Question d'origine :
suivre un traitement en caisson hyperbare:
passe t-on des examens préalables,avant pendant le traitement?
Que fait-on quand on est dans le caisson?
Est ce douloureux?désagréable?
Merci!
Réponse du Guichet
Le 20/05/2010 à 08h40
« Connu surtout par les plongeurs, car il permet de traiter les accidents de décompression, le caisson hyperbare est un équipement de haute technologie peu présent dans les équipements civils. Il permet pourtant de traiter des pathologies aussi diverses que les intoxications au monoxyde de carbone (dues aux chauffages domestiques déficients, aux gaz d’échappement ou aux fumées d’incendies), les embolies gazeuses, certaines gangrènes… ou les accidents de plongée. »
On parle aussi d’oxygénothérapie hyperbare : « L’oxygénothérapie hyperbare consiste à faire inhaler au patient, à l’aide d’un masque ou d’une sonde d’intubation, de l’oxygène à une pression supérieure à la pression atmosphérique dans une enceinte étanche, la chambre hyperbare », explique le Pr Annane, qui officie dans le service de réanimation médico-chirurgicale de l’hôpital Raymond-Poincaré.
« Grâce à cette technique, on peut augmenter la capacité de transport de l’oxygène dans le corps, et rétablir certaines fonctions, ou activer la guérison de lésions gangrénées par exemple. Le caisson se présente sous la forme d’une sorte de chambre cylindrique (voir photo) aux parois renforcées pour résister à la pression. Elle comporte de quoi accueillir les patients et les professionnels qui les accompagnent, ainsi que du matériel et des médicaments. »
« En pratique, chaque séance dure de 2h à 3h30 et nécessite la présence de deux personnes : un opérateur responsable technique de la séance, et un accompagnant, médecin ou infirmier(ère). Le choix historique d’inclure l’oxygénothérapie hyperbare au sein du service de réanimation de l’hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP) suppose une collaboration étroite entre les médecins, les infirmiers de réanimation et les « infirmiers d’organisation de travail », nom donné aux infirmiers hyperbaristes de l’AP-HP. Ces derniers, explique le Pr Annane, « doivent gérer le fonctionnement et l’entretien de la chambre hyperbare, mais aussi les soins infirmiers, qu’ils soient techniques ou relationnels. Le milieu hyperbare et la présence d’oxygène entraînent des règles de sécurité, un matériel et des pratiques spécifiques. Les patients sont souvent angoissés en entrant dans cette chambre. A cela s’ajoute la gêne occasionnée par l’augmentation de la pression sur les tympans, l’infirmier (ère) doit apprendre au patient la méthode de Valsava, bien connue des plongeurs, qui consiste à équilibrer l’oreille moyenne avec la pression ambiante ». »
Source : le webzine de l’Assistance publique Hôpitaux de Paris
fiche très claire sur le site de soins infirmiers, qui définit l’oxygénothérapie hyperbare, les principes physiologiques, les effets sur l’organisme et les indications qui peuvent impliquer un tel traitement.
« L'OHB est une technique lourde et coûteuse, nécessitant un fort investissement humain et matériel. Elle comporte des risques, à la fois pour les patients et les accompagnants, ce qui impose des règles de sécurité strictes.
Les complications sont de plusieurs types : biochimiques, liées à la dissolution des gaz dans l'organisme, biophysiques liées aux variations de pression (barotraumatismes), enfin complications dues au matériel. »
• Accidents biochimiques :
dûs à l'augmentation de la pression partielle des gaz inhalés.
• Toxicité de l'oxygène :
trois organes en sont les cibles principales : le cerveau, le poumon et l'oeil. Le mécanisme de cette toxicité est attribué à l'apparition de radicaux libres.
• Toxicité neurologique (effet Paul Bert) :
se traduit par la survenue brutale d'une crise convulsive de type tonicoclonique (lorsque la pression partielle en oxygène est supérieure à 1,6 bar).Les signes précurseurs peuvent se présenter sous forme de malaises, de fasciculations du visage, de rétrécissement du champ visuel. L'évolution de cette crise est toujours favorable .
« Une prévention par benzodiazépines peut être effectuée chez les patients ayant déjà fait une crise hyperoxique et devant absolument bénéficier d'une séance d'OHB. Des valeurs à ne pas dépasser ont été proposées pour augmenter la sécurité. Il semble qu'au-delà de 2,7 ATA, le risque soit majoré pour une séance de 90 minutes. »
• Toxicité pulmonaire (effet Lorrain Smith) :
dont les symptômes ne s'observent qu'après 8 à 10 heures d'exposition à des pressions importantes, circonstances rarement retrouvées dans les protocoles d'hyperbarie pratiqués.
• Toxicité ophtalmologique :
les traitements prolongés par OHB peuvent être à l'origine de myopie qui serait due à une modification de la courbure du cristallin par les compressions et décompressions répétées.
• Toxicité de l'azote :
« ne s'observe que pour des compressions dépassant 5 ATA, ce qui est exceptionnel en médecine hyperbare. Il s'agit de perturbations neurologiques et comportementales, décrites sous le nom de narcose à l'azote. »
• Accidents biophysiques :
« s'agit d'une part des accidents de décompression, dus à l'azote, et d'autre part des accidents barotraumatiques. »
• Accidents de décompression :
« concernent essentiellement le personnel accompagnant, qui respire de l'air au cours de la séance, étant ainsi exposé au risque de bullage d'azote en phase de décompression. »
• Accident barotraumatiques :
« les plus fréquents, habituellement bénins (barotraumatismes ORL, lors de la phase de compression), rarement graves (surpression pulmonaire ou majoration d'un pneumothorax lors de la phase de décompression). »
• Accidents dus au matériel :
« l'incendie est l'accident le plus redouté car ses conséquences sont dramatiques. »
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