Quelle est l'histoire de ces 2 arches situées au 45 de la rue Edmond Locard, 69005 Lyon ?
Question d'origine :
Bonjour, Je souhaiterais connaître l'histoire de ces 2 arches situées au 45 de la rue Edmond Locard, 69005 Lyon. Elles sont posées en bord de route. Je crois qu'elles appartiennent à l'ancien couvent du parc de la Roseraie. Après rénovation j'ai entendu dire que le conseil de quartier s'est battu pour qu'elles ne soient pas détruites. Est-il possible de trouver des archives ?
D'avance merci et bonne soiré
Cordialement
Célia
Réponse du Guichet
Les arches de votre photo sont certainement des vestiges du cloitre des religieuses du Sacré-Cœur de la Roseraie, qui ont été détruites pour construire des logements. Il subsiste deux arcades exposées le long de la rue Edmond-Locard en face de l'école maternelle François-Truffaut, d'après l'association Arholy.
Bonjour,
Vous souhaitez connaitre l’histoire des deux arches visibles sur le site de l’Ehpad la Roseraie au 45 rue Edmond Locard, Lyon 5e.
À ce jour, nos recherches n'ont pas permis d'établir de raisons précises relatives à la conservation de ces arches qui appartenaient vraisemblablement au cloitre ou au batiment de la Roseraie. Aucune des sources consultées n'indique qu'elles bénéficient d'une protection au titre du Plan local d'urbanisme (PLU), ni qu'elles aient fait l'objet d'une étude patrimoniale publiée, bien qu'elles se situent dans un quartier historiquement riche.
Nous avons contacté le Conseil de quartier de Point du Jour - Champvert - Jeunet, afin de savoir comment consulter leurs archives, mais n’avons reçu à ce jour encore aucune réponse.
En parallèle, nous avons aussi contacté l’association Arholy. Il s’agit d’une "association culturelle de recherches historiques, fondée en décembre 1994, et regroupe des bénévoles désireux de collecter, de préserver et de valoriser le patrimoine immatériel, les souvenirs des quartiers du Point-du-Jour, la Plaine, Ménival, les Battières, Champvert pour les faire vivre en les partageant avec les habitants et les professionnels de la recherche historique."
Sur le site de l’Arhloy se trouvent plusieurs images de la Roseraie :
- le cloitre : " le cloitre des religieuses du Sacré-Cœur a été détruit pour construire des logements. Il subsiste deux arcades exposées le long de la rue Edmond-Locard en face de l'école maternelle François-Truffaut."
- une vue générale de la Roseraie, qui "montre l'ensemble des bâtiments qui ont été construits depuis 1859 lorsque le pensionnat de jeunes filles a été ouvert par les sœurs du Sacré-Cœur. Le virage à angle droit brut de la rue Edmond-Locard devait être difficile à négocier. Ce lieu s'appelait sous l'ancien régime le sommet de Malleval. En haut de la carte, subsiste encore un étang bordé d'arbres."
Un des administrateurs de l’association Arholy, qui n'a pas accès à tous ces documents en période estivale, nous indique la chose suivante : « Dans mon souvenir, ces arches faisaient partie du bâtiment de La Roseraie. Elles se situaient sur la partie de la rue Edmond-Locard perpendiculaire à l'avenue du Point-du-Jour, peut-être à 50 mètres du coude de la rue. Le permis de démolir stipulait qu'elles devaient être préservées. Or elles ont disparu. Cependant, quelques mois plus tard, elles ont bien été réinstallées "réglementairement" à leur emplacement actuel. Je pense qu'on doit les voir à leur emplacement d'origine sur les photos du bâtiment démoli. Elles étaient visibles de la rue ».
Différents ouvrages à la bibliothèque municipale de Lyon concernent le 5e arrondissement de Lyon, et nous y avons trouvé une description de la Roseraie au 45 rue Edmond Locard et son histoire :
La tradition veut que cette propriété ait été appelée « Les Anglais », car y auraient vécu avant la Révolution française les nièces de William Pitt, premier ministre d'Angleterre en 1783. En 1834, la propriété fut achetée par la comtesse de la Barmondière qui, à sa mort en 1842, la légua aux religieuses du Sacré-Cœur, lesquelles ouvrirent en 1859 un pensionnat de jeunes filles. L'œuvre des religieuses fut interrompue au lendemain de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, en 1905. Les Frères des écoles chrétiennes les remplacèrent un temps, jusqu'à leur retour en 1925. C'est à ce moment-là que la propriété prit le nom de « Roseraie ». Au début des années 1960, le pensionnat de jeunes filles fut fermé, les pères du Prado y installèrent pendant quelques années un séminaire de vocations tardives, avant que les religieuses du Sacré-Cœur ne reprennent la maison en 1968 et y créent une maison de retraite (transformée plus tard en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes - EHPAD) pour bon nombre de sœurs âgées : 40 pensionnaires en 1971, 88 en 1999.
A partir du bâtiment primitif, qui s'élevait le long de la rue Edmond-Locard, d'autres furent construits : la chapelle en 1848, le cloître en 1862, la chapelle de la Sainte-Vierge l'année suivante, l'aumônerie en 1895, la « grande maison » en 1969-70 ; puis la chapelle, la cuisine et l'infirmerie furent détruites en 1968 pour permettre l'élargissement de la rue.
Aujourd'hui, une partie des terrains a été vendue pour la construction des nouveaux bâtiments de l'EHPAD qui comprendra 70 chambres et de trois immeubles d'habitation de 95 logements, ce qui a entraîné de nombreuses et irrémédiables destructions parmi les anciens bâtiments, dont le cloître. Parmi les pensionnaires de l'EHPAD, les sœurs sont désormais minoritaires, relevant de deux communautés, les Auxiliatrices et les sœurs du Sacré-Cœur.
Source : Lyon 5e arrondissement, aux origines de la ville de Annick Lioud, Yves Neyrolles,
Enfin, si vous souhaitez creuser la question et consulter les permis de construire, nous vous invitons à consulter cette précédente question du Guichet du savoir pour connaitre les modalités à suivre. Vous pouvez également consulter les Archives municipales de Lyon.
Nous vous tiendrons informés si nous recevons des compléments d’informations, suite aux différents contacts que nous avons pris.
Bien cordialement
Lug, pionnier lyonnais des super-héros