Question d'origine :
Bonjour,
Dans l'expression "les yeux grands ouverts", doit-on faire la liaison "grands/"z"ouverts?"
Merci.
Réponse du Guichet
Le 11/12/2006 à 16h27
Voici ce que dit M. Grévisse dans le chapitre consacré à l'accord de l'adjectif qualificatif; § Les adjectifs employés adverbialement : In le Bon usage
" Dans certains cas, le premier adjectif, bien qu'employé adverbialement, s'accorde, suivant un ancien usage, comme le participe passé ou l'adjectif qui le suit:ex. Une maison toute FRAÎCHE bâtie ( Littré). _ Des roses FRAÎCHES cueillies (Ac.). Une fleur FRAÎCHE éclose (Id)....
Il existe des cas particuliers, par exemple :
Grand ne varie pas; Morphée ouvrit la fenêtre tout grand (Troyat. Faim des lionceaux p.215)-
Yeux grand ouverts. (Toulut, Béhanzigue, p.105)
"Comme l'écrit Victor Hugo dans la préface de Cromwell ; " La langue de Montaigne n 'est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n'est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n'est plus celle de Pascal..." On pourrait continuer : " la langue de Malraux n'est plus celle de Victor Hugo". Je me suis, pour ma part, amusé à composer une nouvelle en me servant uniquement de mots qui figurent à la fois dans le Littré et le Robert, mais qui ont changé de sens d'un siècle à l'autre. Ce récit, que j'ai inclus dans mon livre au fil des ans et des mots, montre à quel point le bon usage est sujet à évoluer dans le temps.
Naturellement, il n' échappe pas à Maurice Grévisse que les meilleurs écrivains sont suceptibles de commettre des fautes contre la syntaxe. leur autorité ne va pas jusqu'à légitimer tel barbarisme ou tel solécisme. Le grammairien garant et mainteneur de notre belle langue sépare l'ivraie du bon grain, multiplie les mises en garde contre les déviations, les errements, l' emploi abusif de certaines expressions. Avec le comportement, le dicernement et le bon sens qui le caractérisent, Maurice Grévisse connaît les dangers du laxisme qui, en autorisant toutes les licences, aboutirait à la dégradation du français, mais il sait aussi que le purisme excessif n'est pas moins dangereux lorsqu'il tend à figer la langue et à l'empêcher tout simplement de vivre". In Préface de la 11e édition du Le Bon usage / Maurice Grévisse .
Dans l'histoire d'une langue, le hasard ménage des inconséquences qui sautent à l'esprit des bons plaisants.
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Et à la fin ils meurent