Je cherche des informations sur l'atelier de la famille Tétaz à Lyon au 19e siècle
Question d'origine :
Objet : Recherche d'un atelier de balancier, famille TÉTAZ, 8 rue Romarin à Lyon, fin XIXe siècle
Bonjour,
Je mène une recherche généalogique sur la famille TÉTAZ, artisans balanciers (fabricants de balances) à Lyon à la fin du XIXe siècle, et je cherche à documenter leur atelier ou boutique.
Éléments déjà réunis :
TÉTAZ Nicolas François, né vers 1828, balancier de profession. En 1865, il habitait au 6 rue Gadagne, Lyon. Il a déposé un brevet d'invention le 28 octobre 1895 ("Perfectionnement à la Balance-Pendule Béranger", brevet INPI n°251376), avec comme adresse le 24 place des Terreaux, Lyon.
TÉTAZ Jean Stéphane, né le 5 février 1865, fils du précédent, également balancier, domicilié au 8 rue des Fantasques à Lyon vers 1890.
Un second brevet INPI aurait été déposé conjointement au nom du père et du fils.
Le Bulletin de la Société Métrique de France (répertoire des fabricants de poids et mesures) mentionne un "Tétaz, balancier" installé 8 rue Romarin à Lyon, de 1874 environ jusqu'au début des années 1900, où il aurait été remplacé par "Tétaz Veuve" (1903-1905).
Ma question : auriez-vous accès à des sources permettant de confirmer et documenter cet atelier du 8 rue Romarin (annuaires du commerce, presse locale, almanachs professionnels de l'horlogerie-bijouterie-balancerie, archives commerciales) ? Je cherche notamment à savoir si l'atelier était bien tenu par Nicolas François Tétaz puis par son épouse, et à retrouver d'éventuelles publicités, mentions dans la presse, ou photographies de la boutique.
Je vous remercie par avance pour votre aide.
Très cordialement,
Guy TETAZ
Réponse du Guichet
Le document Vattier, V. - La classe 94 à l'Exposition universelle de 1867 présente le célèbre balancier lyonnais M. Tetaz, seul balancier qui existe à Lyon, qui en 1866, au concours de Lyon obtint une médaille d’argent pour une grande balance de précision. L'Annuaire Fournier. Lyon et Rhône confirme pour l'année 1886 l'existence d'un atelier de balances, tenu par le patronyme Tétaz soit Tétaz fils d'après vos recherches, se trouvant 6 rue Fantasques Lyon 1er. La mention Tétaz (Vve) se trouve dans les éditions de 1899 à 1903.
Le 8 rue Romarin semble être l'adresse du domicile, ce que confirment Les registres de recensement de la population conservés aux ADRML : des membres de cette famille y ont résidé de 1881 à 1906. Les fils "Jean" (nommé aussi "Joanny") et "Jules" apparaissent tous deux comme balanciers dans le recensement de 1886. Dans celui de 1901, on voit que l'épouse Tétaz a repris la fonction de balancier. Retronews nous donne accès à un article de presse du 19ème siècle, citant le balancier lyonnais Tétaz présent à l'exposition universelle de Lyon de 1872.
Il serait intéressant de contacter les AML susceptibles de conserver des registres des patentes.
Bonjour,
Dans le cadre de votre recherche généalogique sur la famille lyonnaise Tétaz artisans balanciers à Lyon à la fin du XIXe siècle, vous souhaitez documenter leur atelier lyonnais (publicités, mentions dans la presse, ou photographies) et notamment avoir la confirmation que l'adresse de celui-ci était bien 8 rue Romarin, qu'il a été tenu par NicolasFrançois Tétaz puis par son épouse.
Vous avez déjà réuni les données suivantes :
TÉTAZ Nicolas François, né vers 1828, balancier de profession. En 1865, il habitait au 6 rue Gadagne, Lyon. Il a déposé un brevet d'invention le 28 octobre 1895 ("Perfectionnement à la Balance-Pendule Béranger", brevet INPI n°251376), avec comme adresse le 24 place des Terreaux, Lyon.
TÉTAZ Jean Stéphane, né le 5 février 1865, fils du précédent, également balancier, domicilié au 8 rue des Fantasques à Lyon vers 1890. Un second brevet INPI aurait été déposé conjointement au nom du père et du fils.
Le Bulletin de la Société Métrique de France (répertoire des fabricants de poids et mesures) mentionne un "Tétaz, balancier" installé 8 rue Romarin à Lyon, de 1874 environ jusqu'au début des années 1900, où il aurait été remplacé par "Tétaz Veuve" (1903-1905).
Consultons en premier lieu l'Annuaire du commerce de Lyon et du département du Rhône L'Annuaire Fournier. Lyon et Rhône, 1869-1971 (avec lacunes) qui a été numérisé par Numelyo.
La consultation de l'année 1896 soit la cote 950388 T. 05 confirme l'existence d'un atelier de balances tenu par Tétaz, soit Tétaz fils d'après vos recherches :
Dans l'extrait suscité, le patronyme Tétaz apparaît bien dans la catégorie 'balanciers" de l'Annuaire Fournier, page 1646. Cet extrait semble nous informer que 8 rue Romarin Lyon 1er serait l'adresse du domicile tandis que l'atelier se trouve 6 rue Fantasques Lyon 1er.
En tout cas, si en 1896 l'atelier est tenu par le patronyme Tétaz, nous trouvons la mention Tétaz (Vve) dans l'annuaire Fournier de 1898, soit la cote 950388 T. 07, page 1654 :
La même mention Tétaz (Vve) se trouve dans l'édition 1899 (cote 950388 T. 08, page 1718), et dans celles de 1900 (cote 950388 T. 09, page 1787), de 1901 (cote 950388 T. 11, page 1539), de 1902 (cote 950388 T. 12, page 1509) et de 1903 (cote 950388 T. 13, page 1478).
L'année 1904 (cote 950388 T. 14, page 1624) ne contient plus d'entrée au nom de Tétaz (Vve).
Concernant L'Indicateur Henry (1896-1972) qui n'est pas numérisé, étant aujourd'hui et demain en télétravail, nous le consulterons vendredi et vous tiendrons informé d'éventuelles informations complémentaires.
Sachez que plusieurs séries d'annuaires conservés aux AML sont d'ores et déjà numérisées. Certaines numérisations sont consultables sur place en salle de lecture. Les images sont intégrées progressivement dans un inventaire méthodique à partir de 2025 :
Les AML conservent une collection d'almanachs, annuaires et indicateurs de Lyon et du Rhône, qui couvre la période 1659-1972. Cette collection est incomplète, tout comme celles des Archives départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon et de la Bibliothèque municipale de Lyon.
Du fait de la fragilité des originaux, cette collection a été numérisée en 2015 à partir de copies (microfilms et microfiches) abîmées. La qualité des 85 000 images (plus de 170 000 pages) est très inégale et dans l'ensemble peu satisfaisante : c'est pourquoi elles sont consultables sur place et non en ligne.
Le test de numérisation des originaux étant satisfaisant, plusieurs séries d'annuaires conservés aux AML sont d'ores et déjà numérisées. Les images seront intégrées progressivement dans un inventaire méthodique à partir de 2025.
Annuaires numérisés :
- Quelques titres isolés.
- Annuaire du cercle du divan (entre 1879 et 1899).
- Indicateur annuel Fournier (1887, 1890).
- Indicateur Coste-Labaume (1861-1882, 1889, 1893-1894, 1903, 1913, 1936, 1945).
- Indicateur annuel Henry (1861-1862, 1864-1865, 1867-1870, 1872, 1875, 1876-1888, 1890-1891, 1901-1905, 1907-1913, 1915, 1937, 1941, 1967).
- L'annuaire du Tout-Lyon (1903-2021).
Source : les Archives municipales de Lyon
Pour plus d'informations, contacter les Archives municipales de Lyon.
Une recherche dans Google Books nous permet de repérer une occurence du patronyme Tétaz comme balancier, dans un document plus ancien de 1867 :
Guide indicateur de la Ville de Lyon et du département du Rhône. Volume 1, 1867 : La rue de Gadagne (Lyon 5) contient la mention Tétaz, balancier, page 111. D'après votre recherche il s'agit ici de l'atelier Tétaz père.
L'atelier rue Gadagne de Tétaz père (soit Nicolas François né vers 1828 d'après vos informations), est mentionné aussi dans :
- Vattier, V. - La classe 94 à l'Exposition universelle de 1867 [texte océrisé] (Catalogue général du Conservatoire numérique des Arts et Métiers), page 83 :
Balance de précision.
M. TETAZ, A LYON, RUE DE GADAGNE.
Si, aux deux extrémités d’un levier, la puissance est égale à la résistance, on a alors les éléments de la balance, car celle-ci n’est autre que deux plateaux attachés aux extrémités d’un fléau, qui est placé en son milieu et qui reste mobile sur un appui. Mais la grande difticulté, dans ce genre de fabrication, c’est que le fléau soit parfaitement parallèle à la ligne menée par le plan des deux plateaux. La balance de précision, exposée par M. Tetaz, nous paraît exactement dans ces conditions; elle peut peser jusqu’à deux cents grammes et est sensible à un demi-milligramme : c’est là, véritablement, ce qui s’appelle mesurer la pesanteur, et cette mesure est d’autant plus essentielle, que la pesanteur étant l’un des attributs réels de la matière, elle devient entre nos mains un artifice d’analyse.
Pour la France entière, quatre balanciers de Paris seulement exposent. M. Tetaz est le seul balancier qui existe à Lyon ; il construit tous les appareils nécessités par le pesage et, en 1866, au concours de Lyon, il obtint une médaille d’argent pour une grande balance de précision.
- Le système métrique in Bulletin de la Société métrique de France (Numéro 2002/1, 1er et 2ème trimestres 2002, Pages 1427 à 1470, ISSN 0180-5673) :
2.3 - Balance Tétaz de 1896
La circulaire aux préfets date du 22 avril 1858 et mentionne cette balance sous le système Béranger, en précisant que ses porte-tiges reposent sur quatre couteaux au lieu de trois (le type de référence est donc la balance-pendule originelle) ; chronologiquement il s'agirait du premier modèle ainsi équipé, d'autres fabricants ayant suivi dans cette voie (voir ci-après le modèle Tisserand de 1901 ainsi qu'au bulletin 2002/1 le modèle Trayvou de 1902). Comme aucun schéma n'est joint à l'appui, nous ne pouvons nous prononcer sur les autres différences éventuelles qui caractériseraient cette production du balancier lyonnais (bien connu pour ses instruments de pesage de types divers destinés à l'industrie ou au commerce de la soie).
Les registres de recensement de la population, 1836-1936 conservés aux Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon (ADRML) nous ont permis de rechercher le 8 rue Romarin. Des membres de la famille Tétaz y ont résidé de 1881 à 1906. Les fils "Jean" (nommé aussi "Joanny") et "Jules", balanciers, apparaissent tous deux dans le recensement de 1886. Dans les recensements de 1891 et de 1896 n'apparaissent plus que Tétaz père, son épouse et une de leur fille. Dans le recensement de 1901, on voit que l'épouse Tétaz a repris la fonction de balancier.
La famille Tétaz résidait bien au 8 rue Romarin Lyon 1er en 1881, père (François Tétaz) et fils (Jean Tétaz), respectivement âgés de 54 et 24 ans et tous deux de profession balanciers :
Pour l'année 1886, on retrouve François Tétaz père âgé de 58 ans. Le prénom Jean se présente ici sous la forme "Joanny" âgé de 28 ans et un autre fils "Jules" âgé de 21 ans, qui n'apparaissait pas dans le recensement ci-dessus, est également balancier de profession :
Dans le recensement de 1891, nous ne retrouvons plus que François Tétaz père âgé de 63 ans, son épouse et leur fille Anna âgée de 14 ans :
Le recensement de 1896 fait également apparaître François Nicolas père âgé de 68 ans, son épouse nommée ici "Joséphine" 43 ans et leur fille Anna :

Le recensement de 1901 en revanche nous apprend que La Veuve Titaz nommée ici "Antoinette" âgée de 49 ans, a bien repris la fonction de balancier à cette date :

Dans le recensement de 1906, la profession de la Veuve Tétaz est "cuisinière". A partir de 1911, nous ne trouvons plus de mention de la famille Tétaz.
Concernant la rue des fantasques (n°6), la famille Tétaz n'y semble pas recensée, ce qui corroborerait les indications de l'Annuaire Fournier citées ci-dessus, soit un local qui sert d'atelier et qui n'apparaît donc pas dans les listes nominatives de population.
Les fiches numérisées du registre du commerce et des sociétés (1920-1954), consultables aux ADRML, ne nous documentent malheureusement sur les années qui vous intéressent. En revanche, il serait intéressant de contacter les AML susceptibles de conserver des registres des patentes.
Enfin, une recherche dans la base de presse en ligne de la BnF, Retronews, nous donne accès à un article de presse du 19ème siècle, citant le balancier lyonnais Tétaz présent à l'exposition universelle de Lyon de 1872 :
Journal officiel de la République française, 18 nov. 1872, p. 11/16 :
À première vue, nous n'avons pas trouvé d'éléments signifiants dans Gallica et La presse ancienne locale du Rhône. Mais la recherche mériterait d'être approfondie par vos soins. Il serait aussi pertinent de contacter le Centre de documentation du musée Gadagne.
Bien à vous




Lug, pionnier lyonnais des super-héros