Quel est le montant de l'aide financière de l'Union européenne envers l'Ukraine ?
Question d'origine :
Bonjour
L'aide à L'Ukraine de la part de l'Union Européenne est déterminante dans ce contexte de guerre.Quelle est la somme allouée jusque là à cette aide et pourquoi la Belgique détient elle une grosse partie des avoirs russes confisqués?
Réponse du Guichet
L'UE et ses États membres ont mobilisé environ 224,5 milliards d'euros d'aide financière, militaire et humanitaire pour l'Ukraine depuis le début de la guerre, principalement sous forme de prêts. Parallèlement aux intensifications des attaques de la Russie, les institutions européennes ont accru leurs allocations au premier semestre 2026 avec le nouveau prêt de soutien à l'Ukraine : 90 milliards prévus pour les années 2026-2027.
Cependant, des doutes ayant émergé sur la capacité du nouveau prêt de soutien à couvrir les besoins de l'Ukraine, plusieurs États membres ont demandé à la Commission, en août 2026, de réexaminer la possibilité d'utiliser davantage d'actifs russes immobilisés dans l'UE (sur les quelque 210 milliards), mais cette proposition se heurte à l'opposition de la Belgique, où se trouvent la plupart des avoirs immobilisés, mettant en garde contre les risques juridiques et financiers.
Avant la guerre, la Banque centrale russe avait un lien avec Euroclear, dépositaire international de titres basé à Bruxelles, et y détenait des avoirs. Quand les sanctions de 2022 ont interdit les transactions concernées, ces avoirs ont été bloqués dans le système d’Euroclear. La Belgique n’est donc pas propriétaire de cet argent mais comme le dépositaire est établi sur son territoire, elle est particulièrement exposée aux risques juridiques et financiers liés à toute décision sur leur utilisation. C’est notamment pourquoi elle demande un partage des risques entre États européens.
Bonjour,
Dans le contexte de la guerre d'agression à grande échelle menée par la Russie en février 2022, vous souhaitez savoir quelle est la somme allouée à l'Ukraine jusque là, de la part de l'Union Européenne (UE) et pourquoi la Belgique détient une grosse partie des avoirs russes "confisqués".
1/ Quelle est la somme allouée à l'Ukraine jusque là, de la part de l'Union Européenne (UE) ?
En réponse à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’UE et ses États membres ont mobilisé environ 224,5 milliards d’euros d’aide financière, militaire et humanitaire pour soutenir l’Ukraine, selon les statistiques de la Commission européenne. Le soutien apporté à l’Ukraine par le budget de l’UE comprend des instruments de niveaux différents pour aider à financer l’État, organiser plusieurs formes d’aide sur plusieurs années, apporter une enveloppe de financement pour 2026-2027, et aider à obtenir des prêts et des investissements en réduisant le risque pour les prêteurs :
- l'assistance macrofinancière : c’est une aide de l’UE destinée à stabiliser les finances d’un pays partenaire confronté à de graves besoins économiques. Pour l’Ukraine, elle sert notamment à soutenir le budget de l’État et à maintenir les services publics. Elle prend la forme de prêts généralement assortis de conditions et de réformes ;
- le mécanisme pour l’Ukraine : c’est un programme-cadre dédié à l’Ukraine pour la période 2024-2027, qui permet de verser de l’argent au budget mais aussi de couvrir le soutien aux investissements et l’aide aux réformes et à la préparation de l’adhésion à l’UE. Cet instrument spécifique permettra à l’UE de fournir à l’Ukraine un soutien financier allant jusqu’à 50 milliards d’euros au cours de cette période ;
- le prêt de soutien à l’Ukraine : c’est un nouveau financement de 90 milliards d’euros pour 2026-2027, emprunté par l’UE sur les marchés et garanti par le budget européen. Selon la répartition prévue, 30 milliards doivent soutenir les besoins économiques et budgétaires, par l’assistance macrofinancière ou le mécanisme pour l’Ukraine ; 60 milliards doivent soutenir les capacités de défense et les achats militaires. Son remboursement est prévu une fois que l’Ukraine aura reçu des réparations de guerre de la Russie ;
- les garanties de l’UE et de ses institutions financières : c’est une promesse de prendre en charge une part du risque si un emprunteur ne rembourse pas son prêt. Cette promesse peut inciter une banque, par exemple la Banque européenne d’investissement (BEI), à prêter pour des infrastructures, des entreprises ou des services en Ukraine. En 2026, la Commission indiquait qu’une garantie européenne permettait de mobiliser plus de 450 millions d’euros de financements de la BEI, auxquels s’ajoutaient des subventions.
Notons qu'en février 2026, le FMI, historiquement alliée avec l'UE, approuve un financement de 5,9 milliards de DTS (environ 8,1 milliards de dollars US) sur quatre ans, portant en juillet 2026 le total actuel des décaissements du FMI au titre de cet accord à environ 1,6 milliard de DTS (environ 2,2 milliards de dollars US).
Nous vous invitons à lire le Compte-rendu du soutien de l'UE à l'Ukraine mis à jour régulièrement sur le site du Parlement Européen :
Résumé
L'Union européenne (UE) et ses États membres, réunis au sein de l'Équipe Europe, ont mobilisé environ 224,5 milliards d'euros d'aide financière, militaire et humanitaire pour l'Ukraine depuis le début de la guerre d'agression à grande échelle menée par la Russie en février 2022, principalement sous forme de prêts. Selon l'Institut de Kiel, le soutien militaire, financier et humanitaire apporté à l'Ukraine par l'Équipe Europe et d'autres États européens, tels que le Royaume-Uni et la Norvège, a fortement augmenté en 2025, compensant presque entièrement la réduction du soutien américain. Les institutions européennes ont encore accru leurs allocations au premier semestre 2026, principalement grâce au nouveau prêt de soutien à l'Ukraine. Parallèlement, les besoins de financement de l'Ukraine ont augmenté, la Russie ayant intensifié ses attaques contre les infrastructures critiques et l'activité économique, ce qui a fragilisé les recettes du pays tout en augmentant ses dépenses de défense, de réparation et de services publics essentiels.
Au 18 septembre, la Commission avait décaissé près de 15 milliards d'euros sur les 90 milliards du nouveau prêt d'appui à l'Ukraine. Ce plan de 90 milliards d'euros comprend 30 milliards d'euros d'aide budgétaire et 60 milliards d'euros de dépenses de défense pour les années 2026 et 2027. Le dernier versement, d'un montant de 3,3 milliards d'euros, finance des drones et des missiles, illustrant l'importance croissante accordée au développement rapide des capacités de défense et de l'industrie de défense ukrainiennes. Des doutes subsistent quant à la suffisance de ce prêt pour couvrir les besoins de l'Ukraine jusqu'à fin 2027, ce qui a incité plusieurs États membres à demander à la Commission, en août 2026, de réexaminer la possibilité d'utiliser davantage d'actifs russes immobilisés pour combler le déficit – une proposition qui se heurte à l'opposition persistante de la Belgique et d'autres États membres.
Le 26 février 2026, le Conseil d’administration du FMI a approuvé un nouveau mécanisme élargi de financement de 5,9 milliards de DTS pour une durée de 48 mois, s’inscrivant dans un programme d’aide internationale plus vaste de 136,5 milliards de dollars. Le FMI a achevé le premier examen du programme le 20 juillet 2026, débloquant 503 millions de DTS supplémentaires et concluant que les performances de l’Ukraine demeuraient globalement satisfaisantes, malgré le retard pris dans la mise en œuvre de certaines réformes structurelles. Un financement extérieur régulier et prévisible demeure essentiel au maintien de la stabilité macroéconomique de l’Ukraine.
Ce compte rendu de la situation est mis à jour régulièrement.
Traduction Google
Source : State of play : EU support to Ukraine (last updated 14 October 2026, Tim Peters with Elena Bersani, Members' Research Service).
Le résumé sus-cité précise que, des doutes ayant émergé quant à la capacité du prêt de 90 milliards d'euros à couvrir les besoins de l'Ukraine pour l'ensemble des années 2026 et 2027, plusieurs États membres (la Suède, les Pays-Bas, l'Espagne et la Pologne) ont demandé à la Commission, en août 2026, de réexaminer la possibilité d'utiliser davantage d'actifs russes immobilisés sur les quelque 210 milliards d'euros d'actifs souverains russes immobilisés dans l'UE. Cependant cette proposition se heurte à l'opposition de la Belgique, où se trouvent la plupart des avoirs immobilisés, mettant en garde contre les risques juridiques et financiers :
À la fin de l'été 2026, des doutes ont émergé quant à la capacité du prêt de 90 milliards d'euros à couvrir les besoins de l'Ukraine pour l'ensemble des années 2026 et 2027. Selon les autorités ukrainiennes, l'Ukraine fait face à un déficit de financement d'environ 23 milliards d'euros pour la seule année 2026, couvrant les dépenses de personnel, les dépenses sociales et les acomptes sur les armes dont la livraison est prévue début 2027. Le Fonds monétaire international a par ailleurs estimé les besoins de financement combinés de l'Ukraine pour la période 2026-2029 à environ 140,3 milliards de dollars américains dans son scénario de référence, un montant supérieur à celui déjà engagé au titre du prêt.
Fin août 2026, la Suède, les Pays-Bas, l'Espagne et la Pologne ont écrit conjointement à la Commission européenne pour lui demander d'examiner la possibilité d'utiliser davantage les quelque 210 milliards d'euros d'actifs souverains russes immobilisés dans l'UE afin de contribuer à combler ce déficit – relançant ainsi une proposition, souvent qualifiée de prêt de réparations, que les dirigeants européens avaient mise de côté en décembre 2025 au profit du prêt de soutien. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont abordé la question de manière informelle le 2 septembre 2026. La Belgique , où se trouvent la plupart des avoirs immobilisés, a réaffirmé son opposition, mettant en garde contre les risques juridiques et financiers et demandant que toute mesure en ce sens soit assortie d'un partage intégral des risques entre les États membres. La Commission européenne a déclaré que le plan de financement actuel restait suffisant pour le moment, tout en reconnaissant l'incertitude croissante quant à sa capacité à suffire jusqu'à fin 2027.
Traduction Google
Source : State of play : EU support to Ukraine (last updated 14 October 2026, Tim Peters with Elena Bersani, Members' Research Service).
2/ Pourquoi la Belgique détient une grosse partie des avoirs russes "confisqués" ?
Précisons d'abord que les avoirs de la Banque centrale russe dont on parle sont immobilisés, pas confisqués. Les sanctions de l’UE interdisent les transactions avec les réserves et les actifs de la Banque centrale russe. Concrètement, Euroclear, dépositaire international de titres basé à Bruxelles, ne peut pas exécuter un ordre qui transférerait ces avoirs à la Banque centrale russe. La valeur de base des réserves et des titres russes n’a pas été versée à l’Ukraine, mais reste immobilisée (Source : Conseil européen, 18 décembre 2025, Ukraine).
Tant d’avoirs se trouvent en Belgique, non pas parce que le gouvernement belge les a saisis mais parce qu'ils ont été confiés à Euroclear, un dépositaire international de titres basé à Bruxelles, qui conserve et règle des titres financiers, comme des obligations, pour des banques centrales et d’autres clients. Avant la guerre, la Banque centrale russe avait un lien avec Euroclear et y détenait des avoirs. Quand les sanctions de 2022 ont interdit les transactions concernées, ces avoirs ont été bloqués dans le système d’Euroclear. (Sourcce : financialforum.be). La Belgique n’est donc pas propriétaire de cet argent. Mais comme le dépositaire est établi sur son territoire et que les avoirs sont dans ses comptes, elle est particulièrement exposée aux risques juridiques et financiers liés à toute décision sur leur utilisation. C’est notamment pourquoi elle demande un partage des risques entre États européens (Source : fr.euronews.com).
Bien que les actifs eux-mêmes restent immobilisés, les intérêts sur les soldes de trésorerie sont utilisés. Sur proposition de la Commission et du Haut Représentant, le Conseil de l'UE a décidé que ces bénéfices nets seraient utilisés pour soutenir l'Ukraine. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de l'engagement continu de l'UE à rester aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire :
95 % des recettes seront utilisées pour soutenir l'Ukraine par le biais du mécanisme de coopération en matière de prêts à l'Ukraine. (ULCM) et 5 % via le mécanisme européen pour la paix (EPF). Le mécanisme ULCM fournit un soutien non remboursable pour aider l'Ukraine à rembourser le prêt d'assistance macrofinancière de l'UE décaissé tout au long de l'année 2025., ainsi que les prêts accordés par les bailleurs de fonds bilatéraux du G7 dans le cadre de l'initiative du G7 relative aux « prêts pour l'accélération extraordinaire des recettes (ERA) ». Le soutien total au titre des prêts ERA s'élève à 45 milliards d'euros. Par ailleurs, le Fonds de protection des employés (EPF) aide l'Ukraine à répondre à ses besoins militaires et de défense urgents.
Source : L'UE perçoit 1,4 milliard d'euros de recettes provenant de la saisie d'avoirs russes, qui seront utilisés pour soutenir l'Ukraine (Délégation de l'Union européenne en Ukraine, 6 août 2026).
Le dispositif de l’UE porte donc sur les bénéfices exceptionnels générés par les soldes en espèces chez les dépositaires, et non sur le principal russe, dont l'utilisation qui reste juridiquement et politiquement contestée, a refait débat en 2026 (Source : EPRS, état des lieux d’octobre 2026). Cela ne signifie pas que son utilisation future est entièrement écartée : l’accord européen sur le prêt de 90 milliards d’euros pour 2026–2027 prévoit que l’Ukraine ne le remboursera qu’après avoir reçu des réparations, et l’UE s’est réservé le droit d’utiliser les avoirs immobilisés pour rembourser ce prêt (Sources : Conseil européen, décembre 2025).
Pour aller plus loin
- Sources francophones
- Euronews, août 2026 : chiffres récents et exposition particulière de la Belgique.
- Sénat français, rapport sur les engagements financiers de l’UE : explique le rôle d’Euroclear et les risques financiers associés.
- Le Monde, novembre 2025 : reportage sur Euroclear, son rôle de dépositaire et les risques de contentieux.
- Sources anglophones
- Parlement européen, EPRS, septembre 2025 : synthèse de référence sur la localisation, le gel et les débats autour des avoirs.
- National Bank of Belgium, analyse technique : explique le lien préexistant entre Euroclear et la Banque centrale russe, et comment les obligations bloquées se transforment en soldes en espèces.
- Euroclear, résultats du premier semestre 2026 : source primaire pour le montant inscrit dans son bilan à fin juin 2026.
Bien à vous
DANS NOS COLLECTIONS :
Ça pourrait vous intéresser :
Où trouver la liste des condamnés par le Tribunal révolutionnaire...
Cheffe d’entreprise face à la guerre économique