Quelles preuves attestent des projets de voie reliant le pont du Change à Fourvière ?
Question d'origine :
Bonjour !
Dans La revue La Construction lyonnaise du 1er janvier 1909, un article est écrit par un certain "Valrose", sur une proposition de "l''établissement d'une nouvelle rue de 20 mètres de largeur, allant de la place 'du Change, au débouché du pont du Change, jusqu'au carrefour formé par la montée du Chemin-Neuf et les rues du Bœuf et Tramassac" dans le Vieux-Lyon.
Première question : qui se cache derrière "Valrose" ?
Deuxième question. Dans un entretien daté du 22 juillet 2009, accordé à Millénaire 3, Régis Neyret ne dit pas « Pradel voulait raser le Vieux-Lyon ». Il donne une information beaucoup plus précise : selon lui, Pradel « sortait des cartons un projet de la précédente municipalité », consistant à supprimer le pont du Change, à construire le futur pont Maréchal-Juin et à prolonger celui-ci par un grand boulevard urbain montant jusqu'à Fourvière. A-t-on des preuves écrites des esquisses de Louis Pradel ? ?
En gros, je ne vois pas de preuve d'un projet Pradel formel et complet visant à « raser le Vieux-Lyon ». En revanche, il existe un faisceau documentaire assez fort en faveur d'un projet ou avant-projet de grande voie reliant le nouveau franchissement de la Saône à Fourvière, héritier de réflexions urbanistiques plus anciennes. Quels sont-ils ?
Merci
Réponse du Guichet
Le pseudonyme Valrose semble désigner un collaborateur régulier de La Construction lyonnaise, actif au moins de 1897 à 1914 et intervenant notamment sur les questions d’urbanisme ; son identité civile n’est toutefois pas établie.
Dès 1908-1909, la revue formule un véritable avant-projet de transformation du Vieux-Lyon : une rue de 20 m entre le pont du Change et le carrefour du Chemin-Neuf, destinée à relier directement Fourvière aux autres quartiers, avec des élargissements et percées complémentaires ; l’article annonce même un plan de cet « avant-projet ». Mais La Construction lyonnaise rappelle que ces projets remontent au moins à 1848.
Pour la période Pradel, aucun plan ou dossier original établissant un projet formel et complet de « destruction du Vieux-Lyon » n’a été retrouvé. En revanche, Régis Neyret témoigne que Pradel avait repris un projet antérieur associant la suppression du pont du Change, son remplacement par le futur pont Maréchal-Juin et une grande voie vers Fourvière ; cette continuité est confortée par le plan d’extension de Camille Chalumeau (1935), les projets de boulevard en corniche et les archives de l’Atelier d’urbanisme de Lyon (3350 WM 005-006, 1961-1964), tandis que le dossier 5441 W 28-29 confirme administrativement que le pont Maréchal-Juin devait remplacer les ponts du Change et du Palais de Justice. La preuve d’un plan Pradel complet et signé reste donc à rechercher dans ces fonds et dans la lettre conservée par Neyret.
Bonjour,
Vous voulez savoir qui est Valrose, contributeur à la revue La construction lyonnaise, et quelles preuves documentaires attestent des projets de voie reliant le pont du Change à Fourvière, notamment sous Louis Pradel.
Nous n'avons pas trouvé de document permettant d’identifier avec certitude le pseudonyme Valrose à une personne précise. Il s'agit très probablement d'un pseudonyme ou d'une signature éditoriale régulière de La Construction lyonnaise. On le retrouve dès le numéro 3 de la revue, 1er février 1897, puis encore dans le numéro 13 du 1er juillet 1914. L'étude de Saunier, P.-Y. (1998), Center and Centrality in the Nineteenth Century: Some Concepts of Urban Disposition under the Spot of Locality: Some Concepts of Urban Disposition under the Spot of Locality. Journal of Urban History, 24(4), 435-467, le cite également en note 54 comme étant l'auteur de l'article Les grands travaux daté du 15 février 1892 toujours publié dans La Construction lyonnaise.
Si je regrette de ne pas voir M. Rey, je suis heureux de rencontrer M. Théodore, rédacteur en chef de cette très intéressante Construction Lyonnaise, journal spécial qui, sans réclame, s'est créé une situation de premier ordre.
Dans le numéro du 16 janvier 1912, un article précise que M. Olivier THÉODORE est administrateur délégué de La Construction Lyonnaise :
... M. Olivier THÉODORE, administrateur délégué de la Construction Lyonnaise.
p.7 (fichier numérique)
[...]
On nous permettra d'ajouter à cette liste le nom de M. Olivier THÉODORE, administrateur délégué de la Construction Lyonnaise, qui fait partie de la même promotion, en qualité d'officier d'Académie. Les architectes et les entrepreneurs de Lyon qui ont été en rapport avec lui, à l'occasion de ses fonctions dans ce journal, ont pu apprécier à la fois sa courtoisie et sa collaboration éclairée. Nous qui savons au prix de quel surcroît de travail il remplit, en plus de la direction de notre imprimerie, ses fonctions de rédacteur, nous n'aurions garde de laisser échapper cette occasion de lui adresser, avec nos félicitations, nos sincères remerciements, pour son dévouement aux intérêts qui lui sont confiés.
p.8 (fichier numérique)
Le texte précise également qu'il est rédacteur en chef de la Construction Lyonnaise, au nom de M. A. REY, directeur du journal, page 8.
Valrose semble être le pseudonyme ou nom de plume d'un collaborateur régulier de La Construction lyonnaise, spécialisé notamment dans les questions d'urbanisme et de travaux publics mais son identité civile n'est pas établie par les sources consultées. Pour aller plus loin, la meilleure piste serait de dépouiller les archives de l'imprimerie A. Rey, les dossiers de dépôt légal ou les archives personnelles d'Olivier Théodore et Alexandre Rey pour tenter de lever cet anonymat.
- 1909 : L'article de La Construction lyonnaise que vous citez, du 1er janvier 1909, dans lequel un projet très précis est décrit : nouvelle rue depuis la place du Change vers le Chemin-Neuf, nouveau pont dans l'axe de la rue Grenette et voie montant vers Fourvière. Le texte présente explicitement un avant-projet d'urbanisme. La finalité y est aussi clairement exprimée. Tout un système de percées complémentaires est envisagé et l'auteur ne présente pas cela comme une simple rêverie. Il annonce la publication d'un document graphique :
nous proposons, en premier lieu, comme axe de la transformation, l'établissement d'une nouvelle rue de 20 mètres de largeur, allant de la place du Change, au débouché du pont du Change, jusqu'au carrefour formé par la montée du Chemin-Neuf et les rues du Bœuf et Tramassac.
Cette artère assainirait à elle seule la plus grande partie de l'agglomération et dégagerait le Petit Collège. Elle établirait une voie directe entre les quartiers de la colline de Fourvière-Saint-Just-Saint-Irénée et les premier et quatrième arrondissements par le pont du Change.
La réfection serait, en outre, complétée par l'élargissement des rues Saint-Jean et de la Bombarde, la rectification et l'élargissement de la rue Juiverie [...] le prolongement élargi de la rue du Palais de Justice et l'établissement d'une nouvelle voie entre le quai de l'Archevêché et la place du Petit-Collège...
Nous publierons sous peu un plan montrant plus nettement l'économie de notre avant-projet. Nous ne prétendons pas le proposer ne varietur, une étude plus complète devant d'ailleurs permettre d'apprécier quelles devraient être les modifications...
Selon Saunier cité plus haut, La Construction Lyonnaise était la principale revue lyonnaise où étaient discutées les questions d'urbanisme et d'aménagement urbain, note 62 :
62. La Construction Lyonnaise, founded in 1879, was in fact the only review in which these urban questions were discussed.
Source : Saunier, P.-Y. (1998), Center and Centrality in the Nineteenth Century: Some Concepts of Urban Disposition under the Spot of Locality: Some Concepts of Urban Disposition under the Spot of Locality. Journal of Urban History, 24(4), 435-467
On peut donc replacer le projet de 1909 dans une longue tradition lyonnaise de réflexion sur les grandes percées et l'organisation des circulations. Mais le projet est encore plus ancien que 1909 puisque l'article de 1909 est explicitement présenté comme la suite d'une réflexion publiée dans le numéro du 1er décembre 1908 :
Dans un précédent numéro (1), nous avons fait valoir les raisons qui militent en faveur de la réfection prochaine du quartier Saint-Jean...
et la note renvoie :
Voir la Construction lyonnaise du 1er décembre 1908.
Autrement dit, le projet de transformation du quartier Saint-Jean et de création de grandes voies est déjà engagé dans la revue en 1908, puis précisé en janvier 1909.
- 1909 : Article de La Construction lyonnaise du 16 juillet 1909. Projet de « boulevard en corniche ».
Valrose y évoque une voie de plus de trois kilomètres sur la colline, entre Choulans, Saint-Georges, Saint-Paul et l'Observance, impliquant la disparition de nombreuses masures. Il répond aux critiques du Lyon Universitaire concernant son projet de boulevard en corniche à Lyon, réfutant toute contradiction entre la création d'espaces verts et l'édification de constructions privées. Le projet vise à améliorer la salubrité publique en remplaçant de vieilles masures tout en préservant le panorama et en multipliant les terrasses et jardins étagés :
Que l'on veuille bien remarquer, d'abord, que notre fameuse voie en corniche aurait à se développer sur plus de 3 kilomètres, et que, sur la majeure partie de son parcours, sa création aurait pour résultat, non pas de couper en deux les pentes libres de la colline, mais bien de faire disparaître un nombre respectable de vieilles masures, soit au-dessus de la Quarantaine et du quartier Saint-Georges, entre le chemin de Ctioulans et la montée Saint-Barthélémy, soit, quoique en moins grand nombre, entre les hauteurs de Saint-Paul et le chemin de l'Observance. Ne serait-ce pas réaliser ainsi, contrairement à ce que quelques-uns pensent, une œuvre de salubrité publique.
La Construction lyonnaise rappelle que ces projets remontent au moins à 1848 et propose une liaison directe entre les deux collines :
L'idée d'un pont monumental sur la Saône, reliant ensemble les deux collines de Lyon, n'est pas neuve, et remonte au moins à 1848 : les lecteurs de ce journal qui ont la bonne fortune de posséder, ou la facilité de pouvoir consulter la collection complète, trouveront des articles à ce sujet dans les numéros de décembre 1888, septembre 1891, et des 15 octobre 1891, 15 novembre 1892,15 avril et 1er septembre 1893, 1 er septembre 1895.
Un projet de boulevard en corniche sur la rive droite de la Saône a été étudié dans les numéros des 1" et 16 juillet 1909.
Dans la plupart des projets concernant le pont monumental, il s'agissait d'un ouvrage d'art pour voie ferrée reliant la ligne Mornant-Saint-Just à la ligne Croix-Rousse-Bourg.
Nous envisagerons aujourd'hui une conception plus modeste, visant simplement la mise en relation directe des deux collines à flanc de coteau par un pont demi-monumental qui permettrait aux promeneurs à pied, à cheval, à bicyclette, et aux voitures, automobiles, autobus ou tramways, de se transporter, par une voie facile et pittoresque, d'une colline à l'autre, sans descendre aux quais de Saône ni emprunter aucun funiculaire ou chemin de fer à crémaillère.
- 1935 : Plan d'extension de Camille Chalumeau, Archives municipales de Lyon.
Document municipal officiel montrant un « boulevard en corniche » entre Saint-Paul et Saint-Just. Le plan résultait d'une commission mise en place à la demande d'Édouard Herriot dès 1914.

En rouge figurent les projets d’extension. La ceinture périphérique relie tout l’est lyonnais. L’extension de l’avenue Berthelot en direction de Saint-Priest et le projet du tunnel de la Croix-Rousse facilitent la circulation d’est en ouest. Un étonnant boulevard en corniche est également imaginé entre Saint-Paul et Saint-Just.
Années 1930 : Ebauche de pont à Fourvière, Guichet du savoir, 19 mai 2012. Travaux de la rue des Farges et ouvrage des Minimes.
- 1957-1964 : L'inscription du site historique de Lyon au Patrimoine mondial, interview de Régis NEYRET, Millénaire 3. Pradel, témoignage de Régis Neyret et lettre conservée par lui.
Preuve testimoniale directe qu'un projet ressorti par Pradel comportait le remplacement du pont du Change et une grande voie vers Fourvière. La lettre est une pièce capitale, mais elle n'a pas encore été publiée ni, à notre connaissance, mise en ligne.
Tout commence avec ma participation à la Jeune Chambre Economique [JCE]...
[...]
C’est pour des raisons de développement touristique — donc rien à voir au départ avec un intérêt pour le patrimoine — que nous avons décidé de nous intéresser au Vieux Lyon, quartier à l’époque complètement déshérité, habité par des gens modestes, souvent copropriétaires de leurs appartements qu’ils avaient rachetés dans les années 40. Depuis la guerre de 1914 jusque dans les années 70, on manquait de logements en France, et les propriétaires dont les loyers étaient bloqués par la loi de 1948 n’en tiraient aucun profit et ne pouvaient guère les améliorer. Le Vieux Lyon se dégradait… Pour que Lyon soit une ville touristique — ce qu’elle proclamait tout en en étant très loin ! —, nous avons estimé qu’il fallait pouvoir offrir aux touristes des occasions de sorties, de distractions. Le Vieux Lyon s’imposait à nous comme une évidence. Nous nous sommes alors aperçus que Louis Pradel sortait des cartons un projet de la précédente municipalité, consistant à démolir le pont du Change, premier pont permanent de la cité, pour le remplacer par un nouveau pont (l’actuel pont Maréchal Juin) et le prolonger ensuite par un grand boulevard urbain qui monterait jusqu’à Fourvière.
C’était complètement incompatible avec notre projet de développement touristique ! On est alors parti en guerre contre ce projet, avec la JCE. J’ai conservé pieusement une lettre où Pradel exposait au président de la JCE que cette opération permettrait de dégager à la fois Fourvière, et la mairie du 5ème arrondissement, située alors dans le Vieux Lyon, ce qui, nous disait-il, « facilitera les photos de mariage » ! L’argument était maigre et nous avons décidé d’empêcher la destruction du pont du Change.
Cette lettre de Pradel, si elle est toujours conservée dans les archives de la Jeune Chambre économique, serait évidemment une pièce majeure à rechercher.
- 1968-1970 : Dossier du pont Maréchal-Juin dans Service de la navigation Rhône-Saône Administration, gestion du domaine public, service hydraulique, travaux. Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 5441W 1-97, 1906-2004.
Preuve administrative du nouveau pont dans l'axe de la rue Grenette, destiné à remplacer le pont du Change et la passerelle du Palais de Justice. Cela prouve le franchissement, mais pas à lui seul le boulevard vers Fourvière :
5441W28-29 Pont du Maréchal Juin. 1968-1970
Construction d’un pont dans l’axe de la rue Grenette en remplacement des ponts du Change et du Palais de Justice, projet définitif : note de calculs, avis des concessionnaires des divers réseaux, carte de situation, plans, dessins techniques, vue d’ensemble, élévation, profil en long, coupes, profil en travers, implantation des canalisations, élévation du pont Change, élévation du pont du palais de justice, avant-métré, renseignements hydrométriques, courbes des hauteurs d’eau classées mensuelles, pièces de marché, bordereaux des prix.
Le lien avec les projets antérieurs est particulièrement fort pour trois raisons :
- le projet de 1909 associe déjà place du Change, rue Grenette, Chemin-Neuf et Fourvière ;
- le plan Chalumeau de 1935 transforme cette idée en tracé municipal cartographié ;
- des travaux ont effectivement commencé avant Pradel autour de la rue des Farges et des Minimes.
- Archives municipales de Lyon, cote 880-881 WP : aménagement urbain du Vieux-Lyon, devis et plans, 1955-1983, selon le répertoire Archives des services zones opérationnelles, activités économiques et concessions, opérations d’urbanisme 1957-1898, Communauté urbaine de Lyon, Archives du Grand Lyon, 2016.
- Archives municipales de Lyon, 3 CP 153-155 : dossiers sur le Vieux-Lyon, Fourvière et Saint-Just.
- Archives municipales de Lyon, 3Cp/162 à 3Cp/168 : voirie, autoroutes urbaines, projet de pont Croix-Rousse-Fourvière, pont du Change et pont Grenette-Maréchal-Juin, selon Dossiers thématiques inventaires - sous-série 3c, Archives municipales de lyon, 2020. Mêmes conditions de consultation.
- Archives de la communauté urbaine, 3350 WM 005-006 : Atelier d'urbanisme de Lyon, 1961-1964, notamment autour de Charles Delfante, selon Archives des services zones opérationnelles, activités économiques et concessions, opérations d’urbanisme 1957-1898, Communauté urbaine de Lyon, Archives du Grand Lyon, 2016. Autour de Charles Delfante :
Fonds privés
111 II Cabinet d’architecture et d’urbanisme Charles Delfante : Études, opérations par arrondissement, restructuration du quartier de la Part-Dieu, opérations et études à l'étranger, dossiers, plans, photographies (1960-1990).
p.21
3350WM005-006 Atelier d’Urbanisme de la Ville de Lyon. 1961-1964
005 Rapports d’activités. 1961-1964
006 Recrutement de l’architecte-urbaniste Charles Delfante : contrat, comptes rendus de réunions. 1961
3350WM007-008 Atelier d’Urbanisme de la COURLY. 1969-1973, s.d.
007 Organisation : statuts (1969), organigramme (s.d.). 1969-s.d.
008 Recrutement de l’urbaniste Charles Delfante : délibération communautaire (1969), convention (1970), avenants (1971-1973). 1969-1973
p.24
3350WM026 –030 PUD de Lyon. 1957-1971
029 Établissement de plans d’urbanisme de détail et aménagement du PUD par Charles Delfante : délibération municipale (1961), contrat (1961), avenants (1962-1963, 1965).
p.26
3350WM303-307 Place des Cordeliers.- restauration de l’immeuble des Galeries Lafayettes, concours. 1979, 1984-1987, s.d.
307 Projet de Charles Delfante : notes de présentation (1984-1985), études de faisabilité (1987), plan de situation générale, plan de périmètre de la DUP au 1/500e (1979), dossier technique (1979). 1979, 1984-1985, 1987
p.54
Ces archives sont conservées aux Archives départementales du Rhône et de la Métropole situées au 34 rue du Général Mouton-Duvernet, 69003 Lyon. Tout comme pour les archives municipales, la lettre W aux Archives départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon (ADRML) désigne les archives publiques contemporaines (période postérieure à 1940). S'il est possible de trouver l'inventaire écrit ou le bordereau de versement en ligne pour identifier des références, les documents ne sont accessibles qu'en salle de lecture physique. L'inscription est gratuite sur présentation d'une pièce d'identité. La salle de lecture est ouverte du mardi au vendredi de 8h30 à 17h (et le jeudi jusqu'à 18h). Pour gagner du temps, il est vivement conseillé de réserver la cote à l'avance sur le site internet officiel des Archives du Rhône avant de vous déplacer.
- Archives départementales du Rhône et de la Métropole, fonds 5441 W 28-29 : dossier technique du pont Maréchal-Juin, 1968-1970 répertorié dans Service de la navigation Rhône-Saône Administration, gestion du domaine public, service hydraulique, travaux. Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 5441W 1-97, 1906-2004, déjà cité :
5441 W 28-29 – Pont du Maréchal Juin, 1968-1970
Construction d'un pont dans l'axe de la rue Grenette en remplacement des ponts du Change et du Palais de Justice, projet définitif : note de calculs [...] carte de situation, plans, dessins techniques, vue d'ensemble, élévation [...] profil en long, coupes...
Ce type de dossier technique moderne (Plans de coffrage, notes de calculs, correspondances administratives, rapports d'essais géotechniques) n'est pas numérisé en ligne. Sa consultation nécessite un déplacement sur place aux Archives départementales du Rhône.
- Archives départementales du Rhône et de la Métropole, fonds 3959 W répertoriés dans Fonds de l'ingénieur en chef du service de la navigation 1807-1994 3959 W 1 - 2030 Service de la navigation Rhône - Saône, Décembre 2004-décembre 2005 :
3959 W 1837 : « Pont du Change et du Palais de justice ; pont sur la Saône dans l'axe de la rue Grenette (Lyon) », 1963-1968 ;
3959 W 1838 : « Pont Maréchal Juin ; ponts Général Koenig ou pont de Serin et pont Maréchal Juin ou pont de Grenette », 1966-1973 ;
3959 W 1839 : « Pont Maréchal Juin ; pont dans l'axe de la rue Grenette », 1969-1971.
Ces dossiers devraient documenter la réalisation du nouveau franchissement mais ils ne prouvent pas à eux seuls que Pradel disposait dès 1957 d'un plan complet de boulevard jusqu'à Fourvière.
- Sa notice sur Wikipédia
- L’ouvrage de référence sur son compte reste la thèse de Laurent Sauzay, disponible aux AML. L’auteur en a tiré un livre
- A l’exception de sa correspondance officielle, encore en cours de classement, les sources d’archives concernant Louis Pradel sont signalées sur le portail européen des archives
On peut établir une filiation documentaire en trois niveaux :
1. 1908-1909 : un projet explicite de grande percée dans le Vieux-Lyon
La Construction lyonnaise propose une rue de 20 m, partant du pont du Change et allant jusqu'au carrefour Chemin-Neuf/Bœuf/Tramassac, avec élargissements et percées complémentaires, et annonce un plan d'avant-projet.
2. Années 1950-1960 : un projet municipal reprend cette logique
Les sources historiques ultérieures indiquent que Pradel aurait « sorti des cartons » un projet de la municipalité précédente, associant remplacement du pont du Change et grande voie vers Fourvière.
3. Années 1960-1970 : le volet « pont » est effectivement réalisé
Les dossiers d'archives attestent le projet puis la construction du pont dans l'axe de la rue Grenette, destiné à remplacer les ponts du Change et du Palais de Justice. En revanche, nous n'avons pas trouvé le document original qui ferait le lien direct entre le « projet de la précédente municipalité » évoqué par Neyret et l'avant-projet de 1909, ni un plan signé Pradel montrant une grande voie continue jusqu'à Fourvière.
Néanmoins nous pouvons dire que le projet d'une grande voie traversant le Vieux-Lyon depuis le pont du Change vers le Chemin-Neuf et Fourvière est très antérieur à Louis Pradel : il est explicitement formulé dans La Construction lyonnaise des 1er décembre 1908 et 1er janvier 1909, cette dernière publication allant jusqu'à annoncer un « plan » de l'« avant-projet ». Les témoignages relatifs à Pradel indiquent ensuite qu'il aurait repris des projets antérieurs associant le remplacement du pont du Change à une grande voie vers Fourvière. Mais les recherches effectuées ne permettent pas de produire le plan original d'un projet Pradel complet de boulevard jusqu'à Fourvière. La preuve d'un plan Pradel complet, signé et daté, reste à établir dans les dossiers indiqués et dans la lettre conservée par Régis Neyret.
Bonne journée
Lug, pionnier lyonnais des super-héros