Question d'origine :
Bonjour,
j'ai appris recement que la fresque de Masoccio, laTrinité est l'un des premiers pas de l'invention de la perspective dans l'histoire de l'art.
Les explications que j'ai lu à son sujet me parlent d'un point de vue unique et placé dans la partie inferieure de l'oeuvre. Cependant, il m'est déjà délicat de me reprensenter la fresque dan son lieu d'origine et je visualise encore moins ou se situe ce point de fuite, pouvez vous m'aider?
Par avance, merci.
Réponse du Guichet
Le 30/09/2009 à 13h19
Source : wikipedia.org
Extrait de L'art de la Renaissance, p. 36 :
« … La redécouverte d’une forme à la fois idéale et vraisemblable impliquait une représentation du monde qui fût également naturelle. Elle devint possible grâce à la perspective linéaire, dont Brunelleschi fit la démonstration dans les premières années du XVe siècle. Le principe fondamental en est la convergence des lignes de profondeur de l’espace vers un point de fuite situé à l’horizon, qui reconstitue à peu près la déformation imposée à la réalité par notre vision. On a dit ce système arbitraire, il n’en est pas moins le seul qui donne de l’espace une image vraisemblable, et la preuve en est qu’il est le seul susceptible de réaliser des effets de trompe-l’œil. La perspective linéaire permit de suggérer la profondeur en restituant la diminution progressive des objets en fonction leur éloignement, donc de situer les figures sur différents plans, en somme de donner l’illusion de l’espace réel. C’était la condition sine qua non d’un art qui se proposait, suivant le principe du naturalisme antique, non pas de donner de la réalité une image objectivement exacte, mais de peindre un monde qui eût les apparences du réel, vraisemblable. »
Extrait de La Renaissance , p. 101 :
« La perspective
On doit encore à Jan van Eyck, mais aussi à Campin, la mise au point d’un véritable système de perspective aérienne fondé sur la diminution relative de l’échelle et des tons, et utilisant entre autres la vue cavalière. Cette innovation participe également de la quête d’une plus grande vérité de la représentation. Elle trouve un équivalent à Florence dans l’invention de la perspective géométrique, ou linéaire, qui présuppose un pont de vue unique et exige que l’on réduise les dimensions du cadre architectural d’une scène en fonction de son éloignement par rapport à l’œil du spectateur. Géométrique ou aérienne, la perspective donne une structure cohérente et méthodique à des pratiques d’atelier antérieures : le peintre Ambrogio Lorenzetti utilisait déjà le point de vue unique vers le milieu du XIVe siècle, à Sienne. La rationalisation du procédé est l’œuvre de Filippo Brunelleschi, qui fut sans doute le premier à prendre la hauteur des yeux du spectateur comme donnée de départ, et de Leon Battista Alberti, qui a exposé son propre système de perspective linéaire dans son traité De pictura en 1435. La transcription correcte de formes isolées selon les nouvelles règles de la perspective pose bien des problèmes de raccourci, attentivement étudiés par deux artistes florentins successifs : l’abord Masaccio, initié à cette science par Brunelleschi lui-même, nous dit Vasari, puis Paolo Uccello. Lorenzo Ghiberti transpose la perspective dans la sculpture. Donatello aussi, avec un brio étourdissant.
La perspective linéaire, appliquée à des formes architecturales antiques dont les ombres et lumières sont soigneusement observées, devient la principale composante stylistique et le schéma de composition dominant dans la peinture et les reliefs sculptés da la Renaissance italienne. On lui doit bien des décors architecturaux, dont les fuyantes procurent tout à la fois une armature monumentale et une profondeur majestueuse de l’espace autour des personnages ou derrière eux. Vers 1427, Masaccio peint dans l’église Santa Maria Novella, à Florence, une fresque représentant une pseudo-chapelle funéraire avec la Sainte Trinité et des donateurs au-dessus d’un autel, où il parvient déjà à créer un effet vraisemblable d’éloignement par rapport au spectateur, et mieux encore, il met en place les premiers éléments de la perspective plafonnante (di sotto in su, « de bas en haut »), qui élimine les parties situées au-dessus de la hauteur des yeux normalement invisibles dans une situation réelle analogue. »
Extrait de la notice « Masaccio » de Wikipedia :
"La maturité, la « voûte qui s'enfonce dans le mur »
Au cours de l'année 1426, pendant les périodes d'interruption de son travail dans la chapelle Brancacci, Masaccio réalise le Polyptyque de Pise. C'est la commande d'un notaire, contre un salaire de 80 florins. Aujourd'hui, le polyptyque est incomplet, et dispersé en onze morceaux, dans cinq musées sur deux continents (voir liste des oeuvres). Il présente toutes les caractéristiques de la grande maturité de l'artiste. La physionomie des personnages profondément recueillis, le trône de la Madone en perspective, les lignes de fuite de la Crucifixion, placée au-dessus du panneau central, dépassent les conventions gothiques et créent un espace réel1.
Autre œuvre majeure, la fresque de La Trinité , dans l'église Santa Maria Novella. Derrière le Christ en croix, un spectaculaire plafond voûté à caissons. Vasari, dans la seconde édition des Vies, en 1568, détaille cet extraordinaire trompe-l'oeil. « C'est une voûte en berceau, tracée en perspective, et divisée en caissons ornés de rosaces qui vont en diminuant, de sorte qu'on dirait que la voûte s'enfonce dans le mur. » Cette Trinité, considérée comme une étape dans l'histoire de l'art, représente la traduction en peinture des lois de la perspective découvertes par Brunelleschi. Certains critiques estiment que Brunelleschi lui-même a tiré les traits de perspective. D'autres soutiennent que Masaccio a interprété les innovations de Brunelleschi."
Wikipedia a également un développement sur La Trinité
Quelques précisions sur la perspective dans la Trinité de Masaccio nous sont données dans Encyclopédie de l'art , p. 218.
Si vous pouvez aller consulter ce livre en bibliothèque, une figure éclaire le discours.
« L’architecture feinte est inspirée par celle de Brunelleschi. Une perspective rigoureuse définit un espace concret dans lequel s’affirment comme volumes l’architecture et les figures. La ligne d’horizon est nettement soulignée ; située au-dessus de l’autel, elle met en évidence l’élévation de la chapelle. Un faisceau de lignes aigües détermine les raccourcis des chapiteaux et de la console, qu’encadrent les verticales de l’architecture. Les personnages comportent de petites asymétries : la Trinité n’est pas parfaitement au centre. Tout paraît animé. »
Sur cette pagesont bien mis en évidence le point de fuite et la ligne d’horizon.
Ainsi que sur cellec-ci.
Si vous voulez plus amples informations sur la perspective :
- voyez cette page
- ou encore ce document Larousse.
- Enfin sur la naissance de la perspective en peinture.
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