Je recherche des éléments symbolisant la "Porte" dans les différents rituels maçonniques
Question d'origine :
Bonjours
je recherche des éléments illusrant le symbolisme de la "Porte" dans les différents rituels maçonniques;
D'avance je vous en remercie.
Jean-Louis
Réponse du Guichet
La porte en franc-maçonnerie est le symbole du passage, du changement d'état pour l'initié, et de l'accès à la connaissance.
La porte dans la symbolique franc-maçonne a la signification principale de lieu de passage et de changement de nature, lieu d’initiation à la connaissance, de révélation des secrets. La porte marque une séparation entre deux espaces, deux mondes, le profane et le sacré. Elle offre aussi une protection. (voir P comme Porte en Franc-maçonnerie).
Le symbole de la porte est au cœur du parcours d’initiation. Nous vous conseillons la lecture ce petit ouvrage pour en connaître les détails : Les portes du temple, de l’ignorance à la connaissance / Franck Zimmer dans la collection Les Symboles Maçonniques.
Tout d’abord le profane doit franchir la Porte du temple. Située à l'Occident (à l'ouest), entre les deux colonnes Jakin et Booz, appelée aussi la porte « basse », elle joue le rôle de « gardien ». Le profane qui la passe est devenu « impétrant » (c’est à dire qu’il a été autorisé à entrer). Pour en savoir plus sur le franchissement de la Porte du temple, nous vous renvoyons à cette précédente question : Quel est le symbolisme de la porte ou des trois portes pour le temple de Salomon ?
Puis l’initiation est fondée sur les quatre éléments. L’initié est soumis à plusieurs passages ou épreuves symbolisées elles aussi par des portes : Porte de le terre (qui donne accès au Cabinet de réflexion, parfois appelé crypte), Porte de l’Air, Porte de l’eau et Porte du feu. «Les portes de la Terre, de l’Air, de l’Eau et du Feu ont « équipé » l’impétrant du nom de Frère. Il peut maintenant se diriger vers la Porte des symboles. »(...) « Afin de découvrir le monde du temple, il a été initié au grade d’Apprenti puis placé devant la porte des symboles. En effet le temple rassemble les symboles en une langue afin de transmettre la connaissance»
L’ouvrage Les portes du temple dans une partie (chapitre 7, p. 97-113) interroge et explique le lien entre la porte et le symbole et montre que dans l’expérience franc-maçonne, le symbole « est indissociable du temple et de la connaissance » : « dans le langage courant, dire d’une chose qu’elle est symbolique signifie qu’elle est irréelle et inconsistante. Dans le temple, la situation est rigoureusement l’inverse. Le symbole désigne l’essentiel, ce qui est éminemment réel. » Il est un signe donnant accès à la connaissance. Comme la porte en quelque sorte, il fait franchir au Frère un état, d’où le lien fort entre les deux.
Le symbole « opère une initiation, « un mode de connaissance inconnu surgit, l’homme pénètre dans un autre rythme : il change de plan (...). Illuminée, l’âme se transforme dans la voie du discernement et de la sagesse. Elle s’achemine de clarté en clarté, c’est à dire de symbole en symbole, vers la lumière. Le symbole devient une porte qui ouvre le monde du temple.» (p. 102)
Ensuite, l’ouvrage développe la question suivante : « Chaque symbole est-il une porte ? ».
Ainsi les éléments terre, air, eau et feu « en devenant portes se sont dévoilés en lui livrant leur enseignement. Après les avoir franchies, le Frère Apprenti se trouve devant la Porte des symboles. Il deviendra compagnon – autrement dit, il changera d’état- le jour où il franchira cette porte-là. Ce passage signifiera qu’il aura discerné la qualité, la spécificité, le génie de l’ensemble des symboles contemplés dans la Loge – du plus concret au plus abstrait. Ces franchissements de porte l’amèneront à découvrir un autre univers. »
Franchir la Porte des symboles, c’est la « quintessence de l’initiation » qui permet de « voir l’invisible». Puis au terme de ce parcours de porte, vient la porte ultime, la Porte du ciel et l’Orient éternel. Le franchissement de cette porte par l’offrande consacre le Frère comme « bâtisseur » et « juste de voix » (capable de faire circuler l’énergie vitale du verbe).
Ces étapes de l’initiation sont beaucoup plus complexes que décrites ici et peuvent varier selon les rites appliqués, mais vous en avez ici le résumé général.
Dans le temple, on distingue le parvis (Ulam), le Hékal (partie accessible au public, entre la porte et l’Orient) et le Debir (le Saint des Saints, c’est à dire l’Orient). « On passe d’une porte à quatre retraits à une porte à cinq retraits pour aller du temple au Saint des saints. En symbolique quatre est le nombre de la Terre alors que cinq est celui de la connaissance. » (p. 333 dans Dictionnaire maçonnique, le sens caché des rituels et de la symbolique maçonniques).
La loge maçonnique ou Temple repose sur trois grands piliers symboliques, la Sagesse, la Force et la Beauté, qui forment une géométrie sacrée et soutiennent le ciel, et sur lesquels sont disposées trois bougies appelées « étoiles ». « Ces Étoiles sont les portes de ce ciel (...) Dans la langue hiéroglyphique, « étoile » se dit séba, ou sba, mais ce mot possède plusieurs sens. Séba veut donc dire « étoile », mais aussi « porte » ou encore « enseignement »... » (pp. 118-119 dans Le langage symbolique de la franc-maçonnerie).
Il existe aussi d’autres portes dans la symbolique franc-maçonne :
Les Portes de l’année liées à la loge de Saint Jean et au rituel de transmission de la lumière : ainsi les portes de l’année correspondent aux solstices, les deux fêtes de Saint Jean qui rythment l’année initiatique et révèlent l’alchimie de la lumière (p. 45 dans Le langage symbolique.) Elles sont aussi appelées portes solsticiales, ouvrant sur l’éternité. « Deux portes que tout loge initiatique se doit de célébrer rituellement » (p. 105 dans Le langage symbolique).
Les Portes du ciel, lié au rituel des lacs d’amour (qui sont des nœuds symboliques issus des entrelacs celtes, et non des étendus d’eau). «Les douze espaces délimités par les nœuds sont assimilables à des portes de vie ouvertes sur le temple d’un côté, sur le ciel de l’autre. Ces portes du ciel sont activées par le rituel (à chaque tenue, la corde aux lacs d’amour est tracée à nouveau rituellement sur le tableau de Loge par l’Expert)» (p. 151 dans Le langage symbolique).
« Ces portes évoquent le parcours de la barque solaire selon les douze heures du jour et les douze heures de la nuit, espace de temps duquel se déroule une création complète. Dans l’espace clos du temple, la Loge entreprend un voyage vers l’Orient où se trouve la porte ultime ouvrant sur l’Au delà et les grands mystères. » (p. 152 dans Le langage symbolique).
Un exemple dans le rite écossais de Saint Jean et un autre dans le rite écossais rectifié.
Le grand livre de St Cyprien ou Le trésor de la sorcellerie