenue grâce à l’ouverture de nouveaux points de vente premium en Europe et au Moyen-Orient.
- "Haute horlogerie : la revanche du made in France" (La Tribune dimanche (France), dimanche 29 octobre 2023). Voici un extrait :
Julien, du bureau d’études de haute horlogerie de Pequignet
Mais l’heure a peut-être de nouveau sonné pour l’horlogerie française. Ce savoir-faire est en effet l’une des cinq activités industrielles que les pouvoirs publics souhaitent voir relocaliser en France avec le jouet, le textile, la chaussure et le vélo. « Les planètes sont alignées pour qu’on y parvienne, explique Guillaume Adam, secrétaire général de France Horlogerie (70 entreprises de fabrication de montres françaises, de composants et d’horlogerie de gros volume). D’abord parce que la demande est là depuis le Covid : 35 % des Français sont prêts à payer 5 à 10 % plus cher pour une montre made in France. Ensuite parce que de plus en plus de marques françaises achètent un calibre fabriqué par Pequignet et en font un argument marketing fort. » C’est le cas par exemple des montres de luxe Pierre Lannier ou Apose.
Pour autant, une montre 100 % française n’est pour l’heure qu’une chimère car certains composants essentiels – comme le spiral, un ressort qui sert à battre la mesure – ne sont plus fabriqués en France depuis près de trente ans. Chez Pequignet, on jure se fournir le plus localement possible – dans l’Arc jurassien qui va de Besançon à la Suisse frontalière – pour les quelque 350 pièces que compte une montre. « L’intégralité des composants des trois mouvements est sourcée à moins de 80 kilomètres de Morteau, précise Dani Royer, le directeur des opérations, et 72 % de ces composants sont français. » La maison mortuacienne compte bien également réintégrer en son sein d’autres savoir-faire quand c’est possible, comme l’explique son président, Hugues Souparis : « Nous sommes sur le point d’y parvenir avec les cadrans… On l’ignore, mais en France on ne fabrique plus de cadrans alors que c’est la première chose qu’on voit sur une montre, non ?
- "Haute horlogerie, plongée au coeur d'un savoir-faire d'exception" (Les Echos Week-End, mercredi 26 octobre 2022). Voici des extraits :
Les métiers d'art sont indissociables de la haute horlogerie, au point que les manufactures mettent en place des formations afin d'en perpétuer la maîtrise. Voici quelques techniques parmi les plus spectaculaires avec quelques réalisations rares à l'appui. Emaillage, peinture miniature, marqueterie... la haute horlogerie ne saurait se passer des métiers d'art.
L'émaillage, l'art de sublimer les couleursDepuis des siècles, les émailleurs exercent leur talent pour habiller les cadrans et parfois même les boîtiers de montre. La magie de cet art délicat est de garantir aux oeuvres en émail de conserver éternellement leurs couleurs car, une fois passées à l'épreuve du feu, elles sont inaltérables. Cette substance cristalline, riche en teintes, se vitrifie aux environs de 800 °C. Les cadrans réalisés selon cette technique sont dits en émail grand feu. Au fil des ans, les artistes ont développé différentes techniques héritées de savoir-faire joailliers et les ont appliquées à l'ornementation des montres. Sont alors apparus des cadrans cloisonnés ou champlevés. Le motif à reproduire pour le premier est délimité par un fil d'or alors que le second est obtenu par enlèvement de matière. [...]
La peinture miniature, l'art de l'infiniment petitNé en France au XVIe siècle entre Blois et Châteaudun, l'art de la miniature sur émail a très vite trouvé un territoire d'expression avec les boîtiers des montres. La ville de Genève s'en est d'ailleurs fait une spécialité à partir du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, les artisans en maîtrisant tous les secrets sont peu nombreux et jouent littéralement avec le feu. Car, une fois la base posée, chaque couche d'émail coloré nécessite qu'elle soit stabilisée par une cuisson dans un four chauffé à haute température. Pour un dessin élaboré, des dizaines de passages au four sont nécessaires, un par couleur. Il suffit d'une erreur d'appréciation, d'un choc thermique et des heures de travail peuvent être réduites à néant, ce qui explique le prix élevé des pièces proposées. Mais seul cet exercice périlleux garantit aux teintes du motif leur éclat dans le temps. La montre Reverso de Jaeger-LeCoultre se prête tout particulièrement à ce procédé puisque l'on peut aisément peindre une miniature au verso de son boîtier rectangulaire et réversible. [...]
La plumasserie, l'art de la légèretéLe savoir-faire du plumassier, emblématique des pièces de haute couture, est également utilisé en haute horlogerie. Féminine et délicate, cette matière légère et duveteuse offre une large palette d'effets et de couleurs. Entrelacées sur le cadran ou assemblées sur la masse oscillante, les plumes dûment sélectionnées assurent à la pièce ainsi parée son unicité. La Divas' Dream Peacock Dischi de Bvlgari est un bel exemple de réalisation avec son cadran en marqueterie de plumes de paon qui subjugue au premier regard. [...]
La marqueterie, l'art de l'assemblageLa marqueterie de bois, habituellement réservée à l'ébénisterie de prestige permet de construire des dessins très détaillés saisissants de réalisme. Travail de minutie à cette échelle, le motif est réalisé à partir de centaines de pièces découpées dans des essences rares, puis collées comme les pièces d'un puzzle parfois ne dépassant pas quelques dixièmes de millimètres. Après découpe, le bois clair est parfois chauffé dans du sable de Fontainebleau afin d'obtenir une gamme de bruns quasi illimitée.
- "Haute horlogerie : quand l’innovation réinvente l’artisanat d’art" (Le Figaro, par Carole Lars, le 23 octobre 2025). Voici un extrait :
Une manufacture horlogère est un lieu paradoxal où les temps se percutent. Si l’on y répète des gestes hérités du passé, les nouvelles technologies et les nouveaux matériaux font entrer l’avenir dans les ateliers. L’horlogerie met l’ingénierie au service de la tradition, comme le souligne Jean-Christophe Sabatier, responsable produit chez Ulysse Nardin : « Nous partageons des savoir-faire et des fournisseurs avec d’autres secteurs tels que l’industrie biomédicale ou spatiale. Cette recherche est essentielle, car nous portons une double promesse : celle de la préservation des traditions et des savoir-faire, mais aussi celle d’une quête permanente d’excellence et de progrès. »
Titane, carbone, céramique haute technologie, cartothèque, Quartz TPT… Les matériaux issus des industries de pointe ont fait leur entrée dans l’horlogerie. Introduite par Rado en 1986, la céramique haute technologie a gagné ses lettres de noblesse. Le carbone, lancé par Richard Mille en 2013 avec la RM 35-01 Rafael Nadal, est désormais en collection partout ou presque. Légers et résistants, ces matériaux élargissent le champ des possibles, techniquement et esthétiquement. Au début du XXIe siècle, l’introduction du silicium avait fait l’effet d’une révolution en neutralisant les effets du magnétisme sur le spiral. Couplé au balancier, ce petit ressort donne le tempo d’une montre : c’est de lui que dépend sa précision. À l’automne 2025, TAG Heuer a dévoilé un spiral en composite de carbone construit atome après atome en trois dimensions. Amagnétique, insensible aux caprices du climat, robuste, ce composant est intégré dans les mouvements des nouvelles TAG Heuer Carrera Chronograph Tourbillon Extreme Sport TH-Carbonspring et Monaco Flyback Chronograph TH-Carbonspring, deux garde-temps futuristes réalisés en carbone forgé. [...]
Pour une approche critique des critères d'évaluation de la FHH, nous vous invitons à lire l'article de Worldtempus C'est quoi, au juste, la haute horlogerie ? Le Matin Dimanche, 2010, qui questionne la démarche évaluative de la FHH, entre recadrage bienvenu pour certains et outil marketing pour d'autres, sur fond de rivalité entre les expositions de Bâle et de Genève. Voici un extrait :
Jean-Claude Biver, patron des montres Hublot, salue l'initiative de Franco Cologni: «C'est indispensable de recadrer ce qui est une marque, ce qui est une manufacture, car tous ces mots ont été vidés de leur sens depuis les années soixante. Aujourd'hui, n'importe quel service marketing appose la griffe «manufacture» sur des marques qui en fait sont des assembleurs de mouvements, et n'interviennent en rien dans leur conception.» Bien qu'Ebel ne soit pas sélectionnée (pour l'instant, assure la FHH), son directeur, Marc Michel-Amadry, ne s'en émeut guère: «Est-ce un choix politique de leur part? Je l'ignore. Mais, dans l'absolu, je suis séduit par la démarche. Il faut sacraliser la beauté de notre industrie, et tous les moyens pour rendre hommage à la qualité du travail sont les bienvenus.»
En clair, si le manifeste est généralement considéré comme une bonne chose, la liste en revanche pose problème. C'est notamment l'avis de Christina Thévenaz-Wendt, directrice de Delaneau, marque de niche spécialisée dans l'horlogerie féminine: «Il est bon de rappeler les standards de qualité pour maintenir le niveau de notre horlogerie suisse. Cependant, si c'est utilisé par la FHH comme un outil marketing pour ses propres marques, c'est dommage.» Une telle catégorisation des marques est «injuste», estime pour sa part Florence Noël, directrice de Geneva Time Exhibition (GTE), nouveau salon qui se déroule depuis 2010 en même temps que le SIHH: «C'est presque un manque de respect pour les horlogers. Je préférerais que l'on parle de «maîtres horlogers».
La vieille rivalité qui oppose Baselworld au SIHH (et à la fondation), basés à Genève, n'est pas loin, preuve en est la réaction de François Thiébaud, en tant que président du Comité des exposants suisses à Bâle: «Je pense que ce manifeste et cette liste sont destinés à valoriser leur propre salon. C'est dommage, car j'ai la conviction que la branche gagnerait à être unie et à n'organiser qu'une seule grande vitrine, sans quoi l'industrie horlogère suisse pourrait se faire supplanter, qui sait, par une grande expo chinoise à Shanghai?»
Nous vous proposons une sélection bibliographique, issue de nos collections, et en tête de liste se trouve un ouvrage très illustré La montre : histoires et savoir-faire [Livre] / sous la direction de Sébastien Vivas, 2025 :
Une plongée dans les coulisses de la haute horlogerie dévoilant l'anatomie de la montre mécanique, du cadran jusqu'au coeur du mouvement sans oublier le bracelet. Des interviews, des dessins techniques et de nombreuses photographies mettent en valeur les modèles emblématiques d'hier et d'aujourd'hui. © Électre ;
La conquête du temps [Livre] : l'histoire de l'horlogerie des origines à nos jours : découvertes, inventions, progrès / Dominique Fléchon ; avant-propos de Franco Cologni, 2011 : écrit par l'un des experts et historiens majeurs de la Fondation de la Haute Horlogerie, cet ouvrage décortique l'évolution technique et sociologique des instruments de mesure du temps sous l'angle de l'excellence ;
Dictionnaire passionné de l'horlogerie [Livre] / Jean-Marc Loiseau, 2022 ;
Idées reçues sur l'horlogerie [Livre] / Patrice Besnard ; Nicolas Dufourcq, 2023.
Des références utiles se trouvent aussi dans le catalogue du Sudoc :
La montre : principes et méthodes de fabrication / George Daniels ; dessins techniques de David Penney ; prises de vue couleurs de l'auteur. - 3e édition révisée, 2010 : George Daniels est considéré comme l'un des plus grands horlogers du XXe siècle Ce livre est la "Bible" technique de la création horlogère artisanale et explique comment fabriquer une montre d'exception de A à Z ;
Concernant les montres compliquées, vous pouvez lire l'article du Magazine Chrono24 du 3 novembre 2017 : Qu’est-ce que la haute horlogerie ?. Parmi les complications les plus représentatives, on trouve les complications acoustiques (répétitions, grandes sonneries), astronomiques (calendrier perpétuel, équation du temps) et chronométriques (chronographe à rattrapante). Une pièce réunissant les trois grandes familles — calendrier, chronométrage et sonnerie — constitue une "Grande Complication".
Bonnes lectures !
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