Est-ce que manger beaucoup d'œufs fait monter le taux d'œstrogène ?
Question d'origine :
Bonsoir,
Est-ce que manger beaucoup d'oeufs fait monter le taux d'œstrogène ?
Merci :)
Réponse du Guichet
Si les œufs sont riches en protéines, vitamines et minéraux et peuvent être consommés régulièrement par la plupart des adultes en bonne santé, aucune preuve ne semble montrer qu’une consommation même immodérée d’œufs perturbrait l’équilibre hormonal ou provoquerait une gynécomastie.
Bonjour,
Les œufs constituent une excellente source de protéines animales, peu coûteuse de surcroît, et regorgent de nombreux nutriments essentiels qui en font de précieux alliés pour notre santé. Pourtant, rappelons que, pendant longtemps, on a reproché aux jaunes d’œuf d’augmenter le taux de cholestérol sanguin au point de recommander de limiter sa consommation à quelques œufs par semaine.
Aujourd'hui la recherche, semble indiquer que ce sont plutôt les graisses saturées qui font augmenter le mauvais cholestérol (le cholestérol LDL qui dépose le gras dans les artères, contrairement au cholesterol HDL qui récupère le surplus pour l'éliminer par le foie) et empêchent le foie de l'éliminer normalement. Il n'est plus question de restreindre sa consommation, bien au contraire, l'AHA (American Heart Association) explique qu'un adulte en bonne santé peut se permettre sans risque de manger jusqu'à 1 à 2 oeufs par jour. Ces qualités nutritionnelles, mais aussi leur prix abordable, expliquent la forte demande dont les œufs font l’objet et en partie la tension que connaît le marché en 2026 (France Info).
Concernant les qualités nutritionnelles de l'oeuf et son apport en cholestérol, en mars 2026 le National Geographic a publié une excellente synthèse sourcée des informations actualisées à connaitre sur les oeufs : Ce que l’on vous a appris au sujet des œufs et du cholestérol est faux.
Parce que ces dernières années, la façon dont les experts perçoivent le cholestérol alimentaire, c’est-à-dire celui que l’on trouve dans les aliments d’origine animale, a grandement évolué. À partir des années 1960, les recommandations diététiques conseillaient de limiter l’apport en cholestérol à 300 mg par jour au plus, car l’on croyait alors que celui-ci faisait augmenter le cholestérol dans le sang et favorisait le risque de cardiopathies. On considérait les jaunes d’œufs comme une source particulièrement importante de cholestérol.
Cependant, cette limite recommandée a été retirée en 2016, car aucune preuve scientifique ne mettait en évidence de lien particulier entre cholestérol alimentaire et cardiopathies, bien au contraire. Des études plus récentes ont depuis montré que ce sont les graisses saturées, et non le cholestérol alimentaire, qui influent réellement sur le taux de cholestérol sanguin.
Les oeufs proposent un concentré de nutriments bénéfiques à la santé. Voici un tableau synthétique des principaux nutriments présents et leurs bienfaits :
NUTRIMENTS ET BIENFAITS
Fer Transporte l’oxygène aux cellules, aide à prévenir l’anémie.
Vitamine A Contribue à la bonne santé de la peau et des yeux ; favorise à la vision nocturne.
Vitamine D Renforce les os et les dents; peut contribuer à protéger contre certains cancers et certaines maladies auto-immunes.
Vitamine E Un antioxydant qui joue un rôle dans le maintien d’une bonne santé et dans la prévention de maladies.
Vitamine B12 Aide à maintenir les nerfs et les cellules sanguines en bonne santé et protège contre un certain type d’anémie.
Folate Contribue à la production et au maintien de nouvelles cellules ; aide à prévenir un type d’anémie ; aide aussi à protéger contre de graves anomalies congénitales s’il est pris avant la grossesse et pendant les trois premiers mois de la grossesse.
Protéines Essentielles pour fabriquer et réparer les muscles, les organes, la peau, les cheveux et les autres tissus ; nécessaires à la production d’hormones, d’enzymes et d’anticorps; les protéines contenues dans les œufs sont facilement absorbées par le corps.
Sélénium Travaille de concert avec la vitamine E et agit en tant qu’antioxydant pour aider à prévenir la dégradation des tissus de l’organisme.
Lutéine et zéaxanthine Favorisent une bonne vision; peuvent contribuer à réduire le risque de maladies oculaires liées à l’âge, comme les cataractes et la dégénérescence maculaire.
Choline Joue un rôle important dans le développement et le fonctionnement du cerveau.
Source : Information nutritionnelle sur les œufs - Les oeufs.Ca
Des nutritionistes semblent néanmoins encourager les personnes ayant déjà un taux de cholestérol élevé de limiter leur consommation à 4 par semaine (Quoi de neuf docteur - France Inter, 2024). Ce qui concorde avec les résultats de l'étude Intérêt nutritionnel de l’oeuf en alimentation humaine de Francoise Nau, Yves Y. Nys, Y. Yamakawa, Sophie Réhault-Godbert (INRA Productions Animales, 2010). En 2010, les chercheurs déploraient encore la mauvaise image dont souffrait l’œuf en Europe. Seules les personnes avec du cholestérol, et en particulier les hommes, encoureraient un risque à trop consommer d'oeufs :
La réponse de l'Homme à la consommation de cholestérol varie entre individus. La population dite «normale», majoritaire, correspond aux sujets chez lesquels une augmentation de la consommation de cholestérol de 100 mg se traduit par une augmentation de la teneur en cholestérol sanguin total de 2,2 à 2,5 mg·dL-1 ; en deçà de 2,2 mg·dL-1, on parle de sujets «hyposensibles» ; au-delà de 2,5 mg·dL-1, de sujets «hypersensibles» (Knopp et al 1997, Herron et al 2004). Seuls ces derniers constituent une population à risque pour laquelle la consommation d’œufs peut provoquer une augmentation de la teneur en cholestérol-LDL, notamment chez les hommes (Herron et al 2003).
(...)
C’est ainsi que la consommation quotidienne de 3 œufs par une population en bonne santé n’aurait pas d’implication négative en termes d’athérogénicité des particules de LDL (Herron et al 2004). En conclusion la plupart des études initiées après la mise en accusation du cholestérol dans les années 80, ont démontré que l’apport de cholestérol alimentaire, notamment à travers une forte consommation journalière d’œufs, n’a pas d’influence sur la cholestérolémie de l’Homme pour près de 95% de la population. Il est évidemment regrettable que cette «mauvaise image» de l’œuf reste vivace en Europe, malgré les campagnes correctives initiées dans de nombreux pays depuis 2000 pour rétablir l’intérêt nutritionnel qu’offre cet aliment, notamment pour les enfants et les personnes âgées.
Il faut croire que les oeufs ont la faculté de créer leurs propres légendes. Après le cholestérol, les liens entre consommation d'oeufs et développement de l'oestrogène dans le corps humain, ne sont pas démontrés. Cela ne semble même pas être un point réellement discuté tant les informations en ligne manquent à ce sujet. Nous trouvons bien ce démenti sur un site de pharmacie anglaise. Le jaune de l'oeuf peut contenir des traces d'hormones stéroïdiennes naturelles (comme des œstrogènes ou de la progestérone) déposées par la poule mais sans que cela ne modifie l'équilibre hormonal de la personne qui le consomme, même à forte dose :
Les œufs sont un aliment riche en nutriments, contenant des protéines, des lipides sains, des vitamines D et B12, de la choline et du cholestérol. Le cholestérol est un précurseur des hormones stéroïdiennes, notamment la testostérone et les œstrogènes. Certains s'inquiètent de l'influence potentielle du cholestérol alimentaire contenu dans les œufs sur les taux d'hormones sexuelles. Cependant, la relation entre le cholestérol alimentaire et les concentrations d'hormones sexuelles circulantes est bien plus complexe qu'une simple relation de cause à effet.
Le foie régule étroitement la synthèse du cholestérol par des mécanismes de rétroaction, ce qui signifie qu'une augmentation de l'apport alimentaire en cholestérol ne se traduit pas directement par une production accrue d'hormones. Comme tous les aliments d'origine animale, les œufs peuvent contenir des traces d'hormones stéroïdiennes naturelles ; cependant, rien ne prouve que ces traces aient un effet cliniquement significatif sur l'équilibre hormonal chez les personnes consommant des œufs dans le cadre d'une alimentation normale. Les œufs ne contiennent pas de phytoestrogènes.
Le guide alimentaire du NHS (National Health Service) ne restreint pas la consommation d'œufs pour les adultes en bonne santé, et les œufs sont largement considérés comme faisant partie d'une alimentation équilibrée. Il n'existe aucun mécanisme physiologique établi par lequel une consommation modérée d'œufs modifierait significativement l'équilibre hormonal sexuel au point de provoquer une gynécomastie.
Traduit avec Google
Source : Does Eggs Cause Gynaecomastia? Evidence, Causes & When to See a GP - boltpharmacy.uk
La gynécomastie, qui est l'objet de cet article, est un déséquilibre hormonal entre les œstrogènes et la testostérone qui entraîne le développement du tissu glandulaire mammaire d'un ou des deux seins. Ce mécanisme peut avoir des chances d'advenir chez les garçons à la naissance, lors de la pré-puberté, ou lorsqu'une personne est en situation de surpoids et ne produit plus assez de testostérone. Mais une fois encore, la consommation d’œufs ne figure pas parmi les causes les plus connues de gynécomastie :
Dans certains cas, la gynécomastie peut être causée par :
Un médicament : hormones, certains diurétiques, antidépresseurs, médicaments pour le cœur, médicaments pour l’estomac, hormones contre le cancer ;
Une maladie (dans de rares situations) : affections hormonales et tumeurs (problèmes au niveau des testicules, des glandes surrénales, de l’hypophyse), anomalies génétiques (par exemple syndrome de Klinefelter), maladies du foie, des reins et de la thyroïde ;
Consommation de drogue (cannabis et amphétamines) ;
Excès de poids (dans le tissu graisseux, les androgènes sont transformés en œstrogènes) ;
Complément alimentaire (si il contient un type d’œstrogènes).
Source : Infosanté. be - Développement des seins chez l'homme (gynécomastie)
Bonne journée.
Oh les belles collections !