Question d'origine :
nmbre de tués, blessé, emprisonnés lors de ces 2 énènements
Réponse du Guichet
Le 15/06/2007 à 10h47
Je vous propose un rapide tour par Wikipédia pour se remettre à l'esprit les évènements de 1831 et
1834 : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Canuts
On y apprend à propos de l'insurrection de 1831,
« qu'au terme d'une rude bataille – environ 600 victimes dont quelque 100 morts et 263 blessés côté militaire, et 69 morts et 140 blessés côté civil – les émeutiers se rendent maîtres de la ville » et que lors de la riposte qui suivi, « le gouvernement décide la construction d'un fort, pour séparer la Croix-Rousse de la ville de Lyon. 90 ouvriers sont arrêtés, dont 11 seront poursuivis : ils seront acquittés en juin 1832. »
Et concernant la seconde insurrection, celle de 1834 :
« Le 15 avril marque la fin de la Sanglante semaine à Lyon. La deuxième grande insurrection des Canuts est matée dans le sang. Plus de 600 victimes sont à déplorer. 10 000 insurgés faits prisonniers seront jugés dans un « procès monstre » à Paris en avril 1835, et seront condamnés à la déportation ou à de lourdes peines de prison. »
Mais la source de ces estimations ne nous est pas fournie. La bibliothèque municipale de Lyon dispose d'ouvrages de références très documentés et très précis sur ces évènements. Nous vous recommandons notamment la lecture des livres de Fernand Rude et Maurice Moissonier, tous les deux prolixes auteurs sur le sujet, qu’on a vu longtemps fréquenter le fond ancien de la bibliothèque municipale de Lyon. C’est néanmoins chez d’autres auteurs que nous allons essayer de trouver les réponses à votre question. Dans Histoire de Lyon de 1814 à 1940, A. Kleinclausk nous apprend, à propos de l’émeute de novembre 1831 qu’elle « coûta la vie à 89 civils et militaires, sans compter 354 blessés appartenant à toute les classes de la population » (p.102), des chiffres qui diffèrent sensiblement des décomptes signalés par Wikipédia, mais dont l’ouvrage ne nous fourni pas ses sources. La révolte des canuts de Jacques Perdu est plus précis (p.41) : « Le nombre des insurgés s’est élevé d’après le procureur Duplan à 30000. L’Hôtel-Dieu a reçu 131 blessés militaires et 106 civils. Vingt moururent. Toujours d’après la même source, le nombre des morts et des blessés seraient d’environ 1000 (militaires et civils). Une notice officieuse, dont les renseignements émanent des hôpitaux, des mairies et des avis publiés dans les journaux, mais qui est probablement incomplète, donne les chiffres suivants : 89 morts, 254 blessés. (…) Parmi les victimes on relève des femmes, des vieillards et de nombreux enfants de 14 à 18 ans, ce qui démontre la part active prise à l’insurrection par les jeunes apprentis et lanceurs. Nous n’avons pas relevé moins de 23 noms d’enfants de 14 à 18 ans, dont 3 de 14 ans !» Et à propos des arrestations (p.42) : « Pour le pillage des armureries, on inculpe deux personnes. Mais les témoins font défaut et les coupables sont en fuite. Trente-cinq prévenus sont déférés en correctionnelle pour vols dans les maisons dévastées et incendiées. (…) Deux arrestations sont opérées pour incendie des pavillons d’octroi du pont Lafayette et du corps de garde Bellecour. On incarcère un certain nombre de vagabonds. Au total 90 arrestations. Mais on doit relâcher de nombreux prévenus. (…) Voici les noms des onze inculpés qui furent en fin de compte retenus pour être jugés aux assises à la suite des évènements de novembre : Desgarniers, marchand quincailler ; Adolphe Granier, gérant de la glaneuse, Michel-Ange Périer, avocat, Charvin, imprimeur, L.Rosset, propriétaire, Péclet, clerc de notaire, Pérenon, instituteur et publiciste, Filhool, pâtissier, Dervieux, marchand et chapelier, Romans, ouvrier, Stanislas, nègre, ouvrier. Les neuf premiers, prévenus d’avoir pris part à la révolte de novembre ; les deux derniers accusés de meurtre. »
Kleinclausk revient sur le coût en vie humaine de l’insurrection de 1834 (p.126) : « Sans parler des dégâts considérables, le bilan des pertes en vies humaines est impressionnant : 332 militaires mis hors de combat, dont 121 tués ; 155 morts civils de tout âge et de toute condition sociale. Mis à part les insurgés tombés aux barricades ou exécutés sommairement, beaucoup de gens furent frappés chez eux, dans la rue, victimes du hasard ou de l’erreur. Une liste conservée aux archives communales indique cinquante morts dont l’âge varie de quinze à soixante-treize ans, femmes, enfants, ouvriers, négociants et rentiers. Les représailles firent aussi de nombreuses victimes, ainsi qu’il résulte du maire et du commissaire de police de Vaise et des déclarations du général Aymard. Celui-ci ne nie pas que des rebelles aient été fusillés, mais non pas lorsqu’ils s’étaient rendus prisonniers. » Sur le même évènement, dans l’ouvrage de Jacques Perdu : « Il est difficile d’évaluer exactement le nombre des blessés et des morts. Beaucoup d’insurgés blessés ne se sont évidemment pas fait connaître. On a recensé d’une façon certaine que les blessés ou les morts transportés dans les hôpitaux. Voici pourtant quelques renseignements tirés de la Vérité sur les évènements de Lyon :
Blessés transportés à l’Hôtel-Dieu (219) :
- insurgés ou victime : 129
- morts : 90
Parmi les insurgés apportés à l’Hôtle-Dieu, on compte : 16 hommes de plus de 50 ans, 11 enfants au dessous de 18 ans, 19 femmes, et 173 hommes de 18 à 50 ans.
Blessés transportés à l’hôpital militaire de la Nouvelle-Douane (actuellement Desgenettes) : 259
- insurgés ou victime : 259
- morts :16
Apportés morts au dépôt de Saint-Paul, y compris les enfants : 18
Vaise, cadavres apportés au cimetière (hommes 44, femmes 2, enfants 1) : 47.
Monfalcon, qui était médecin, est d’accord sur les chiffres pour l’Hôtel-Dieu. Quant aux pertes militaires il les évalue ainsi :
Officiers tués : 6 / blessés : 18
Sous officiers et soldats : 49 / blessés : 249
Sala par contre donne d’autres chiffres que voici :
Officiers tués : 27 / blessés : 43
Sous officiers et soldats : 88 / blessés : 317
Mais ces tableaux ne signalent que les morts et blessés transportés à l’hôpital : ils sont incomplets. »
Pour interpréter correctement ces chiffres rappelons que l’émeute de 1831 fut un mouvement de masse (30000 ouvriers) alors que celle de 1834 n’impliqua que 3000 insurgés.
Tous les ouvrages cités sont en consultation à la salle de documentation régionale de la BML...
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