L'anorexie, une fois guérie, laisse-t-elle des séquelles au cerveau ?
Question d'origine :
L'anorexie, une fois guérie, laisse-t-elle des traces dans le cerveau ? Cela crée-t-il plus de risques ensuite de contracter d'autres maladies ?
Réponse du Guichet
Des études récentes tendent à montrer que l'anorexie, une fois guérie, ne laisse pas de traces dans le cerveau.
Bonjour,
Vous souhaitez savoir si l'anorexie laisse des séquelles dans le cerveau une fois guérie.
L'Inserm consacre un dossier en ligne à l'anorexie, qu'elle définit ainsi :
L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire essentiellement féminin qui apparait le plus souvent à l’adolescence. Il entraîne une privation alimentaire stricte et volontaire pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Ce trouble est lié à des altérations cérébrales : Clara Moreau, chercheuse à l'Université de Montréal, déclare en 2025 :
On voulait regarder si l’anorexie était associée à quoi que ce soit au niveau cérébral. Parce que les radiologues ont tendance à penser que non. Et puis finalement, on a trouvé de fortes altérations. Quand je dis fort, c’est une des plus fortes qu’on trouve en psychiatrie, plus fort que dans l’autisme ou dans la schizophrénie
Plus précisément, certaines hormones et molécules sont au cœur de ces altérations. Le Dr Stéphane Mouchabac explique ainsi que l'équilibre fonctionnel de la dopamine et de la sérotonine est perturbé chez les patient.e.s atteint.e.s d'anorexie, mais également que l'anorexie pourrait être causée à 70% par des facteurs génétiques.
Alors, peut-on vraiment guérir de l'anorexie ?
Sur le site d'ameli, l'article consacré à l'anorexie indique que :
Les principaux troubles du comportement alimentaire de l’anorexie mentale doivent faire l’objet d’un repérage précoce afin de prévenir le risque d’évolution vers une forme chronique ainsi que les complications corporelles, psychiatriques ou psychosociales.
L'anorexie peut donc devenir chronique et laisser des séquelles. Clara Moreau indique d'ailleurs qu'environ un tiers des personnes atteintes d'anorexie rechute sans nécessairement d'explication : la guérison peut donc n'être que temporaire. L'une de ses études
Selon ameli.fr, la guérison reste possible "même si l'évolution est souvent longue et fluctuante". Ainsi, "après cinq ans d’évolution, deux tiers des patients sont guéris". On ne parle d'anorexie chronique que si les symptômes persistent plus de cinq ans.
Le syndrome de l’imposteure [BD]