Prenons nous les qualités et les défauts de nos parents ?
Question d'origine :
Une education ne peut pas etre parfaite: nous approprions-nous les qualites mais aussi les defauts, les bons et les mauvais cotes de nos parents? En suivant l'exemple de nos parents en grandissant prenons nous, peut etre inconsciemment leurs qualites et leurs defauts?
Réponse du Guichet
À l’heure actuelle, les études tendent à montrer que les traits de personnalité sont modérément héritables. On évalue schématiquement à 40% le poids des facteurs génétiques sur les différences individuelles de personnalité, et à 60% le poids de l’environnement. Au sein des facteurs environnementaux, la part des expériences familiales partagées semble plus faible que ce que ne pourraient laisser penser les croyances populaires, la différence de personnalité entre membres d'une même fratrie indiquant une influence prépondérante des facteurs environnementaux non partagés.
Bonjour,
La recherche en psychologie tend à éviter d’utiliser les termes qualités ou défauts, pour leur préférer la notion de traits de personnalité, dépourvue du jugement moral qui caractérise ceux-ci. Un trait de personnalité représente une disposition durable à se conduire d’une manière particulière face à une situation donnée. Il est généralement considéré sous forme de continuum reliant deux qualificatifs généralement opposés, le long duquel on situe un individu, (par exemple le long du continuum impulsivité-réflexion). L’assemblage de différents traits de personnalités va permettre de modéliser des types de personnalités correspondant à des dimensions plus générales. Le nombre de dimensions nécessaires pour décrire la personnalité d’un individu ne fait pas encore consensus, l’un des modèles les plus populaires aujourd’hui comporte cinq grand facteurs : l’extraversion, le neuroticisme, l’agréabilité, la consciencieusité et l’ouverture.
Ces traits de personnalité peuvent dépendre de facteurs biologiques et environnementaux, dont les chercheurs cherchent à évaluer le poids relatif. Le manuel Psychologie de la personnalité, de Michel Hansenne, liste quatre grandes catégories de déterminants :
Des déterminants biologiques, tels que les facteurs endocrinologiques ou psychophysiologiques. Si les différentes études disponibles ne sont pas toujours cohérentes, ils semblent avoir un impact considérable sur la la personnalité, à l’image du rôle des hormones sexuelles sur les conduites agressives.
Des déterminants génétiques. Les chercheurs en génétique comportementale cherchent à identifier l’impact de l’hérédité sur la personnalité et le comportement de manière plus générale. Ils cherchent à identifier les gènes responsables des comportements, mais aussi de comprendre le cheminement physiologique depuis l’expression primaire d’un gène et sa manifestation comportementale.
Des déterminants environnementaux, qui correspondent à la variance qui ne serait pas d’origine héréditaire. Onregroupe donc ici l’influence de la famille, du milieu social, mais aussi des évènements prénataux et biologiques, tels que la maladie ou la nutrition.
Des déterminants générationnels, qui correspondraient au rôle du contexte historique et social propre à chaque génération, et qui pourrait également jouer un rôle non négligeable.
Au sein des déterminants environnementaux, on a coutume de ne plus distinguer l’environnement familial et extra familial, mais plutôt l’environnement partagé ou non partagé. En effet, un même environnement familial peut donner lieu à des expériences non partagées entre les membres d’une fratrie, alors que des expériences peuvent être partagées au-delà du contexte familial. Cette difficulté à évaluer le niveau de partage de l’expérience au sein de la famille rend périlleuse l’évaluation du poids de l’éducation dans la construction de la personnalité. Toutefois, les observations d’enfants adoptés et de jumeaux semblent indiquer que la part déterminante dans la construction de la personnalité n’est pas l’environnement commun aux enfants d’une même famille, mais l’environnement non partagé par eux. La conclusion de cette découverte tend à montrer que les enfants qui grandissent dans une même famille ne se ressemblent pas ou pas beaucoup plus que s’ils grandissaient dans des familles différentes.
Bien cordialement,
Le département civilisation
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