L'abbé Pierre était-il à Valchevriére lors de la deuxième guerre mondiale ?
Question d'origine :
Bonjour ,
l'abbé Pierre , lors de la deuxième guerre mondiale , était-il à Valchevriére ( Isère ) ?
Réponse du Guichet
Si l'abbé Pierre a bien contribué à l'organisation d'un maquis dans le Vercors, d'abord localisé sur le plateau de Sornin puis à Malleval, il ne semble pas s'être rendu à Valchevrière. Il a quitté Malleval avant l’attaque allemande du 29 janvier 1944 et a ensuite gagné l’Algérie en juin 1944, plus d’un mois avant les combats de Valchevrière, qui eurent lieu en juillet.
Bonjour,
Aucun des documents consultés n'indique que Henri Grouès, aujourd'hui connu sous son nom de résistant "abbé Pierre", se serait rendu à Valchevrière durant la seconde guerre mondiale.
Il a en revanche participé à la création et la gestion logistique des maquis de Sornin, puis de Malleval dans le Vercors.
Ses actions au sein de la résistance furent plurielles :
À l’été 1942, il fut à nouveau affecté à Grenoble, comme vicaire de la cathédrale. Naquit alors fortuitement son engagement dans la Résistance. D’abord sollicité pour cacher et faire évacuer des juifs vers la Suisse (juillet 1942), il monta des filières de passage dans les Alpes et créa en août, à son domicile, un laboratoire de fabrication de cartes d’identité. En 1943, il commença en février à cacher des réfractaires au STO, créa en mars un premier maquis en Chartreuse puis dans le Vercors, fonda en avril un journal pour la formation des chefs d’équipe maquisards, l’Union patriotique indépendante. Parallèlement, il imprimait à son domicile et faisait distribuer, sous le titre Résistance, des milliers de tracts faisant connaître les positions spirituelles de la Résistance ; participait à la diffusion des cahiers de Témoignage chrétien ; fondait à Grenoble des comités d’entraide aux réfractaires. Repéré et traqué à Grenoble, il se cacha à partir de septembre 1943 à Lyon, sous le pseudonyme d’« abbé Pierre ». De novembre 1943 à janvier 1944, il coopéra à l’action de l’état-major régional et assura des liaisons. Aidé du capitaine Tixier, il fit aussi passer en Suisse le couple Jacques de Gaulle, frère paralytique du général, et ravitailla les détenus du fort de Montluc. Désormais aussi traqué à Lyon, il se rendit en février 1944 à Paris comme « abbé Houdin » ; il collabora au Centre d’information et de documentation (CID) du Conseil national de la Résistance et organisa un nouveau laboratoire de fabrication de pièces d’identité. Arrêté le 19 mai par la Gestapo, au retour d’un voyage en Espagne où il montait une filière de passage par les Pyrénées, il s’évada, repartit en Espagne jusqu’à la mi-juin, puis fut envoyé jusqu’à début août à Alger sous le nom de « Sir Harry Barlow » pour travailler auprès de l’Information et des milieux diplomatiques. Il y rencontra le général de Gaulle et fit une allocution radiodiffusée sous son pseudonyme d’« abbé Pierre ». Le 9 août, on l’autorisa à s’engager et il poursuivit ses activités de Résistance comme aumônier de Marine au Maroc.
source : Le Maitron
Sur ses activités de maquisard plus précisément, voici quelques extraits de l'ouvrage intitulé L'abbé Pierre : une vie d'amour de Philippe Dupont qui parle de son rôle au sein du groupe qu'il a formé, d'abord implanté dans le massif de la Chartreuse (de mars à juillet 1943) puis sur le plateau de Sornin dans le Vercors (juillet-octobre 1943) et enfin à Malleval jusqu'à l’attaque allemande du 29 janvier 1944 :
L'abbé Pierre n'est pas un chef maquisard à proprement parler. Il ne porte pas les armes et ne dirige pas lui-même le maquis qu'il a initié et soutenu. Il n'a jamais vécu parmi les maquisards, sauf pour de courts séjours, mais il fait partie du "maquis en ville", comme d'autres personnes de son réseau. Il assure des fonctions de logistique, de ravitaillement, de liaison, de formation, de conseils, de médiation, d'orientation et d'aumônerie. Toutes ces missions existent par ailleurs dans toutes les armées.
L'abbé Pierre n'a pas non plus participé aux grands combats du Vercors de l'été 1944 puisqu'il ne se trouve plus en France à ce moment-là. Recherché à Grenoble, il quitte l'Isère à l'été 1943 et se rend à Lyon jusqu'en février 1944, puis, à nouveau traqué, il doit partir à Paris et enfin à Alger. [...]
Comme de nombreux maquis en France et en Europe, le groupe que l'on appelle "de Malleval" a beaucoup évolué et s'est plusieurs fois déplacé. Le premier groupe du Maquis palace a vécu en Chartreuse pendant quatre mois, puis trois mois à Sornin en Vercors, quatre mois à Malleval, puis il s'est en partie dispersé en janvier 1944. Certains jeunes hommes ont continué la lutte en rejoignant un autre groupe du Vercors, un régiment qui a participé aux combats de la Libération et qui a fusionné dans l'armée régulière pour se battre jusqu'en 1945. Le maquis de l'abbé Pierre se boulait non partisan et refusait l'affiliation à des mouvements trop marqués politiquement. Il s'est orienté vers la militarisation afin d'être prêt à se battre comme un régiment classique au moment propice, plutôt que vers la guérilla.
A lire aussi :
L'abbé Pierre [Livre] : biographie / Bernard Violet - Paris : Fayard, 2007
Les combats de l'abbé Pierre [Livre] / Denis Lefèvre - Paris : le Cherche Midi, 2011
Clandestin [Livre] : 1942-1944 / Abbé Pierre - [Montbéliard] : Volodalen-Collection Citadelle, 2007
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