Je cherche des informations sur un bâtiment avec une tour à l'angle de la rue d'Ypres
Question d'origine :
Bonjour,
Je recherche des informations sur ce batiment avec une tour (voir photo) situé à l'angle de la rue d'Ypres (après/avant le pont schuman).
Merci d'avance.
Réponse du Guichet
L'édifice constitué d'un bâtiment auquel est accolée une tour au toit pointu, autrefois localisé au 58 quai de Serin et situé aujourd'hui au 2 rue d'Ypres à Lyon 4e, a été construit dans les années 1800. Il a abrité une société de soierie qui connut différents propriétaires dont GIRAUD et Cie, MONTESSUY et CHOMER, M. MONTESSUY et M. ROCHE de la RIGODIERE puis Les Succesrs de Georges Montessuy. Aucune autre information sur ce charmant bâtiment n'a surgit du gouffre numérique.
Bonjour,
Vous recherchez des informations sur l'édifice constitué d'un bâtiment auquel est accolée une tour au toit pointu situé au 2 rue d'Ypres à Lyon 4.
Dans son tableau détaillé (en haut à droite du plan) sur lequel vous pouvez cliquer pour lire les informations, le site Gorenove indique que le bâtiment date des années 1800. C'est un début.
L'Inventaire Général du Patrimoine de la région Auvergne Rhône-Alpes et l'article Rue D'ypres, Rues de Lyon, ne nous apprennent rien sur celui-ci.
La base Photographes en Rhône-Alpes de la Bibliothèque municipale de Lyon contient deux photographies et les Archives municipales de Lyon conservent plusieurs photos sur lesquelles ce bâtiment est visible aisni que plusieurs dossiers où la rue est mentionnée mais il n'y a pas plus d'informations. En revanche, les plans parcellaires (1861-1995) des AmL sont plus loquaces, notamment le deuxième de 1880 du Secteur 52. Au lieu qui nous intérresse, entre le quai de Serin et la rue de la Belle Allemande qui a changé de dénomination en 1914 (voir le fichier des voies de Lyon) pour devenir la rue d'Ypres, est mentionné MONTESSUY et CHOMER. A partir du plan parcellaire du même secteur de 1920, la mention devient Les Succesrs de Georges Montessuy. Sur ces deux plans, l'adresse à relever est 58 quai de Serin. Dans notre recherche de permis de construire à cette adresse, nous avons relevé plusieurs dossiers mentionnant le quai Serin mais un seul, classé à la côte 315W/813 concerne le n°58 où il est indiqué qu'une ouverture aux n° 58-59 a été réalisée en 1899. Une fiche BASIAS (également en ligne ici) issue du site Géorisques indique que MONTESSUY et CHOMER était localisé 59 quai de Serin et rue de la Belle Allemande (en 1863) et confirme que le 2 rue d'Ypres était bien inclu dans le site : Le site se trouve entre les 57 et 60 Quai Joseph Gillet, il concerne les 2, 4, 4bis, 6, 6bis et 8 rue d'Yprès. Autres précisions données :
- les Ets Montessuy exercaient dans la teinturerie,
- exploitait en même temps une teinturerie situé juste en face, 3 Rue d'Ypres (voir RHA-I-69 09452). Par la suite, en 1913, ils ont annexé une nouvelle usine au 63 quai Serin (voir RHAI-69 09450),
- le nom de l'exploitant à ses débuts (17/04/1857) était GIRAUD et Cie (toujours en 1865), MONTESSUY et CHOMER à partir du 30/09/1863 et M. MONTESSUY et M. ROCHE de la RIGODIERE (Rigodière) à compter du 01/01/1912.
La S.A. Les Succesrs de Georges Montessuy est inscrite au registre du commerce et des sociétés en 1923 comme l'indique la numérisation du document. Il est inscrit Soierie et tous tissus à l'item Nature du commerce.
A propos de Georges Montessuy, une recherche sur Geneanet nous conduit à penser qu'il n'est autre que Georges Meillet de Montessuy, fils de Jacques MEILLET de MONTESSUY et Claudine MALLIAVIN dont il est question dans Les patrons du second Empire. 09. Lyon et le Lyonnais / Pierre Cayez et Serge Chassagne, 2007 :
Just-Antoine MONTESSUY
Lyon, 27 mars 1817 - 14 mai 1880
et son associé Alexandre CHOMER
Montbrison, 4 novembre 1816 - Cannes, 25 mars 1892
Fabricants de crêpes de soie
Les origines sociales des deux associés
La famille Meillet, propriétaire de la terre de Montessuy (dans la Dombes), vendue à l'archevêque de Neufville en 1670, mais dont elle garde néanmoins toujours le patronyme, est attestée, selon Frécon, depuis 1580. De Jean, maître chirurgien à Lyon, puis à Montluel, descendent Jean-Claude (1680-1741), maître de poste à Montluel, comme son fils cadet François-Claude (1735- ?). À la génération suivante, Benoît (1761-1830) devient notaire à Lyon, mais reste propriétaire d'un important domaine à Joyeux, près de Meximieux, dans l'Ain. Il épouse en 1787 Marie-Benoîte Ducros de la Marche, dont il a un fils, prénommé Jean-Claude (1790-1838) comme son oncle, marchand chandelier à Montlucl, et deux filles : Marie-Françoise (mariée en 1816 au négociant Benoît Paturle (1779-1858), de la place Saint-Pierre) et Jeanne Edmée Caroline (mariée en 1821 à Théodore Jean Camus, alors commis négociant à Lyon, et plus tard maire de Saint-Genis-les-Ollières).
Le fils fait sous l'Empire un apprentissage de fabricant de soie à Lyon, où sont établis fabricants deux de ses cousins Montessuy : Antoine, époux de Jeanne-Marie Chevat, rue de la Barre, et Benoît, époux de Claudine Bonivet, montée de la Grande- Côte. En 1816, établi à son tour fabricant, rue Mercière, Jean-Claude épouse Justine-Agathe Eynard (?-1871), fille d'un ancien avocat et procureur à la Cour des monnaies, qui lui donne deux fils, Just-Antoine (qui porte les prénoms de son grand- père maternel) et Jacques (né en janvier 1822), puis, tardivement, une fille posthume, Jeanne-Antoinette, dite Jenny (née en février 1839, mariée, en avril 1859, au maire de Saint-Julien-en-Beaujolais Camille Roche de la Rigodière, de treize ans plus âgé qu'elle). L'aîné, établi négociant place Saint-Pierre (déjà associé à sa mère pour 1/9 « de la clientèle »), épouse, à 24 ans, Antoinette-Cécile Goujon, qui en a 20, fille d'un négociant de la place Saint-Clair, dotée de 65 000 F, et le cadet, à 22 ans, Claudine Malliavin, qui en a 19, fille d'un ancien négociant de la place du Change, dotée de 46 000 F.
Deux mois après ce second mariage, par acte sous seing privé, les deux frères forment pour cinq ans avec leur mère une SNC Montessuy père et fils « pour la vente en détail des étoffes de soie et de toutes autres étoffes de nouveauté », dont seul l'aîné a la signature. En janvier 1848, les deux frères se séparent. Le cadet garde le commerce de la place Saint-Pierre, en s'associant au négociant François-Marie Mantoue « pour l'achat et la vente des soieries, dentelles, châles, lainages et autres articles de détail »>, tandis que l'aîné, qui s'en va habiter dans le quartier chic de la rue Sainte-Hélène et fréquente le cercle aristocratique de Bellecour, ...
Just-Antoine n'ayant pas eu d'enfant, la relève est assurée, à Lyon, par son neveu Georges (né en novembre 1844 et marié, en mai 1870, à sa cousine Fernande Eynard, fille de Just-Antoine, officier d'infanterie de marine tué au siège de Sébastopol, et dotée par sa mère et sa tante de 127 000 F), et, à Renage, par le fils aîné de Chomer, Jean-Louis (doté de 200 000 F lors de son mariage, en août 1875, avec la fille d'un propriétaire de Saint-Jean-de-Bournay), tous deux intéressés dans la maison. Néanmoins, quand ils renouvellent formellement pour six ans leur SNC Montessuy et Chomer, en décembre 1877, mais à compter du 1 juillet 1876, les deux partenaires initiaux en restent seuls gérants, avec un traitement annuel de 10 000 F chacun, et seuls propriétaires, chacun pour moitié, du capital social de l'affaire évalué par eux à 3 millions : 1 125 000 F pour l'usine de Renage, dont ils possèdent les deux tiers (mais assurée sur leurs livres pour une valeur réelle de 1 940 900 F), 300 000 F pour le moulinage de Vienne, 800 000 F pour l'usine de Serin et 775 000 F en marchandises, créances et espèces.
Geneanet note que
Georges Meillet-Montessuy, directeur de la maison de soierie épousa au lendemain de la guerre de 1870 sa cousine Fernande Eynard, ils n'eurent pas d'enfant mais construisirent le château de Joyeux.
Ils étaient passionnés de jardins et de parcs, de perspectives, de plantations d'arbres rares.
Madame Montessuy laissa, à son décès en 1938, la propriété à sa nièce, Georgette Roche de la Rigodière, épouse du Marquis de Barbentane, eux-même cédèrent la propriété à leur fils Pierre-Claude décédé ; son épouse continue dans la tradition.
Il est aussi relever que l'Ancienne grande fabrique de Renage spécialisée dans le moulinage et le tissage de la soie grège, pour la fabrication de crêpe, dont il est question dans l'extrait de Cayez et Chassagne, fut un intéressant exemple d'« usine-pensionnat » : l'encadrement du personnel était assuré par les soeurs de Saint-Vincent de Paul, et les bâtiments comprennent aussi bien des espaces de travail que des espaces de vie (chapelle-pont achevée en 1866, bâtiments d'habitation, parc aménagé). Source : POP
Pour en revenir à l'immeuble, notre recherche dans La construction lyonnaise numérisé par Numelyo a échoué.
La fiche 11 du PLAN LOCAL D’URBANISME & DE L’HABITAT classe ce bâtiment comme élément bâti patrimonial dont les valeurs, ses caractéristiques à retenir et les prescriptions sont :
Valeurs :
- Urbaine
- Historique
Caractéristiques à retenir
- Immeuble, implanté en pointe d'îlot, sur le quai Joseph Gillet, face à la Saône ;
- Bâtiment trapézoïdale, à l'architecture modeste, terminé par une tourelle ronde engagée;
- Les modénatures se trouvent exclusivement sur la tourelle: soubassement au décor linéaire à joints creux, bandeaux filants moulurés, encadrements et linteaux de baies moulurés, baie quadrilobée, corniche périphérique ;
- Le reste du bâtiment présente peu de détails (appuis de fenêtre et corniche); cependant une opération plus récente s'y appuie en réinterprétant son architecture, il fait donc partie intégrante du front bâti, il constitue le lien physique, urbain et architectural entre la tourelle et le reste de l'îlot.
Prescriptions
Elements à préserver : l'immeuble et la tourelle
Nous n'avons pas pu réunir d'autres informations.
Bonne journée
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