Je cherche des informations sur l'arrivée des lions de l'Atlas au parc de la Tête d'Or
Question d'origine :
Bonjour,
j'aimerais savoir s'il est possible d'obtenir des informations sur l'arrivée des lions de l'Atlas, originaires de Rabat (ca 1975), au parc de la Tête d'Or, notamment dans la presse locale.
Merci d'avance,
Bien cordialement
Cédric Audibert
Réponse du Guichet
En octobre 1975, deux lions, Sultan et Sonia, nés au Parc zoologique national de Rabat, arrivent au parc de la Tête d’Or à Lyon. Ils sont issus de la population de lions descendants de la ménagerie royale marocaine, génétiquement très proche du lion de l’Atlas (Panthera leo leo), bien que cette population ait connu des hybridations. Leur arrivée coïncide avec l’inauguration, en septembre 1975, de la nouvelle fauverie, destinée notamment à accueillir des lions et des tigres. Les modalités précises de leur transfert depuis Rabat (don, échange ou acquisition) restent toutefois à établir dans les archives.
Bonjour,
Les lions du parc de la Tête d'or à Lyon provenant du parc zoologique national de Rabat, sont arrivés à Lyon en octobre 1975. Il s'agit de Sultan et Sonia. Leur nom scientifique est panthera leo leo. Selon Wikipédia, l'ancien nom scientifique est lion de l'Atlas. La panthera leo leo est une sous-espèce africaine. Réputés pour leur grande taille, leur puissance et leur crinière volumineuse, les lions de l'Atlas étaient capturés par les Romains pour combattre les gladiateurs dans les amphithéâtres (source : Bienvenue à Volcan, le nouveau lion du Parc zoologique de Paris, Muséum national d'histoire naturelle de Paris). Aujourd'hui, ce lion aussi appelé lion du Nord et lion de Barbarie est malheureusement classé en danger d'extinction dans la liste rouge mondiale de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Le plan d'élevage européen (EEP) de la sous-espèce comporte environ une centaine d’individus répartis dans les zoos. Sur le continent Africain, cette sous-espèce en danger d’extinction ne compte aussi plus que quelques centaines d’individus (source : Lion du Nord, Parc zoologique de Paris).
Le Musée des Confluences conserve le spécimen naturalisé du mâle Sultan. Sa fiche de collection donne des informations très précises :
Informations : Sultan est né le 10 novembre 1973 au Parc zoological national de Rabat. Il arrive à Lyon en octobre 1975 âgé de 2 ans et demi, en compagnie de Sonia sa femelle, de quelques mois sa cadette (née le 22 mars 1974).
Ils donnent naissance à 3 petits le 22 septembre 1977 (Le Progrès, 4/09/1979). Peu après, le couple semble battre de l'aile.
Sultan est retrouvé mort noyé au parc de la Tête d'or après une dispute avec Sonia (Le journal du Rhône, 11/02/1984). Décédé à l'âge de 12 ans, le 10/02/1984.
Dimensions : H. 110 cm x L. 87 cm x P. 180 c
Les lions de Rabat étaient les descendants des lions conservés dans la ménagerie royale marocaine. Le jardin zoologique de Rabat a été constitué autour de cette population. L'article Journée mondiale du lion : Le destin incertain de l'emblématique lion de l'Atlas, Maghress, explique que la ménagerie royale avait conservé des lions de l'Atlas, dont certains avaient été offerts aux souverains marocains par des tribus. Selon Wikipédia dans Lion de l'Atlas, les derniers spécimens sauvages ont disparu vers le milieu du XXe siècle. Moins d'une centaine de lions de l'Atlas subsistent en captivité. Cependant la population captive de Rabat n'est pas nécessairement constituée de lions "purs" au sens génétique strict. Le Muséum national d'histoire naturelle de Paris indique que les lions issus de la ménagerie royale de Rabat sont très proches du lion de l'Atlas, mais que la population a connu historiquement des hybridations :
Aujourd’hui, on dénombre en Europe une centaine de lions dits « de l’Atlas » : ce sont majoritairement des descendants des lions de la Ménagerie royale de Rabat au Maroc, qu’on suppose avoir été hybridés avec des lions d’Afrique subsaharienne. Le Jardin zoologique de Rabat, d’où provient le mâle Volcan, en détient plus de 35 individus. Une étude scientifique de 2005 confirme que cette population est extrêmement proche génétiquement et phénotypiquement du lion de l’Atlas (Panthera leo leo), mais pas de génome pur.
Source : Bienvenue à Volcan, le nouveau lion du Parc zoologique de Paris, Muséum national d'histoire naturelle de Paris
C'est aussi ce que précisait l'ancien directeur du Zoo de Témara dans l'article de Maghress : Comme la fauverie où se sont maintenus les lions de l'Atlas hébergeait également des lions d'Afrique, il y a eu malheureusement des croisements qui ont engendré des individus hybrides.
L'arrivée de Sultan et Sonia coïncide avec la nouvelle fauverie.
La notice Jardin zoologique du parc de la Tête d'Or de l'Inventaire du patrimoine en Rhône-Alpes mentionne bien que la nouvelle fauverie abritera des lions :
En 1972, la décision est prise de construire une nouvelle fauverie à l'emplacement du parc aux cerfs qui bénéficie d'un vaste espace ensoleillé. Les travaux dirigés par Maurice Martel sont réalisés par A. Charlet et achevés en 1976. Il est prévu d'y abriter tigres, lions, panthères, panthères noires, jaguar, puma, tigre de Sibérie, etc.
Dans les documents d'archives il est fait mention de précisions intéressantes :
- Arch. mun. Lyon. 426 WP 136. Parc de la Tête d'Or, construction d'une nouvelle fauverie : devis descriptif et estimatif sommaire par M. Martel, Lettre du directeur du jardin zoologique J.P. Deschanel au préfet du Rhône, PV de réception définitive des travaux, 1973, 1974, 1976
A la cote 426 WP 136 des Archives municipales de Lyon est donc conservé un dossier dont le contenu est présenté ainsi : VOIRIE URBAINE : parc de la Tête d'Or : jardin zoologique : construction d'une fauverie (avec plans) 1963-1977. Et il semble comprendre une lettre du directeur du jardin zoologique identifié comme étant J.P. Deschanel. Jardin Zoologique de la Ville de Lyon, Les Zoos dans le Monde, précise que pendant plus de trente ans, de 1970 à 2001, le professeur Jean-Paul Deschanel de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon aura à charge la direction du jardin zoologique de la Ville de Lyon et la bibliographie de l'article Wikipédia sur le jardin zoologique de Lyon indique qu'il était directeur du parc dans les années 1970 et auteur d'un article, Origines du jardin zoologique de Lyon, Amis des zoos, no 3, 1975.
La fauverie a été inaugurée en septembre 1975.
La vaste fauverie du Jardin Zoologique de la Ville de Lyon est également en mutation et a subi plusieurs rénovations au cours des dernières années. Inaugurée en septembre 1975, cette installation incluait initialement un bâtiment de 2300 m² et quatre cages extérieures pour panthères, quatre enclos entourés d'un fossé d'eau pour lions et tigres et un plateau pour des loups.
Source : Jardin Zoologique de la Ville de Lyon, Les Zoos dans le Monde
C'est arrivé à Lyon, les Archives municipales de Lyon signale aussi l'inauguration de la nouvelle fauverie du Parc de la Tête d'Or au 16 septembre 1975.
L'article Les mutations d’un parc urbain : la Tête d’Or de L'Influx, webzine de la BmL, confirme que la fauverie ne date, elle, que de 1975, avec l’importation des lions venus de l’Atlas.
La source Love For Living Animals: Barbary Lions Only in Captivity?, pressenza, situe Lyon dans un réseau international de dispersion des lions issus de la ménagerie royale marocaine, précisément au moment où Sultan et Sonia arrivent à Lyon :
From 1970 – 1973, the number of Barbarys in Rabat totaled 39 adults and 49 cubs. In 1973, King Hassan II placed the lions under the administration of the Ministry of Agriculture, making them part of The Rabat Zoo.
The Trail of the Royal Lions
That same year, 28 individuals were moved to circuses in France, Portugal, and Spain. Then in 1974, some cubs were kept in Rabat, and others were sent to other zoos. Some adult lions were, from 1973 to 1978, sent to National Zoos in Washington DC, the Frankfurt Zoo and the Leipzig Zoo (both in Germany), the Lyon Zoo in France, the Dvur Kralove Zoo in the Czech Republic, and the Havana Zoo, Cuba.
De 1970 à 1973, le zoo de Rabat comptait 39 lions de Barbarie adultes et 49 lionceaux. En 1973, le roi Hassan II confia les lions à l'administration du ministère de l'Agriculture et les intégra au zoo de Rabat.
La piste des lions royaux
La même année, 28 individus furent transférés dans des cirques en France, au Portugal et en Espagne. En 1974, certains lionceaux furent gardés à Rabat, tandis que d'autres furent envoyés dans d'autres zoos. Entre 1973 et 1978, des lions adultes furent transférés aux zoos nationaux de Washington D.C., de Francfort et de Leipzig (tous deux en Allemagne), de Lyon (France), de Dvur Králové (République tchèque) et de La Havane (Cuba).
Pour en savoir plus sur l'arrivée de Sultan et Sonia à Lyon, les deux références de presse données par le Musée des Confluences pourraient peut-être permettre de reconstituer plus précisément son histoire : article consacré aux trois petits de Sultan et Sonia dans Le Progrès du 4 septembre 1979 et celui sur la mort de Sultan publié dans Le Journal du Rhône le 11 février 1984. Malheureusement notre base de presse, Europresse, n'archive le Progrès qu'à partir du numéro du 01/01/1997, la presse locale ancienne date trop et la BmL ne conserve que trois numéros du Journal du Rhône (24-31 mai 1968 ; 1-7, 14 et 27 juin 1968). Nous n'avons pas réussi à localiser ce dernier titre ailleurs. Pour l'article du Progrès vous pourriez vous rendre à la BmL en salle de documentation régionale au 4ème étage et demander à consulter ce numéro ou bien adresser votre demande par courriel à bm@bm-lyon.fr afin que nos collègues puissent en faire une reproduction. Voir Vous cherchez des infos dans la presse ?, Documentation régionale, BmL et La reproduction de documents, BmL, pour les conditions et tarifs.
Le dossier classé à la cote 426 WP 136 des Archives municipales de Lyon officiellement décrit comme un dossier de construction, une correspondance administrative liée à la mise en service de la fauverie pourrait aussi contenir :
- la liste des animaux destinés aux nouveaux enclos ;
- les échanges avec d'autres établissements zoologiques ;
- les autorisations sanitaires ;
- les conditions de transport ;
- éventuellement les frais ou modalités d'acquisition ;
- et surtout les relations entre Lyon et Rabat.
Bonne journée
Lug, pionnier lyonnais des super-héros