Je cherche à reconstituer l’histoire du local commercial situé au 206 rue Garibaldi, Lyon 3e
Question d'origine :
Bonjour,
Je cherche à reconstituer l’histoire du local commercial situé au 206 rue Garibaldi, Lyon 3e, où notre famille a ouvert le restaurant Le Karachi en 1982.
Pourriez-vous consulter vos anciens annuaires lyonnais (Indicateur Henry, Annuaire Fournier, annuaires téléphoniques ou commerciaux et autres sources disponibles) afin de m’indiquer quels commerces, entreprises ou occupants sont mentionnés au 206 rue Garibaldi avant 1982 ?
Je souhaiterais idéalement connaître les occupants à différentes périodes, par exemple vers 1981, 1980, 1975, 1972, 1970, 1960, 1950, 1940, 1930, 1920 et, si les collections le permettent, avant 1900.
Les Archives départementales du Rhône viennent par ailleurs de m’indiquer que le propriétaire TOLOT est attesté à cette adresse dès 1919.
Mon objectif est notamment d’identifier le commerce qui occupait le local immédiatement avant l’ouverture du restaurant Le Karachi en 1982, puis de remonter aussi loin que possible dans l’histoire de cette adresse.
Si possible, je serais également très intéressé par des photographies ou reproductions des pages des annuaires où apparaît le 206 rue Garibaldi.
Je vous remercie vivement pour votre aide.
Réponse du Guichet
Les plans parcellaires de la ville de Lyon confirment que le propriétaire des murs du 206 rue Garibaldi est la famille Tolot de 1918 à 1988. Grâce à un article de Lyon Matin (1983) évoquant un ancien « restaurant chinois », puis aux annuaires téléphoniques de 1981, nous avons pu identifier votre prédécesseur. D'autres occupants sont notifiés comme le peintre-brocanteur Wladimiro Bulgarelli, la société Pile Lecanché, ou encore un commerce de modes dans les années 1950. Contacter les archives municipales et départementales devrait vous permettre d’approfondir l’histoire de l’immeuble et de la rue.
Bonjour,
Les plans parcellaires de la ville de Lyon sont accessibles en ligne, numérisés sur le site des archives municipales de Lyon. En cliquant sur le secteur 186 qui correspond au 206 rue Garibaldi, vous trouverez plusieurs cartes d'époque datées de 1880 à 1988. Le nom du propriétaire des murs est bien Tolot dont le nom est indiqué sans discontinuité de 1918 à 1988.
Les indicateurs Henry et Fournier que nous conservons à la bibliothèque s'arrêtent à 1971, ce qui a passablement compliqué nos recherches afin d'identifier le précédent locataire avant 1982. Mais grâce au site internet de votre établissement, nous avons retrouvé des coupures de presse relatives à l'histoire du restaurant et qui contenaient une information décisive. Le 8 août 1983, Lyon Matin publie un article sur les tables « exotiques » de Lyon : le journaliste, conquis par la cuisine de ce nouveau restaurant y évoque les anciens occupants des lieux. Un restaurant chinois. Voici la formule (discutable) du journaliste : "Et pour le mot de la fin, disons qu'un restaurant chinois était auparavant installé à la place du "Karachi". Quel changement de régime !"
Cette indice en main, nous sommes donc partis à la recherche d'un restaurant asiatique. Nous avons parcouru des guides touristiques et culinaires parus entre 1975 et 1980, tout comme les premières éditions du Petit Paumé, qui proposait dès les années 1970 sa sélection des meilleurs restaurants asiatiques de la ville. Malheureusement, aucun des établissements cités ne pointait vers le 206 rue Garibaldi.
C'est en lisant attentivement chacune des pages restauration de l'annuaire officiel des abonnés au téléphone des professionnels du Rhône (édition novembre 1981) que nous avons fini par identifier vos prédécesseurs : il s'agit du Restaurant Le Dai Lang (L'Harmonie).
Les annuaires Henri et Fournier, que nous avons régulièrement consultés pour la période allant des années 1920 aux années 1970 ne font jamais mention de ce restaurant, preuve qu'il n'existait probablement pas avant 1971 (dernier annuaire en notre possession).
Mentionnons toutefois la présence dans l'immeuble, de la seconde moitié des années 1930 à la fin des années 1960, du peintre Wladimiro Bulgarelli, notifié comme brocanteur à cette adresse. Des archives de presse sur RetroNews montrent que la nationalité française lui avait été accordée en 1941 avant de lui être retirée en 1942, tout cela sous l'Occupation.
La société Pile Lecanché est indiquée dans les annuaires des années 1965 et 1960. En 1950 on peut lire Pierre, modes, Sarl. ce qui indique probablement la présence d'un magazin ou d'un commerçant dans le textile, vêtements ou accessoires.
Pour poursuivre vos recherches de votre côté, et peut-être retrouver les noms de précédents locataires, tout comme des photos de l'immeuble et de la rue Garibaldi, vous auriez tout intérêt à prendre contact avec les archives municipales de Lyon et les archives départementales du Rhône.
Pour parfaire vos recherches, notez que les archives nationales du monde du travail proposent un guide pratique pour faire l'histoire d'une entreprise. Vous pouvez également vous référer à cette précédente réponse du GDS qui recense des sources utiles à ce type de recherche : Comment retrouver la trace d'un commerce qui a fermé dans les années 1930 ?
Pour finir, nous vous transmettons en pièces jointes les photos des annuaires où sont recensés les habitants de l'immeuble à différentes époques.
Bonne journée.
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