Question d'origine :
Bonjour Le Guichet du Savoir,
Je recherche les paroles (en français) de deux comptines traditionnelles anglaises :
La Maison que Jack a bâtie
Et l'autre serait
Voici les clefs du royaume ou Les Clefs du royaume
D'avance merci,
Cordialement,
BB
Réponse du Guichet
Modèle de nursery rhyme, The House That Jack Built, écrit et illustré par Randolph Caldecott en 1878, est un récit cumulatif, à la syntaxe emboîtée. Trois traductions françaises se détachent dans le paysage littéraire francophone : celle illustrée par le célèbre graveur Antonio Frasconi en 1958 ; celle publiée en 1994 avec les illustrations de Quentin Blake et le texte réadapté par John Yeoman ; et la traduction intégrale en ligne de Cyrille Lagillier de l'édition 1878 de Frederick Warne and Co (disponible également en anglais en texte intégral dans le cadre du projet Gutenberg).
La comptine This is the key of the kingdom, également de tradition orale populaire britannique, repose sur l'anadiplose et une structure gigogne. On la retrouve fixée par écrit dès 1923 par Walter De la Mare et accessible en domaine public sur Internet Archive sous le titre This is the key. D'après le résumé du catalogue de la Bibliothèque de St-Savinien sur Charente, il semblerait que le livre jeunesse de Jacques Duquennoy intitulé Histoires, Comptines et Chansons : Le Grand Livre Des Petits, comprenne la comptine anglaise traduite en française Voici la clé du royaume. L'album jeunesse La Maison dans la nuit de Susan Marie Swanson et adapté en français par Gaël Renan, semble s'en inspirer.
Bonjour,
Vous recherchez les paroles françaises de deux comptines traditionnelles anglaises.
1. La Maison que Jack a bâtie (The House That Jack Built)
Modèle de nursery rhyme, The House That Jack Built écrit et illustré par Randolph Caldecott en 1878 (source : Ricochet) a une notice sur Worldcat qui nous apporte des éléments bibliographiques : il s'agit d'un récit cumulatif à la syntaxe emboîtée, qui ne raconte pas l'histoire de la maison de Jack, ni même celle de Jack qui l'a construite, mais qui montre plutôt comment la maison est indirectement liée à d'autres personnes et d'autres choses. La version anglaise semble remonter au milieu du 16e siècle, mais n'a été imprimée qu’en 1755, dans le recueil Nurse Truelove’s New-Year’s-Gift, or the Book of Books for Children, puis a figuré dans de nombreux recueils à la fin du 18e et au début du 19e siècle. Cette comptine reste une référence pour les livres illustrés jeunesse et sa popularité se manifeste dans d'autres contextes culturels.
It is a cumulative tale that does not tell the story of Jack's house, or even of Jack who built the house, but instead shows how the house is indirectly linked to other things and people, and through this method tells the story of "The man all tattered and torn", and the "Maiden all forlorn", as well as other smaller events, showing how these are interlinked.
Origins : It has been argued that the rhyme is derived from an Aramaic hymn Chad Gadya (lit., "One Young Goat") in Sepher Haggadah, first printed in 1590 ; but although this is an early cumulative tale that may have inspired the form, the lyrics bear little relationship. It was suggested by James Orchard Halliwell that the reference to the "priest all shaven and shorn" indicates that the English version is probably very old, presumably as far back as the mid-sixteenth century. There is a possible reference to the song in The Boston New Letter of 12 April 1739 and the line : "This is the man all forlorn, &c". However, it did not appear in print until it was included in Nurse Truelove's New-Year's-Gift, or the Book of Books for Children, printed in London in 1755. It was printed in numerous collections in the late eighteenth and early nineteenth centuries. Randolph Caldecott produced an illustrated version in 1878. Cherrington Manor, a handsome timber-framed house in North East Shropshire, England, is reputed to be the actual house that Jack built. There is a former malt house in the grounds.
Syntactic structure : Each sentence in the story is an example of an increasingly deeply nested relative clause. The last version, "This is the horse...", would be quite difficult to untangle if the previous ones were not present. See the Noun Phrase for more details about postmodification of the noun phrase in this manner.
References in popular culture : The rhyme continues to be a popular choice for illustrated children's books, with recent examples by Simms Taback and Quentin Blake showing how illustrators can introduce a fresh angle and humour into a familiar tale. The popularity of the rhyme can be seen in its use in a variety of other cultural contexts.
Traduction Google[Il s'agit d'un récit cumulatif qui ne raconte pas l'histoire de la maison de Jack, ni même celle de Jack qui l'a construite, mais qui montre plutôt comment la maison est indirectement liée à d'autres choses et personnes. Par cette méthode, il raconte l'histoire de « l'homme tout en haillons et déchiré », de la « jeune fille désespérée », ainsi que d'autres événements mineurs, illustrant leurs interconnexions.
Origines : On a avancé que la rime était dérivée d'un hymne araméen, Chad Gadya (littéralement « Un jeune bouc »), extrait de la Sepher Haggadah, imprimée pour la première fois en 1590. Cependant, bien qu'il s'agisse d'un ancien récit cumulatif ayant pu inspirer la forme, les paroles présentent peu de similitudes. James Orchard Halliwell a suggéré que la référence au « prêtre tout rasé et tondu » indique que la version anglaise est probablement très ancienne, remontant vraisemblablement au milieu du XVIe siècle. On trouve une possible référence à la chanson dans le Boston New Letter du 12 avril 1739, avec le vers : « Voici l’homme tout désolé, etc. ». Cependant, elle n’a été imprimée qu’en 1755, dans le recueil « Nurse Truelove’s New-Year’s-Gift, or the Book of Books for Children », publié à Londres. Elle a ensuite figuré dans de nombreux recueils à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Randolph Caldecott en a réalisé une version illustrée en 1878. Cherrington Manor, une belle demeure à colombages du nord-est du Shropshire, en Angleterre, est réputée être la maison que Jack a construite. Une ancienne malterie se trouve sur le domaine.
Structure syntaxique : Chaque phrase du récit est un exemple de proposition relative de plus en plus imbriquée. La dernière version, « Voici le cheval… », serait très difficile à déchiffrer sans les précédentes. Voir la section sur le groupe nominal pour plus de détails sur la postmodification du groupe nominal de cette manière.
Références dans la culture populaire : La comptine reste un choix populaire pour les livres illustrés pour enfants, comme en témoignent les exemples récents de Simms Taback et Quentin Blake qui montrent comment les illustrateurs peuvent apporter une touche d'originalité et d'humour à un conte familier. La popularité de la comptine se manifeste également dans son utilisation dans divers autres contextes culturels.]
Source : Worldcat
Pour cette comptine, il n'existe pas une unique traduction officielle française, car la tradition orale et la littérature jeunesse en ont proposé plusieurs adaptations selon les époques. Trois traductions se détachent néanmoins particulièrement dans le paysage littéraire francophone :
- La maison que Jacques a bâtie [Livre] = The house that Jack built : un album bilingue / Antonio Frasconi. La Garenne-Colombes : Le Genévrier, DL 2018 :
Voici la Maison que Jacques a bâtie... Voici le Malt, qui se trouvait dans la Maison que Jacques a bâtie... Voici le Rat, qui a mangé le Malt, qui se trouvait dans la Maison que Jacques a bâtie... ©Electre 2018
Texte anglais et traduction française à la suite
A partir de 6 ans
Artiste uruguayo-américain, Antonio Frasconi (1919-2013) s'est fait connaître à partir des années 50 quand ses oeuvres ont été exposées peu à peu dans le monde entier, tout spécialement au MOMA de New York et à la National Gallery of Art de Washington. Convaincu de l'intérêt de l'initiation des très jeunes enfants aux langues étrangères, il a publié plusieurs albums bilingues - voire quadrilingue pour l'un - dont cette Maison que Jacques a bâtie pour lequel il a obtenu un Caldecott Honor en 1959.
Publiée initialement aux Éditions Harcourt, Brace & World en 1958, cette version illustrée par le célèbre graveur Antonio Frasconi est un classique des albums bilingues franco-américains. Elle a la particularité de franciser le prénom du personnage principal.
- La maison que Jack a bâtie [Livre] / John Yeoman ; ill. Quentin Blake ; trad. de l'anglais Marie Saint-Dizier. Paris : Gallimard-Jeunesse, 2003 :
Un conte traditionnel qui dissimule et accumule les gags loufoques et délicieux au fur et à mesure que de drôles d'équipiers viennent aider Jack à bâtir son extraordinaire maison !
«... Voici la fille tout esseulée
qui trayait la vache à la corne ondulée
qui fit valser le chien
qui tourmenta le chat
qui tua le rat
qui mangea le malt
qui se trouve dans la maison
que Jack bâtit...»Dès 3 ans
C'est aujourd'hui la version illustrée la plus diffusée dans la littérature pour enfants. Publiée en 1994, avec les illustrations de Quentin Blake et le texte réadapté par John Yeoman, elle conserve le nom original de Jack et opte pour une traduction rythmée conçue pour la lecture à voix haute.
- La Maison que Jack a bâtie, 22 janvier 2017, traduit par Cyrille Lagillier, avec les illustrations de Randolph Caldecott, dans le cadre d'une démarche de projet libre. À lire en ligne ou à télécharger en PDF.
Enseignant, directeur d'école en Seine-et-Marne et membre de l'association Framasoft, Cyrille Lagillier a traduit l'édition de 1878 de Frederick Warne and Co : Caldecott R, Evans E. The House That Jack Built : One of R. Caldercott’s Picture Books. [Frederick Warne and Co., Ltd.]; 1878, que l'on trouve en ligne en texte intégral dans le cadre du projet Gutenberg. Voici la traduction de Cyrille Lagillier :
La maison que Jack a bâtie
C'est la maison que Jack a bâtie.
C'est le malt
Qui était dans la maison
que Jack a bâtie.
C'est le rat
Qui a mangé le malt,
Qui était dans la maison
que Jack a bâtie.
C'est le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison
que Jack a bâtie.
C'est le chien
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison que Jack a bâtie.
C'est la vache à la corne tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison que Jack a bâtie.
C'est la jeune fille toute triste
Qui a trait la vache à la corne tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison que Jack a bâtie.
C'est l'homme miteux et déguenillé
Qui a embrassé la jeune fille toute triste
Qui a trait la vache à la corne tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison
que Jack a bâtie.
C'est le prêtre, tondu et rasé
Qui a marié l’homme miteux et
déguenillé
Qui a embrassé la jeune fille toute
triste
Qui a trait la vache à la corne
tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison que Jack
a bâtie.
C'est le coq qui a chanté le matin
Qui a réveillé le prêtre tondu et rasé
Qui a marié l'homme miteux et
déguenillé
Qui a embrassé la jeune fille toute
triste
Qui a trait la vache à la corne tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui était dans la maison que Jack a
bâtie.
C'est le fermier qui a semé le grain
Qui a nourri le coq qui a chanté le matin
Qui a réveillé le prêtre tondu et rasé
Qui a marié l'homme miteux et déguenillé
Qui a embrassé la jeune fille toute triste
Qui a trait la vache à la corne tordue,
Qui a encorné le chien,
Qui a embêté le chat
Qui a tué le rat,
Qui a mangé le malt
Qui est dans la maison que Jack a bâtie.
2. Voici la Clef du Royaume (This is the Key of the Kingdom)
Cette comptine de tradition orale populaire britannique, transmise de génération en génération bien avant d'être fixée par écrit, repose sur l'anadiplose et une structure gigogne qui énumère des lieux de plus en plus petits, du royaume jusqu'au panier de fleurs, avant de tout reprendre en sens inverse. On la retrouve sous les titres This is the key ou This is the key of the kingdom.
On retrouve la comptine fixée par écrit dès 1923 par Walter De la Mare, dans son ouvrage Come Hither : A Collection of Rhymes and Poems for the Young of All Ages, Made by Walter de La Mare and Embellished by Alec Buckels. Constable & Co.; 1923.
Cet ouvrage est entièrement numérisé et accessible gratuitement en domaine public sur Internet Archive. On trouve la comptine p. 2 (vue 49), sous le titre This is the key :
La comptine est aussi présente dans le recueil de 1843 : The Nursery Rhymes of England : Obtained Principally from Oral Tradition. Third edition, with additions. (Halliwell-Phillipps JO, ed.). London, printed: Reprinted by Munroe & Francis, Boston. Cette version est l'œuvre de l'auteur Halliwell-Phillipps, J. O. (James Orchard), 1820-1889.
L'ouvrage est entièrement numérisé et accessible gratuitement en domaine public sur Internet Archive. On trouve la comptine p. 140 (vue 157) :
En 1992, on trouve la version de Diane Worfolk Allison : This Is the Key to the Kingdom. 1st ed. Little, Brown; 1992 :
[Sommaire : Dans les illustrations qui accompagnent cette comptine traditionnelle, une enfant trouve une clé et entreprend un voyage magique, loin de son environnement sordide de centre-ville, vers un paysage débordant de couleurs, d'excitation et d'amour]. Traduction Google
Après plusieurs recherches dans des catalogues collectifs comme le CCfr (Catalogue collectif de France) ou le catalogue mondial Worldcat, nous n'avons pas trouvé d'édition française jeunesse, proposant une version traduite de cette comptine.
En revanche, d'après le résumé présent dans le catalogue de la Bibliothèque de St-Savinien sur Charente, il semblerait que le livre jeunesse de Jacques Duquennoy intitulé Histoires, Comptines et Chansons : Le Grand Livre Des Petits. Albin Michel Jeunesse; 2004, comprenne la comptine anglaise traduite en française Voici la clé du royaume.
De plus, la comptine anglaise semble avoir inspiré l'album jeunesse de Susan Marie Swanson, adapté en français par Gaël Renan :
- La maison dans la nuit [Livre] / écrit par Susan Marie Swanson ; illustrations de Beth Krommes ; adaptation de Gaël Renan. La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) : Le Genévrier, 2011 :
La poétesse Susan Marie Swanson est l'auteur de nombreux albums pour enfants, dont certains, avant même La Maison dans la Nuit, avaient été primés aux Etats-Unis. [...] Cet album, couronné par la Caldecott Medal 2009, en fournit le meilleur exemple. Source : éditeur
Le blog de livres d'images, Breadcrumb, nous décrit le contenu et l'inspiration de cette comptine américaine :
Le texte s’inspire d’une comptine américaine, La clé du royaume, transposée en clé de la maison. De la clé au soleil, tout se nomme, du petit lit jusqu’à l’infini et retour :
Voici la clé de la maison.
Dans cette maison brille une lumière.
Dans cette lumière il y a un lit.
Sur ce lit attend un livre…
Pour les parents, conteurs, éducateurs et médiathécaires qui voudraient raconter l’histoire en jeu de doigts, la bibliothèque de Toronto a réalisé une petite vidéo très accessible en anglais, This is the key to the kingdom. La comptine est sous-titrée en anglais.
Bien à vous
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