Je cherche une image ou estampe d'un cavalier du régiment Royal Champagne au 18e siècle
Question d'origine :
Bonjour, Je suis à la recherche d'une image ou estampe d'un cavalier du régiment Royal Champagne au XVIIIe siècle ainsi que d'un autre cavalier du régiment de Septimanie également du XVIIIe siècle (les deux vers les années 1779 1785).
Meilleures salutations
Réponse du Guichet
Sous l’Ancien Régime, la Cavalerie est une arme prestigieuse, connaissant plusieurs réformes de 1776 à 1788. Royal-Champagne, héritier d’un ancien régiment de cavalerie créé en 1682, prend le nom de Royal-Champagne en 1761 tandis que Septimanie est un corps beaucoup plus tardif et éphémère, formé en 1784 à partir du 4e régiment de chevau-légers, et incorporé en 1788 au régiment Colonel-Général hussards.
Deux planches d'uniformes présentes sur Wikimedia correspondent à votre période : la planche du Royal-Champagne montre l'uniforme du régiment de 1779 à 1786 et la planche de Septimanie représente bien l’uniforme porté durant les années 1784-1788. On trouve aussi l'image de l'uniforme couvrant 1779-1783 sous l’appellation 4ᵉ Chevau-légers.
Il existe une source iconographique du XVIIIe siècle importante : État général des uniformes de toutes les troupes de France (1779) numérisée sur Gallica. La référence iconographique pour la cavalerie de Septimanie (1784-1788) est le Règlement arrêté par le Roi pour l’habillement et l’équipement de ses troupes, 1er octobre 1786. La caractéristique principale du Royal-Champagne est le parement aurore caractéristique du prestige de la cavalerie de ligne, tandis que le parement blanc de Septimanie dénote l'aspect plus récent et plus standardisé de la cavalerie légère.
Bonjour,
Vous recherchez une image ou estampe d'un cavalier du régiment Royal Champagne ainsi que d'un cavalier du régiment de Septimanie du XVIIIe siècle (les deux vers les années 1779/1785). Royal-Champagne est un ancien régiment de cavalerie de la monarchie créé en 1682, tandis que Septimanie est un corps beaucoup plus tardif et éphémère, formé en 1784 à partir du 4e régiment de chevau-légers, et incorporé en 1788 au régiment Colonel-Général hussards (source : Wikipédia).
Sous l’Ancien Régime, les régiments sont des unités permanentes au service du roi, mais leur identité reste liée à plusieurs éléments : leur ancienneté et leur nom historique ; leur province de recrutement ou leur titre honorifique ; leur mestre de camp, souvent issu de la noblesse ; leurs traditions, uniformes et privilèges. L’armée royale n’est donc pas encore une armée nationale au sens moderne. Le recrutement repose largement sur l’engagement volontaire, tandis que les compagnies constituent le principal cadre administratif et humain du régiment. Le corps des officiers est fortement marqué par la noblesse, même si les soldats et sous-officiers viennent de milieux sociaux beaucoup plus variés (Source : Larousse).
La cavalerie est une arme prestigieuse, utilisée pour la reconnaissance, les charges, la poursuite et la couverture des mouvements de l’infanterie. Après les difficultés de la guerre de Sept Ans, la monarchie entreprend plusieurs réformes : en 1776, la cavalerie est organisée en 23 régiments de cinq escadrons ; en 1779, de nouveaux régiments de chasseurs à cheval et de chevau-légers sont créés ; les réformes se poursuivent en 1784 et 1788 (Sources : Archives du ministère des Armées français, Service Historique de la Défense).
Royal-Champagne
Ce régiment est l’héritier d’un ancien régiment de cavalerie créé en 1682 sous le nom de Tallard cavalerie. Après plusieurs changements de titulaires, il prend le nom de Royal-Champagne en 1761, lors de l’incorporation du régiment de Preissac. Le nom "Champagne" renvoie à l’ancrage provincial et à la tradition de recrutement, mais le régiment sert dans l’ensemble de l’armée royale (source : Régiment de Preissac cavalerie, Wikipédia).
Il appartient à la cavalerie réglée de ligne, c’est-à-dire aux régiments permanents de la cavalerie royale, distincts des dragons, des hussards et des troupes de la Maison du roi. Au XVIIIᵉ siècle, le Royal-Champagne participe aux grandes guerres de la monarchie, notamment aux campagnes européennes et aux campagnes d’Italie. Il constitue un corps ancien et considéré comme suffisamment prestigieux pour être commandé par de grandes familles de la noblesse militaire. L’ouvrage spécialisé de François Bonal le présente comme l’un des régiments champenois importants de l’armée royale. Vous pouvez lire à ce propos :
>>> Vissière Jean-Louis. Colonel Bonal : Les Régiments de Champagne sous l'Ancien Régime, 1999. In: Dix-huitième Siècle, n°33, 2001. L'Atlantique, sous la direction de Marcel Dorigny . p. 639.
Le Royal-Champagne est également intéressant pour comprendre la crise politique de la fin de l’Ancien Régime. Le jeune Louis-Nicolas Davout y est nommé sous-lieutenant en 1788. En 1789-1790, le régiment est impliqué dans des tensions et une mutinerie à Hesdin, révélatrices des conflits entre soldats, officiers, autorités municipales et pouvoir royal. Il représente ainsi une armée encore très attachée à la monarchie, mais déjà traversée par les problèmes de solde, de discipline, de hiérarchie sociale et de légitimité politique qui éclatent avec la Révolution (Source : site d'histoire de la fondation de Napoléon).
Septimanie
Il existe un premier régiment de Septimanie-dragons, créé en 1744 pendant la guerre de Succession d’Autriche. Il ne faut pas le confondre avec le régiment de Septimanie cavalerie créé quarante ans plus tard, en 1784. Le régiment de Septimanie cavalerie provient du 4ᵉ régiment de chevau-légers, créé dans le cadre de la réorganisation de la cavalerie légère de 1779. Son existence sous ce nom ne couvre que la période 1784-1788.
La monarchie cherche alors à réduire et rationaliser le nombre de régiments, à mieux contrôler leurs effectifs et à diminuer les coûts. Le 17 mars 1788, une ordonnance réforme cinq régiments, dont Septimanie, et prévoit leur incorporation dans les régiments de chasseurs à cheval et de hussards. Le régiment cesse donc d’exister comme unité autonome à la veille de la Révolution (source : Ordonnance du Roi [Louis XVI], portant réforme des cinq derniers régimens de cavalerie, savoir : les Evêchés, la Franche-Comté, Septimanie, Quercy et la Marche et incorporation des dits cinq régimens dans les douze régimens de chasseurs et dans les six régimens de hussards, du 17 mars 1788 [texte imprimé]).
Pour votre recherche iconographique, cela signifie qu'une image datée de 1779-1783 doit être recherchée sous le nom de 4ᵉ chevau-légers et qu'une image de 1784-1787 sera intitulée Septimanie cavalerie.
Images des cavaliers de ces deux régiments
Deux planches présentes sur Wikimedia correspondent à votre période mais ne donnent pas leur source précise. La caractéristique principale du Royal-Champagne est le parement aurore caractéristique du prestige de la cavalerie de ligne, tandis que le parement blanc de Septimanie dénote l'aspect plus récent et plus standardisé de la cavalerie légère :
- La planche du Royal-Champagne datée de 1779 montre l'uniforme du régiment de 1779 à 1786 : à partir du règlement de 1779, l'uniforme se caractérise par un habit bleu roi à parements aurore, culotte claire de couleur chamois, chapeau noir à cocarde blanche, une buffleterie claire, notamment la banderole et le ceinturon.
- La planche de Septimanie datée de 1786, représente bien l’uniforme porté durant les années 1784-1788 : habit bleu roi à parements blanc, chapeau noir à cocarde blanche, culotte jaune, buffleterie claire... Rappelons que le régiment de Septimanie n’existe sous ce nom qu’à partir de 1784, lorsqu’il est formé à partir du 4ᵉ régiment de chevau-légers. Voir l'image de l'uniforme couvrant 1779-1783 sous l’appellation 4ᵉ Chevau-légers.
Il existe une source iconographique du XVIIIe siècle importante : P.-F. d’Isnard, État général des uniformes de toutes les troupes de France, Strasbourg, J. H. Heitz, 1779. Il s’agit d’un recueil publié en 1779, avec des figures représentant les régiments selon le règlement du 21 février 1779.
Dans la version numérisée sur Gallica, on trouve effectivement les planches suivantes :
- « Royal-Champagne, n° 15 », parements aurore, boutons blancs (p. 128) ;
- « Quatrième Régiment, n° 4 », revers et parements chamois, boutons blancs (p. 142).
La référence iconographique pour la cavalerie de Septimanie (1784-1788) est le Règlement arrêté par le Roi pour l’habillement et l’équipement de ses troupes, 1er octobre 1786. Ce règlement comportait six planches et tableaux consacrés aux uniformes (source : blanchy-lacombe.com).
Aller plus loin avec des études historiques :
François Bonal, Les Régiments de Champagne sous l’Ancien Régime, Dominique Guéniot, 1999 (disponible en ligne partiellement sur Gallica) : étude spécialisée sur Champagne-infanterie et Royal-Champagne ;
André Corvisier et Jean Delmas, dir., Histoire militaire de la France, t. II, De 1715 à 1871, PUF : synthèse universitaire de référence pour le contexte militaire et social du XVIIIᵉ siècle ;
Louis Susane, Histoire de la cavalerie française, 3 vol., 1874 (disponible en ligne sur Gallica) : ouvrage ancien mais toujours utile pour les filiations régimentaires.
Le site du Service Historique de la Défense est aussi une source de documentation précieuse, grâce à leurs dossiers thématiques, inventaires en ligne et archives numérisées.
Bien à vous