Question d'origine :
j'aimerais connaitre la version de la révolte des canuts à lyon
merci
Réponse du Guichet
Le 07/09/2007 à 10h46
Il n'y a pas eu une mais plusieurs révoltes des Canuts, celles de 1831, 1834 et de 1848, dite des Voraces.
Outre la notice de Wikipédia sur le sujet, l'article de l'historien
Au début des années 1830, les « Canuts », ouvriers de la soie et chefs d'ateliers, vivent et travaillent dans des conditions difficiles : 11 heures d'ouvrage par jour même le dimanche, rudesse des tâches y compris pour les enfants, ... De plus, le « tarif », prix de base de la pièce tissée, n'a pas augmenté depuis 1810. Or les inégalités se sont renforcées avec les marchands fabricants ou « soyeux », qui commandent et commercialisent les pièces de tissus et se sont enrichis vers 1815, avec la restauration de la monarchie.
En 1831, les ouvriers exigent une augmentation du tarif, qui est refusée par les marchands fabricants. Le préfet Bouvier-Dumolart réussit à faire accepter la hausse des tarifs mais les marchands fabricants s'en plaignent au ministre de l'Intérieur qui désavoue le préfet. Le tarif n'est alors plus appliqué, ce qui provoque la mobilisation des ouvriers. Le 21 novembre, 30000 à 40000 Canuts brandissent le drapeau noir dans les rues et scandent le slogan « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». La revendication est économique avant tout et les ouvriers qui mènent un combat politique sont très minoritaires. Les combats avec la Garde nationale font 600 morts mais les révoltés prennent la ville. Celle-ci a entretemps été désertée par les bourgeois qui en appellent au Roi. Le calme est revenu dès le 24 novembre mais début décembre, le maréchal Soult et le duc d'Orléans arrivent à Lyon à la tête de 10000 hommes. La répression n'est cependant pas trop rude (aucun guillotiné) car le roi a compris que la révolte n'était pas politique. Au final, le tarif n'est pas augmenté mais la représentativité des chefs d'atelier aux Prud'hommes est améliorée.
Le 14 février 1834, suite à une baisse des commandes, la baisse du tarif engendre la grève des ouvriers. Certains meneurs sont arrêtés et jugés en avril. La manifestation de soutien se poursuit par des actes de violence qui nécessitent l’intervention de l’armée. En 1834, la révolte a un objectif politique et les faubourgs ouvriers de la Guillotière, Vaise et Croix-Rousse se soulèvent. Du 11 au 14 avril, l’armée vient à bout des insurgés. 50 ouvriers sont arrêtés et emprisonnés ; ils seront amnistiés en 1836.
En ce qui concerne la 3ème révolte des canuts lyonnais, moins connue, voici une réponse précédente du Guichet du Savoir sur les Voraces (1848)
Si vous souhaitez approfondir ce thème, vous pouvez consulter les ouvrages sur la révolte de 1831, celle de 1834 et de 1848.
D'autres questions du Guichet complètent le sujet en répondant à des points précis du déroulement de ces révoltes (nombre de victimes, salaire,…).
DANS NOS COLLECTIONS :
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter
Madrigali a cinque voci