Je cherche une chanson que mon papa chantait dans les années 1940
Question d'origine :
Bonjour à l'équipe du Guichet,
Vous serait-il possible de retrouver l'auteur de cette chanson que mon papa chantait dans les années 1940, sachant qu'il est décédé en 1950 quand j'avais 8 ans, et qu'elle ne peut donc être postérieure à cette date. Je ne suis pas sûre du titre, peut-être était-ce "A Robinson" ? Merci pour votre aide.
kalichat
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Réponse du Guichet
Cette chanson s'appelle bien Vieille maison et date du début des années 1930. Elle a été écrite par le parolier Jean Loysel et mise en musique par C. A. Cazals. Les chanteurs Gandini et Jean Sorbier font partie de ses interprètes.
Bonjour,
La chanson que votre papa vous chantait est très certainement Vieille Maison, dont les paroles sont de Jean Loysel et la musique de C. A. Cazals. Cette chanson n'est pas conservée dans nos collections de 78 tours mais un exemplaire est consultable à la médiathèque musicale de Paris. Le disque est paru en 1932 chez Odéon.
Jean Loysel est le pseudonyme d'Auguste Georges Schmutz, un infatigable chansonnier et compositeur français qui se produisait seul ou en duo dans les théâtres dédiés à cet art populaire. Il est notamment connu pour le duo interchangeable qu'il formait dans les années 1920-1930 avec Georges Matis, les deux hommes se relayant tour à tour à l'écriture du texte et à la composition de la musique. L'encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France lui consacre la biographie la plus fournie que nous ayons trouvé en ligne :
Nom pour l’État civil : Auguste Georges Schmutz
Naissance : Brest, 23/10/1889
Décès : Grasse, 29/12/1962 (73 ans)
Il forma longtemps un duo interchangeable avec Georges Matis (voir à ce nom), les rôles de chacun n'étant pas très clairement définis (Loysel était cependant plutôt parolier et Matis plutôt musicien).
En dehors de leurs trois pièces communes, ils écrivirent une quantité de chansons tout au long des années 20 et 30. Après la guerre, Jean Loysel forma également fréquemment un duo avec l'allemand Rolf Marbot pour la musique (ce dernier formait lui-même un duo avec son compatriote Bert Reisfeld !)
Il réussit l'exploit unique sur ce site de voir ses deux œuvres créées le même jour à Paris, le 20 décembre 1928, l'une à l’Oeil de Paris, l'autre à la Comédie Caumartin !
Loysel comme Matis étaient surtout des habitués des théâtres de chansonniers. On vit surtout Jean Loysel au Perchoir, en compagnie de Jean Bastia, Robert Casa...
Source : Jean Loysel - ECMF
Vous pouvez parcourir la liste des œuvres musicales associées à Jean Loysel sur le site de la bibliothèque nationale Data BnF. Curieusement, Vieille maison n'est pas référencée parmi les 343 titres listés...
Pourtant le site Chansons.net présente une affiche d'une version de cette chanson interprétée par Jean Sorbier et pour laquelle il est bien crédité parolier. Le site le temps des chansons liste également Vieille maison parmi les chansons écrites par Jean Loysel.
Sans que nous trouvions les paroles en ligne, l'hypothèse a été confirmée grâce à une vidéo YouTube dans laquelle la chanson est interprétée par un certain Grandini. L'enregistrement a été mise en ligne par un collectionneur de disques dont la description crédite paroles et musique à Jean Loysel et C. A. Cazals. La musique serait jouée par un orchestre dirigé par Armand Bernard et le tout a été capté à Paris en octobre 1931. Si vous tendez bien l'oreille, vous entendrez quelques subtiles variations avec le texte que vous nous avez partagé :
I
Combien j'aimais cette maison
Où nous allions chaque dimanche
A Robinson
Entre merles et pinsons
Nous ? entre les branches
Mille chansons
Les lézardes la sillonnaient
Au point qu'elle semblait sourire
Ces fenêtres nous regardaient
Et sa chambre semblait nous dire :
J'adore le bruit des baisers
Je suis une vieille très tendre
Il ne faudra pas vous gêner
J'aurai l'air de ne pas entendre.
II
C'était un logis si discret
Que Lorsque nous faisions la dînette
Sous un bosquet
Nul ne venait pouvait nous déranger
Et je pouvais sans qu'on nous guette
Te décoiffer
Lorsque la nuit nous surprenait
Ta pudeur hésitait peut-être
Mais la vieille maison savait
En éclairant une fenêtre
Evoquer pour nous sans détours
Le lit fleurant bon la lavande
Où nous conjuguions jusqu'au jour
Le verbe aimer de la légende.
III
Depuis des années ont passé
Et nous avons rompu le charme
Sans y penser
Voici déjà beaucoup d'étés
Que sans même verser des larmes
On s'est quittés
J'ai voulu revoir la maison
Où nous fûmes heureux ensemble
J'ai bien retrouvé les pinsons
Le vieux nid, le vieux banc qui tremble
Apparemment rien n'est changé
Mais mon coeur n'ayant plus la flamme
Le décor me semble étranger : La vieille maison n'a plus d'âme.
Source : Grandini "Vieille maison" 1931 - YouTube.
Nous espérons que cette interprétation est à la hauteur de vos souvenirs !
Bonne journée.
Marilyn