Question d'origine :
Quand on est extremement deprime et desespere et que l'on songe au suicide tellement on souffre - que faut-il faire?
Réponse du Guichet
La crise suicidaire est un état de souffrance psychique aiguë, temporaire et réversible, durant lequel les idées suicidaires deviennent de plus en plus envahissantes jusqu'à un éventuel passage à l'acte. Ces idées constituent un signal d'alerte qui nécessite une prise en charge rapide par des professionnel·les de santé. Parmi les facteurs de risque on compte les troubles psychiques, les antécédents de tentative de suicide, les addictions, les maladies graves, les violences, l'isolement, les difficultés familiales, sociales ou professionnelles, ainsi que certains événements de vie traumatiques.
Lors d'une crise suicidaire il faut appeler le 15 ou le 112 ou le 3114. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide accessible gratuitement et en permanence qui propose également des ressources en ligne pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter.
Face à une personne en crise il est impératif de prendre toute menace au sérieux, d'écouter sans juger, de ne pas la laisser seule en cas de danger imminent, d'évaluer l'urgence de la situation et de solliciter rapidement une aide médicale ou les services d'urgence si besoin. Certaines attitudes sont à éviter, comme minimiser la souffrance, provoquer la personne ou garder le secret.
En cas de raptus suicidaire, la priorité absolue est la mise en sécurité immédiate par un comportement calme et rassurant. Il est conseillé d'encourager la personne à exprimer son angoisse, de parler peu, d'éviter toute confrontation et de limiter les stimulations. Si nécessaire, un professionnel de santé peut administrer un traitement sédatif et, dans les situations les plus graves, une contention ou une hospitalisation peuvent être envisagées pour assurer la sécurité du patient. Une fois la crise passée, une évaluation psychiatrique permet d'en rechercher les causes et de mettre en place un traitement adapté, associant le plus souvent psychothérapie, médicaments et techniques de relaxation.
Ces informations vous sont délivrées par le Guichet du savoir qui est le service de recherches documentaires de la bibliothèque municipale de Lyon. Ils ne sauraient remplacer ceux de professionnel·les de la santé psychique que nous vous encourageons à contacter si vous vous retrouvez dans une de ces situations.
Bonjour,
Les pensées suicidaires sont un signal d’alarme très sérieux. Qu'elles proviennent de vous ou d'un proche, elles ne doivent pas être prises à la légère. Elles demandent une prise en charge médicale par un médecin traitant qui pourra orienter le ou la suicidant·e vers un spécialiste en psychiatrie ou un psychologue, ou l’adresser au CMP, Centre Médico-Psychologique, dont il ou elle dépend (Source : Qu’est-ce qu’une crise suicidaire ?, Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide, Ameli). Le Guichet du savoir ne saura en aucun cas se substituer à ces professionnel·les de la santé que vous devez consulter sans attendre si vous ou quelqu'un de votre entourage traversez une crise suicidaire. Mais qu'est-ce qu'une crise suicidaire ?
Dans La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge, celle-ci est définit par la Haute Autorité de Santé ainsi :
Définition
- Il s’agit d’une crise psychique dont le risque majeur est le suicide.
- Cette crise constitue un moment d’échappement. Un état d’insuffisance de ses moyens de défense et de vulnérabilité place la personne en situation de souffrance et de rupture d’équilibre relationnel avec elle-même et son environnement. Cet état est réversible et temporaire.
La crise suicidaire peut être représentée comme la trajectoire qui va du sentiment péjoratif d’être en situation d’échec à une impossibilité ressentie d’échapper à cette impasse. Elle s'accompagne d’idées suicidaires de plus en plus prégnantes et envahissantes jusqu’à l’éventuel passage à l’acte. La tentative de suicide ne représente qu’une des sorties possibles de la crise, mais lui confère sa gravité.
- La crise suicidaire n’est pas un cadre nosographique simple. C'est un ensemble sémiologique variable en fonction des sujets, des pathologies associées, des facteurs de risque et des conditions d’observation. Elle peut être difficile à identifier.
L'Ameli l'explique peut-être plus simplement :
La crise suicidaire est un état de trouble psychique aigu, caractérisé par la présence d’idées noires et d’une envie de suicide de plus en plus marquées et envahissantes. La personne confrontée à ce moment de grande souffrance ne trouve pas en elle les ressources suffisantes pour le surmonter. Elle se sent dans une impasse et confrontée à une telle souffrance que la mort apparaît progressivement comme le seul moyen de trouver une issue à cet état de crise.
Les idées suicidaires sont un signal d'alarme qui précède la tentative de suicide. Celle-ci est définie comme un comportement non fatal dirigé envers soi avec l’intention de mourir, même si le comportement ne cause pas de blessure.
Pour prévenir le risque de passage à l’acte suicidaire et aider la personne à surmonter la crise, il est essentiel de repérer les signes de détresse qu’elle peut manifester.
La crise suicidaire est temporaire et réversible en l’absence de passage à l’acte suicidaire.
Source : Qu’est-ce qu’une crise suicidaire ?, Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide, Ameli
FACTEURS DE RISQUE DU SUICIDE
Les facteurs de risque du suicide sont multiples. Selon les individus, certains éléments les renderont plus ou moins fragiles mais l'environnement et la situation familiales et socioprofessionnelles jouent un rôle dans la vulnérabilité suicidaire. La recherche a démontré que nous ne sommes pas tous égaux face au risque suicidaire : certaines personnes se révèlent plus vulnérables que d’autres affirme le Pr Philippe Courtet dans Conduites suicidaires, Fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique dédiée à la lutte contre les maladies mentales :
Facteurs psychiques et physiques en cause dans le risque de suicide
La personne concernée par le risque de tentative de suicide peut par exemple :
- souffrir d’une dépression, de troubles de la personnalité ou d’une affection psychiatrique (trouble bipolaire par exemple) ;
- avoir un tempérament impulsif et rigide (non-contrôle de l’affectivité, réactions sans souplesse ni réflexion préalable), se manifestant par de l’agressivité ou de la colère ;
- présenter un problème de santé physique grave ou un handicap ;
- vivre ou avoir vécu des événements de vie douloureux (ex. : quitter son pays d’origine sans l’avoir choisi) ;
- avoir des antécédents de tentative de suicide ;
- avoir développé des conduites addictives (alcoolisme, toxicomanie) ;
- être victime de violences conjugales ou de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux
Idées suicidaires : environnement familial difficile et problèmes socioprofessionnels souvent présents
Les idées suicidaires sont plus fréquentes en cas :
- d’antécédents de suicide dans la famille ;
- de conflits conjugaux majeurs ;
- de perte précoce des parents ou d’abandon ;
- de violences ou d’abus physique, psychologique ou sexuel ;
- de maladie psychiatrique chez l’un des parents.
Enfin, les situations suivantes peuvent aussi favoriser la survenue d’idées suicidaires :
- isolement et problèmes d’intégration sociale ;
- problèmes financiers persistants ;
- difficultés avec la justice ;
- soucis professionnels, comme le harcèlement au travail ou le chômage (facteur concernant davantage les hommes) ;
- placement en foyer d’accueil, en institution ou en détention ;
- souffrance liée à un traitement discriminatoire ;
- effet de contagion, à la suite du suicide d’un proche.
Source : Qu’est-ce qu’une crise suicidaire ?, Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide, Ameli
Voir aussi la vidéo Le suicide est-il un choix ? :
© Conduites suicidaires, Fondation FondaMental
L'AIDE QUI PEUT ÊTRE APPORTÉE EN CAS DE CRISE SUICIDAIRE
Que faire si l’on a soi-même des idées suicidaires ?
Si vous ressentez une souffrance psychologique, prenez votre situation au sérieux. Ne restez pas seul, confiez-vous à vos proches et demandez de l’aide. Consultez dès que possible, avant de ne plus être capable de mener vos activités habituelles, notamment si :
- vous souffrez au point que vos émotions vous empêchent de vivre normalement ;
- vous avez du mal à assumer vos responsabilités professionnelles et/ou familiales ;
- vous vous sentez désespéré, vous avez des idées noires ou suicidaires.
Un professionnel de santé pourra vous proposer une prise en charge adaptée à vos besoins.
Aider un proche qui a des idées suicidaires
Tentez d’appliquer les conseils suivants :
- essayez de reconnaître les signes précurseurs d’une tentative de suicide. Prenez au sérieux toute menace suicidaire et agissez sans attendre ;
- écoutez la personne en restant vous-même, sans être intrusif ni discuter de l’immoralité du suicide. Montrez-lui que vous comprenez à quel point elle est en détresse, offrez-lui du réconfort et dites-lui que vous vous inquiétez pour elle. Invitez-la à préciser ses propos vagues ou allusifs et parlez-lui ouvertement du suicide, sans équivoque ;
- évaluez le degré d’urgence du risque suicidaire en cherchant à savoir comment, où et quand la personne prévoit de s'y prendre. Plus son plan est précis, plus vous devez agir rapidement. Selon son état, contactez les secours d’urgence ou son médecin traitant ;
- ne laissez jamais seul quelqu’un qui pourrait faire une tentative de suicide imminente (organisez une veille par des parents et amis) ;
- aidez la personne à trouver des solutions, en évitant de tout faire à sa place. Encouragez-la à chercher de l'aide et accompagnez-la au besoin vers une structure compétente. Si elle s’est déjà rapprochée d’un réseau de soutien, informez celui-ci pour qu’il puisse intervenir ;
- agissez calmement, en donnant un sentiment de contrôle ;
- respectez vos propres limites et n’assumez pas seul(e) la situation. Cherchez de l'information et du soutien auprès d'un intervenant qualifié. Si nécessaire, demandez aussi un accompagnement psychologique pour vous-même : cela peut vous aider à prendre du recul et à mieux réagir.
À éviter en cas de crise suicidaire chez un proche
Si quelqu’un dans votre entourage pense au suicide :
- ne passez pas outre d’éventuels signes suicidaires précurseurs ;
- ne mettez pas en doute l’intention de la personne de faire une tentative de suicide. Évitez aussi de vous moquer d’elle, de la provoquer, de la mettre au défi de passer à l’acte ;
- ne lui promettez pas de ne rien divulguer. Vous n'avez pas à considérer ce qu’elle vous a confié comme un secret. Votre silence risquerait en effet de limiter les interventions possibles et de vous faire porter l’entière responsabilité de la situation (or, il est préférable de ne pas essayer de résoudre le problème seul) ;
- n’invoquez pas une obligation à vivre pour les proches, ni toutes les bonnes raisons de ne pas se suicider ;
- ne comparez pas la situation de la personne à celle de quelqu’un d’autre pour dédramatiser ;
- ne lui dites pas qu’elle devrait être reconnaissante de votre aide.
Source : Qu’est-ce qu’une crise suicidaire ?, Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide, Ameli
A noter que la HAS souligne un point à propos de l'aide médicale :
Si le recours au médecin apparaît devoir être systématique, le médecin n’est pas la solution à tout. Il est là pour faire le diagnostic et déterminer une stratégie thérapeutique, ce qui implique son investissement. Une partie de son action thérapeutique - et quelquefois la possibilité même de cette action - dépendent de l’entourage qui est le premier témoin des manifestations d’une crise en développement.
Source : Conduites suicidaires, Fondation FondaMental
La crise suicidaire peut surgir dans une situation plus ou moins urgente. Si le risque est imminent, c'est une situation d'urgence et il ne faut pas hésiter à appeler immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro européen). Si le risque est moins important, il est nécessaire de se faire aider. Encore une fois, le suicide n'est pas une fatalité. Ce processus est, en effet, réversible : on peut sortir d’une crise suicidaire à tout moment avec de l’aide et un accompagnement adapté (Que faire et à qui s’adresser face à une crise suicidaire ?,sante.gouv.fr).
En cas de risque de suicide avéré et imminent
Appelez le 15 ou le 112 si la personne a :
- des idées suicidaires envahissantes ;
- planifié le passage à l’acte ;
- accès à des moyens permettant de réaliser son suicide (médicaments, arme à feu…)
Dans tous ces cas, une hospitalisation peut se révéler nécessaire.
Bien informer les secours facilite leur intervention rapide
Quand vous appelez les services médicaux d’urgence :
- parlez calmement et distinctement ;
- donnez votre numéro de téléphone, votre nom et celui de la personne à secourir ;
- indiquez l'adresse exacte (étage, code d'accès, etc.) ;
- décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté ;
- ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande.
Si le risque de tentative de suicide est moins important et la situation paraît moins urgente
Assurez-vous que la personne consulte bien son médecin traitant dans un délai bref. Celui-ci pourra :
- juger de la gravité de son état psychologique ;
- l’orienter vers un spécialiste en psychiatrie ou un psychologue, ou l’adresser au Centre Médico-Psychologique (CMP) dont elle dépend.
En complément de l’aide médicale, vous pouvez contacter plusieurs structures qui proposent un soutien aux personnes déprimées ou confrontées à des idées de suicide (écoute téléphonique anonyme ; communications par mail ou par tchat ; entretiens individuels, familiaux ou de groupe).
Plus incontrôlable est le raptus suicidaire décrit dans Raptus suicidaire : c'est quoi ? Comment y faire face ?, Santé magazine et Raptus : anxieux ou suicidaire, qu'est-ce que c'est ?, Passeport santé mentale :
En bref
Résumé réalisé avec l’IA, validé par Santé Magazine.
- Le raptus suicidaire est un passage à l’acte impulsif et brutal, souvent déclenché par une souffrance psychique intense et soudaine, sans forcément de pathologie psychiatrique préalable. Il se manifeste par un sentiment d’urgence, une pensée envahissante et un besoin immédiat de "tout faire cesser".
- Ce geste survient généralement dans un contexte de grande vulnérabilité (fatigue, isolement, stress…). Le plus souvent, il s’agit d’une ingestion rapide de médicaments, avec peu ou pas de préméditation.
- À ne pas confondre avec une crise d’angoisse ou un raptus anxieux : seul le raptus suicidaire implique une intention réelle de mourir. Une consultation spécialisée est essentielle en cas de doute.
Source : Raptus suicidaire : c'est quoi ? Comment y faire face ?, Santé magazine
Face à un raptus, que faire ?
Face à une personne qui est en pleine crise d’angoisse, il faut la traiter avec sang-froid, conserver une attitude calme et compréhensive, permettant au patient de verbaliser son angoisse, la mettre à l’écart d’un entourage trop anxieux, et faire pratiquer la réalisation d’un examen somatique (pour éliminer une cause organique).
Ces mesures aboutissent souvent à une sédation de l’anxiété. Les secours ou un professionnel de santé prévenu par l’entourage, peut pratiquer une injection sédative en urgence. De plus, afin de protéger la personne d’elle-même, il est envisageable de la contentionner à un lit médical (attachée) pour la protéger et la calmer. Dans un deuxième temps, il sera nécessaire de rechercher la cause de ce raptus, suicidaire ou anxieux, de repérer le diagnostic psychopathologique sous-jacent (névrose ou psychose, dépression ou non), puis d’évaluer la personnalité sous-jacente pour envisager un traitement. Très souvent, il consiste en une psychothérapie avec une prise de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques) accompagné souvent de séances de relaxation. Mais une hospitalisation peut être parfois nécessaire.
Source : Raptus : anxieux ou suicidaire, qu'est-ce que c'est ?, Passeport santé mentale
Face à un raptus suicidaire : que faire ?
Face à un raptus suicidaire, la priorité absolue est la mise en sécurité immédiate. L’entourage doit adopter une attitude calme, contenante et non jugeante, parler peu, éviter toute confrontation et limiter les stimulations.
Si le risque de passage à l’acte est élevé ou si la crise ne s’apaise pas, il est indispensable de solliciter un professionnel de santé. "Le médecin généraliste peut constituer un premier point d’appui, notamment pour évaluer la situation, rassurer et orienter", selon le docteur Christophe Debien.
Source : Raptus suicidaire : c'est quoi ? Comment y faire face ?, Santé magazine
Contactez aussi le 3114, numéro national de prévention du suicide piloté par le Ministère en charge de la santé, accessible 24/24 et 7/7 – appel gratuit et confidentiel en France entière. Un·e professionnel·le de soins (infirmier ou psychologue), spécifiquement formé·e à la prévention du suicide, sera à votre écoute afin d’évaluer votre situation et vous proposer des ressources adaptées à vos besoins ou à ceux de vos proches. C'est ce qui est préconisé par le site sante.gouv.fr sur sa page Que faire et à qui s’adresser face à une crise suicidaire ?.
Le site lié à ce numéro, Aider, informer, agir en prévention du suicide, propose des ressources pour mieux comprendre la crise suicidaire et des conseils pour la surmonter déclinées en plusieurs pages qui répondent à vos questions : Je suis en souffrance - Je m’inquiète pour quelqu’un - Je suis impacté par un suicide - Je suis professionnel.
A lire aussi, 5 mythes sur les personnes qui ont des idées suicidaires, suicide.ca.
Suicide et prévention dans les collections de la BmL :
- Mal-être et suicide : Personnes en souffrance, proches et professionnels témoignent / Claire Audrey et Marie-Pascale Bodet ; [Préfaces de Marie-Madeleine Chevalier et Hervé Roth], 2025
- Suicide : un cri silencieux : mieux comprendre pour mieux prévenir / Michel Debout, Jean-Claude Delgènes, 2020
- Évaluer le risque de suicide / Jérémie Vandevoorde, 2018
- Idées noires et tentatives de suicide : réagir et faire face / Emmanuel Granier, 2006
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