Bouteille de champagne ''bouchon de liège''
DIVERS
+ DE 2 ANS
Le 05/08/2007 à 19h39
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Question d'origine :
Réponse du Guichet
Le 07/08/2007 à 08h13
La problématique est en partie la même pour le champagne que pour les autres vins, il s'agit de voir si d'autres bouchons que celui de liège peuvent boucher sans perte de qualité et d'attrait du produit. On pouvait lire dans l’UNION N° 18391 du dimanche 26 septembre 2004 que les professionnels du vin, y compris en Champagne, n’excluent pas que le plastique, le métal ou de nouveaux matériaux puissent remplacer le liège pour fabriquer des bouchons. Ce sont encore à cette heure des modes de fermeture qui peuvent être plus chers (surtout car peu les fabriquent mais on en maîtrise la technique) que le bouchon de liège (la fourchette du liège est très large puisqu’elle va de 0,015 centime à 45 centimes d’euros).
Les partisans des bouchons alternatifs (capsules à vis, bouchons en synthétique) les présentent notamment comme une manière de lutter contre le goût de bouchon et le risque de couleuses. Mais il y des rituels qui ont la vie dure. « Si on se place sur un plan technique, stricto sensu, on aurait dû l’abandonner depuis longtemps. Mais ouvrir une bouteille, c’est à la fois pour le vin mais également pour le plaisir, la convivialité. Le rituel du tire-bouchon participe à ce plaisir » (Yves Lombard). Un sondage sofres réalisé les 22 et 23 juin auprès de 958 personnes, pour la Fédération française des syndicats du liège, montre d'ailleurs que 79% des français préfèrent une bouteille de vin bouchée avec du liège mais il étaient 87% deux ans auparavent. Une affaire de tradition donc que l'on associe à la notion de qualité et liée à son ancienneté (l’usage du bouchon de liège pour protéger le vin remonte aux amphores grecques puis romaines, quatre ou cinq siècles avant Jésus-Christ. Après la vogue des tonneaux pour la garde et le transport du vin inventés par les Gaulois, c’est au célèbre Dom Pérignon que l’on doit l’idée d’avoir remplacé les anciennes chevilles de bois entourées d’étoupe par le bouchon de liège).
A ces résistances qui valent pour tous les vins, s'ajoutent des difficultés techniques propres au champagne. Son bouchon se distingue car la nature même de ce vin lui impose de très sévères contraintes. Il doit supporter une pression de l'ordre de 5 à 6kg/cm². Près de trois fois la pression moyenne des pneus d'une voiture. Le bouchage doit être aisé et régulier afin d'assurer une étanchéité parfaite. Le débouchage doit se faire sans effort, mais avec tout de même une certaine retenue. Le bouchon une fois sorti du goulot doit prendre la forme d'un champignon. C'est pourquoi les Maisons de champagne (entreprise agricole et/ou industrielle et commerciale (et pas exclusivement agricole) dotée des moyens matériels et humains nécessaires à l'élaboration et à la distribution mondiale d'une Grande Marque de Champagne) utilisent seulement le bouchon de liège.
Vous pouvez consulter l'article "Vin de Champagne" de l'encyclopédie en ligne Wikipedia pour en savoir plus sur les spécificités de ce bouchon. Il est, au moment de l'embouteillage, cylindrique et de fort diamètre (31mm). Pour que le bouchon puisse entrer, il est nécessaire de le mettre en place par compression (réduction forte du diamètre à 17mm) dans le col de la bouteille sur la moitié de sa longueur, puis de l'écraser en forme de champignon pour recevoir le muselet. Ce bouchage « en force » permet de s'assurer que le bouchon ne sautera pas tout seul, sous la pression du gaz contenu dans le vin. Avec le temps, le bouchon perd son élasticité naturelle. La partie du bouchon située au niveau du goulot est déformée lors de l'écrasement nécessaire à la mise en place du muselet et se dessèchera plus vite que celle en contact avec le vin. D'où la forme au moment de l'ouverture de la bouteille, plus étroite au niveau du col. Cela est de plus favorisé par la différence de qualité des lièges (de plus en plus chers) constituant le bouchon. En laissant tremper un bouchon usagé, il reprend en partie sa forme originelle.
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