Je cherche des ouvrages qui traitent de la mise en espace et la théâtralisation de l'œuvre
Question d'origine :
Bonjour
Je cherche des œuvres d'arts, expositions, écrits qui parlent des liens entre arts plastiques théâtre danse musique . Plus précisément pour traiter de la mise en espace et la théâtralisation de l'œuvre (programmes arts plastiques lycée enseignement de spécialité)
Cordialement
Florence
Réponse du Guichet
Nous vous proposons une sélection de catalogues d’exposition, d’œuvres et d’ouvrages théoriques consacrés aux liens entre arts plastiques et arts scéniques. Ces références explorent notamment le rôle de l’espace, du corps, du mouvement, du son, de la lumière et du public dans la mise en scène de l’œuvre.
Bonjour,
Nous vous proposons cette sélection de documents issus de nos collections qui forme un corpus d’œuvres, de performances, d’expositions et de textes théoriques dans lesquels l’espace, le corps, le mouvement, le son, la lumière et la présence du public donnent à l’œuvre plastique (au sens large) une dimension scénique.
Expositions et catalogues :
Sons et lumières : une histoire du son dans l'art du XXe siècle : exposition, Paris, Centre Pompidou, Galerie 1, 22 septembre 2004-3 janvier 2005 / commissariat Sophie Duplaix (Paris : Ed. du Centre Pompidou, 2004) : "Cette exposition montre les relations fortes existant entre la musique et les arts plastiques au XXe siècle et offre un bilan des affinités entre arts visuels et arts du son : celles-ci ont construit la sensibilité audiovisuelle actuelle représentée dans les nouveaux médias (arts de la lumière, cinéma, vidéo). Elle témoigne de l'évolution fondamentale de l'expression artistique contemporaine."
Danser sa vie : art et danse de 1900 à nos jours : exposition, Paris, Centre national d'art et de culture Georges Pompidou, du 23 novembre 2011 au 2 avril 2012 / sous la direction de Christine Macel, Emma Lavigne (Paris : Ed. du Centre Pompidou, 2011) : "Exposition consacrée aux rapports que les arts visuels entretiennent avec la danse depuis les débuts du XXe siècle. Trois thèmes principaux articulent le cheminement : la danse des sens, l'abstraction du corps et le corps évènement."
The world as a stage / edited by Jessica Morgan & Catherine Wood (London Tate : publishing, 2007) : ""The world as a stage" réunit un groupe clé d’artistes internationaux et contemporains dont les œuvres étudient l'idée de « théâtre », de mise en scène et de performance. Il s’agit de la première exposition à la Tate Modern à mettre l'univers de la performance en dialogue avec l'oeuvre exposée en musée. "The world as a stage" comprend de nombreuses grandes installations, sculptures, performances, œuvres et événements participatifs et plusieurs nouvelles pièces réalisées spécifiquement pour l’exposition. De différentes façons, les œuvres encadrent la présence du spectateur dans l'espace d'exposition indiquant que l’activité quotidienne dans le monde est une forme de théâtre ; reconsidérer la notion baroque du « monde comme une scène » au XXIe siècle."
Œuvres :
Le ballet Parade dirigé par Serge de Diaghilev (1917). Il s'agit d'une œuvre collective de commande, écrite par Jean Cocteau, sur une musique d'Erik Satie, chorégraphié par Léonide Massine et scénographié (décors, costumes et rideau de scène) par Pablo Picasso. L'œuvre est inspirée par le tableau Parade de cirque de Georges Seurat. Le ballet est créé le 18 mai 1917 au théâtre du Châtelet à Paris. (Wikipedia).
Le ballet triadique, œuvre chorégraphique d'Oskar Schlemmer et Hannes Winkler sur une musique de Paul Hindemith (1922) : "Œuvre fondamentale du Bauhaus pour la danse moderne, ce ballet se fonde sur une approche pluridisciplinaire du mouvement, dont s'inspireront notamment Alwin Nikolais, Bob Wilson, Philippe Decouflé, Luc Petton et The Residents. Ce ballet dure plusieurs heures, et se voit comme une encyclopédie des conceptions de Schlemmer sur la mise en scène, choisissant le piano comme instrument de musique car il est - selon Schlemmer - un instrument mécanique, accordant la gestuelle de poupée des danseurs avec le ton boite à musique du piano, et se basant sur des harmonies à 3 : l'unité de la danse, de la musique et du costume, 3 parties, et 3 danseurs. Schlemmer crée cette œuvre de façon pragmatique, en recherchant d'abord les personnages et leurs costumes, puis la musique qui va avec, enfin la danse correspondant à la musique." (description du Cine-blub de Caen). Représentation vidéo sur YouTube.
Robert Morris : The Perceiving Body / Jeffrey Weiss (Mousse pubishing, 2020) : "Robert Morris est une figure emblématique de l’histoire de l’art après 1960. Contrairement au modèle de l’anthologie caractérisé par le regroupement de nombreuses œuvres pour en exposer la diversité ou la portée, l’exposition se présente sous la forme d’une constellation composée de sept espaces distincts contenant chacun une installation unique ou un ensemble d'objets reposant sur des principes similaires, datés des années 60 et 70. Créés par l'artiste à partir de matériaux et de méthodes empruntés à l’industrie du bâtiment et reposant sur des principes de répétition, de permutation et de hasard, ces objets s’affranchissent formellement des normes de composition de l'abstraction moderniste. Conçus à la même échelle que le corps de l’artiste et de l’observateur – « the perceiving body » (« le corps percevant »), ils privilégient une relation physique directe. L’accent mis sur la rencontre entre le sujet et l'objet est inspiré par les mondes de la danse et de la performance, dans lesquels Morris s'est également impliqué. Sans être monumentaux, ces objets disposés à même le sol sont suffisamment imposants pour mobiliser l’espace de la pièce : ils confrontent, obstruent, entravent."
The weather project d'Olafur Eliasson est une installation exposée à la Tate Modern de Londres en 2003. Numéro "d'urgence climatique" (Le Monde), le plasticien dévoile un gigantesque soleil jaune éclairant la pièce où se tiennent les visiteurs. Ces derniers deviennent acteurs et spectateurs d'une fin du monde théâtralisée.
Écrits théoriques :
Danse et poésie plastique : transferts esthétiques en Europe (1909-1933) / Marie Cléren ; préface d'Anne Surgers (Classiques Garnier, 1921) : "Une étude des relations entre danse et littérature, dans plusieurs pays européens au cours de la première moitié du XXe siècle. L'auteure interroge les échanges esthétiques et culturels entre ballet, chorégraphie et peinture, plus particulièrement avec le courant abstrait."
Le théâtre nô et les arts contemporains / Lionel Guillain ; préface de Michel Sicard (L'Harmattan, 2009) : "Une approche plasticienne du théâtre nô, art théâtral dramatique, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué. L'auteur met notamment en évidence l'impact et l'influence de certains concepts japonais sur l'art contemporain."
La manipulation des images dans l'art contemporain : falsification, mythologisation, théâtralisation / Catherine Grenier (Éditions du regard, 2014) : "Y a-t-il une caractéristique des images produites dans ces débuts du XXIe siècle ? Comment les images proposées par les artistes se distinguent-elles de la prolifération environnante ? Dans cet essai, Catherine Grenier interroge les différents statuts de l'image dans l'art d'aujourd'hui. Prenant appui sur de nombreux exemples, elle étudie les stratégies de manipulations de l'image introduites par les nouvelles générations. Discernant trois catégories principales d'intervention sur l'image - la falsification, la théâtralisation et la mythologisation - elle analyse les diverses procédures du "faux" et de l'extrapolation qui ont récemment connu un essor considérable, comme le remake, le re-enactment, la performation, la fictionnalisation. Ce faisant, elle aborde une gamme très large de propositions artistiques, depuis l'esthétique documentaire et le faux témoignage jusqu'au tableau vivant, l'art en costume ou l'image fossile."
Esthétique relationnelle / Nicolas Bourriaud (Les Presses du réel, 1998) : "D'où vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? Après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? Nicolas Bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social."
Quand l'œuvre a lieu : l'art exposé et ses récits autorisés / Jean-Marc Poinsot (les Presses du réel, 2008) : "L'art exposé n'a pas seulement pris une place dans l'histoire de l'art, il marque insensiblement une transformation profonde de la pratique artistique. Il importait de mettre en évidence comment en se saisissant de la circonstance de l'exposition des artistes comme Yves Klein, Daniel Buren ou Lawrence Weiner avaient transformé la manière dont les oeuvres ont lieu. L'art exposé est aussi un art pour le public et les artistes formulent pour lui, dans leurs récits autorisés, leurs figures d'artiste, le contrat iconographique qui propose un mode de lecture des œuvres et les conditions de leur actualisation. Jean-Marc Poinsot en examine le fonctionnement et propose par là un mode d'accès à une iconologie de l'art contemporain."
Bonne journée.
Surréaliste