Je recherche des informations sur un membre de ma famille décédé le 7 novembre 1996
Question d'origine :
Bonjour, je recherche des informations sur un membre de ma famille décédé le 7 novembre 1996, à 22h30 à Lyon, avenue Rockfeller.
il se prénomme, R***, G***, L***.
apparemment, il serait décédé à son travail, ce serait un accident du travail. Cependant, sur les actes de décès, il n'est pas précisé cet évènement, ni les causes de sa mort,...
pourriez-vous m'aider, si vous le pouvez à trouver ce qui s'est réellement passé, ?
je vous remercie par avance. Bonne journée. Cordialement
Réponse du Guichet
Nous avons consulté Le Progrès pour rechercher un éventuel article portant sur les circonstances du décès de votre parent, survenu le 7 novembre 1996 à Lyon, sans succès. Nous avons identifier pour vous les éventuelles ressources vers lequelles vous tourner pour mener cette enquête. Plusieurs pistes existent notamment celles des Archives départementales et métropolitaines du Rhône, des fonds du greffe du tribunal judiciaire et de l'Inspection du travail couvrant 1996 et le dossier d'instruction de la CPAM.
Bonjour,
En préambule, nous vous informons que, par respect du droit à la vie privée et conformément aux principes de protection des données personnelles prévus par le RGPD, le nom du parent concerné a été anonymisé dans votre question et notre réponse.
Vous savez que votre parent est décédé le 7 novembre 1996, à 22h30, avenue Rockfeller à Lyon et souhaitez obtenir des informations sur les circonstances de sa mort peut-être liée à un accident de travail.
Son décès apparaît dans le relevé des décès de Lyon.
Auriez-vous une idée de son métier ou du nom de son employeur car l'avenue Rockfeller s'étend sur environ 1,1 kilomètre ? Les principales structures qui la bordent sont le domaine universitaire Rockefeller où sont implantés des établissements de l'Université Claude-Bernard Lyon 1 dont la faculté de médecine Lyon Est au 8 avenue Rockfeller et la faculté de médecine Laënnec au 58 avenue Rockfeller ainsi que l'hôpital Edouard Herriot dont l'entrée est située au 5 Place d'Arsonval.
Cette information pourrait permettre de cibler les archives de l'établissement concerné.
Votre parent étant décédé en 1996, nous ne pourrons pas faire de recherche dans Le Progrès numérisé par la base Europresse consultable en ligne avec un abonnement à la BmL, car elle ne propose pas les numéros antérieurs à janvier 1997. Mais nous avons consulté les éditions papier du 8 au 16 novembre 1996. Le Progrès du 8 novembre fait mention d'un grave accident de la route sous le tunnel de la Croix-Rousse. Les personnes gravement blessées ont été transportées à l'hôpital Edouard Herriot. L'édition du même jour rapporte également une tentative d'homicide rue Moncey, dont la victime a été évacuée au service d'urgence de l'hôpital Edouard Herriot. L'encart ne dit pas si la victime a succombé.
L'avis de décès de votre parent est paru dans Les carnets du jour du Progrès du vendredi 15 novembre soit une semaine après son accident.

Si le décès résulte d'un accident du travail mortel, une enquête de police ou de gendarmerie a pu être ouverte. Selon les circonstances, le parquet a également pu être saisi. Il faudrait interroger les Archives départementales et métropolitaines du Rhône ; le greffe du tribunal judiciaire de Lyon ; éventuellement les archives de l'Inspection du travail.
Aux Archives départementales et métropolitaines du Rhône, les dossiers d'accidents du travail sont généralement classés par administration, service producteur, entreprise ou période, et non par nom de victime. Il faudrait donc leur demander si elles conservent des documents de la préfecture du Rhône relatifs à un accident grave ou mortel, de l'Inspection du travail (déclaration d'accident mortel, enquête, rapport d'inspection), de la police et des services judiciaires (procès-verbal, enquête sur les circonstances du décès), du parquet et tribunal judiciaire (éventuelle procédure pénale après l'accident) et de la Sécurité sociale / CPAM (déclaration et reconnaissance de l'accident du travail).
Attention, nous ne pouvons pas confirmer que les dossiers individuels de 1996 ont été versés aux Archives départementales. Certains sont encore conservés par les administrations qui les ont produits. Les règles de communicabilité peuvent également limiter leur consultation. En novembre 2026, trente ans après le décès, certains documents sont déjà communicables mais d'autres restent soumis à un délai de 50 ou 75 ans. Le fait que la personne soit décédée il y a trente ans ne rend pas automatiquement l'ensemble de son dossier accessible. Le texte de référence pour les délais applicables est l'article L. 213-2 du Code du patrimoine.
Les documents administratifs ordinaires sont en principe immédiatement communicables. Les documents portant atteinte à la vie privée le sont 50 ans après le document. Les documents couverts par le secret médical, 25 ans après le décès. Les documents relatifs à une enquête de police judiciaire et à une affaire judiciaire, sont communicables 75 ans après le document ou, si ce délai est plus court, 25 ans après le décès. Mais l'expiration de ce délai ne garantit pas nécessairement la communication intégrale du dossier. La CADA l'a précisé dans son avis n° 20183880. Lorsque le dossier contient des informations relevant de la vie privée de tiers encore vivants, celles-ci peuvent devoir être occultées. Le délai de 50 ans prévu au 3° paragraphe de l'article L. 213-2 continue alors de s'appliquer à ces mentions.
Si vous voulez vous y rendre, sachez que les Archives départementales et métropolitaines du Rhône accueillent le public en salle de lecture : Toute personne peut venir consulter gratuitement les archives, il suffit de s'inscrire en présentant une carte d'identité. Lire les Informations pratiques (horaires, accès, contacts).
Les Archives du Rhône conservent aussi des archives du greffe du tribunal judiciaire de Lyon qui y ont été versées mais attention, les juridictions effectuent des versements périodiques après application des règles de conservation et de tri des archives judiciaires. La Circulaire relative à la gestion des archives des juridictions judiciaires du 10 septembre 2003 encadre cette organisation. Les Archives du Rhône précisent dans leur formulaire de demande de copie de jugement en téléchargement automatique, qu'elles ne conservent pas les jugements de moins de 30 ans. Pour ceux-ci, il faut contacter le greffe de la juridiction concernée.
Pour un jugement rendu en 1996, le seuil des 30 ans est donc atteint en 2026, à la date anniversaire du jugement. Cela ne signifie toutefois pas que le dossier a nécessairement déjà été transféré.
Nous vous conseillons de faire deux demandes parallèles. Une aux Archives départementales et l'autre au greffe du tribunal judiciaire.
Aux Archives départementales vous pourriez demander une recherche dans les versements des fonds :
- du tribunal de grande instance de Lyon (ancienne appellation du tribunal judiciaire)
- du parquet de Lyon
- des services de police judiciaire
Précisez que vous recherchez une éventuelle procédure consécutive à un accident mortel du travail survenu le 7 novembre 1996, avenue Rockefeller, concernant R*** G*** L***.
Au greffe du tribunal judiciaire, demandez si un dossier pénal ou une procédure relative à cet accident est encore conservé par la juridiction, ou s'il a fait l'objet d'un versement aux archives départementales.
Les archives de l'Inspection du travail sont également conservées aux Archives départementales et métropolitaines du Rhône car les services déconcentrés de l'État doivent verser leurs archives définitives aux archives départementales compétentes, conformément au Code du patrimoine.
Il existe un fonds précis pour la période 1996. Des références figurent dans l'inventaire du fonds 6189W qui donne également les références des versements antérieurs. Il mentionne notamment les versements suivants :
- 3758W : Chronos des contrôleurs et inspecteurs du travail, 1996
- 3762W : Entreprises de moins de 50 salariés et chantiers, 1977-1996
Les chronos peuvent contenir des traces de l'activité des inspecteurs : courriers, interventions, signalements ou suites données à des événements. Il faudrait vérifier la composition exacte des dossiers.
DDETS du Rhône / Inspection du travail
282 avenue des Charmilles 69400 GLEIZE
Vous pouvez la contacter au 04.87.76.73.38/40/69 aux horaires d'ouverture au public : du lundi au vendredi de 9h à 11h30 et de 14h à 16h.
Enfin vous pourriez chercher auprès de la CPAM du Rhône.
Si le décès a été reconnu comme accident du travail, il a normalement fait l'objet d'une déclaration et d'une instruction par la caisse d'assurance maladie. Le dossier d'instruction peut contenir des éléments intéressants : déclaration d'accident du travail, certificats médicaux détenus par la caisse, constats effectués par celle-ci, enquête sur les circonstances, rapport d'accident et décision de prise en charge, informations communiquées par la victime et l'employeur ainsi que les éléments transmis par d'autres organismes. L'article R. 441-14 du Code de la sécurité sociale prévoit que le dossier peut être communiqué à l'assuré, à ses ayants droit et à l'employeur et à un tiers que sur demande de l'autorité judiciaire.
Nous vous recommandons d'adresser à la CPAM du Rhône une demande écrite, en sollicitant explicitement le dossier complet d'instruction de l'éventuel accident du travail mortel de R*** G*** L***, et pas seulement son dossier médical. Il serait utile de demander notamment :
- la déclaration d'accident du travail et les éventuelles réserves de l'employeur
- les rapports et comptes rendus d'enquête de la CPAM
- les questionnaires adressés à l'employeur et aux témoins, ainsi que leurs réponses
- les témoignages et constatations recueillis
- les certificats médicaux et éventuels rapports d'expertise
- la décision de reconnaissance ou de refus du caractère professionnel de l'accident
- les éventuelles correspondances avec l'employeur, l'Inspection du travail ou les autorités judiciaires
La demande devra mentionner la date du décès (7 novembre 1996), le lieu (avenue Rockefeller, Lyon) et l'identité complète de la victime.
Si la demande est faite par un ayant droit, il faudra joindre un justificatif de cette qualité (livret de famille, acte de notoriété ou autre justificatif approprié) et invoquer expressément le motif de connaissance des causes du décès. Il est également possible de faire valoir la nécessité de défendre les droits du défunt ou ceux de ses proches.
Si la demande est faite par une personne sans qualité d'ayant droit, la situation est plus restrictive : l'article R. 441-14 réserve la communication du dossier aux personnes qu'il désigne et prévoit qu'un tiers ne peut l'obtenir que sur demande de l'autorité judiciaire. La CADA ne reconnaît pas automatiquement à un chercheur ou à un généalogiste un droit d'accès à ce dossier nominatif.
En cas de refus, les ayants droit peuvent saisir la CADA pour contester le refus de communication des documents administratifs. Pour les pièces médicales, les règles spécifiques du secret médical doivent également être invoquées.
Si vous n'êtes pas vous-même ayant droit de R*** L***, il serait préférable d'identifier un conjoint, un enfant ou un héritier susceptible de présenter la demande. À défaut, vous pouvez demander à la CPAM si elle accepte de communiquer des informations non nominatives ou des documents après occultation des données protégées, sans que cela constitue un droit automatique à obtenir le dossier.
Bonne journée.
Le syndrome de l’imposteure [BD]