Cette planche de coloriage est-elle inspirée d'une vue réelle ou imaginaire ?
Question d'origine :
Bonjour, j'ai vu sur votre site cette planche. planche de coloriage tirée de : Liber chronicarum, Académie des sciences, belles-lettres et arts, (Lyon) (extrait du livre) Je voudrais travaillle dessus avec mes élève en desssin. J 'amerai savoir de quand date cette planche et s'il s'agit d'une vue réelle ou imaginaire ?
https://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00COL00101villelyon01
Merci
Flower
Réponse du Guichet
Cette représentation de Lyon éditée en 1493 est fantaisiste et a été dupliquée pour d’autres villes (Bologne, Mayence et Aquilée) au sein du Liber chronicarum.
Bonjour,
Cette planche est extraite du Liber chronicarum (communément appelé les Chroniques de Nuremberg) de Hartmann Schedel qui aurait été publié le 12 juillet 1493. Cet incunable est consultable sur notre base Numelyo.
Cette vue est effectivement censée représenter la ville de Lyon mais semble assez fantaisiste si on la compare avec d'autres vues de Lyon du XVIe siècle.
Par ailleurs, la même estampe a été réutilisée pour illustrer Aquilée, Bologne et Mayence au sein du même ouvrage.
Voici ce qu'indique Jacques-Jules Grisard dans sa Notice sur les plans et vues de la ville de Lyon, datée de 1891 :
Sur le visa et les instances de Sebaldus Schreyer et de Sébastien Kamersmaister, hommes d’une grande prudence, Antoine Koberger l’a imprimé à Nuremberg. Des savants très habiles dans l’art du dessin, Michel Volgemut et Guillaume Pleydenwurff lui ont donné leur concours. Ils ont apporté l’attention la plus scrupuleuse dans les vues des villes et les portraits des grands hommes intercalés dans le texte.
L’impression du livre a été terminée le douzième jour de juillet de l’an de grâce 1493.
Nous devons ajouter que les dessins qui ornent la Chronique de Nuremberg sont loin d’avoir la fidélité qu’on serait en droit d’attendre après une semblable déclaration, et, détail important à signaler, la plupart d’entre eux sont communs à plusieurs villes. Ainsi la gravure qui est censée représenter Lyon, est la même pour Aquilée, Bologne et Mayence : elle a 224 millimètres de largeur par 199 de hauteur.
Quant au texte, la description de Lyon (folio LXXXVIII, recto) n’est qu’une compilation médiocre de ce que les anciens auteurs ont écrit sur cette cité, sans aucun renseignement historique ou topographique sur son importance au Moyen-Âge […]
Vous pourrez la comparer à d'autres images reconnaissables de la ville de Lyon, notamment :
- une vue de Saulsaye ; Eglogue de la vie solitaire par Maurice Sceve qui daterait de 1547, représentant deux bergers contemplant la colline de Fourvière depuis l’autre rive du fleuve.
- la Vue de la ville de Lyon en 1548 attribuée à Jacques Androuet du Cerceau (1510-1584) qui daterait d’environ 1548. Cette estampe est conservée à la Bibliothèque nationale de France.
- les Plantz, pourtraitz et descriptions de plusieurs villes et forteresses, tant de l'Europe, Asie et Afrique, que des Indes, et terres neuves par Jan d'Ogerolles, le tout mis par ordre, région par région par Antoine du Pinet qui dateraient de 1564
A lire aussi :
- « Vues de Lyon au XVIe siècle » / Ryan E. Gregg, Nouvelles de l’estampe, 254 | 2016, 4-17
- « Paysages urbains de Lyon aux XVIe-XVIIe siècles » / Estier, Delphine. Lyon vu/e d’ailleurs (1245-1800), édité par Jean-Louis Gaulin et Susanne Rau, Presses universitaires de Lyon, 2009
- Forma urbis [Livre] : les plans généraux de Lyon, XVIe-XXe siècles : [exposition, Lyon, Palais Saint-Jean, 21 novembre 1997-22 mars 1998] / [catalogue réd. par Gérard Bruyère, Noëlle Chiron, Jeanne-Marie Dureau]
Bonne journée.
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